NOMBRE
TEMPS
NOMBHE
TEMPS
des
du
dos
de
iiiouvciucnU dos iiiàcliuiros.
la luasUcalion.
iiioiiveiiioiils dos iiiàclioiics.
la luasUcalion.
Secoii(U;j.
Si'ii'iiiles.
La mastication d'un bol, ordinairement continue, est cependant assez souvent interrompue lorsque quelque chose vient troubler l'animal ou attirer son attention. Alors il suspend brusiiuemcnt le mouvement des mâchoires, tout en conservant les aliments dans la bouche, pour continuer à les ruminer un instant après. Cette suspension est très courte et très sou\ont répétée, lorsque le ruminant est tourmenté par les mouches; elle est plus prolongée dans un grand nombre d'autres circonstances.
Ce qu'il y a de très remarquable, lorsque ces suspensions momentanées s'observent, c'est que la mastication, une ou plusieurs fois interrompue, n'est ni plus ni
moins coinplèlo que celle qui a clé conlinuée r(:'gulièrement. Dans les deux cas, la moyenne des coups de dents est sensiblement la n)C'me; mais si, après que la mastication d'un bol a été suspendue momentanément, l'animal se trouve dans l'impossibilité do la continuer, il fait quelques mouvements très rapides de déglutition ij pour envoyer il l'estomac ce qu'il avait conservé un certain temps dans la bouche: ;' c'est ce qu'on observe fréquemment sur les bœufs qui conduisent la charrue ou qui ' sont employés aux transports.
§ III. — I>c l'îiisalivatiou iucr;fcique.
M. Flourens avait remarqué, dans ses expériences, qu'il descend vers l'eslo-mac, pendant les intervalles du repas et de la rumination, des quantités considé-rables de salive ; de plus, il avait vu que, dès que celle salive n'arrive plus à sa 3 destination, les matières contenues dans l'estomac deviennent sèches, compactes, et ne peuvent plus être ruminées. Ces observations sont très exactes. J'ai établi deux fistules parotidiennes à de grands ruminants, de manière à laisser la salive des maxillaires, des sublinguales et des autres glandules, suivre son cours ordinaire. Ces animaux ont continué, dans les deux ou Irois premiers jours, à bien manger; mais, dès les premiers moments, les périodes de rumination étaient courtes et ue se reproduisaient qu'à de rares inlervalles ; bientôt la fonction s'exécutait avec peine : on voyait l'animal faire de violents efforts du côté de l'abdomen pour aideri à la réjeclion ; les matières ahmenlaircs remontaient lentement dans l'œsophage, et il s'écoulait un temps de plus en plus long entre la descente d'un bol et le retoun d'un bol nouveau ; enfin, dès le troisième jour, malgré les efforts violents de la bèter pour ruminer, la rumination devenait impossible. A l'autopsie, je trouvai le foinii desséché dans la pause et dans le feuillet; il était tellement tassé et durci, qu'ili formait des masses moulées dans les divers compartiments de ces estomacs.
Ainsi, il suffit que la salive des parotides seulement ne coule pas dans la bouche pour que les animaux, bien qu'ils reçoivent de l'eau à discrétion, finissent bientôD par se trouver dans l'impossibilité de ruminer. On conçoit, d'après cela, rutilité|l! de ce courant continu de salive qui se dirige vers l'estomac lors de l'abstinence.
LMnsalivation dis matières ramenées à la bouche exige encore un travail considérable de la part des glandes salivaires. Elle a cela de très remarquable, connue nous l'avons vu déjà, qu'elle s'effectue principalement par les parotides qui verseut sur les ahments jusqu'à 9U0 grammes de salive en un quart d'heure : alors les maxillaires, dont la sécrétion était si abondante pendant le repas, sont inactives oU' ne versent que des quantités fort minimes de liquide.
La salive sécrétée lors de la deuxième mastication et celle qui coule pendant l'abstinence ne servent pas seulement à la rumination, elles ont encore une autre destination que nous rechercherons plus tard. Notons ici que la salive de l'absti-i nence n'arrive pas entièrement au réseau et au vestibule cardiaque du rumen ; elle suit en partie le demi-canal œsophagien et arrive directement dans le feuillet : c'esl^ elle qui rend la face interne des lèvres de la gouttière toujours humides et visqueuses. 11 est facile de s'assurer de ces faits sur l'animal vivant, par les moyeni précédemment indiqués.
DE LA RUMINATIOX.
§ 1\, — De la déglutition uiéryciiiuc.
