DES PUÈNOMÈNIS CHIMIQUES DE LA RESPIRATION
un ap|)areil à surface anssi vaste. Ceux de ces derniers qui ont un poumon ont cet organe réduit à. Féiat d'an simple sac sans vésicules , ou à vésicules peu nombreuses et le plus souvent incomplètes ; ils consomment peu d'air, peuvent vivre dans un milieu pauvre en oxygène, et ne possèdent pas une température propre lieaucoup plus élevée que la température ambiante. On sait que des reptiles, tels que des crapauds, ont pu vivre dans des excavations de blocs de pierre, dans du plâtre gâché, bien que l'air pût à peine parvenir à ces animaux 5 travers des in-* lersiices étroits , des fissures ou de simples porosités. Les animaux à sang froid pourvus de branchies respirent dans l'eau et hématosent leur fluide nutritif aux dépens de l'oxygène en dissolution dans le milieu ambiant. Les phénomènes de com^ boatiou y étant très lents, consomment peu de substances organiques, et rendent ^, aimi supportable une abstinence très prolongée.
Mais, quelle que soit l'étendue de la respiration , cette fonction est absolument ... indispensable à l'entretien de la vie dans tous les êtres organisés ; et elle s'exerce ..: ■ èfejkd*onc manière incontestable chez ceux qui n'ont pas encore d'organes res- ?i :> liratnrcs spéciaux , car elle peut s'opérer sur toutes les surfaces où le fluide nu- :». UUImen rap|)ort avec l'oxygène, comme à la peau, aux muqueuses digestives, etc, Ceue respiration disséminée ou tégumentaire, insuffisante pour les animaux supé* rirars, n'y persiste pas moins comme complément d'une respiration localisée plus ou • Mrs parfaite. Tous les animaux, quels qu'ils soieut, ne peuvent vivre longtemps } ■■• ^on milieu dépourvu d'oxygène. Les polypes, les mollusques, les articulés, les :r.N hirct» aquatiques, les entozoaires, aussi bien que les poissons, meurent dans l'eau '*'^'- ■pu aérée; tous périssent aussi dans le vide, dans l'hydrogène, l'azote et les autres |tt Doo respirables. L'embryon dans l'œuf et le fœtus dans le sein de sa mère ne pen- > ^t se soustraire ï la nécessité impérieuse d'une respiration plus ou moins étendue. b effet, pendant l'incubation, le travail respiratoire est incontestable. La coque 'c l'œuf est poreuse , l'air la traverse et va s'accumuler à l'une de ses extrémités ^ ' ^ on espace qui s'agrandit à mesure que la partie aqueuse du blanc s'évapore ; ^^ ^iir perd de son oxygène et reçoit en échange de l'acide carbonique, ainsi que " ^ '*Myse l'a démontré. Le jaune se déplace en se rapprochant de la coque ; l'em- ^oa se développe à la partie la plus périphérique ; les vaisseaux ombilicaux et -''^* ^loîdiens viennent s'étaler vers l'extérieur pour rapprocher le sang de l'air ^liNbphcrique. Cet œuf, plongé dans l'eau , dans l'hydrogène , l'azote, ne permet ' Mm à l'oiseau de 8*y développer. Son incubation s'arrête dès que la coque est ^tewiertc d'uu enduit imperméable. L'œuf des vertébrés vivipares peut également respirer, car l'enveloppo membraneuse si mince qui le renferme est en con- ^, dans la vipère, par exemple, avec le prolongement sacciforme et non vésicu- ^n du poumon. Très probablement aussi, les œufs du re(|uin et des autres Mssous ovo-vivipares respirent aux dépens de l'oxygène cédé par le sang des vais* ^ax de l'ovidacte. ^
Dans le fœtoi des mammifères, il y a aussi une sorte de respiration. Le sang ^oe foomtt la mère au jeune sujet a d'abord toutes les propriétés vivifiantes qui W rendent apte & la nutrition et au développement de ce dernier ; de plus, le sang, ^ui, do fcetus, revient à ses enveloppes, reçoit, par un échange, les éléments qui Ui rendent ses propriétés premières, et abandonne ce qu'il a de superflu ; en on
mot, co fœtus respire par son placenta , comme nous le feiToas plus tard, tt lieu de puiser Toxygènc dans un milieu étranger, il le tire do propre sang de mère : il Tcrse aussi dans le sang de celle-ci ce que le sien renferme de maién nuisibles ou superflus.
