‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 91 sur 152 · DIS PHÉNOMÈNES GENERAUX DB LA NUTRITION · texte numérisé non relu

DIS PHÉNOMÈNES GENERAUX DB LA NUTRITION

iptiqQes, et prennent tous les caractères des globules sanguins dont la formation ïcède celle des Taisseaux eux-mêmes. La transformation simultanée d*une partie l'albumine en fibrine achève le développement du fluide nutritif. Ainsi le conm de Pceuf devient l'analogue du chyle et de la lymphe, avec cette différence *n ne contient pas encore de fibrine, et c'est par la respiration qu'il se transforme riiellement en fluide sanguin , comme les fluides blancs se convertissent en sang Ht le poumon sons la même influence. I^ formation du sang dans ces deux conioDS, en apparence si difiérentes, est régie au fond par des lois uniformes d'une inirable simplicité.

Le renoovellementdu sang, dans les conditions normales, s'opère avec une grande lidité, car ce fluide s'ose continuellement par le fait de la respiration, de la tritlon et des sécrétions. L'abondance et la continuité des déperditions de toutes les qa'il éprouve expliquent parfaitement la nécessité d'une régénération rapide. ni, chez un cheval de moyenne taille, le sang fournit en une période de gl-quatre heures 62 kilogrammes de salive, 5 kilogrammes de bile, 5 de suc kréaiique, plus de 5 de suc intestinal, plus de 12 d*urine ; en tout, 69, c'est-àe plus de deux fois sa propre masse ; en outre, il fournit une énorme proportion flaides pour la perspiration pulmonaire, la transpiration cutanée et une quantité isidérable d'albumine, de fibrine, de matières minérales diverses pour la nutrin des différentes parties de l'économie. Aussi ne doit-on pas s'étonner qu'il le une centaine de kilogrammes de chyle et de lymphe pour réparer de telles lés en une période si courte.

Mais tous les éléments du sang ne s'usent pas également vite, et coiiséquem-

Bt ils n'ont pas tous une régénération également prompte. L*eau qui leur sert

féhicule s'en va avec une vitesse excessive, emportant avec elle les matières

Inès. Les glandes salivaires, à elles seules, en enlèvent 15 à 20 kilogrammes pen-

it le repas d'un cheval ou d'un grand ruminant; la |)eau, les muqueuses respi-

ioîres ou digestives, les reins, en soustraient aussi de grandes quantités en de

hk courtes périodes. Aussi les cliylifères et les lymphatiques en versent-ils des

wes énormes dans le torrent circulatoire : l'absorption fait équilibre à Texliala-

08; elle répare les pertes 5 mesure qu*elles s'opèrent. Le sang perd ses sels en

I^SMle proportion, et il en reçoit des quantités équivalentes; il perd ensuite pour la

IflritioD, les sécrétions du tissu cellulaire, celles des membranes séreuses, beaucoup

l^dnmiue, et le système lymphatique lui rapporte beaucoup de cet élément pré-

M,sQjetà tant de métamorphoses; il perd peu de fibrine et en reçoit peu; enfin

■M parait éprouver que des pertes insensibles de globules : aussi ces corpuscules

F^iidont la formation est si obscure, se renou\ellent-iis avec une extrême

hto.

9b toit, d'après cela, qu'en somme, il y a une très grande différence entre le '^'^vHlement du plasma sanguin et celui des globules. Le plasma, ou la solution ■"■^Ibomineusc qui sert de véhicule aux globules, s'use vite et se répare vile : ■"^wc^le, car il est Télémcntde toute sécrétion et de toute nutrition; il se "^P^^'ile, car le fluide mixte qui résulte du mélange du chyle avec la lymphe ^n plasma complet auquel il ne manque absolument rien, et qui vient conti- •"•"«neni se déveriser dans le torrent circulatoire. Les gloliules, au contraire, ont

une fuilé remarquable au sein du lluide dans lequel ils nagent; ils consiilneilli partie réellement stable de la masse sanguine.

