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DES SENSATIONS EN GÉNÉRAL

l/aniinal ne reçoit l'impression des agents extérieurs et ne prend coiinuissancc de ce qui l'entoure que par l'intermédiaire de certainsactes connus sous le nom do sensations. Privé de ces moyens de se mettre en rapport avec les corps qui lui sont étrangers, il serait dans un isolement absolu : tout ce qui se trouverait en dehors de lui serait comme n'existant pas. Il ne lui resterait qu'un sentiment vague de sa propre existence.

La sensation, envisagéedans son ensemble, peut être définie une action complexe résultant d'une impression produite sur une partie, impression transmise au cerveau et perçue par cet organe.

Rien n'est plus difficile à analyser exactement que les .sensations éprouvées par les animaux. Nous ne pouvons juger de ce qu'ils doivent ressentir que par ce que nous ressentons nous-mêmes dans des conditions semblables à celles où ils se trouvent placés, et par l'expression qui traduit instinctivement le plaisir et la souffrance. Cependant il est possible de donner à leur étude une assez grande précision, notamment en ce qui concerne leur mécanisme, probablement identique chez eux avec ce qu'il est dans notre espèce. Il ne peut y avoir de différences essentielles à cet égard que sous le rapport du nombre, de la délicatesse, de l'étendue et du caractère des impressions qu'ils éprouvent.

La sensation est un acte complexe qui peut se décomposer en trois éléments ou opérations successives, à savoir : l'impression, la transmission et la perception, que quelques physiologistes appellent la réaction. Le premier de ces éléments est l'action produite sur la partie sensible par un excitant quelconque ; le second, l'action 'du nerf chargé de propager jusqu'à l'encéphale l'impression développée à son extré- Eîité périphérique; et le troisième, l'action par laquelle le cerveau reçoit l'impression, la sent, en donne conscience à l'animal et achève ainsi la sensation.

L'analyse expérimentale, et même la simple observation des phénomènes détuontrent clairement que tels sont bien les éléments de toute sensation. En effet, pour que la sensation ait lieu, il faut que l'organe sensoriel puisse être impressionné par ses excitants habituels, que le nerf qui le met en communication avec l'encéphale soit intact, et qu'enfin les centres nerveux soient susceptibles d'entrer

Cil nclion. Ocs (|uc! ruiictlc cos coiidilions manque, la foiiclioii devient impossible. Si les nerfs qui mellenl en relation les organes des sens avec les centres nerveux sont liés, coupés ou altérés profondément dans leur texture, la transmission des impressions cesse de s'effectuer, et il n'y a plus de sensation ; si les centres ne perçoivent plus cette dernière, parce qu'ilssont engourdis, comprimés, lésés ou déiruils, la sensation ne peut plus se produire. Cette complexité si évidente a pourtant été niée par divers physiologistes qui sont allés jusqu'h prétendre que les sensations étaient ciïecluées dans les parties sans l'inlervenlion des centres nerveux ; mais cette négation ne repose sur aucun fondement solide.

L'impressiou, élément initial de la sensation, peut se développer dans toutes les parties vivantes, si ce n'est à l'état normal, au moins à l'état pathologique. On sait, d'après les expériences de Haller, que certaines d'entre elles, telles que les tendons, les cartilages, les membranes séreuses, qui sont insensibles, et par conséquent inaptes à être impressionnées sous l'influence des excitants physiques et chimiques, deviennent sensibles par le fait de l'inflammation. 11 est vrai que l'exactitude de celle distinction des parties en sensibles et en insensibles a été contestée depuis que l'on a vu quelques lissusdont la sensibilité n'est pas mise en jeu par la plupart des excitants, développer de la douleur à la suite d'une stimulation toute spéciale, comme la torsion pour les ligaments articulaires. Évidemment, toutes les parties ne sont pas également sensibles , et ne possèdent pas une sensibilité de même caractère susceptible d'être mise enjeu indifféremment par tous les excitaiils. Chacune a sa voix pour exprimer ce qu'elle éprouve, chacune a son cri de douleur dans les maladies. La sensibilité est répartie dans chacune d'elles suivant la mesure qui lui est nécessaire pour remplir ses fonctions. 11 eût été absurde de donner au tendon et à l'os la sensibilité de la peau ou de la muqueuse. La distinction de Haller doit donc être conservée en lui ôlant ce qu'elle peut avoir de trop absolu.

La sensibilité a surtout un caractère spécial dans les divers organes des sens. Le nerf optique ne perçoit point les impressions qui résultent des vibrations de l'air, le nerf olfactif est insensible h l'action de la lumière. Le premier est disposé pour être impressionné par les rayons lumineux, le second par les parlicules odorantes, un troisième par les ondes sonores. Chose remarquable, ces nerfs à sensibilité spéciale si exquise n'ont pas celle sensibilité qui appartient à tous les autres; ils sont insensibles à la piqûre, à la section, à la cautérisation, etc. C'est là une particularité des plus remarquables de la vitalité des nerfs.

La faculté pour une partie d'être impressionnée tient aux nerfs. Celles qui en ont le plus sont celles dont la sensibilité est la plus grande ; celles qui n'en ont point d'apparents ont une sensibilité si obtuse, qu'il devient fort difficile ou impossible^ de la melire en évidence dans les expériences.

Kn quoi consiste l'impression produite dans lesnerfsd'un organe? 11 est superflu de se le demander. On peut bien en trouver la cause, qui est généralemenl le contact d'un corps étranger ou l'action d'un iluidc impondérable, contact d'où résulte un cbranlcinent plus ou moins prononcé, qui s'accompagne quelquefois d'une action chimique particulière. On conçoit bien aussi que la compression d'un nerf, son irritation mécanique, sa dilacéralion, donnent lieu à une impression ; mais il semble impossible de savoir quelle est la nature de la modification physiologique

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