‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 47 sur 152 · III. Db L'SMBNCB DBS PHÉNOMÈNES DB Là aBSPlRATION · texte numérisé non relu

III. Db L'SMBNCB DBS PHÉNOMÈNES DB Là aBSPlRATION

U ne suffit pas d'avoir reconnu que l'air perd de l'oxygène, reçoit di Tiàk carbonique, de l'axote et de la vapeur aqueuse dans le poumon, ei que It M| ^ devient vermeil, acquiert plus de globules, plus de fibrine, et éprouve encored'iiM modifications dans les organes respiratoires. Ce n'est pas assez d'avoir précMk proportions d'oxygène absorbé, d'azote exhalé, de carbone brûlé et rends à ft sous forme d'acide carbonique , il faut chercher k saisir l'enchaînement deiMI actes qui donnent lieu à ces résultau, les examiner un à un et remonter à M causes ; voir comment l'oxygène atmosphérique se met en rapport avec le ml^ s'MSOcie i ce fluide ; d'où provient le carbone qui brûle ; en quelle partie di^ tème circulatoire s'opère cette combustion ; de quelle manière s'effectue l'eikd^^ lion de l'acide carbonique ; de quels élémenu dérive l'hydrogène d'une partill^ la perspiration pulmonaire, etc. En suivant cette voie, nous procédons du (0$ vers l'inconnu, de l'effet vers la cause. Les quelques incertitudes qui planent # les questions épineuses qu'il nous reste k traiter ne portent pas la moindre aitdii aux faits précédemment exposés.

La pénétration de l'oxygène dans les vaisseaux des vésicules pulmonaires doitiDti sans contestation, regardée comme le phénomène initial de la respiration, et ceisi^ entraîne à sa suite la plupart des autres. On a beaucoup disserté jusqu'ici sur letfA d'admission de ce gaz dans le fluide nutritif k travers les parois vasculaires, a^^l question de savoir s'il se mettait en rapport avec le sang par suite d'une absorplii ou d'une pénétration physique résultant d'une affinité spéciale. Rien n'est plos «ifl et moins difficile k saisir que ce premier acte de l'hématose. Nous savons, pircif^ a été dit ailleurs, que les gaz séparés par une membrane la iraveratAl cbacsaÉ leur côté et viennent se mêler l'un k l'autre jusqu'à équilibre parfait de répartiû* Nous savons, de même, qu'un gaz séparé d'un liquide par une cloison meoibraiii' la pénètre et viciU se dissoudre dans ce liquide, s'il y est aoluUe. L'adde cark»* nique enfermé dans une vessie humide a bientôt disparu, remplacé par de 1'»^ plus ou moins pur. Le sang veineux et Hoir qui remplit une vessie ne tarde ^^ prendre une teinte venniMllt* j mes ure que l'oxygène extérieur parvient k tnvff^

DES PfliNOMÉNEâ CHIMLQIJBS DE LA lŒâPIlUTlUN. 199

tgi paras épaissies du réservoir. Il cii est absoluïïjent dt mûmc daos le f>oiitJioiK

l'ûqf'g^oe aiaïQsphérjque. i-éparé du i^aiig seuïeiiietit par les parois eïirémemeiu

4gièet da vaisseaux qui se ramifie jH à la surface de la muqueuse des vésicules

lÈn^aOÊs, iraverse ces metnbraiiules luiuces et humides ; il se mëe au saug, avec

ii i une grande affinité, ainsi que beaucoup d'autres gaz. Celte affinité e^

mirée par la leime vermeille que prend le sang noir eitpojié au contact de

|if, el surtout de Tox^gene ; eKe Test encore par celte expérience de Magnus

laquelle le sang absorbe nu dixième de son volume d*oxygène, s'il est agité

jcegiî. Il y a donc \h absorption réelle d'oxygène, non pa» ab^rptiou dans le

mûé autrefois à ce mot par les vitalbtcs , qui admettaient des bouches

■«ûicidoué^ d'une seusibiiité éleclire, etc.. niais il y a pénétration physique,

, puis mixtion du gastavec le sang,

Cttie absorption s'effectue sur une surface qui est imnienst, i en juger par le

jlWiinï iaÛui des dimions bronchiques el des cellules pulmonaires , surface que

m, W«*(l) porte, dâni le veau , d'après des calculs compliqués, à 289 pieds carrés ;

lW|Éi repréiientent, suivant mes recherches rjersoimellest une étendue égale à

pA # Prtîfccjnq fois et demie celle de la peau du cheval. Bile est factlitée par la min-