Les phénomènes qui se manifestent à la suite des émissions sangoiiKs ak» dantes nous montrent, sous une forme saisissante, cette inégale rapidité daiik reproduction des divers éléments du fluide nutritif. Après de fortes saigiiéci,i, voit bientôt le système vasculaire se remplir ; le sang reçoit du système Ivb^ tique de quoi remplacer son eau , ses sels, son albumine, sa fibrine; mattcei'i| qu'après un laps de temps considérable qu*il reprend peu à peu ses globokt;l|^ tant qu'il n'a pas reconstitué ces derniers en proportion suffisante, il ne stifflolefîj assez le système nerveux et tous les rouages organiques; il n'envoie pas aux ùm d'assez grandes quantités d'oxygène pour Taccomplissement des métamonilMi interstitielles; en un mot, l'économie languit^ faute d'une stimulation cnergkiib

Connaissant les principes de la conversion des aliments en chyle, de la tn«l| mation dn chyle et de la lymphe en sang , il faut porter nos regards sar les morphoses par lesquelles le sang donne naissance 5 toutes les parties de \\ Cette étude importante nous montrera que ces dernières opérations, extrèi diversifiées dans leurs détails , sont régies par des lois de même ordre qoe qui président à l'accomplissement des phénomènes dont nous venons de donner idée sommaire.

II. De la formation et do renouvellement des solides 0RGANK»rE5.

Pour analyser complètement les actes par lesquels les parties solides deFéS nomie se forment, s'accroissent, se maintiennent stationnaires, pour compctd comment dans certaines circonstances elles se régénèrent ou se détruisent , il fl| examiner : V le mode de répartition des éléments du sang aux divers tissus; f choix que chaque partie solide exerce sur les principes nutritifs q.ui lui coovii nent ; 3** la conversion de ces principes en ceux des tissus qui se les assimilent; &'l caractères et les lois de cette transformation.

$ Z. — Da mode de répertitioo des élément! da tang aux pariicf solides.

Le fluide nutritif, distribué à toutes les parties par des canaux plus ou mil nombreux, dans lesquels il se meut avec une extrême rapidité, est fourni i chM d'elles en proportion variable, suivant le degré de vascularité de ces parties, éfl qui est parfaitement en rapport avec l'activité du travail d'assimilation ou descd tion. 11 est fourni en abondance à la peau, aux muqueuses, aux glandes, aoxitf clés, où il y a une consommation active de ^es éléments ; il est distribué en uKMflj quantité aux os, aux ligaments, aux tendons, où le travail d'assimilation s'eMf avec une extrême lenteur. Mais partout, même dans les tissus les plus rickfi vaisseaux, les capillaires sanguins ne vunt pas se rendre à chaque élémeutp mitif, c'est-à-dire à chaque fibre et à chaque cellule. Les Iles de substance otf^ nisée, circonscrites par les mailles des réseaux capillaires, renferment drsMI nerveuses, musculaires, cellulaires et autres, qui, non -seulement sont saasvi^ seaux, mais encore sans rapport dans un grand nombre de points avec le$ cjsMK

DfS PUÉtioMÈNES GÉNÉRAUX DE LA MTUITIUN, 36t

MOguins ; d'ailleurs les fibres du nerf et du muscle ont nn diamètre trop fin, et les parois des cellules une minceur trop considérable, pour qu'il puisse exister des capillaires dans Tépaisseur de ces fibres ou de ces cellules. Aussi faut- il de toute nécessité que les éléments du sang sortent de leurs vaisseaux pour nourrir les étémeots mêmes des tissus.

L'étude microscopique de la circulation capillaire démontre, de la manière la plus évidente, que les globules sanguins restent toujours distincts les uns des artres, et qu'ils passent constamment des artères dans les veines, sans jamais sortir et lears canaux. La partie fluide qui sert de véhicule à ers corpuscules, c'est-àilire le plasma, peut seule sortir des vaisseaux, h travers les porosités invisibles de hors parois, s'infiltrer dans l'épaisseur des tissus et baigner chacun de leurs éléments* Cest en effet cette dissolution d'albumine, de fibrine et de sels, qui va donner aux solides organiques les matériaux de leur nutritiou.