La respiration est donc une fonction extrêmement importante, et imnédîil ment nécessaire à Tentreticn de la vie, et cela d'autant plus que ranimai se n| proche davantage des degrés supérieurs de la série. Aussi la suspension do tnn respiratoire enlraîne-t-elle rapidement la mort.
L'asphyxie qui résulte de cette suspension, ou qui est la suspension elle«étf peut tenir à la privation totale d'air ou à l'insuftisance de ce fluide. Celle-li M être, au point de vue physiologique, parfaitement distinguée de l'asphyxie fÉ déterminent l'hydrogène sulfuré ou d'autres gaz délétères mêlés à l'air en cerlÉi proportion, car la dernière est un véritable empoisonnement qui peot étrepi*' duit, quelle que soit la voie par laquelle ces gaz sont absorbés.
La première espèce d'asphyxie, celle par privation d'air, se produit pour M^ les animaux, dans le vide, dans l'hydrogène, l'azote, les divers gaz irrespirableii^ })Our les animaux à respiration pulmonaire et exclusivement aérienne, dani T^ môme saturée d'oxygène. L'expérience a appris que dans le vide de la mackif pneumatique les oiseaux ne vivaient que trente à quarante secondes, les f tits mammifères une minute, les grenouilles et les salamandres de une à 0^ heures, les insectes plusieurs heures; M. Biot dit même que des insectes vii^ une semaine dans un milieu où l'air raréfié n'a plus qu'une tension de I 2 millimètres; et Spallanzani a vu les limaçons vivre plusieurs jours sous le itt pient pneumatique. Les mammifères et les oiseaux ne vivent que quelques miiri dans l'azote ou dans l'hydrogène pur; les grenouilles y vivent trois, quatre et ali jusqu'à douze heures, seulement elles ne tardent pas à y éprouver une espèce del peur profonde, et à y cesser leurs mouvements respiratoires. Sous l'eau, les animai respiration aérienne ne Urdent pas à périr, surtout ceux dont les narines ne sontj disposées de manière à s'opposer à la pénétration du fluide ambiant dans les n respiratoires: il suffit d'une submersion de quelques minutes pour que les m mifères et les oiseaux y éprouvent l'asphyxie. Les hommes très habiles à pkM| ne peuvent rester dans ce milieu plus de deux ou trois minutes. La poule i\ qu'on y maintient pendant trois minutes y meurt, d'après les observationi M. Edwards : toutefois elle y demeure, comme je l'ai remarqué, pendant cînqoi à soixante secondes sans faire d'eflbrts pour en sortir. L'hippopotame que m voyons au Jardin des plantes reste caché souvent au fond de son bassin pendi trente ï quarante secondes. Mais les carnassiers amphibies, tels que les morseï les phoques dont les narines peuvent se fermer complètement ; les cétacés, coia les stellères, les dauphins, le narval, la baleine, s'y tiennent plongés sans moai ments pendant cinq minutes et quelquefois plus d'un quart d'heure, si l'on croit Scoresby, cela, grâce à des dispositions spéciales de l'entrée des vi aériennes, à des sinus veineux de l'abdomen et à des plexus artériels particnli sur les côtés de la colonne vertébrale, dont l'influence sur la circuiatioa n'est | du reste encore parfaitement déterminée. Les animaux à sang froid, qui peov respirer par la peau, vivent dans l'eau bien plus longtemps encore. Les |
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ant Edwards, vÎTent en été plusieurs heures sous Teau courante, et en hiver ieurs mois, si la température est assez basse ; elles y vivent même quelques s 4 la suite de Tablation complète des poumons. On sait que dans Teau distillée, ilUe 00 prÎTée d*air par un moyen quelconque, les reptiles et les poissons périst bientôt asphyxiés.
jl seconde espèce d*asphyxie tient à rinsuffisance de Tair, soit que Tespace où irouvent enfermés les animaux soit, trop restreint, soit que cet air ne se renouk pas assez dans on espace plus ou moins étendue, soit que ce fluide arrive in degré trop considérable de raréfaction, ou enQn que, dans un temps donné, B*e& pénètre pas une assez grande quantité dans le poumon pour y fournir tous s éléments de l'hématose.
