‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 90 sur 152 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

hti PËÉNOMÊflES GÉNÉRAUX DE LA NtlTRltlON.

Le travail nutritif, offrant des éléments et des lois dont les caractères essentiels Mt communs à toutes les parties, doit être envisagé d'abord d'une manière géiiéile avant d'être suivi sous toutes ses phases et avec ses variantes infinies dans les ivers tissus de l'organisme; et il doit l'être dans les fluides avant de l'être dans s sdidcs, car ce scmt les premiers qui deviennent le point de départ et qui donnent s matériaux des seconds.

I. De LA FORMATION ET DU RENOUVELLEMENT DES FLUIDES ORGANIQUES.

Chez les animaux siipérietirs, le sang, tel qu'il est distribué à tout l'organisme M* les besoins de la nutrition et des sécrétions, dérive de deux Guides distincts baorbés , puis charriés par des vais^anx particuliers. Ces deux fluides, qui sont • chyle et la lymphe, provienneht, l'un des matières étrangères préparées par le ivail digestif , l'autre des matières liquéOées faisant déjà partie de l'organisme, lais en dehors des vaisseaux. Ils ont pour caractères essentiels : 1* d'être recuHIlis

transportés par des canaux particuliers qui s'ouvrent dans ceux du sang; 2" d'ofir les éléments principaux nécessaires à la constitution de ce dernier; 3* enfin t posséder l'aptitode h se convertir en sang sous l'influence de la respiraftori. Ils

Z'ïC) DE LA NI:TUITU)N.

représentcnl ainsi les formes primordiales du fluide snnguiu, les états de transiiioo entre les matières qui oc vivent pas encore, ou qui ne vivent plus, et celles qui participent à raciivité de Torganisme. Cherchons donc à découvrir comment la matiôre se métamorphose en ces deux fluides de transition, puis comment ceox-dtt métamorphosent en sang, et comment, à leur tour, les éléments du sang se oooTcrtissent en substance propre des diverses parties de l'économie vivante ; suivons afec soin la Gliaiion de ces changements successifs dans le dédale où s'accomplissent b actions vitales.

Lorsque, par le fait du travail digestif , les substances étrangères ont été atténuées et dissoutes, elles acquièrent l'aptitude à pénétrer les villosités et k traverser les parois vasculaires. Ces subsunces, en changeant d'état physique, de oonnitition moléculaire, prennent, sans que leur composition se modiGe, la forme \ laquelle elles peuvent donner naissance au chyle. Une partie d'entre elles | dans les chylifères et l'autre dans les radicules des mésaralqoes, où elles se méM immédiatement avec le sang de ces veines. Déjà, dans l'intestin, elles représenM par leur ensemble un fluide aqueux tenant en dissolution les matières protéiquci. les sels, et en suspension les graisses émulsionnées, seulement ce fluide est mêiéi une gangue dont il sera peu à peu séparé. L'absorption effectae cette séparatioa; elle extrait la plus grande partie des matières assimilables à mesure que la mase alimentaire parcourt le long trajet du tube digestif.

Le fluide dont se chargent les vaisseaux chylifères contient de Peau, de FaliMH mine, de la fibrine, des matières grasses et des sels. C'est déjà du sang aoqod 1 ne manque que des globules rouges, ou c'est, si Ton veut, la partie plastique do sang qui ne possède pas encore les globules caractéristiques. En fiassant de riote>tii dans les chylifères, divers éléments de ce fluide se sont modifiés, une partie de l'albumine s'est convertie en fibrine , et il s*est formé des globules incolores. Ces premiers changements opérés dans le tissu de la villosité et dans les radicules d'origine des vaisseaux blancs n'ont rien de très difficile à comprendre : la fibrioe est un principe isomère avec Talbumine ; les deux ont la même composition, la forme seule les difl'érencie l'une de l'autre; et par conséquent l'albumine, en changeai de constitution physique, peut de\enir de la fibrine. Les globules blancs se (brment dans les filières ténues des vaisseaux absorbants aux dépens de la matiètt fibrino-albumineuse. Nous verrons plus tard que le développement drs globolo. des cellules et de leurs noyaux , est un phénomène général qui s'opère en mile conditions au sein de la matière organisée.