Pendant la seconde maslicnlion, les alimciils, rédiiils en une bouillie line, sont imprégnés d'une énorme quantité de liquide qui rend leur déglutition définitive très lacile : aussi cette dernière s'opère-t-elle avec une grande rapidité.
Cette seconde déglutition a-l-elle lieu en une seule fois ou à plusieurs reprises?
Lorsqu'on examine un animal qui rumine, ou remarque (lu'imniédialemcnt après l'arrivée d'un bol à la bouche, il se passe, sur le trajet de l'œsophage, un mouvemenl d'ondulation analogue à celui qui accompagne ce bol lors de son renvoi à l'estomac ; seulement, ce premier mouvement est infiniment plus faible, à Ici point qu'il est parfois presque inappréciable; mais, généralement, il est visible et susceptible d'être senti par la main ; do plus, si l'on porte l'oreille sur le trajet de l'œsophage, ou entend très distinctement passer des ondées de liquide. Ce n'est donc pas une partie de la pelote qui est renvoyée à ce premier moment, puisqu'elle n'a pas encore subi sa nouvelle trituration.
Au bout de quelques instants, alors que l'animal a déjà donné dix, quinze, vingt coups de dents au plus, un nouveau mouvement d'ondulation se fait ren)arquei-, lequel peut être suivi, après un certain temps, d'un second et même d'un troisième mouvement semblable au premier. Cette fois, l'ondulation est-elle l'indice d'une déglutition partielle d'aliments très divisés ou bien d'une nouvelle déglutition de liquide? L'auscultation semble indiquer que ce n'est ni l'une ni l'autre. Lu effet, l'oreille, appliquée sur le trajet de l'œsophage pendant le temps qui sépare l'arrivée d'un bol dans la cavité buccale de son retour à l'estomac, perçoit un bruit plus ou moins fort, accompagné d'une dilatation de l'a'sophage. Ce bruit, comparable à une éructation, monte d'abord de la partie inférieure vers la partie supérieure du cou, puis il redescend assez brusquement. 11 est probable qu'il est dil à des gaz et peut-être à des liquides qui s'engagent dans l'œsophage et sont repoussés vers l'estomac dès qu'ils arrivent vers le pharynx. Quoi qu'il en soit, ces mouvements se produisent toujours chez le bœuf dans le temps qui sépare la réjection d'une pelote de sa déglutition ; ils se remarquent aussi chez les autres ruminants et notamment les cerfs ; dans tous les cas , ils ne co'i'ncident nullement avec des interruptions de la mastication mérycique : celle-ci continue toujours avec la même rapidité pendant qu'ils s'effectuent.
Quanta la déglutition proprement dite du bol ruminé, celle-ci s'opère comme la première et avec une grande rapidité, aussitôt que la mastication du bol est achevée. Chez quelques animaux, elle est accompagnée d'un bruit de glou-glou assez prononcé et semblable à celui qui se fait entendre plus souvent encore lors de la réjection.
Presque aussitôt après qu'on a vu descendre le bol dans l'œsophage, on aperçoit • un bol nouveau qui remonte vers la bouche avec une extrême rapidité, de sorte que le temps qui s'écoule entre la déglutition du premier et la réjection du suivant est égal à quelques secondes. J'ai cherché un assez grand nombre de fois à le déterminer exactement, et j'ai pu voir qu'en moyenne il est de quatre à cinq secondes, 'i El cependant il faut que, dans ce court espace, le bol ruminé descende depuis la
5/8 Uli I^A DIGESTION.
bouche jusqu'à l'eslouiac, cl (lu'un bol nouveau se forme, soit saisi et parcoure encore tout le irajct de l'œsophage. Il suffit donc à peu près d'une seconde et demie pour chacune de ces trois opérations successives : descente du bol ruminé, formation d'une pelote nouvelle et ascension de cette dernière jusqu'à la cavité buccale.
Celte vitesse presque électrique (jue possèdent les matières alimenlaircs dans leurs pérégrinations méryciques s'explique en partie par la grande dilatabilité de l'œsophage des ruminants, et par l'étal de dilution dans lequel se trouvent les aliments ; car, sans celle dernière circonstance, il serait bien difficile de comprendre que la pelote pût se mouvoir avec tant de rapidité. Or, je crois avoir démontré, par l'auscultation œsophagienne, que les aUments ramenés à la bouche sont accompagnés d'une cerlaiiie quantité d'eau. ]1 en est de même de ceux qui descendent et qui produisent aussi un bruit de liquide particulier un peu différent du premier. L'eau qui circule ainsi avec les aliments doit faciliter beaucoup leur progression qui, sans cela, n'eût pas été aussi prompte.
g V, — Des conditions dans lesquelles la rumination s'établit, et de lu physionomie de ranimai ciui rumine.