Du» an espace circonscrit, d*une faible étendue, où Fair ne se renouvelle pas, «dans lequel il ne se renouvelle que très imparfaitement, ce fluide est bientôt altéré pt h respiration, puisque Tair expiré a perdu de 6 à 6 centièmes d'oxygène, et s'est iqéde 3à6 centièmes d'acide carbonique, qui s'ajoutent aux 5 dix millièmes de minier gaz que renferme normalement l'air atmosphérique. L'altération du fluide .Meittne fois parvenue à un certain degré n'est plus compatible avec l'accomplis* iM régulier des phénomènes respiratoires. Dès que l'air ne contient plus que de tfH6 centièmes d'oxygène au lieu de 2i, et qu'il est chargédeSà 6 centièmes Aoile carbonique, il est extrêmement vicié. Si la proportion d'oxygène est réduite Mfceotièmes, l'asphyxie y devient bientôt imminente, comme on l'a constaté dans vamies très profondes. Les animaux à sang chaud ne peuvent donc pas épuiser Mr conGné de tout l'oxygène qu'il renfermait ; mais les vertébrés à sang froid et pbpart des animaux inférieurs jouissent, d'après Spallanzani, du privilège de mmmer totalement cet oxygène, et par conséquent de vivre dans un milieu tant H possède encore de ce fluide viviûant. L'asphyxie qui se produit dans de n conditions reconnaît pour double cause l'insuffisance de l'oxygène et l'excès pz acide carbonique. Celui-ci, en panenant dans les voies respiratoires, n'agit comme les gaz neutres, l'hydrogène et l'azote, par exemple ; il semble jouir le action toxique spéciale, puisque les animaux y meurent bien plus vile que I ceox que nous venons de nommer. Les ex|)ériences de Gollard de illartigny itrent en eflet que les oiseaux périssent au bout de quelques minutes dans un loge de 79 parties d'acide carbonique sur 21 d'oxygène. Or si cet acide lit, de même que l'azote, aucune action sur l'économie, la vie s'entretiendrait lUèreroent dans un milieu, ou le premier se trouverait substitué au second. eodaot Mi\L Regnault et Reiset assurent que divers animaux peuvent respirer Doément au sein d'une atmosphère contenant la moitié de son volume d'acido ionique, pourvu que la quantité d'oxygène y reste à l'état normal. D se basant sur ces données et sur la proportion d'oxygène consommée par un nal eo ooe période déterminée, il est facile de calculer le temps qui serait siaîre poor rendre irrespirable une atmosphère confinée. Un cheval renfermé \ on espace ayant /i mètres de longueur, li mètres de largeur sur 3 mètres ceotimiètres et demi de hauteur, aurait, si le local était parfaitement clos, nètres cubes d'air à sa disposition. En vingt-quatre heures cet animal alisorbeii peo près 5 mètres cubes d'oxygène, et exhalerait un peu moins de 5 mètres
aift DB L4 USPIRATION.
cubes d'acide caibonique. Or, au bout de ce laps de temps, l'air u'aunitplosqK dix et demi pour iOO d'oxygène, et serait saturé de dix centièmes d'acidecvbonique; il serait arrivé par conséquent au degré d'alténUco qoi déterani l'asphyxie : l'animal ne tarderait pas à y périr, à supposer même qu'il pût rédoh à ce point la proportion de l'oxygène. Dans un espace d'une étendue double, c'atà-dire de 100 mètres cubes, et toujours exactement fermé, l'air ne renfenncnil pins, au bout de vingt-quatre heures, que seize et demi pour 100 d'oxyg^H contiendrait 5 centièmes d'acide carbonique. L'atmosphère conCnée serait àm dans toute sa masse aussi viciée que l'air qui est expulsé du poumon après mi servi une fois à la respiration, et déjà cet air ainsi altéré cesserait d'être respinUei d'après plusieurs expérimentateurs habiles.