La lymphe, rassemblée des divers points de l'organisme et formée aux dé|»eDS des fluides qui imprègnent la trame organique ou qui remplissent les aréoles celiolaires, les cavités séreuses ou muqueuses , devient un deuxième élément gêoéiateur du sang avec lequel il se mêle, de même que le ch>le, dans le système veineux. Ce fluide contient encoie de l'eau, de la fibrine, de l'albumine et desseb; il a des globules blancs, transparents, et jouit aussi de la propriété de se coagoiff lorsqu'il a été extrait de ses vaisseaux.

Les principes constituants de la lymphe pénètrent tous à l'état de fluidité oo de • dissolution dans les réseaux lyinphaticiucs. L'eau , l'albumine et k*s sels ) ptf- ▼ienneot sans difficulté; la fibrine, si elle y arrive en nature» comme MûUercst

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porté à le croire, doit se trouver à Tétai de dissolution au moment où elle traverse par endosmose les parois vasculaires, sinon elle se forme dans les vaisseaux euxmêmes par une simple transformation d'une partie de Talbumine. Enfin les globules se développent dans le système lymphatique aux dépens de la matière fibrino-albumineuse, et ils se produisent là, comme en d'autres parties, en vertu de la tendance de la matière qui s'organise à prendre la forme globulaire.

Le chyle, la lymphe et les substances que l'absorption a introduites directement dans le système veineux , notamment dans la veine porte, suffisent à l'entretien de la masse du sang et à son renouvellement incessant. Nous avons vu, en effet, que le système des vaisseaux blancs verse dans le torrent de la circulation des quantités énormes de liquides , car chez un bœuf de taille moyenne elles peuvent, dlans les circonstances ordinaires, s'élever à 100 kilogrammes pour une période de vingt-quatre heures. Dans cette masse prodigieuse, le sang retrouve tout ce qa*il a perdu : l'eau emportée par la perspiration pulmonaire , par la transpiration cutanée et par les diverses sécrétions, l'albumine, la fibrine employées à la nutrition, les graisses brûlées ou déposées dans le tissu adipeux, les sels et les autres substances minérales que les actions nutritives et sécréloires ont dépensées.

La conversion du chyle et de la lymphe en sang est une métamorphose qui s*opère insensiblement sous l'influence de la respiration et à mesure que le sang lai-même est usé dans les organes. On peut la concevoir plus aisément en se rendant compte des différences qui existent entre les facteurs et leur produit, car ces différences montrent les changements qui doivent être opérés pour que les premiers donnent naissance au second. Or ces différences sont les suivantes. Le mélange de chyle et de lymplie renferme moins de fibrine, moins d'albumine et moins de sels que le sang; il contient plus de graisse que ce dernier, et de la graisse libre; enfin il est complètement dépourvu de globules rouges, et par conséquent de la matière cobrante propre au liquide essentiellement nutritif.

Ces différences sont très légères. La moindre proportion de fibrine, d'albumine et de sels dans les facteurs du sang tient à ce que ces substances sont associées à ODe masse d'eau considérable. L'excédant de graisse n'a pas d'importance, car ce principe doit être bien vite brûlé ou déposé dans le tissu adipeux. Il ne reste donc comme différence essentielle et capitale que le défaut de globules rouges. Lorsque k mélange de chyle et de lymphe aura acquis ces corpuscules particuliers, il sera devenu du sang parfait; mais où et comment va t-il les acquérir?