Ce plasmas d'une fluidité parfaite , réunit d'une part toutes les conditions qui Il rendent apte à sortir des vaisseaux , et d'autre part il contient tous les maté- JiMix que peut réclamer le travail nutritif des parties. Il renferme , ainsi que nous Jfkfons déjà vu, d'abord l'albumine et la fibrine, les deux principes proléiques par ^Bcellence, qui servent à la nutrition de la plupart des solides de l'organisme ; il contient les graisses, et enfin les matières salines et minérales solubles; en un mot, «'est le sang lui-même moins les globules. Les tissus albumineux , comme le cer- "Vcan, la moelle épinière , les nerfs; les tissus fibrineux, tels que les muscles; les inrties gélatineuses, comme les ligaments, les tendons, y trouvent les éléments ^pnntiels de leur formation ; les os, leur phosphate calcaire ; les vésicules adipeuses, Kmt graisse , etc. Très probablement les matériaux du plasma ne changent ni do ttMstitution moléculaire ni de propriétés pour sortir des capillaires sanguins ; l'albu-* Ùae est, au moment où elle lravei*se les parois des vaisseaux, ce qu'elle était à leur enr, et elle est encore, à sa sortie , ce qu'elle était auparavant; de même la S qui est eu dissolution dans le sang , passe sous cette forme à travers les parois des capillaires et la conserve encore pendant un certain temps. Rien n'auto-> à admettre ces prétendus changements d'état que certains auteurs, qui se Dt sur des expériences endosmométriques grossières, croient nécessaires pour tapUquer la transsudation de la liqueur du sang à travers les parois vasculaires. * Féot-étre , dans tous les tissus , le plasma , tel qu'il est , ne sort pas des vaisseaux; pMt*étrc, dans certains d'entre eux , est-ce l'albumine qui s'échappe , dans d'auhci b fibrine, dans d'autres encore les matières grasses, les sels, etc., et cela en icrto d'affinités inconnues exercées par les matériaux des tissus sur ceux du fluide fettritil Dans tous les cas , l'excédant du plasma , qui s'est extravasé , et qui n'est pascnoployé à la nutrition ni aux sécrétions, rentre dans le torrent de la circula- Bhi ; il ett repris par les lymphatiques au sein de la plupart des organes, et par les feMKaQZ sanguins eux-mêmes dans les parties qui n'ont pas de vaisseaux blancs , !■ cbcx les animaux inférieurs qui en sont dépourvus. Quant à trouver les lois qui Mginent la sortie du plasma horsdes vaisseaux et sa rentrée ultérieure, soit dans les lymphatiques, soit dans les capillaires sanguins, c'est une lâche qu'il est actuellement iapcMSÎble de remplir.

La partie globulaire du sang qui , sous ba forme propre , ne peut sortir des

vaisseaux , ne reste pas étrangère au travail do la nutrition. D'abord', les g^oMs qui ont pris dans les poumons une teinte vermeille, sous Tinfluencc delWghl atmosphérique, deviennent noirs à leur passage dans les capillaires géDénnd ils paraissent céder de Foxygène aux tissus. Ce gaz y joue un rôle capital en dw minant les métamorphoses de diverses substances et en brûlant peu i pea Th^é» gène et le carbone des coni|)osés organiques. Du reste , il peut très bien n qu'une certaine quantité de globules se détruisent , se dissolvent dans k pour s'extravaser avec lui et participer ainsi au travail nutritif. La hngi rimperfection de la nutrition chez les animaux dont le sang est pauvre n bules, par suite ou des émissions sanguines ou de certaines conditions roi montrent assez que ces corpuscules ne sont pas étrangers aux phënomèoesd*j milaUon.

S n. — De U féleetion ezeroé« par les élémeaU def titiot sor oe«n éa mf.

Le plasma sanguin, sorti des vaisseaux , imprègne la trame organique, chaque cellule , chaque fibre , et en pénètre la substance ; maïs tous ses pnncfÉ constituants ne sont point pourtant assimilés; les éléments de chaque tissu CH sissent dans ce fluide ce qui leur convient , ils se l'approprient et abandoafl le reste. J

L'affinité qui existe entre les éléments de chaque tissu et les éléments do flÉ règle le choix que les solides organiques exercent sur les fluides qni les baifMl de toutes parts. Chaque cellule ou chaque fibre , dérivée elle-même d'une ccNÉ attire à elle et s'assimile les principes de même nature que celle de sa propre m stance, ou si ces principes ne se tn)u vent pas tout formés dans le sang, elle attire fâ qui peuvent leur donner naissance, par suite de métamorphoses plus ooinoiiis pliquées. Ainsi, la fibre cellulaire s'empare des éléments constitotlfs du tissu laire , la fibre musculaire prend ceux des muscles , la fibre nerveuse ceux des Bien moins souvent la partie vivante attire à elle, pour se les assimiler, des qu'elle ne renferme pas encore. L'os, h l'état cartilagineux , s'empare du et du carbonate calcaire avec autant d'activité au moment où il n'en est paseaci imprégné que plus tard ; les parties fibreuses qui s'ossifient exercent sor les miM minérales une attraction analogue; enfin , certaines parties, comme lesoriM adipeuses, se remplissent d'une matière tout à fait différente de celle q dans la comimsition de leurs propres parois.

En jetant un coup d'œil sur la constitution chimique propre aux divers 00 voit ce que chacun d'eux prend au fluide nutritif.

