‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 38 sur 155 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Si ranimai doué de sensibilité, organisé pour être impressionné par tout ce qui l'entoure, eût été condamné à l'immobilité, sa vie se serait passée dans une perpétuelle souffrance. Incapable de se rapprocher des objets susceptibles de lui causer des sensations agréables, et mis dans l'impossibilité de fuir ceux qui l'auraient péniblement impressionné, il eût été forcé de subir, sans réaction, toutes les influences étrangères à son être. Il n'eût pu, du reste, ni se nourrir, ni se reproduire, puisque l'accomplissement des fonctions nutritives et génératrices exige des déplacements plus ou moins étendus. La faculté de se mouvoir est donc indispensable à l'animal ; aussi existe-t-elle, sans exception, mêmedans les rangs les plus inférieurs de l'échelle zoologique. L'infusoire microscopique n'est-il pas dans une agitation permanente au sein du milieu où il vit ? le polype lui-même, attaché à la masse calcaire qui le protège et l'enveloppe, ne meut-il point son corps et ses bras pour saisir sa proie ? La sensibilité donnée aux êtres vivants serait un non-sens si elle ne coexistait avec la faculté locomotrice ; l'une ne se conçoit pas sans l'autre. La première met la seconde enjeu; l'une commande, l'autre obéit. La sensibilité, qui dirige, serait impuissante à elle seule; la locomotion, non régie par la sensibilité, s'exercerait sans mesure et souvent sans but; elle ferait de l'organisme une machine détraquée et privée de régulateur.

Sous le titre de locomotion, on comprend, d'une manière générale, les actes par lesquels l'animal se déplace ou se transporte d'un lieu dans un autre. Ils résultent de la contraction des muscles opérée sous l'influence du système nerveux.

Les mouvements produits par l'action musculaire sont de différentes sortes. Les uns, développés dans la trame des organes, sont presque imperceptibles ; les autres, plus ou moins étendus, donnent toujours lieu à des effets appréciables. De là une première distinction des mouvements en sensibles et en insensibles. Une partie d'entre eux s'opèrent sous l'influence de la volonté, et d'autres, indépendamment de cette influence; d'où une seconde distinction de ces actes en volontaires et en involontaires. Dugès les partage en deux groupes : l'un renfermant les mouvements staminaux ; l'autre les mouvements effectifs. Les premiers sont les mouvements envisagés indépendamment de leur but et dans les tissus où ils s'effectuent; les seconds sont les mouvements sensibles considérés eu égard à leur office et à leur destination.

L'étude de la locomotion comprendra successivement : 1° le rôle des organes passifs des mouvements ; 2" le rôle des organes actifs, c'est-à-dire la contraction musculaire cl l'influence exercée sur elle par le cerveau, la moelle épinièrc et les

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iH'ifs ; 3° la slalion el le décubitiis ; ^i" les moiivenicnls sur place; 5" les allures ; t>" la iiatalion, le vol el les uioiiveiueiils parliculicrs à quelques animaux; 7"enlin, les eiïorls el l'ulilisaliou des forces uuisculaires.

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