‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 111 sur 155 · DE LA PRÉHENSION DES ALIMENTS · texte numérisé non relu

DE LA PRÉHENSION DES ALIMENTS

longée un certain temps sans intervertir le rhyilimc des mouvonients respiratoires. Certains animaux prennent leurs boissons de celle manière, et quelques uns en faisant succéder à de courts intervalles le pompement opéré par la bouclie à l'aspiration produite par le thorax. Ainsi on voit souvent le porc pomper doucement et sans bruit l'eau de vaisselle qui remplit son auge, et un instant après la humer bruyamment et par saccades plus ou moins rapprochées.

Le lappement est un mode de préhension des liquides moins commun que les premiers. Il s'observe chez les carnivores, tels que le chien et surtout le chat. I Ces animaux, ayant la bouche proportionnellement plus fendue que les herbivores, I ne pourraient plonger leurs lèvres jusqu'aux commissures sans que leurs narines I fussent en même temps immergées. C'est là peut-être la principale cause du mode ) suivant lequel ils prennent les liquides. Le chien ou le chat qui boit, plonge sa I langue dans l'eau, puis la retire brusquement en la recourbant, de sorte qu'il ra- I mène et lance dans la bouche le liquide qui s'était ramassé sur la face supérieure de cet organe, devenue creuse comme une cuiller. C'est par une succession très rapide de ces projections qu'il lappe en peu d'instants une quantité notable de liquide. Le lion lappe, suivant la remarque très exacte de BufTon, en recourbant sa langue vers la face inférieure, contrairement à ce qui se passe chez le chat. Néanmoiuà c'est de tous les moyens que nous avons indiqués le plus lent, et il pouvait être tel sans inconvénient chez les carnivores, qui en général boivent très peu, ainsi que chacun le sait.

La préhension des liquides offre des particularités fort remarquables dans la série animale, par suite de la disposition des parties chargées de l'effectuer; mais quelle que soit leur configuration, ces parties fonctionnent toujours d'après l'un des modes précédemment indiqués. Ainsi, l'éléphant boit en se servant de sa trompe : dès qu'il inspire, le vide tend à se faire dans le double tuyau de cet appendice, et l'eau y monte ; puis l'animal recourbe cet organe, fait une forte expiration qui projette dans la bouche le liquide introduit dans les narines. La trompe agit absolument comme la pompe aspirante et foulante. Les oiseaux boivent, pour la plupart, d'une manière assez singulière; ils plongent le bec dans l'eau, en remplissent leur mandibule inférieure, relèvent la tête et avalent ce qui a pénétré dans la bouche, puis ils recommencent un plus ou moins grand nombre de fois la même opération. Les ramiers, la tourterelle, ainsi que l'avait noté Aristote (1), le pigeon, d'après Phne, et les oiseaux de proie, suivant divers observateurs modernes, ne relèvent pas le bec en buvant comme les autres animaux de leur classe. Les animaux inférieurs possèdent, pour la préhension des liquides, soit une trompe comme les guêpes, les abeilles et les autres hyménoptères, soit un suçoir, de même que les différents lépidoptères, soit une ou plusieurs ventouses comme les sangsues, les ténias. Quelques uns, enfin, ont un appareil composé de petits stylets renfermés dans une gaine spéciale, etd'autres, un simple tube à parois contractiles.

(1) Liv. IX, p. 555.

hhS DE L\ DIGESTION.

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