CHAPITRE XXVI
Chez la plupart des animaux les aliments arrivent dans l'estomac assez divisés f pour qu'ils puissent être immédiatement digérés; chez quelques uns ils n'y parviennent qu'imparfaitement triturés et dans des conditions telles qu'ils ne peuvent :
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être chymifiés; alors il faut que leur division s'efieclue dans l'eslomac même, ou qu'ils reviciinciU à la bouche éprouver une seconde fois l'action de l'appareil masticateur. Dans le premier cas, l'estomac est extrêmement fort et organisé pour broyer, comme cela se voit chez les oiseaux granivores et certains crustacés; dans le second , il se passe un phénomène fort remarquable, connu sous le nom de rumination.
Par cet acte particulier h certains herbivores polygaslriques, les matières alimentaires parvenues à l'estomac, sans avoir été sulTisamment broyées, sont ramenées à lia bouche où elles subissent une nouvelle mastication, après laquelle elles sont k dégluties de nouveau et digérées. Il diffère essentiellement, par son but et son méicanisme, du vomissement, auquel on a voulu le comparer. Le vomissement est un ;acte ordinairement involontaire, presque morbide, qui se produit dans l'indigcsiliou, s'effectue irrégulièrement, convulsivement et pour débarrasser l'estomac des ; aliments qui ne peuvent cMrc chymifiés; la rumination, au contraire, est un acte len partie volontaire, tout à fait normal et physiologique, qui s'opère régniièrement, •sans convulsion, et qui ramène à la bouche, lors de la digestion, des matières dcsitinées h revenir ensuite à l'estomac. L'analogie que l'on a cru trouver entre ces ideux phénomènes est fort vague; aussi, les auteurs qui l'ont défendue, ont-ils été réfutés depuis longtemps par la plupart des physiologistes.
La rumination a quehiuefois été désignée sous les noms de déglutition renversée, I de déglutition anlipéristaltiqne, de réjection ; mais ces expressions, ne spécifiant :qu'un des actes dont elle se compose, ne sauraient remplacer la qualification qu'on lui donne généralement.