‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 82 sur 152 · DU COURS DU SANG DANS LES VEINES · texte numérisé non relu

DU COURS DU SANG DANS LES VEINES

ilsion. Il ne m*a pas sembléqu*il fût le siège de contractions rhythmiques spontaies sur le chien, où il est à découvert dans une grande étendue, et sur le cheval, iverls vivants. Il n*a éprouvé qu'un resserrement lent et très équivoque, par suite i raction de Talcool et d*un acide concentré. L'application d'un courant galvaque, immédiatement après la mort, a seqle produit sur le cheval une contraction aoifeste, lente et prolongée dans les cas où la veine n'était pas trop distendue ni "aillée par le poids des intestins déplacés. Tout récemment, KOlliker et Virchow(i) t TU des lambeaux de ces veines détachés du cadavre d'un supplicié et soumis à xcitalion électrique, se contracter encore plus de deux heures après la mort. Sui- Dt CCS mêmes observateurs, cette contractilité ne serait pas limitée an tronc où i fibres musculaires sont bien évidentes ; elle aurait lieu aussi dans les branches, r ils ont noté que la mésaraîque, près de l'iléon, s'était contractée du quart de sa mière.

I^ contractilité de la partie centrale de la veine porte niée par Bichat, doit être ^rdée, si faible qu'elle puisse être, comme une cause auxiliaire du mouvement

sang dans ce petit système. Très probablement, la pression exercée sur les vis- 'cs abdominaux par le diaphragme et les parois abdominales, les mouvements de i muscles, ceux des intestins et de l'estomac, la distension de ces viscères, doiit favoriser cette impulsion, comme le pensait l'illustre physiologiste que je viens citer. Il suffit, pour se convaincre de leur utile coopération au cours des fluides is la veine porte, de voir avec quelle rapidité ses divisions spléniques, gastriques intestinales se gonflent et deviennent variqueuses une fois que les parois abdomies enlevées n'exercent plus leur pression habituelle sur les viscères digestifs. Le mouvement de reflux qui s'opère dans le système veineux général sous l'inence des mouvements du cœur et du mécanisme respiratoire, ne parait guère fisible dans celui de la veine |)orte. Ce mouvement qui, dans le premier, s'aiïait à mesure qu'on s'éloigne du cœur et à mesure que les vaisseaux diminuent de imètre, cesse d'être appréciable dans les petites veines, et bien avant que celleslient atteint les capillaires. Or, à supposer que le reflux du sang de la veine cave lasse sentir jusque dans les veines sus-hépatiques un peu volumineuses, il doit rtainement cesser avant les capillaires qui unissent celles-ci à la veine porte ; à w forte raison ne doit-il pas ni se propager à ces capillaires, ni s'étendre au delà. • effet, l'inspection directe ne montre là aucun indice de ce reflux, comme Bichat I avait déjà fait la remarque.

Cependant, de nos jours, on ne s'est pas contenté d'admettre l'existence si conauble de ce simple reflux commun au reste du système vasculairo 5 sang noir, il a prétendu que le sang de la veine pouvait progresser en sens inverse de son •irs habituel, c'est-à-dire éprouver une véritable circulation rétrograde.

D'après M. Claude Bernard (2), qui est l'auteur de cette conception, le sang de la *8e porte, après avoir traversé le système capillaire du foie et avoir été amené ^ la veine cave postérieure par les veines sus-hépatiques, refluerait dans le tronc

(i) Anhtoes générales de médecine, février iSî^n, \}. l os. . „ ...

(î) Union médicale, 19 et 24 septembre 1850. et noie addilioniicllc sur la ci roula lion ^tjco-rénale, iiar M. Litlré. {Manuel de Physiolooie, par Mallcr, Pans, 18 »-, 2 édii.,

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de la veine cave en arrière de la scissure anlérieare du foie, el de Ik dans b twi rénale, où il servirait i la sécrétion urinaire. Ce courant rétrograde aurait lia pendant la digestion seulement, et la circulation reprendrait ta directioa lor maie pendant Tabslinence. Ainsi s'expliqueraient la rapidité avec laquelle la boissons se trouvent éliminées par les .urines et diverses partîcularUés relatiw au mode d'action de diverses substances vénéneuses introduites dans les fois dlgeslives.

On conçoit très bien que le sang des viscères abdominaux, une fois parreoo ili veine cave, puisse éprouver dans le tronc de cette veine un reflux tel que celoià sang de la veine elle-même ; on conçoit que ces deux sang» mêlés puissent reto assez loia dans la partie abdominale de la veine cave, dans la partie libre dcsii*' nales, dans la partie supérieure des iliaques. C'est là un phénomène propre à \aM^ les veines un peu considérables et dont nous nous sommes assez occupés précédM ment pour qu'il soit inutile d'y revenir. Mais ce reflui^ doit être comme celiià| toutes les autres parties du système veineux, régulier et subordonné aux moM ments du cœur et au mécanisme respiratoire; il doit se faire pendant la digeM comme pendant l'abstinence, s'efîectuer en masse, dans des limites resuriiMi s'affaiblir et s'éteindre à mesure qu'on se rapproche des radicules ténues du sysièil veineux. Tout cela n'a rien d'étonnant, rien de particulier, puisque leschosai passent dans l'abdomen comme dans les autres |>ariies de l'organisme. '

Dire que lors du travail digestif le sang de la veine porte change son cours M bituel et progresse en arrière vers les reins au lieu de se diriger vers lecœur;ii^ que ce sang, repoussé dans la portion abdominale de la veine cave, s'engage datfk tronc des éraulgentes, de là dans leurs branches, pour rétrograder jusque dansli capillaires du rein et y fournir des matériaux à la dépuration urinaire; dire < que les fibres musculaires du tronc de la veine cave sont destinées à porter lei en arrière au lieu de le faire progresser vers l'organe central de la circulatioo.cV avancer autant d'hypothèses invraisemblables, illogiques et entièrement déoaéal preuves sérieuses.

En effet, pourquoi le sang de la veine porte refluerait-il dans les veines | le travail digestif, et pourquoi reprendrait-il son cours normal pendant l'abstia Si cette circulation rétrograde, hépatico-rénale, comme on l'appelle, a lieu loni la digestion, elle doit s'effectuer d'une manière permanente cliex les animauK comme les ruminants, digèrent constamment. S il y a réellement un couraotf porte le sang veineux dans le rein, il fautqu'il s'o|)ère non-seulement dans le tni de la rénale et de ses princijxales branches, mais encore dans les plus pctiMi' jusque dans les capillaires; sinon, il ne saurait y servir à la sécrétion de l'iin^ car ce n'est pas le sang que renferment les gros vaisseaux qui peut être eaipM à cet office. Or, comment pourraient se mouvoir dans une même veine deux coan^ opposés : d'abord, celui du sang dérivé des artères et revenant au cœur; pais.cdii du sang, qui de la veine porte se dirigerait vers le système capillaire durtia!!)* . deux courants seront-ils simultanés ou successifs? S'ils sont simultanée, comffl^ i pourra-t-il se faire qu'une partie des fluides de la veine marclie en •«îw»»'*; l'autre partie en un sens opposé ? S'ils sont successifs, quelles seront les caojrf* ] leur alternance, les lois de leur succession ?

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