DE LA SALIVATION DES PAROTIDES
Les parotides, qui forment presque à elles seules le système salivaire postérieur, , ont une action dont toutes les particularités .sont caractéristiques. Destinées àiî fournir la plus grande partie du liquide qui imprègne les substances alimentaires, j elles sécrètent abondamment pendant le repas, mais inégalement, en alternantit l'une avec l'autre. Elles cessent de fonctionner pendant l'abstinence, si ce n'est;/ chez les ruminants, où leur sécrétion n'est jamais suspendue. j
Ue prime abord, rien ne peut faire préjuger une inégalité d'action entre la paro-lide d'un côté et celle du côté opposé : les deux glandes sont sensiblement égales et-i paraissent dans des conditions identiques ; cependant l'expérience la plus simple!* démontre que jamais elles ne donnent, Tune et l'autre, dans un même temps, des* quantités de salive exactement semblables.
En effet, si l'on établit deux fistules parotidiennes, l'une à droite, l'autre à gauche,? en prenant des tubes de môme diamètre et des ampoules de même capacité, poun la première et la seconde on observe, dès que l'animal se met à manger, que, dansi
I)E l'iNS.VLIVATIÙN,
une période quelconque, l'une des deux fistules donne une quanlilc de salive beaucoup plus considérable que la fistule opposée. En continuant l'expérience, on voit qu'après un certain temps la glande qui fournissait d'abord peu de salive vient à en donner beaucoup, et que celle, au contraire, dont l'action était prédominante dans le principe, ralentit sa sécrétion ; enfin, après cette première inversion, il s'en produit une seconde, et ainsi de suite avec les mêmes particularités.
Il importe ici de se rappeler que la mastication des solipèdes, de même que celle des ruminants et des autres herbivores, s'effectue d'un seul côté et alternativement I à droite et à gauche, de telle sorte que, pendant un quart d'heure, une demi-heure, plus ou moins, ce sont les molaires droites qui broient les aliments, après quoi les I molaires gauches remplissent le même office, à l'exclusion des premières pendant l ie quart d'heure ou la demi-heure qui suit. Or, lorsque l'animal mâche à droite, : c'est la parotide droite qui sécrète beaucoup et l'autre qui sécrète moins ; lorsqu'il \ vient ensuite h mâcher à gauche, les choses changent : la glande gauche sécrète abondamment et la première ralentit son action, comme si elle s'était fatiguée dans la période précédente. Après ce premier changement dans le jeu des mâchoires, s'il en survient un second, on observe dans l'activité de chaque glande un changement correspondant, et ainsi de suite. Les inversions dans le sens de la mastication, si ; multipliées qu'elles puissent être, entraînent toujours, et immédiatement, des inverisions parallèles dans l'activité des deux parotides. Le tableau suivant en donnera quelques exemples pour le cheval et l'âne :
1 TEMPS
PAROTIDE
PAROTIDE
SENS
PAROTIDE
PAROTIDE
SENS
(le
TEMPS
de
droite.
gauche.
la
iiiislication.
droite.
gauche.
la
mastication.
Premier
cbcval.
Qiiatrièm
e clieval.
Minutes.
Minutes.
!tJO
droite.
oc
droite.
droite.
gauche.
gauche.
droite.
droite.
Deuxième cheval.
gauche.
gauche.
gauche.
gauche.
Giuquiëiiie clieval.
gauche.
gauche.
gauche.
droite.
droite.
gauche.
gauche.
gauche.
droite.
Troisième clieval.
Ane.
droite.
droite.
droite.
droite.
droite.
gauche.
droite.
droite.
gauche.
gauche.
gauche.
gauclic.
gauche.
gauche.
Il n'est pas nécessaire, pour constater l'inégalité ou la réniillence d'action des glandes parotides, d'établir une fistule de chaque côté. Le premier moyen la renti immédiatement saisissable, mais il détermine un ralentissement notable delà nias tication et une gêne niarquéi; de la dégliiLilion, en laissant toutefois les deux paro tides dans des conditions identiques. La rémiltence deviendra manifeste dès qu'oi fera une seule fistule, n'importe de quel côté. Ainsi, quand on aura établi uni fistule à droite, par exemple, l'animal se mettra à manger à gauche, c'est-à-dire di côté par lequel la salive parotidienne continue à affluer dans la bouche, et la niasti; cation aura lieu dans ce sens pendant unquart d'heure, une demi-heure, et niênin davantage; alors la fistule donnera très peu. Bientôt l'animal se fatiguant demouvoi» les mâchoires dans la même direction, arrivera à broyer les aliments sous les mo' laires droites, bien que de ce côté la salive parotidienne ait cessé d'affluer dans I cavité buccale. Dès que ce changement se sera effectué, la fistule donnera écoulement à des quantités de liquide beaucoup plus considérables qu'auparavant; enfini à chaque nouvelle inversion du jeu des mâchoires, on notera une inversion corrci pondante dans l'activité de la parotide dont le canal est ouvert.