D'abord ces globules rouges ne se forment point dans le système lymphatique. Tout ce que les physiologistes ont dit sur la présence des globules sanguins dans les lymphatiques, et spécialement dans le canal ihoraciaue . tout ce qu'ils ont observé sur la teinte rougeâire que prendraient le chyle et la lymphe exposés au contact de l'air, repose sur des illusions, sur des faits anormaux ou exceptionnels. Les globules de sang que Schuitz, Valentin, Gurll et unt d'autres ont troové dans le contenu du canal tlioracique, provient du reflux du sang veineux dans ce conduit. La teinte rosée que Mouro a vue se prononcer dans le chyle exposé à l'action de l'air dérive de Tinfluence exercée par l'oxygène sur les globoles sanguins qui se trouvaient accidentellement mcMés à ce fluide. Il est très certain que le chyle et la lymphe versés par le canal thoracique dans les veines sont

complètement dépourvus de globules rouges, eiqne ce canal n*en charrie pas DBsnl pendant des journées entières, si la fistule est établie de manière à mettre unrtexk absolu au reflux du sang des veines dans son intérieur. Enfin ce fluide miste ne pmi pas de teinte rosée, ne rougit nullement au contact momentané ou prolongéderv on de l'oxygène pur. Il en est de même du chyle pris à la citerne sous-Iombiirtii dans leschylifèresdu mésentère. Un grand nombre d'expériences que j*aibiies)(rt ; égard sur nos divers animaux domestiques prouvent clairement que les j^obdb sanguins ne se forment point dans les vaisseaux blancs, et que le chyle et h l^w^ ne rougissent nullement au contact de l'air.

Puisque les globules rouges ne se développent point dans le système lympkitique, il faut de toute nécessité que le siège de leur formation soit dans les tô^ seaox sanguins ; mais on ne peut savoir s'il est dans toute l'étendue dn systètf vasculaîrc sanguin, ou seulement dans les capillaires ; néanmoins diverses condh rations portent à croire qu'il est plus particulièrement dans les capillaires do piNniail

Quelle que puisse être la partie du système sanguin aiïcctéc à la prodoctiooli globules rouges, ceux-ci doivent ou résulter d'une transformation des gtobÉI i blancs du chyle et de la lymphe, ou se développer de toutes pièces aux dépensée' principes qui sont tenus en dissolution dans le fluide nutritif.

L'hypothèse de la métamorphose des globules blancs en globules rouges, adoii autrefois et repoussée à notre époque , n'a cependant rien d'Invraisemhbià Quoique les globules du chyle et de la lymphe soient, pour la plupart, d'un rolofl supérieur à celui des (i;lobuIes du sang, qu'ils aient des dimensions variées, li forme particulière; qu'ils soient en faible proportion et se retrouvent en paiA dans les vaisseaux sanguins avec leurs caractères primitifs, leur transfonuaiioo tt globules ronges ne parait pas un phénomène im|K)ssible. Peut-être, par le fait à. l'action de l'oxygène, ces globnI(>s changent de forme, de dimensions et s iiopif ' gnent de matières colorant(n>; |)ent-ètre, à chaque tour de circulation pulmnnai^ un certain nombre d'entre eux échappent momentanément à cette métamorpte pour la subir pins tard.

Mais si les globules sanguins ne résultent pas d'une transformation des pliMB des fluides blancs, ils doivent se développer de toutes pièces dans le sanç. i^ sure que ces derniers se détruisent. Celte formation spontanée n*a rien de ^ étonnant que celle des globules blancs, qui s'est eflectuée dans le système hmiAi' tique; elle constitue le phénomène essentiel à l'entretien et an renonveliemegl'' sang; et, une fois opérée, le mélange de chyle et de lymphe est devenu ila«< partit; car ce mélange, ce fluide mixte, est déjà du sang au(|ncl il ne raaiiqiK^ des globules rouges.

La formation du sang dans rœnf, au moment de rinmbation, est NOumiV^'^' lois analogues, sinon identicpies, l\ celles qui rrgliMit la genèse du sang iiix à^ des fluides recueillis par les vaisseaux Kmphaliques. L'œuf, soumis k racii^a^tf douer chaleur et à rinflnence de l'oxygène qui pénètre à travers ses enveloppent* tient tous lesêlénu'nts nécessaires h la constitution du fluide nutritif : de rean.iVf** bomine, des matières minérales diverses. Dans l'épaisseur du blastuderine, appaf^ sent des granulations qui bientôt s'isolent et se montrent sous l'aspect de cellubip^ riques |K)ur\ues d'un mnaii ; peu à peu ces cellules changent d'aspect, den^*^

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