‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 122 sur 155 · FISTULE DROITE · texte numérisé non relu

FISTULE DROITE

SENS de la masticatiou.

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L'inégalité d'action des deux parotides et la rémittencc alternative de la sécrétioM de ces glandes sont une particularité constante qui ne souffre pas d'exception, lorn même que le sens de la mastication change vingt fois pendant la durée d'un repas.' t elle devient évidente dès que les mouvements des mâchoires conservent la mêmcn direction pendant quelques minutes. On l'observe chez les rumiiianis aussi biei I que chez les solipèdes ; seulement elle est moins facile à apprécier sur les premier!!! que sur les seconds, car si on fait à un ruminant une seule fistule parotidiennc,<i l'animal se met, tout d'abord, à mâcher du côté opposé, et continue ainsi sans in-' terruption, de telle sorte que la fistule donne constamment le produit minimum de la sécrétion. Si, au contraire, il y a deux fistules, la mastication, habituellement si rapide, devient tellement pénible, que l'animal change le sens du mouvement des mâchoires deux ou trois fois par minute, d'où il résulte nue sécrétion peu différente pour les doux parotides ; mais l'inégalité devient manifeste pendant la rumina-i

DE L'iiNSALlVATlON. 471

tiou et lors de l'abslineiice. 11 eslforl probable que ce caractère de la sécréliou parolidieiine appartient à tous les animaux dont la mastication est unilatérale, comme celle des herbivores domestiques.

La cause de ces alternatives dans l'action des parotides est fort difTicile à déterminer. Elle ne peut être attribuée aune dilTérence de.volume entre les deux glandes, puisque celles-ci sont souvent sensiblement égales, et que les variations de l'une par rai)port à l'autre ne dépassent guère un vingtième. Du reste, lors même que l'irrégularité de volume serait constaulc, elle ne l'expliquerait pas davantage, car la . glande la plus petite secrète, tour à tour, des quantités de salive supérieures ou i; inférieures à celles de la glande la plus volumineuse. Cette cause se trouve-elle dans une différence d'excitation des deux glandes? Mais celles-ci ne paraissent-elles pas ). dans les mêmes conditions. L'excitation produite sur la muqueuse buccale par les . aliments et transmise aux centres nerveux, est-elle réfléchie plus sur l'une que sur 1 l'autre? Je suis porté |)our l'affirmative.

Dans tous les cas, lorsqu'un solipède porte une seule fistule parotidienue, il com- ; naence et continue à mâcher fort longtemps du côté par lequel la salive continue à afffuer dans la bouche ; mais cependant, au bout d'une demi-heure, d'une heure, ! plus ou moins, le sens de la mastication change, et les aliments sont broyés pendant I une certaine période du côté de la fistule, bien que là le broiement devienne plus ; difficile; néanmoins, il est rare que la mastication dure autant du côté delà fistule 1 que de l'autre. Les ruminants qui se trouvent dans ces conditions mangent et ru- ! minent même presque constamment du côté dont la glande continue à verser son ; produit dans la cavité buccale. Ces faits semblent indiquer que le sens de la mastii cation est le point de départ de la surexcitation de l'une des deux parotides. Du I reste, ce qui peut encore faire penser qu'il en est ainsij c'est que si, sur un animal dont les canaux parolidiens ont été entourés de ligatures d'attente, on vient à serrer i celui du côté sur lequel a lieu la mastication, celle-ci continue à s'opérer sans changement pendant une période plus ou moins longue. De même, lorsque le I jeu des mâchoires éprouve une inversion, il la conserve, bien qu'on ait serré le canal primitivement libre et rétabli le cours de la salive dans celui qui se trouvait d'abord , intercepté.