* ftti. P*fitif{"D]o et la perméabibté très graude de la muqueuse des parois vasculaires,

eiMiiWdle i Ijeti d'une manière couiimie, suivant la judicieuse remarque de

mk pÉ'Wwr, làni dans rinspiratinn que dans Texpiration , car il y a toujoura dans Im-

[ rmm '**^«r du poutuon une très grande quantité d'air. Celle-ci est telle, d'après mes

iM ^JWwïceî, qu'un cheval qui fait arriver daus le poumon d'un litre à un litre et

M««» iituitl'âjrà chaque inspiration, en consarve* après l'inspiraiion achevée, environ

litii jitrei^ c'est-à-dire plus de cinq fois le volume qui arrive lors d'une seule dila-

^^^ Eirdinaire du thorax. L'inspiration et Texpiration ne correspondent nulle-

**<^i itlesaïternative» d'absorption et de non -absorption. Le premier acte app*)rie,

"Si iaiervalles réglég, une certaine quantité d'air pur qui s'ajoute à la masse

lefllCp et remplace la portion de cette masse qui a été cbassèe iors de Tel-

L'oxygène peut ainsi pénétrer sans cesse à travers les vaisseaux, et agir

Il saogqui traverse avec rapidité et sans interruption le système capillaire du

^^tm parvtnu dans le sang, IVxygëne i*y dissout tout simplement, ou plutôt

ilracte, comme le pense Liebig, une combinaison légère, dont il peut se dé-

mus grande difûeulté, soit |>ar l'actioii de la maclune pneumatique, loit par

» dissolution d'un autre gaz dans ce mùme fluide, plus ou moins oxygéné* La

&alutioQ pure et simple de l'oxygène dans la sang n'a rien du reste d'invrai-

mblàbk; inajielle suppose, comme l'a dit Gay-LussAc, que ce gai est au moins

è gn^ à quatorze fois plus lolnble ûmiB le fluide nutritif que dans l'eau. Le chan-

|MW lie couleur résultant de faction de foxygènt sur le sang, la manifeslaiion

isiDânie phénomène dans les globules isolés de la fibrine et des autres éléments

da liquide, donnent à jjejïsur que ce gaz s'associe pariiculièretnent aux globules et

àieur matière colorante, d'autant qu'une dissolution de celle-d, si légère soil-elle,

(1) iM Siêii^m éêê uégélaim «t efflé dec anmummf Irad. rriufaiM di Buffon et ût dt HMfii. Fteti, 1779, p, 200.

montre bvaucuap d'affiiiilé pour Toxygène. D'ailleurs les expériences dérnootrctt que la fibrine a pour ce gaz une affinité assez faible, et que le sérum a pour loi mi affinité moindre encore. Ainsi associé au sang, qu*ii a rendu rutilant, fenud, Toxygèneest entraîné avec ce fluide dans toute l'étendue du système artériel, d Ya oxyder ou brûler, dans les capillaires de toutes les parties de rorganisme, dinfl éléments combustibles; puis, dès que cette combustion est opérée et à qu'elle s'eiïectue, le fluide écarlale reprend peu à peu sa couleur sombre etlesaitm propriétés du sang veineux.

En même temps que le sang reçoit de loxygène dans le poumon poordeTcÉ artériel , il abandonne de l'acide carbonique. Il y a absorption , endosmose do ^ mier de ces gaz, exhalation ou exosmose du second. L'échange de ces fluides l'acte do la respiration constitue un phénomène important, dont toutes les ( cularités méritent une grande attention , surtout en ce qui concerne la corréblifl nécessaire entre la proportion d'oxygène absorbé et celle d'acide carbonique

Nous avons vu , d'après les intéressantes recherches de Magaus, que 11*$ è sangs tiennent en dissolution de l'oxygène, de l'acide carbonique et roèffle l'azote. Le sang veineux , qui a perdu dans les capillaires généraux une partie i son oxygène , et qui s'est chargé d'une nouvelle quantité d'acide carbonkim laisse échapper, dès qu'il arrive au poumon, une certaine proportion de ceder# gaz , auquel se substitue de l'oxygène atmosphérique. Il s'opère là un éà0 facile k concevoir, échange analogue à celui qui s'efl'ectue en plusieurs circoostaociV

