DES SENSATIONS EN GENEUAL
que ces causes diversesdéterminent. L'hétcrogéncilé de ces deniièi-es explique seu- I lemeiit la variété des impressions qui lient aussi à l'intensité, à la durée de l'action des stimulants et nu caractère de la sensibilité de l'organe soumis à leur influence.
La transmission de l'impression, qui est le second élément de toute sensation, s'effectue par l'intermédiaire des nerfs; à cet égard, il ne saurait y avoir aucun doute. Dés que les nerfs qui mettent les organes des sens en communication avec les centres nerveux sont liés, comprimés, coupés ou détruits, ces organes peuvent être impunément soumis à l'influencede leurs excitants, l'irritation n'est plus perçue, I l'animal n'en a nulle connaissance; en un mot, elle est comme si elle n'existait pas.
La nature de l'action du nerf qui transmet l'impression n'est pas plus connue que celle de l'impression elle-même. Les uns, pour l'expliquer, considèi ent les nerfs comme des cordes vibrantes qui propagent à l'encépliale l'ébranlement produit sur leur trajet ou à leur extrémité péripliérique ; les autres en font des canaux dans lesquels circuleraient le fluide nerveux ou les esprits animaux. Mais ce sont là de vaines liypothèses. Que Galien, Harvey, Willis, Haller, aient cru à l'existence de canaux dans les libres nerveuses, et à la circulation du fluide nerveux ou des esprits animaux, cela n'a rien d'étonnant, ni rien qui puisse donner du poids à celle opinion. Que divers physiologistes modernes aient cru trouver une certaine analogie entre un prétendu fluide nerveux et l'électricité, il n'y a pas, dans leur manière devoir, de quoi expliquer la transmission aux centres sensitifsdes impressions produites. Ce qu'on sait touchant l'action conductrice des nerfs, c'est que tous ne sont pas aptes à l'elTectuer : les nerfs sensitifs et les mixtes jouissent seuls de cette propriété.
Lorsqu'on réfléchit au mécanisme de la transmission, on sent ce qu'il y a de merveilleux dans cet acte en aj)parence si élémentaire : l'image d'un paysage ou d'un dessin compliqué est peinte sur la réline, elle produit une impres.sion, et va, avec ses détails infinis et ses couleurs diversifiées, se propager à l'oigane de perception.
La propagation des impressions s'opère avec une vitesse presque électrique : elle est instantanée comme la perception qui doit la suivre.
La perception qui complète la sensation a lieu dans les centres nerveux, et spécialement dans les hémis;jlières cérébraux, ainsi que nous l'avons vu précédemment. Et cependant les nerfs , même ceux qu'on appelle encéphaliques, ne dérivent pas du cerveau. Ceux qui partent de la moelle épinière ou de la moelle allongée apportent leurs impressions à ces parties qui font l'olTicc d'un second conducteur destiné à les propager jusqu'au mésocéphale et aux hémisphères; les expériences le prouvent suITisarament. En effet, si l'on divise transversalement la moelle dans un point quelconque de son étendue, toutes les parties situées au delà de la section perdent leur sensibilité, ou plutôt envoient à la moelle des impressions qui ne sont pas perçues, faute de pouvoir arrivera l'encéphale. Ce phénomène se produit, quelque rapprochée que soit la section de l'origine de la moelle épinière. Enfin, quand on détruit les lobes cérébraux, les impressions émanées des organes des sens ne sont plus perçues, ni par conséquent converties en sensations. Celles qui viennent des différentes parties du corps continuent à être perçues probablement dans le mésocéphale ou la moelle allongée.
Telle est In sensation envisagée dans son ensemble, ab; a^rtin faite des notions auxt|uelles elle donne lieu. Voyons les conditions (\m Inl përfffetlent de s'effectuer et les divers modes d'action des organes des sens.
Ceux-ci sont tous silués à l'extérieur ou très près de la périphérie du corps. Un seul d'entre eux, le plus général et le plus essentiel, est disséminé îi la surface de l'êlre pour s'exercer par l'intermédiaire des diverses parties du tégument. Les autres sont localisés et rapprochés dans des cavités de la lôle.
Ils se composent, du moins les plus compliqués, de trois ordres de parties plus ou moins dislincles : 1° d'un appareil destiné à recevoir, à modifier et régulariser l'action des excitants : c'est pour l'œil un insirument d'optique constitué par un globe cloisonné rempli de milieux réfringents; c'est pour l'oreille une série d cavités h parois anfractueuses, à comparlimciils multiples séparés par des membrane ^ vibrantes, etc.; 2" d'une expansion nerveuse fasciculée ou membraneuse, chargée de recevoir l'impression de l'excitant; 3" d'un nerf conducteur destiné à porter aux centres nerveux l'impression produite à son extrémité périphérique. iMais tous sont loin d'être également compliqués, sous le rapport anatoraique, et il est facile de suivre une gradation depuis celui du tact qui est fort simple, jusqu'à ceux de I vue et de l'ouïe qui résultent de l'associalion d'un grand nombre de partit différentes.
Leur office est de donner, chacun, une série de notions sur le monde extérieur; et, dans ce but, chacun a sa manière d'être impressionné : l'un est affecté par la lumière, l'autre par les vibrations de l'atmosphère, un troisième par les parlicules suspendues dans l'air, etc. Cependant ils peuvent, jusqu'à un certain point, se contrôler réciproquement et se suppléer les uns les autres ; c'est au moins ce qui ar- i rive aux animaux inférieurs qui n'ont pas tous les sens, et aux animaux les plus parfaits qui ont perdu accidentellement la faculté de se servir d'un ou de plusieurs d'entre eux. Les notions qu'ils donnent étant plus spécialement utiles à telles oui telles fonctions, il est des sens annexes aux appareils de ces dernières, comme le sens • du goût à l'appareil de la digestion , celui de l'odorat à l'appareil de la respiration.
Les sens sont au nombre de cinq dans les animaux supérieurs : la vue, l'ouïe,, l'odorat, le goût et le toucher. Dans les animaux inférieurs, une partie d'entre eux: peuvent manquer ; le goût et le tact sont les derniers qui persistent.
Certains physiologistes, se basant sur des phénomènes particuliers à quelques ani-maux ou donnant une interprétation inexacte à certaines impressions, ont cru poil-voir ajouter à celle liste. Buffon, par exemple, admettait un sixième sens destiné* à recevoir les impressions voluptueuses de la génération, qui, en réalité, viennentl du toucher et d'autres sens. Spailanzani, qui avait vu des chauves-souris privées de? la vue se diriger avec sûreté dans des lieux où il avait tendu des cordages et placé!' des obstacles de toute espèce, supposait ces insectivores doués d'un sens spécial ;; mais n'est-il pas probable qu'elles se guidaient par l'exquise sensibilité de leurs ailess .mend)raneuscs. Jacobson, trouvant très développé dans les herbivores l'appareil qiiii porte son nom, semi)lail disposé à le regarder comuie un sens préposé au discernement des poisons. Ch. Rell et Carus, considérant la différence qui existe entre loi plus grande partie des impressions tactiles et plusieurs rapportées à la même calé'-gorie, admettaient, le premier, un sens pour l'appréciaiion du poids et île la coil-