Le deuxième caractère de l'action des parotides consiste dans l'insensibilité de CCS glandes à l'inlluence des excitants. On peut mettre en contact avec la muqueuse buccale des sels, des acides affaiblis, des substances aromatiques, sans que les parotides des solipèdes fournissent, lorsde l'abstinence, desquantitésappréciables de salive, et sans que celles des ruminants qui sont constamment actives éprouvent une augmentation sensible de leur sécrétion. De même, la vue et l'odeur des ali-

i mcnts ne peuvent, chez l'animal le plus affamé, mettre en jeu l'activité de ces glandes (1). Les fistules du cheval à jeun, mis en regard de U mangeoire pleine

■ de foin et d'avoine, ne laissent pas échapper une seule goutte de salive.

Le troisième caractère de la sécrétion parotidienue est de donner une salive limpide, très fluide, dépourvue de viscosité et très propre à pénétrer les substances

(1) Girard exprime l'erreur commune (jii'il aurait lui aisément rceotiuuiir.-. I.n vue des I aliments n'a pas plus d'elTel sur l'aelion des autres nlaïuies (pic sur celle des parotides.

'l72 DE 1,A DIOIiSTlON. Il

alimeiiiaircs : coUc salive, doiii les caractères et la composition seront ultérieure--! ment indiqués, est versée dans une proportion qui dépasse de beaucoup celle qurj! produisent toiilcs les autres réunies, lors même que ces dernières ont un volumcl supérieur à celui des parotides. ,

Si la sécrétion parolidienne a des caractères communs aux différents animaux,»; elle en a aussi qui ne lui sont propres que dans certains d'entre eux, et qui lui don-; nent une physionomie distinclive. Ainsi, elle est complètement suspendue lors del'abstinence chez les solipèdes, tandis que, dans la même circonstance, elleconservei une activitéconsidérable chez les ruminants, où elle se lie intimement aux phénomènes delà digestion gastrique et h ceux de la rumination : cette activité est telle, que les deux glandesdonnentencore, dans les intervalles des repas, de 800 à 2ii00 grammes de liquide par heure.

Ainsi, l'action des parotides se dessine très nettement, soit dans ce qu'elle a de-! commun à tous les animaux, soit dans ce qu'elle a de particulier à cliaque espèce. |

1° Ces glandes sécrètent inégalement dans un temps déterminé, bien qu'elles* paraissent toutes les deux soumises à des influences identiques. Elles alternent l'uaei avec l'autre: celle du côté sur lequel s'opère la mastication produit au moins um tiers déplus que l'autre ; mais elle donne ordinairement le double et quelquefois le< triple de cette dernière.

2" Lorsque le sens de la mastication vient à changer, c'est-à-dire lorsque l'animal qui broyait les aliments sous les molaires droites, vient à les broyer sous lesmo-' laires gauches, il s'opère une inversion correspondante dans la sécrétion parolidienne : la glande qui d'abord était très active ralentit brusquement sa sécrétion, et l'autre accélère la sienne avec la même rapidité,

3° Les alternatives d'accélération et de ralentissement dans l'action des parotides' se succèdent suivant l'ordre des changements qui surviennent normalement dans le< sens de la mastication : elles sont moins prononcées lorsque ces changements sec renouvellent à des intervallesde quelques minutes, quequandils se produisent toutess les demi-heures ou toutes les heures.

U° Ces inégalités alternatives sont tellement inhérentesau mode d'action des parc- lides, qu'elles se manifestent encore pendant l'abstinence chez les ruminants, etl durant la période assez courte de la persistance de la sécrétion après le repas chezt les solipèdes.

5° Enfin, ces glandes destinées à produire la salive non visqueuse, sont généra- lement insensibles à l'action des excitants; elles fonctionnent constamment chez les ruminants, et seulement pendant le repas chez les animaux solipèdes. i

liï. DE LA SALIVATION DES MAXILLAIRES.

Les glandes maxillaires, destinées à produire la salive visqueuse versée à l'entrée ' de la bouche, ont une action dont les attributs diffèrent essentiellement de ceux qui . appartiennent ii la salivation parotidienne.