La substance nerveuse, disposée sous la forme de tubes creux, s* empare dr centièmes d'albumine , de cinq centièmes de graisse , et d'environ huit tant de phosphore , de soufre, que de sels, puis de quatre-vingts ceutièuesiTt Le muscle prend de la fibrine en forte proportion , de l'albumine, plus une extraclive vaguement déterminée , des chlorures, des phosphates et des Im soude, de |K)tasseei dr chaux. Le tissu des Klandes s'approprie l'albumiDefl certaine quantité de graisse. Le tissu cellulaire, les membranes séreuses, le < fibreux blanc, le lis^ju (ibrcMix jaune, la |mmu, les cartilages et les os, se noarr»

DBS PHBNOMÈNBS (;ÉNÉKAUX DE LA NOTRlTlOff. 363

BC matière qui s'obiieiit ariificiclleiucnt sous forme de gélatine , de chondriue, *iin grand nombre de sels; enfin, les os s*eni)>aretit, outre cette matière gelause, dérivée probablement des niélamorplioses de Talbumine, de carbonate de igT , de phosphate de chaux et de magnésie.

kbsî ce que chaque élément organique prend aux fluides nutritifs se convertit SlobÉtance de même nature que cet élément ; ce que saisit la fibre nerveuse sa prforme en substance nerveuse , ce qui est enlevé par le cartilage donne lien ^ ^Qiatière cartilagineuse. De celle manière, chaque tissu peut s'accroître , se j^arcler ave plus ou moins de rapidité, tout en conservant sa nature primitive e( |i|dîvidualité. Lorsque la nutrition change de caractère, c'est-à-dire lorfqné ■M partie ne s'empare plus des matières qui lui conviennent , et ne leur Mt iéprouver les transformations normales , cette partie se modifie dans sa tex(i)se, B éprouve une dégénérescence qui lui donne une activité nouvelle , tont« spé-; le, en vertu de laquelle elle tend à se maintenir sous sa forme çaractérj^tjqHe*

S m. — 9e la métamorphoM des élémeolf da §mng en oevz dei lîisvfl.

f niaténauxqui sont sortis des vaisseaux pour imprégner chaque fibre, chaqqf|

^ et remplir les espaces que ces éléments organiques laissent entre eux «

ent de la faculté de se transformer eu substance même des parties qu'ils

Dent. Cette transformation est facile à concevoir, quant à sa nature chimique,

> les données acquises, d'une part , sur la composition du sang , de l'autre |

I des tissus qui en dérivent.

I savons , en eiïet , que l'albumine et la fibrine du sang , les deux principf|« ( du plasma, ont une composition identique. Chacun d'eux , traité par I9 *, , donne une matière homogène, transparente, jouissant de propriétés noi|- ^ tout en conservant la coo^position des principes dont elle dérive. Cette matièra^ \ fous le nom de protéine , est associée à une certaine quantité de soufre e^ hore. Or, comme les tissus dérivent du sang, il faut rechercher comment principes protéiques peuvent donner naissance aux solides organiques. I protéine , dont la formule est représentée par ^8 atomes de carboqne, 72 ato* nrhydrogène , 12 atomes d'azote , et 14 atomes d'oxygène , doit être considérée pe le point de départ de toutes les formations organiques, et pour qu'eUe pîfe sa conversion en tissu musculaire , fibreux , cartilagineux , elle n'a besoin ^ Gxer de l'oxygène atmosphérique ou les éléments de l'eau. Ainsi , d'apfèi Hfalyses dues à Mulder et à Sclierer (1), le tissu cartilagineux, constitué par û idriiie, la corne, les poils et les autres productions épidermiques, tout en con-

Cla proportion de carbone et d'azote des substances protéiques, fixerait eà ^jeiques atomes d'hydrogène et d'oxygène. Les tissus gélatineux , comme C' I tendons, des tuniques artérielles, fixeraient, toujours en conservant le chiffre carbone, quelques atomes d'hydrogène, d'oxygène et d'azote. Ces change* ttde composition se trouvent indi(|ués par les nombres du tableau suivant^ ||pnté à U. Liebig.

3 Uebig, Chimie organique appliquée à la physiologie animale, p. 124.

36& DE LA M'THITIUN.

Les tissus animaux produits par suite des mutations des principes du niig,c*alè-dire de la fibrine et de Talbumine , sont donc plus oxygéaés que les |

nilKaPES UWEOIATS ET TISSUS.

Protéine

Albumine

Fibrine

Caséine

Tissus à base de chondrine.

Poils , corne ,

Tissus gélatineui.

Tissu fibreux Jaune des artères

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