CHAPITRE XXVII
On donne le nom de vomissement à la réjeclion convulsive des matières conle-<) 1,, nues dans l'estomac.
Cette réjçction a été considérée, dans certaines circonstances, comme un aciei
nil VOMISSKMKNT. T);;!
normal on pliysiologiquc, cL dans d'aiilres comme un phénomène morbide ou anormal. Conservons celle dislinclion en nous rappelant ([ue, dans aucmicas, le vomissement n'est tout à fait physiologique, puisqu'il s'accompagne toujours d'un trouble plus ou moins profond dans les fondions digeslives.
Le vomissement ne se produit pas, à beaucoup près, dans tous les animaux. Il cb est qui vomissent facilement : ce sont les carnassiers et un grand nombre d'omnivores ; il en est d'autres, au contraire, qui ne vomissent point ou ne vomissent que très rarement et avec une extrême difficulté : ce sont les herbivores monogaslriques cl les ruminants. Celte différence lient à deux causes principales : la conformation de l'eslomac et l'élat des alimenls qu'il renferme.
Chez les mammifères qui vomissent, l'estomac est simple, l'œsophage s'insère loin du pylore, vers l'extrémité gauche du viscère ; ce canal a des parois minces, souples, et une dilatation infundibuliforme à sa terminaison. Chez ceux qui ne voi missent pas, l'estomac est simple ou à plusieurs comparlimenls, le cardia est peu éloigné du pylore, l'œsophage a des parois très épaisses vers sou orifice qui est sans dilatation et constamment resserré ; de plus, le viscère se trouve, en ce qui concerne certains d'entre eux, les ruminants, par exemple, dans des conditions ) exceptionnelles que nous indiquerons plus lard.
Les animaux qui vomissent, c'est-à-dire les carnassiers et les omnivores, remj plissent leur estomac de substances qui, en général, sont molles, humectées, glis- I sanlcs et souvent très divisées, lesquelles soumises à une forte pression s'échappent facilement à travers un cardia dilatable et un large œsophage. Les herbivores jiqni ne vomissent point ont l'estomac rempli de fourrages souvent mal divisés, ! peu imprégnés de liquides et comme feutrés les uns avec les autres. Lorsque ( ( S matières sont soumises à une compression énergique, elles se lassent, les liquides •pii les imprègnent s'échappent en partie dans l'inte&tin par un pylore ordinaireiiienl très large, et, par le fait de leur extrême compressibilité, la plus grande partie (Ift la force qui tend à les expulser se perd à réduire leur volume ; enfin, si quel- '|nes parties, une fois détachées de la masse, parviennent à s'engager dans l'œsopliage, elles ne peuvent s'y mouvoir qu'avec une extrême lenteur. En somme, chez Il s premiers, tout est disposé pour rendre le vomissement possible, et même jusqu'à un certain point facile, tandis que chez les seconds, tout concourt à mettre obstacle il l'accompli.ssement de cet acte.
Le vomissement s'effectue par suite d'une impression nerveuse spéciale appelée a musée, et par l'action combinée de l'estomac, de l'œsophage, du diaphragme et des muscles abdominaux.
La nausée est une sensation interne, spéciale, qui devient le point de départ des efforts de vomissement. Elle dérive d'une infinité de causes directes ou sympathiques, parmi lesquelles se trouvent l'extrême plénitude, la surcharge de l'estomac, la présence, dans ce viscère, d'aliments indigestes, de substances irritantes, l'iniroduclion dans les voies de la circulation de médicaments connus sous le nom iVémétifjues, le rétrécissement du pylore, le pincement, l'étranglement de l'inleslin, le volvulus, les hernies, etc. Diverses causes sympathiques relatives à l'imagination provoquent la nausée chez l'homme, mais elles ue paraissent pas avoir une action semblable chez les animaux.
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Le point de départ et la nature de cette sensation restent indéterminés. Tour exposer avec clarté le mécanisme du vomissement, examinons-le successivement dans les carnivores, lessolipèdes et les ruminants.