‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 102 sur 155 · DES SENSATIONS DIGESTIVES · texte numérisé non relu

DES SENSATIONS DIGESTIVES

vent vivre aux dépens les unes des autres sans se détruire entièremcnl, et elles le peuvent à cause de leur extrême fécondité et de la rapidité avec laquelle leurs génélalions se succèdent, l'rcsque tous les poissons, et notamment ceux qui vivent dans les mers, se nourrissent de matières animales, les seules, du reste, que la nature puisse leur offrir en quantité sulTisante; ils se dévorent réciproquement, et 1. ur voracité s'étend à mille victimes différentes. Parmi eux se trouvent des types comparables à ceux de nos mammifères les plus féroces ; le brochet qui détruit tant de petites espèces, le requin qui montre tant d'avidité pour une proie dont il ne saurait se repaître souvent, la murène qu'un chevalier romain se plaisait à voir déchirer des esclaves, la lamproie et tant d'autres animaux de cette classe rivalisent dans leur élément avec les carnivores dont on connaît le mieux les habitudes.

Si les conditions d'existence de toutes les espèces vivantes étaient semblables à celles des espèces qui habitent les eaux, on concevrait sans peine un règne animal entièrement Carnivore, comme l'élail du reste, selon toute apparence, celui de la première création antédiluvienne. Mais il ne saurait en être ainsi avec la constitution actuelle du globe, afin que les productions végétales, si abondantes elsi variées, puissent recevoir une destination en rapport avec leur but final. Enfin, il est indispensable, pour la conservation limitée des espèces, que les herbivores soient en majorité relativement aux carnassiers.

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