Il est évident qu'il faudrait donner aux habitations des animaux des proportiMl énormes, si ces habitations, exactement fermées, s'opposaient an renouvelleflMl de l'air. Ainsi, suivant les calculs de M. Boussingault, il faudrait 4 une vache, fi produit en vingt-quatre heures U mètres cubes d'acide carbonique, une aUnospUi confinée de 200 mètres cubes pour que, après douze heures, il y eût seuleMi dans cette atmosphère un centième d'acide carbonique substitué à un cniM d'oiygène. 11 importe donc, à défaut d'espace, de faciliter le renouvelletDntfe l'air que respirent les animaux, non-seulement pour remplacer l'oxygène (* aommé et disperser l'acide carbonique produit , mais aussi pour limiter rélcraÉl de la température de ce fluide et entraîner k l'extérieur les émanations imauto qui le vicient souvent autant que les actes de la respiration. Les interstices, os 1* jointures des portes et des fenêtres, suffisent déjà, même dans des espaces fort iH* treints, à un renouvellement d'air tel que ce fluide reste à peine chargé d'un or tième d'acide carbonique et privé d'un équivalent d'oxygène. Enfin dc*s ou\ert«^ convenablement disposées opèrent, quoique assez étroites, une ventilation soi* santé, d'autant plus active que la température intérieure diffère plus de la teinp^ rature ambiante.
L*air confiné, |)0ur peu qu*il se renouvelle, conserve donc les qualités qoi h rendent apte à servir à la respiration. Le renard et le lapin dans leurs terrieft souvent étroits et profonds ; la marmotte dans sa retraite, dont elle ferme rentrée; la taupe dans ses galeries souterraines , les reptiles cachés sous la terre mus t prouvent suflisamtnent. Mais il importe de remarquer, d'une part, que les aii' maux hybernanls, une fois engourdis, respirent avec une telle lenteur qu'ils co» somment à peine la trentième partie de l'oxygène qu'ils absorbent dans les circor stances ordinaires; aussi peuvent- ils alors, sans périr, séjourner pendant qoelq* temps dans un air très vicié, pauvre en oxygène, et même dans un milieu cuwf^ d'azote, d'hydrogène ou d'acide carbonique; d'autre part, les reptiles, qui peuvfri constamment respirer sans danger un air impur, respirent |>en une fois [lioapA dans la torpeur; ils consomment une faible quantité d'oxygène, et en épiiisesii peu près complètement le milieu où ils se trouvent Cette particularité fait ro^ prendre que les crapauds renfermés par Hérissant dans de petites boites fcrlIM de plâtre gâché aient vécu plus d'une année aux dépens dn peu d'air qoi ^ parvenait à travers les pores de cette substance.
L'insuffisance d'air ne se fait pas seulement sentir dans des espaces étroits^*
DKS PHBNOMËNKS CUIMIQUSS DE LA UESPIKATION. 215
Clément fermés ou dans des espaces plus grands dont l'atmosphère n*cst pas !Z renouvelée, elle exeaxe encore ses effets dans d'autres conditions : ainsi sur hautes montagnes, où ce fluide est trop raréûé, et dans plusieurs circonstances I ou moins anormales, comme lorsque le thorax ne se dilate pas assez, surtout l'obstacle que la tympanile apporte si souvent, chez les ruminants, au jeu du hragme, lorsque la glotte est comprimée ou qu'elle a perdu sa dilatabilité, ]ue les conduits aériens sont rétrécis, les bronches obstruées par des muco- , le poumon induré, envahi par le tubercule, et devenu imperméable dans la grande partie de son étendue.
asphyxie se produit dans une atmosphère conûnée, lorsque celle-ci est chargée :ertams gaz délétères , l'acide sulfhydrique, l'hydrogène phosphore. Le plus tère de tous est l'hydrogène sulfuré. Il suffit , d'après les expériences de rhenard , que l'air en contienne 1/1500* pour tuer un oiseau, 1/800* pour un chien et i/250*' pour un cheval. Les gaz de cette catégorie déterminent la t par un véritable empoisonnement , et de la mémo manière que s'ils étaient ctés en dissolution dans les veines. Ceux qui sont irritants modifient en outre byilime des mouvements respiratoires, et paraissent provoquer une contraction Hoodique de la glotte, et môme une contraction très prolongée de toutes les isances expiratrices, connue je l'ai observé sur des vipères et des couleuvres, traction dont le but est de maintenir les voies aériennes dans une occlusion »i complète que possible. L'acide carbonique semble agir aussi comme un gaz que quand il est mêlé à l'air en très forte proportion, d'abord en diminuant la se totale de l'oxygène, puis en gênant l'échange qui s'opère dans le poumon e Tacide carboni(|ue