‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 23 sur 155 · FONCTIONS DES NEUFS · texte numérisé non relu

FONCTIONS DES NEUFS

Bien que les r.ei fs molcurs ne paraissciu avoir d'autre aclion que colle qui en fait des coiulucleurs; bien que le principe incilalcur du mouvement vienne des centres et qu'il ne puisse passer et se propager en eux qu'autant qu'ils communiquent librement, soit avec le cerveau, soil avec la moelle épinicrc, et que leur trajet n'est nullement interrompu, ils produisent dans certaines circonstances des pliénomènes dont la nature n'est pas parfaitement d'accord avec les propriélés que l'on reconnaît à ces parties.

Lorsqu'un nerf moteur est coupé en travers et que l'on vient à irriter la partie qui tient aux muscles, ceux-ci entrent aussitôt en contraction. Cet effet peut être produit par la piqûre, la compression, l'action du feu, de certains caustiques et surtout du galvanisme; il semble prouver que le nerf possède en lui la faculté de déterminer les contractions musculaires, à la condition qu'elle sera mise en jeu ou excitée par un stimulant assez énergique : peut-être les centres nerveux n'agissent-ils sur cette propriété que d'une manière analogue ? S'il en était ainsi, les nerfs moteurs jouiraient de deux propriétés, savoir : l'excitabilité, ou la faculté de provoquer des contractions musculaires, et la faculté conductrice ; par là ils ressembleraient aux nerfs sensitifs, qui, eux aussi, possèdent deux facultés distinctes : celle d'être impressionnés par divers agents, et celle de transmettre ou de conduire l'impression aux centres qui doivent la percevoir et la convertir en sensation. Quoi qu'il en soit, cette excitabilité persiste dans le nerf longtemps après qu'il a été séparé du cerveau ou de la moelle épinière ; elle cesse au bout de quelques semaines d'après Mueller, et de quelques jours d'après Aslley Cooper. Longet (1) ne l'a pas vue survivre plus de quatre jours ii la section : après ce temps, le nerf, mis en rapport avec un courant galvanique assez faible pour ne pas agir directement sur les muscles, n'a provoqué aucune contraction musculaire. Néanmoins, d'après ce dernier pliysiologiste la contractilité du muscle survivrait même deux ou trois mois à l'extinction de l'excilabilité du nerf; d'où il conclut à l'indépendance à peu près complète dans laquelle l'une se trouverait relativement à l'autre, et par suite il va presque jusqu'à considérer, avec Haller, la contractilité comme une propriété inliérente à la fdjre musculaire. Mais les expériences sur lesquelles s'appuie cette opinion ne me paraissent pas assez concluantes. Après ^a section de la septième paire et la perte de l'excitabilité dans sa partie inférieure, si les muscles de la face sont encore au bout de onze semaines susceptibles de se contracter par l'action du galvanisme, ne serait-ce pas en raison de ce que leur contractilité a pu être entretenue par les rameaux moteurs ou mixtes du nerf de la cinquième paire. De même, après la section des deux sciatiques d'un lapin ou d'un cochon d'Inde, si la contractilité s'entretient dans les pattes pendant plusieurs mois, faut-il admettre avec M. Brown-Sequard (2) que la contractilité a réellement pérsisté dans les muscles privés de l'influence nerveuse, et que par conséquent elle constitue une faculté indépendante de cette dernière? Non, certes, à moins de prendre pour rien tous les autres nerfs delà patte qui n'ont point été coupés, lesquels ont continué à animer un certain nombre de muscles suffisants pour mettre en mouvement les extrémités.

(1) Analomie et pliijsiologic du syslème nerveux , t. I , p. 59.

(2) Comptes rendus de la Société de biologie, 1849, p, 195.

HO DES rOiNCTIONS DU SYSTÈME NEIIVEL'X.

Évidemment ce ii'élail point la paKc loiil enlièrc qu'il fallait galvaniser, mais c'était seulement les muscles complètement privés de ramilicalions nerveuses; alors il eût clé possible de bien constater la persistance d'une conlraclililé indépendante de l'intervention des nerfs.

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