La rumination ne peut s'établir et se continuer qu'autant que l'estomac coniient une grande quantité d'aliments. Dès l'instant que les réservoirs gastriques ne sont plus suffisamment distendus et lestés, cette fonction devient impossible; les parois de ces viscères sont flasques et sans ressort, les muscles abdominaux ne peuvent plus s'affaisser assez pour servir d'auxiliaires efficaces à la réjection du bol ; eu un mot, l'animal est exposé à mourir de faim, si une nouvelle dose d'aliments ne vient s'ajouter à la première qui reste en dépôt. Cet état de plénitude des réservoirs gastriques est donc la première des conditions qui rendent la rumination possible.
Mais si la panse doit être modérément remplie pour que l'animal puisse ruminer, il ne faut pas qu'elle soit trop distendue, ni surchargée. Dans ce dernier cas, ses parois, affaiblies et plus ou moins paralysées par le fait de leur tension, ne peuvent plus suffisamment réagir sur les aliments, et l'animal éprouve, pour ruminer, peut-être plus de difficulté que dans les circonstances opposées.
Aussitôt que le ruminant a mangé le fourrage qu'on lui a donné, si sa faim n'est pas apaisée ou s'il attend encore quelque chose, il s'agite, regarde autour de lui, tourne la tête dans toutes les directions, et ne se décide à ruminer qu'après avoir obtenu tout ce qu'il pouvait espérer. De même, il ne rumine pas avant de s'être abreuvé, à moins que son repas n'ait été composé de fourrages verts ou déracines I aqueuses. Ramené à l'élablc, il reste ordinairement un certain temps debout, ra- | masse les brins de fourrage qui restent dans le râtelier ou qui sont tombés sur sa litière, flaire ses voisins et finit par se coucher.
La position qu'il prend en se couchant est à peu près toujours la même : c'est le ' décubilus commun à tous les ruminants, c'est-à-dire celui dans lequel le corps, lé- • gèrement penché d'un côté, repose autant sur la poitrine que sur le ventre, les . membres antérieurs étant fléchis et repliés sous le poilrail, les postérieurs portés en i avant et dégagés en partie de dessous l'abdomen. Certains d'entre eux se couchent i
DK I,A lUlMINATION. 529
plus souvenl sur un côté que sur l'autre ; mais l'iinilalioii ne paraît pas avoir d'inlluence sur celte liabiludo, car on voit des animaux, voisins dans une élable, se coucher tantôt en se tournant l'un vers l'autre, tantôt, an contraire, en se tournant le dos. D'après ce fait, on est porté à penser que la ruiniiialion n'est pas plu-; facile quand l'animal est couché sur le côté droit que quand il repose sur le côté gauche, en comprimant plus fortement le rumen.
A peine le ruminant est-il couché qu'il pousse des soupirs et éprouve des éructalions plus ou moins bruyantes; parfois même il paraît très gêné et presque malade, mais bientôt ce malaise apparent se dissipe, et la rumination s'établit. Si l'animal est à l'écurie ou dans un lieu écarté, il reste en repos et rumine sans 1 interruption, unedemi-heure, une heure et plus, puis il fait une pause plusou moins I prolongée, et bientôt il recommence à ruminer pendant un temps variable, au bout duquel se renouvelle une suspension momentanée, et ainsi de suite. Enfin il arrive 1 lin moment où la fatigue s'empare du ruminant : celui-ci promène sa langue sur ses lèvres, la fait pénétrer dans ses naseaux, étend la têleen l'appuyant sur le sol, ou Mon la replie de côté pour la porter vers sa poitrine et s'endormir. Si, au contraire, il n'est pas fatigué, ou s'il n'a pas suffisamment ruminé, il se relève, porte les reti.irds en différents sens, reste un certain temps comme dans une vague inquiétude, cl se remet à ruminer, soit en restant debout, soit après s'être recouché. S'il est au pâturage, il se dirige de préférence vers les arbres, près des haies i jiour y trouver de l'ombre et de la fraîcheur, ou bien il reste indifféremment dans I le premier endroit venu quand la chaleur n'est pas forte. Lh, aussi bien qu'à l'étable, ■ il se couche très souvent, et porte la tête alternativement à droite et à gauche pour s'assurer s'il n'a rien à craindre et si aucun ennemi ne vient troubler sa tranquillité. Il donne des coups de tête dans tous les sens pour se débarrasser des mouches, I quand il en est inquiété, sans que pour cela il cesse de ruminer. Toutefois, dans ce I ras, la mastication de chaque pelote est comme saccadée et entrecoupée d'un très ; grand nombre de temps d'arrêt.