du sang veineux et l'oxygène extérieur, euûn en pénétrant j dans les vaisseaux par la voie ordinaire de l'absorption, imperfection croissante et la suspension complète des phénomènes de l'hémase traduisent par des signes, dont quelques-uns sont à peu près constants. Les laux éprouvent de l'unxiété, semblent être sous le coup d'un sentiment de pe- >ur ; ils font des efforts respiratoires plus ou moins violents ; mais bientôt leurs •emcnts s'affaiblissent et leurs sensations s'émoussent; ils unissent par tomber une sorte de torpeur qui anéantit l'instinct de conser\ation; du moins ce er effet se manifeste sous l'influence de l'acide carbonique, et prouve que ce ouit d'une propriété stupéûantc spéciale. Si l'asphyxie commençante lient sserrement ou au défaut de dilatation de la glotte, comme à la suite de la secdes nerfs laryngés, de la compression, du tiraillement ou de la section des luogastriques; si elle dérive de l'affaissement du poumon par suite d*une le ouverture aux parois c!u thorax, la icspiration devient profonde, bruyante; Idéaux se dilatent outre mesure ; la bouche s'ouvre à chaque inspiration; le emcnt de totalité du larynx devient très étendu ; il y a des bâillements frets ; la muqueuse de la bouche et des lèvres , la pituitairc, la conjonctive prenune teinte violac>ée, couune on le voit aussi chez les chevaux extrêmement .'urs à la suite d'un exercice rapide ou très pénible, car les solipèdcs éproualors les effets d'une véritable asphyxie commençante. rM|ue l'asphyxie se produit rapidement par la suspension brusque des phéno s de la respiration, comme après l'occlusion complète de la trachée dans loi
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expériences , les aoimaax ne semblent d'abord rien ressentir de particalic dant cinquante & soixante secondes; mais aprôs ces premiers instants, ilsd fortement les naseaux, ouvrent la bouche, font des eiïorts tiolents pour se i s'ils sont couchés , s'agitent vivement , éprouvent des angoisses inexprim déploient toutes leurs forces inspiratoires pour mettre en mouvement les pai leur poitrine ; les hypochondres s'écartent l'un de l'autre , les côtes s'élèt arrivent aux limites de leur projection en avant ; en un mot, le diamètre traii du thorax s'agrandit outre mesure, sans que cette cavité se dilate réellement, même temps que s'opère ce simulacre d'inspiration, la pression atmosphériq prime l'abdomen et pousse les viscères abdominaux contre le diaphragme, i relâchement tient lieu d'une contraction violente. Âu bout de trois, quatre, cii minutes d'efforts inouïs, les mouvements respiratoires cessent chez le cberi chien, les membres s'agitent convulsivement, puis s'étendent, comme cela au moment de la mort que l'on détermine par effusion de sang , enfin l'anli donne plus aucun signe de vie. La mort survient de cette manière pour lesc que je viens de nommer, le plus souvent de la quatrième à la cinquiètnen d'après mes expériences : elle n'est pas instantanée, car le poumon du cbevi ferme toujours en moyenne de 20 à 25 litres d'air, au lieu de huit, comme je 1 par erreur, dans l'un des paragraphes précédents. A ce moment , le thorax ne laisse plus voir que quelques légères contractions des oreillettes : cel ventricules ayant presque toujours cessé.
Dans ces circonstances, il est facile de rappeler h la vie les animaux tant ( mouvements respiratoires continuent à s'opérer; il l'est un peu moins qoa mouvements sont déjà suspendus, et surtout depuis quelques minutes, i convient tout d'abord de comprimer fortement la poitrine pour expulser une partie de l'air vicié contenu dans le poumon, puis de laisser les parois d< cavité revenir à leur état primitif, en aspirant mécaniquement une certaine tité d'air atmosphérique. Mais comme cela ne suffit pas, on a recours à une flation qui alterne avec la pression sur les parois thoraciqucs de manière i autant que possible le jeu successif de Tinspiration et d(^ l'expiration. Biei mouvements respiratoires se raniment et l'animal revient très vite à la vie contractions du cœur conservaient encore une certaine énergie. Toutefois organe avait cessé de battre, la respiration artificielle serait inutile. L'act cœur, qui est Vultimum moriens , ne se rétablit plus , une fois qu'elle es plétement suspendue. D'ailleurs c'est en vain qu'on pousse de l'air dans le po il n*y a plus d'hématose dès que l'organe central de la circulation ne pous le sang au foyer de la respiration.