Ces glandes, placées en arrière des dents qui n'agissent point suivant le mode unilatéral propre aux molaires des herbivores, ne paraissent pas se trouver dans des ■ conditions qui exigent une îiécrétion illégale. L'expérience démontre qu'elles fonc-

DK I.'INSALIVATIOX. 'û.'}

lioiincnt l'une comme l'aiilrc, el qu'elles donnent, dans un lenips {[uciconque, une qnanlilé de salive à peu jn-ès la même pour les deux. I.e sens de la mastication el les changements que colle- ci est susceptible d'éprouver, restent sans influence sensible sur leur activité. Il est facile de constater ce premier caractère, soit par deux, soit même par une seule fistule maxillaire.

Lorsqu'on adapte à l'un des canaux de Warthon l'appareil précédemment indiqué, on voit que la mastication a lieu tantôt à droite, tantôt à gauche, et que la sécrétion n'est pas plus abondante pendant que la mastication s'opère du côté de la listule que lorsqu'elle se f;iit du côté opposé. Si l'on a établi deux fistules, on voit, pourvu que les tubes soient semblables, que les quantités de salive fournies par une glande sont, pour un même temps, sensiblement égales à celles données par l'autre. C'est ce que j'ai constaté maintes fois sur le cheval, le taureau, la vache et le bélier : il ne saurait y avoir aucun doute à cet égard.

La sécrétion dos maxillaires, très abondante pendant le repas, jouit d'une activité proportionnelle à la vitesse de la mastication, à la qualité el à la sapidité des aliments. Ainsi, son produit est beaucoup plus considérable au commencement qu'il la fin du repas ; il est également augmenté lorsque l'animal mange de l'avoine, de la farine ou d'autres substances qui lui plaisent.

Elle est presque nulle pendant l'abstinence, et en cela, elle se distingue encore de la sécrétion parotidienne, qui est alors complètement suspendue. Chez les solipèdcs elles ruminants elle donne toujours, dans celte circonstance, une très petite quantité de liquide qui se mêle à la salive non visqueuse pour être déglutie à des intervalles plus ou moins rapprochés.

Elle s'active considérablement sous l'influence des excitants mis en contact avec la muqueuse buccale, comme M. Bernard l'a observé sur le chien. Cet effet se produit constamment, d'après mes expériences, sur nos divers animaux domestiques. Les quantités de liquide que chaque glande fournit alors sont généralement inférieures à celles du liquide qui est sécrété pendant le repas. Ces quantités varient, du reste, suivant la nature des excitants, l'étendue des surfaces sur lesquelles ils agissent et les périodes de leur action ; elles diminuent graduellement à mesure qu'on s'éloigne du moment où l'excitant a été mis en contact avec la muqueuse, lors même qu'il y demeurerait appliqué ou y serait renouvelé.

La sécrétion des maxillaires n'est jamais, à beaucoup près, aussi abondante que celle des parotides, même lorsque les deux espèces de glandes ont un égal développement. Son produit est une salive épaisse, visqueuse, propre à enduire les matières alimentaires et à faciliter la déglutition : ses propriétés physiques, sa composition et son rôle physiologique la différencient notablement de la salive parotidienne.

Enfin cette sécrétion, dont les caractères exposés précédemment sont communs aux divers animaux, possède quelques particularités distinctives : la plus remarquable est celle de sa suspension pendant la mastication mérycique des ruminants ; mais nous reviendrons plus loin sur cette intéressante particularité.

Ainsi, uniformité dans l'action des deux glandes, sans variations correspondant au changement du rhylhme de la mastication ; sécrétion abondante pendant le repas, et lorsque des substances sapides sont mises en contact avec la muqueuse buccale,

''•7/1 DE LA DlUESTlON.

sécrétion excessiveineiil faible, mais non suspendue pendant l'abstinence, production d'une salive visqueuse très difîérente de celle des parotides, tels sont les caractères les plus saillants du rôle des maxillaires.

Voici un spécimen de l'activité de ces glandes pour trois de nos espèces domestiques :

CHEVAL

FISTULE A DIÎOITE

VACHIL

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