S'il est attelé à la charrue ou à une voiture peu chargée, s'il marche lentement I et n'est pas obligé à des efforts bien considérables, il se met aussi quelquefois à rui miner, ainsi que Girard en a fait la remarque. J'ai vu aussi un grand nombre de fois des bœufs qui ruminaient en labourant, mais c'étaient des animaux très forts et habitués aux travaux pénibles. Ceux qui sont jeunes, ou trop faibles, ou fatigués ne ruminent jamais dans ces circonstances. Du reste, aussitôt que les bœufs employés au labour sont arrêtés au bout du sillon, ils se mettent à ruminer, pour peu que leur repos dure quelques instants, et ils cessent en reprenant leur marche.
EnQn, quel que soit leur état, les animaux qui ruminent paraissent éprouver un sentiment de bien-être et de tranquillité tout particulier ; mais la moindre cause ivient momentanément troubler cette situation.
§ YI. — Des causes qnl suspendent momentanément la rnminnf ion on qui l'cmpëL-hent de s'ctalilir.
Les animaux ruminants sont, comme on le sait, en général très timides et très Haciles à effrayer : aussi les causes les plus légères sont-elles susceptibles de troubler •leur rumination.
:)?,() DE r.A Dir.KSTlON.
Dès l'iiislaiU qiifi quelque clinse allire l'altcntion clo l'aiMinal, il cesse brusque- -; inenl clo runiiiier : s'il csl couclié, il se relève; s'il est debout, il fixe l'objet qui • l'ediaie et bientôt se met en fuite ; le moindre bi-uit, la chute d'un corps, la vue.) d'un objet auquel il n'est pas accoutumé suffisent |)Our cela. Mais tous les animaux de cet ordre ne sont pas également inq)ressionnables, tous ne sont pas timides au r même degré. Les ruminants sauvages qui se sont familiarisés avec le bruit et la présence de l'homme, tels que les cerfs, les antilopes, les gazelles, sont encore infini- j ment plus impressionnables que nos ruminants domestiques, comme les moutonss; et les chèvres. Cependant il en est quelques uns qui restent presque impassibles au ; milieu des circonstances qui mettraient en émoi les plus timides. Ainsi nous avons , tous vu, à l'École d'Alfort.un dromadaire qui ruminait, quoique entouré et inquiété i par un grand nombre de personnes.
Parmi les nombreuses causes qui amènent la suspension de la rumination, sei placent en première ligne les maladies qui débutent, même les plus légères. Less * anciens avaient fait cette remarque, et Golumelle l'exprime en disant qu'un animali est malade toutes les fois que la rumination est suspendue. Sous ce rapport, cette i fonction est bien un moyen de précision, une sorte d'instrument qui donne,, » comme le fait le thermomètre pour la température, des indications plus ou moins! » exactes sur l'état de l'aninjal, bien qu'elles soient quelquefois trompeuses. L'excès, la; surcharge d'aliments, la présence des gaz dans l'estomac, l'ingestion de plantes vé- fl néneuses ou narcotiques sont encore des causes susceptibles de suspendre plus oui a moins longtemps la rumination. Il en est une foule d'autres dont l'action n'est géné-' (i ralement que momentanée : les marches forcées, l'extrême fatigue, le travail auquel' çi on soumet les jeunes animaux, les é|)oques du rut ou des chaleurs pour les femelles,; w l'inquiétude qu'éprouvent les mères séparées de leurs petits, les souffrances de toulei K espèce, les opérations chirurgicales, etc. ^
Quelles que soient, du reste, les causes qui amènent la suspension de la rumi-| 3 nation, cette suspension, dès qu'elle s'est prolongée un certain temps, devient elle- imême un obstacle au rétablissement de la fonction. Les aliments de l'estomac se- -. tassent, se dessèchent et se durcissent; ceux du feuillet forment des tablettes douli >! les lames du réservoir ne peuvent plus se débarrasser qu'avec difficulté; la mu-i s: queuse des premiers estomacs, quoique peu sensible, finit par s'irriter; la mem-i ; brane charnue perd son ressort par le fait de sa propre inertie, de sorte, qu'eut! 1; définitive, la désobstruction du viscère ne peut, par la suite, s'effectuer qu'avcci i peine et avec une extrême lenteur. 1