En elîet, du sang saturé de gaz acide carbonique et mis au contact de l'air, |Ni une grande partie de cet acide, et absorbe de l'oxygène qui fait perdi*e an liqw sa couleur sombre et lui donne une teinte vermeille. Lorsque ce sang, au lien M se trouver en rapport immédiat avec l'air, est enfermé dans une vessie humide, li' même phénomène se produit également à travers la menabrane : l'oxygène jk* nètre celle-ci par endosmose, se dissout dans le sang, y déplace le gaz acide ^ traverse par exosmose les parois de la vessie. Si ce même sang, libre ou reoferrfl dans une poche membraneuse, est mis en rapport avec un autre gaz que l'off gène, avec l'hydrogène, par exemple, l'échange se fait encore, mais avec momtt facilité : le gaz en dissolution redevient libre, et le gaz libre prend la place de # dernier. Enfin si le sang, une fois saturé d'oxygène, est agité avec de l'acide o^ bonique, il y a encore substitution : le premier, malgré sa grande affinité poork fluide sanguin , l'abandonne à mesure que s'opère la dissolution de l'acide or* bonique.

Cette substitution d'un gaz à un autre gaz, cette sorte d'échange, dont lésait* ditions sont si bien déterminées, se produit d'une manière incessante dans 10 organes respiratoires. Une partie de l'acide carbonique dont s'est cliargé le sa4 veineux se dégage lorsque ce fluide, traversant les capillaires du poumon, se ut en rapport avec l'air, et il est immédiatement remplacé par de l'oxygène atmotpU* rique. Le reste de cet acide demeure en dissolution dans le fluide devenu artérid et revient plus tard s'exhaler par fractions successives, lorsque son véhicule r^ passe dans l'organe respiratoire, apportant toujours avec ce gaz ancien du ga oo*" veau, formé k chaque tour de circulation, principalement, sinon exclnaîveineot,!! sein des capillaires.

DES PUECtOHENMâ CUlMlUUK^ DE l\ UËëPlBATlO:!. 201

tIeUe substltntioD, »î Tadle Si concevoir (riine mntiiërc g^'ii^rale, implique te^^eii- Jaiti (Quelques clifficuitfjs fïanj» ks déuib, cl stirtoirl i-ii crqui roiîccinc ïes [irupor- ^Hp dei gaz c|ui se remplacent réciproque ment Ta principale d'eiiire elles con- ^^B, Si les détermîiialions de ^ia^nus sont ej^acles, d;km ce fatt, que h quantité HJicide carbonique resterait plus considérable dans le sang artériel que dans le sang S ^ëtiieut. Le premier renfermerait jwur 100 volumes, 6 volumes et demi d'acide ., carbonique, et le second seulement 5 volumes el demi pour la même quanliie- Ine telle différence s* expliquerait, selon moi, très rationnellement, en admet- ^^tMt qu'une certaine parité de l'acide carbt>nifpie formé dans les capillaire» du ^^ , |iooiiiuti re»le dans le sang devenu artériel, et s*addîiionne à celui que ce fluide n'a , ', f» Uissé échapper, Senlenieni, dans celle hypothèse « il semble que ce sang» en jj^^Hpasanl à l'état veineus dans les capillaires généraux, devrait contenir, d'une tout Tacidc carbonique qu1l ()osséditt alors qu'il était encore artériel ; d'autre J'îdrîe carbonique nouveau formé ïors de la conversion artérioso- veineuse, ce Âàinoerait pour le sang noir une somme totale de gaz carbonique supérieure à sang artériel. J'aime mieux croire à une erreur analytique commise par listes qu'à nue coniradiclion flagrante dans les opétaticns de Torganismc* «ÏWI* erreur probable ne lieutlraii-elie pas à ce que de racidc carbonique cunl't a se former dans le sang artériel ( extrait des vaisseaux) aux dépens de 'îgène qu'il contient en excès? Ce qui tue fwrte à le croire, c*eslqne du sang '«(muedlidaasun ïlacon que Ton ferme immédiaienient à l'émeri devient, eu téffiÉ^hid^uiie demî-beure, presque aussi noir que du sang veineux. Quoi qu*il en soit, lion de racide carbonique coïncide avec T absorption de T oxygène, les deux nés sont corrélatifs ; ils se mettent en équilibre Tun avec l'autre ; le premier peut devenir plus actif sans que le second tï'acqnière une activité correspondante, t'fïbjibiron de Tâcide carbonique, quoique liée étroitement avec Pabsorption l'ûtjgiHtc, peut néanmoins continuer h se faire |)endani un teinp plus ou moins ftiîis lin milieu oxygéné, dans de Thydrogèue on de Tazote , par exemple. ïTcderches de divers expérimentateurs mettent ce jKiint hors de toute contesi-t>éja Spallan^ni, que nous avons si souvent cité en traitant des fonctions litrs. avait reconnu que les reptiles plongés dans Tliydrogène ou Tajole pur lîoaentâ exhaler de l'acide c^rlmnique, et mCaie en quantité a peu près égale qu'ils dégagent dans Taîr atmosphérique. Edwards arriva au même résultat r^^^'^P^^nt sur des grenouilles dont le poumon, préalablement comprimé, avait été f*n \im débarrassé de Toxygéne et de l'acide carbonique qu'il pouvait retenir, H Bcrgemann ont égaletnent constaté que ces batraciens, placés sous une pleine dliydrogène ou d'aEote et mise sur du mercure, produisaient en i^ix 4e un quart à quatre cinquièmes de pouce cube diacide carbonique. On MnMi de bien comprimer le poumon avant de les soumettre a l'action du ntm oxygéné. Cepejidant corn tue les voies respiratoires iHiuvaient, malgré f^precjuiiou» conserver encore à leur inlérieur une petite quantité d*oxygéne lûde carbonique, Millier répéta ces expériences en plongeant d*abord les gre- % l/odans le %jde, quon remplissait ensuite de gaz hydrogène purilléi lequel

