FONCTIONS DES NERFS
qui en font une des vûiiu's K's plus incontcstal)Ics ac(jniscs à la science. C'est, grâce aux lochciclios entreprises sur ce sujet, qu'où peut diviser les nerfs eu trois catégories : les sensilifs, les moteurs et les mixtes, ces derniers partageant les propriétés des premiers et des seconds.
Avant d'étudier l'action spéciale de cliaquc espèce de nerfs, il faut voir quelle est leur action commune.
Les nerfs dilférent des centres nerveux en ce qu'ils n'ont pas par eux-mêmes, comme ces derniers, d'activité propre : ils ne sont que des agents de transmission, de simples conducteui s chargés de recevoir les impressions et de les conduire aux centres, ou do transniellrc les volitions et d'exciter le mouvement dans les parties auxquelles ils se rendent. Comment remplissenl-iis ce rôle, et en vertu de quelles propriétés? Voyons-le d'abord dans le nerf mixte où le sentimenl s'unit au mouvement; plus lard, nous le rechercherons dans les nerfs où ces deux fonctions sont isolées et démêlées.
Lorsqu'on vient à piquer un nerf, aussitôt l'animal éprouve une vive douleur et cherche à s'y soustraire; les muscles dans lesquels le nerf irrité se rend entrent au.ssi immédiatement en contraction : cette simple j)iqùre suffit pour montrer le rôle du cordon nerveux. Celui-ci est sensible; l'irritation met en jeu cette propriété; l'impression produite sur lui est transmise au cerveau qui la perçoit, qui la réfléchit et provoque un mouvement dont le principe est rai)porté par le même cordon, seulement par des fibres diiïéi entes. Il y a donc là un office de conducteur double : d'une part, impressions portées de la périphérie vers le centre par l'élément scnsilif; d'autre part, faculté de mouvement envoyée du centre à la circoufércnce par l'élément moteur. Rien n'est plus facile à démontrer. 1° Si l'on coupe le nerf en travers, le conducteur est interrompu, la parMe périphérique n'a plus de communication avec le centre ; vient-on alors à irriter cette dernière, il n'y a plus de douleur, puisqu'il n'y a pas possibilité (|ue l'impression douloureuse soit portée aux centres chargés de la percevoir, mais il y a encore quelques mouvements involontaires limités à la partie où le nerf se rend. Vient-on, au contraire, à irriter l'extrémité qui tient aux centres, il y a douleur, puisqu'il y a transmission de l'impression ; il y a des mouvements dans diverses parties, mais il n'y en a plus dans le muscle dont le nerf est coupé, parce que ce muscle cesse de recevoir, et les ordres de la volonté, et le principe de la contraction qui lui étaient transmis par le nerf avant qu'il fût interrompu dans sa continuité. 2" Si, au lieu de diviser le nerf par une section, on se contente d'appliquer sur son trajet une ligature assez serrée, les effets seront absolument les mêmes; le lien empêchera les impressions d'aller de la périphérie vers l'encéphale, et les volitions de l'encéphale à la périphérie. 3° Enfin, si l'on applique, comme l'a fait M. Flourens, deux ligatures assez éloignées l'une de l'autre, de manière à intercepter une certaine étendue du trajet du nerf, l'irritation de la partie comprise entre les deux liens ne produira aucun effet, ni douleur, ni contraction, puisque cette partie sera à la fois séparée du centre dont elle provient et du muscle auquel elle se rend ; mais en excitant, ou l'extrémité qui tient à la moelle, ou celle qui tient au muscle, on produira, ou deladouleur, ou des contractions. Après ces dernières épreuves, si les ligatures sont enlevées, le cordon nerveux revient à ses conditions normales, et se comporte sous l'influence des stimulations
iOU DliS FONCTIONS DU .SYSTÈME NKKVKUX.
diverses comincs'il était demeuré toujours intact. Le nerf est donc un conducteur entre les parties et le centre, comme entre le centre et les parties: la section ou la ligature opérée sur un |ioint de son trajet le Ijrise, cl par suite la partie comprise au-dessous de la section peut être irritée impunément sans que l'animal éprouve delà douleur; elle est dans l'impossibilité de transmettre les impressions qu'elle éprouve et de recevoir les volitions et les incitations motrices; on un mot, elle est paralysée.
Dans le nerf pris pour sujet de ces expériences, la sensibilité est réunie à la motricité, et cependant les deux propriétés y sont distinctes, elles s'exercent séparément ; l'une peut persister bien que l'autre soit détruite ; enfin elles sont susceptibles d'être isolées par des moyens artificiels. Ces deux propriétés, avant de se confondre, en quelque sorte, dans le même cordon, sont distinctes au point où il sort de la moelle épinière, car il suffit de diviser transversalement les racines supérieures pour le priver de la sensibilité et en faire un nerf exclusivement moteur, ou de couper ses racines inférieures pour lui ôter la motricité et le transformer en un jierf purement sensitif. Du reste, cette séparation, ce démêlement factice que l'art obtient à grand'peine pour les nerfs mixtes, la nature l'opère elle-même pour les jierfs à simples racines.