L'asphyxie entraîne d'autant plus rapidement la mort, que les animai phis éloignés de l'époque de leur naissance. Buffon avait déjà observé que d chiens peuvent séjourner à plusieurs reprises dans du lait tiède, et jusqi demi-heure chaque fois, sans y mourir. Legallois(i) a reconnu que, sur de lapins asphyxiés par submersion, la sensibilité persistait 15 minutes le \ jour, 10 minutes le cinquième, h minutes le dixième, 3 minutes le qaii
(f) Expériences sur le principe de la vie. Paris, 1812, p. 79.
DBS PflÉNOMÈNKS CHIMIQUES DI LA RESPIHATKHf. 217
QQtes le f îngtièinG et le vingt^cinqoièiiie, 1 minute et demie seulement le ième. Les bâillements se continuaient pendant 27 minutes le premier jour, i cinquième, 5 le dixième, li le quinzième, 3 le vingtième, et le vingt-cin ne, 2 et demie le trentième. W. Edwards a reconnu , par de nouTelles eipées, que tous les mammifères ne doivent pas, sous ce rapport, Hre placés sur taie ligne. Ceux qui naissent avec les paupières ouvertes, le corps couvert de I, et qui jouissent dès les |>remiers instants d*nne grande liberté de mouveits, comme les |)etits des solipèdes et des ruminants, se refroidissent assez rikment et s'asphyxient avec promptitude. An contraire, ceux qui naissent les iptères fermées se lefroidissent aisément et s*asphyxient avec plus de lenteur : l^iin et les carnassiers se trouvent compris dans ce dernier groupe. le mode de développement, la succession et la nature intime des phénomènes iTuph^-xie se prêtent difiBcilement à l'analyse. Aussi Jes physiologistes sont-ils fc le posséder sur ce point tontes les données positives que Ton pourrait désirer, ktrdbis on croyait que l'asphyxie résultait du plissement des vaisseaux pulmo- ^({Di, devenant à peu près imperméables au sang, ne permettaient pas à ce lik dépasser des cavités droites dans les cavités gauches du cœur. Les partisans ittttte opinion pensaient que le poumon, sans être totalement affaissé, n'était fiMn dilaté pour maintenir ses vaisseaux à leur calibre normal; ils citaient la Meexpériencede Yésale, répétée plus tard par Hooke ; expérience dans la- Nk 00 voyait les mouvements du cœur reprendre une nouvelle activité, et la Mition se rétablir dès que, sur un animal dont la poitrine était ouverte et le *MBoo revenu sur lui-même, on poussait de l'air dans cet organe de manière à ^^Mndre et à entretenir une respiration artificielle. Haller partagea ces idées. ^>^n le premier s'en affranchit : il attribua la mort par asphyxie à la suspenil des mouvements du cœur, par suite du défaut de stimulation du sang noir sur («pne. Plus tard Bichat établit que le plissement des vaisseaux du poumon ii l'asphyxie est imaginaire, et que ce plissement, à supposer qu'il existât, ne init être un obstacle à la circulation pulmonaire ; enfin il démontra que le sang ir est impropre à entretenir l'excitation et la vie de tous les organes. Ndiat reconnut que pendant l'asphyxfe le cœur continue à se contracter, et que irculation persiste, comme le prouve l'inspection directe de cet organe, les puU MIS artérielles, la force et le caractère faccadé du jet qui s'échappe des artères vtes. La circulation s'ofièrc même encore pendant quelques instants après que Nlrine a élé ouverte pour déterminer ralTaissement du poumon , et alors le ; passe dans les vaisseaux sinueux de cet organe, comme il passe dans ceux de )mac et de l'intestin devenus flexueux par la vacuité de ces viscères. Si les difits organes de l'économie cessent de fonctionner, si le cerveau cesse de perceles impressions, si les centres nerveux sont frappés d'inertie, si les muscles ne cot plus se contracter, si, en un mot, chaque partie de l'organisme est mise l'impossibilité d*agir, ce n'est pas faute de recevoir du sang, mais c'est faute xevoir le sang vermeil , oxygéné, qui seul possède la propriété de les stimuler 'entretenir leur vitalité. En effet, d'après Bichat, le cœur, continuant 5 se racter, envoie à tous les organes du sang qui a perdu ses qualités vivifiantes, et peot-élre est devenu délétère. Ce sang va asphyxier, en quelque sorte, ou