M retiré h plusieurs reprises, emportant avec lui les derniers restes de 1 air atmos-

riqoe, puis retoplacé par une nourelle quantité d'hydrogène dans laquelle kvs

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reptiles demeuraient jusqu'à asphyxie complète. Les résaluts forent toojo«i mêmes : la masse d'acide carbonique formé dans de telles couditioDs ne fut bien inférieure i celle qui est produite à l'état normal. £dûd Bischoff, en cal^ les poumons des grenouilles, a vu ces animaux exhaler par la peaa on cinqu de pouce cube d'acide carbonique en huit heures.

Ces faits pleios d'intérêt s'expliquent très bien par la présence dans le saogd'i ceruine quantité d'oxygène et d'acide carbonique, et par leur déplacemeat i l'influence d'un autre gaz. En eiïeti lorsque les animaux sont renfermés dan l'hydrogène pur, ce gaz, arrivant au conuct du sang« se substitue à l'acide oil nique, de la môme manière que l'oxygène dans les circonstances ordinaires, tf acide carbonique devient libre. D'autre part, l'oxygène que le sang tenait aoa dissolution continue i brûler le carbone dans le système capillaire, et k doM par là, naissance à une nouvelle quantité de cet acide carbonique, qui k wo ^ sera déplacé par l'hydrogène du milieu ambiant. Mais comme la somme d'oqil et d'acide carbonique associés au sang est limitée, il dwt arriver, dans lu ^ riences, un moment où ces deux gaz sont entièrement remplacés par ceuxal lieu desquels les animaux ont été plongés: alors l'asphyxie se manifeste, d4 elle n'a précédé cet instant faul. Les résultats dont nous parlons montrent dafl clairement que la production et le dégagement de l'acide carbonique ne dépMl pas uniquement d'une combustion au sein du poumon, et dérivent, ao fliaitf' partie, d'actions effectuées dans les diverses parties de l'organisme.

Maintenant que nous connaissons les quantités exactes d'acide carbonique eril dans l'acte de la respiration et le mode de cette exhalation , il faut chercher ï voir de quels éléments du sang provient le carbone employé k la formatÎQa l'acide carbonique.

Lavoisier, Lagrange et les premiers partisans de la combustion respiraloiN sont contentés de dire vaguement que le carbone employé à la production de tu carbonique provenait du sang , et particulièrement de ses matériaux usés. Dq on y a mis plus de prétention : on a tenté de spécifier les principes immédiatt devaient être brûlés. Les uns ont considéré comme tels les graisses , le suciCi gomme et tous les principes immédiats non azotés provenant des aliments Hl propres à l'assimilation ; les autres ont placé dans la même catégorie la filn l'albumine, les matières animales diverses dans la composition desquelles il H de l'azote; enfin d'autres encore ont supposé que tel ou tel de ces principes dl servir à peu près exclusivement à la combustion respiratoire. Nous allooi l bientôt que toutes les substances organiques du sang et des tissus sont \ blés, en se combinant avec l'oxygène , de participer aux phénomènes la respiration. La plus grande difficulté à cet égard est de reconnaître les oil tions dans lesquelles les diverses substances sont brûlées, et le d^é précis d^l combustibilité.

£n ce qui concerne les principes immédiats non azotés, on ne saoraitM des doutes sur leur emploi à titre de combustibles. Ces principes , teb q^ fécule, le sucre, la gomme, la pectine, les spiritueux, si abondants dans kl ments des herbivores, ne peuvent servir à l'assimilation. D'une part, ils ne | vent se convertir ni en fibrine ni en albumine, puisqu'ils manquent de 1'^

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