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frapper de inori toutes les parties, en pénétrant leur tissu et en se mettant coca tact avec chacune de leurs fibres et de leurs molécules. Le cerveau, q« pfll ressentir le premier son influence funeste, cesse bientôt d*agir, et par suite pkil sensations, de perception, d'opérations intellectuelles ; les nerfe ne reniplis8eit|É leur office de conducteurs: les muscles se paralysent; le cœur lui-même, tuai envoyant le fluide délétère aux divers organes, le projette dans ses propres ni seaux, qui le mettent en rapport ave ^. chacune de ses fibres; il s'ispbyxie ri| lui-mtMne prc^ressivementen asphyxiant toutes les autres parties; aussi son acÉ^ qui s'afl'aiblit peu à peu, ne tarde pas à s'éteindre; mais cette extinction wnli la dernière, alors que la vie a déjà abandonné tout le reste de l'organisme. <{
L'enchaînement de ces diflérents phénomènes est parfaitement saisi par 1 Les centres nerveux , éprouvant tout d'abord l'impression stupéfiante du saogi cessent d'agir, comme le prouve la perte des sens et des facultés intellectaeileiC centres ne distribuent bientôt plus aux muscles l'influx qui les met eu jeu, ctil lors les mouvements généraux et les mouvements respiratoires se suspendeoLi mêmes centres , desquels dépend plus ou moins directement la conti rhythmiqucdu cœur, cessent d'exciter les mouvements de cet organe, et lec dont le tissu déjà imprégné de sang noir n'est plus suffisamment stimulé, s'a insensiblement, et enfin cesse de battre.
Il y a donc dans l'asphyxie générale , comme le dit l'illustre pbysi asphyxie partielle de chaque organe; de telle sorte que s'il était possible d'e du sang noir à un certain nombre de parties, celles-ci s'asphyxieraient pendant que les autres contiimeraient à agir. Seulement, si le sang noiri d'inertie un organe important dont l'action ne puisse se suspendre sans ei)U la suspension de celle des autres, la mort ne larde pas à avoir lieu. Bicbit^ donne pour preuve cette ingénieuse expérience (|ui consiste à faire conimaiii. à l'aide d'un tube, la carotide d'un animal (qui s'asphyxie, par occlusion^ trachée), avec la carotide d'un autre chien, de manière à envoyer du saogrf au cerveau de ce dernier. Alors on voit, après avoir pris les précautions oM saires pour éviter une congestion cérébrale, se manifester les phénomèoes^ amènent le trouble, puis l'abolition des fonctions du cerveau; enfin la mort^ vient consécutivement à cet état, si Ton ne rétablit dans les vaisseaux de la lètt ' cours du sang artériel.
Ainsi c'est le sang noir qui , distribué à toutes les parties, en fait cesser proop** ment l'action , faute de pouvoir l'entreienir. Mais pourquoi ce sang , qui per^^ quelques secondes sa teinte vermeille en traversant les systèmes capillaires. (Kt* en même tem|)s la propriété de stimuler et de vivifier les organes. A quebd^ gements physiques et chimiques doit-il la perte de ses propriétés normale*» ^ comment ces modifications, si promplement opérées, lui ôtent-ils son action «i* fiante ? Est-ce à quelque différence dans les proportions de son oxygène, i^ ^ acide carbonique, de sa fibrine, de ses globules? Tout fjorte à croire quek ^ noir est impropre à entretenir la vie des organes, parce qu'il ne possiilepli^^ quantité suflisante, ce piinci|>e gazeux qui détermine ces combinaisons iiices5i>*' d'où résultent une combustion et une transformation j)er|)éluelle de la inatièc*^ vante. Le génie de Bichat l'avait deviné. C'est peut-être, dit il, par la conibiu**^
INPLUBNCE DU SYSTÈUB NfitVEUX SUR LA RESPIRATKW. 219
incipes qui rendent le sang vermeil avec les tissus qoe ce floide entretient de toutes les parties , et, si cela est, ce sang noir, d'ailleurs saturé des éléauxquels il doit sa teinte foncée, ne pouvant plus offrir aux tissus les matéde celte union si essentielle, se trouve dépourvu de ses propriétés vivifiantes. ]u*il en soit, c'est un fait bien étonnant que ce sang, en devenant veineux , en quelques instants la faculté d'entretenir la vie et le mouvement molécu- Dcessant qui s'effectue dans la trame de tous les organes : il démontre assez rtance des phénomènes respiratoires et leurs connexions intimes avec les »seotiel8 de l'organisme.