‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 42 sur 155 · CORRESPONDANTS · texte numérisé non relu

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Ainsi, en somme, chaque rayon du membre antérieur est plus court que le correspondant du membre postérieur, et le membre antérieur en entier est plus court que le postérieur. Cependant la plupart des animaux ont le garrot plus élevé que la croupe.

2 " Les membres thoraciques diffèrent ensuite essentiellement des membres abdominaux par leur mode d'attache au tronc. Les premiers ne sont fixés que par des parties molles ; les seconds sont articulés très solidement avec le rachis. Pour cela, les veitèbres sacrées se soudent ensemble, et le coxal d'un côté se confond avec celui du côté opposé, afin déformer, d'après les expressions de Cuvier, la ceinture osseuse qui établit une liaison intime entre le tronc et les extrémités postérieures, en même temps qu'elle crée une solidarité toute particulière entre l'une et l'autre de ces deux extrémités.

Enfin ils diffèrent par leur rôle, ainsi que nous l'avons déjà dit. Les postérieurs agissent comme des ressorts, des arcs flexibles qui produisent par leur détente un mouvement d'autant plus considérable qu'ils sont plus longs. Les antérieurs, qui n'ont qu'une faible part à l'impulsion communiquée à la masse du corps, sont surtout destinés à soutenir cette masse, soit lors delà station, soit pendant les mouvements de translation.

Le coxal fait, en réalité, plutôt partie du tronc que du membre abdominal. Destiné h former les parois résistantes de la cavité pelvienne, à donner implantation à d'énormes masses musculaires et à servir de levier ii plusieurs muscles qui jouent un grand rôle dans la progression, cet os a une configuration extrêmement variée, llsuffit de comparer le bassin allongé, fortement élargi en arrière, cl presi|iie parallèle à l'axe de la colonne vertébrale des solipèdes, du lièvre et du lupin, avec le

bassin court, oI)lique et étroit en arrière des pachydermes, tels que les rhinocéros, les éléphants, pour voir qu'il ne saurait, dans les deux cas, offrir des conditions mécaniques semblables. De même, quand on met en regard le bassin du cerf avec celui du lama, celui du dromadaire avec celui du bœuf, on trouve encore des différences notables parmi des espèces si voisines.

Considéré dans son ensemble, cet os figure une sorte de levier dont le point fixe repose sur la tête du fémur, levier tordu sur lui-même, courbé suivant le sens de sa longueur et d'un côté à l'autre, donnant attache en avant à l'ilio-spinal, aux muscles abdominaux, en arrière aux ischio-tibiaux, en dehors aux fessiers, et en bas aux muscles de la région crurale interne. Sa cavité cotyloïde est constamment dirigée en bas et en dehors.

Dans les carnivores, tels que le chien, le loup, le renard, les chats, le bassin est presque rectiligne et sensiblement aussi large en arrière qu'en avant. La face interne de l'ilion regarde tout à fait en dedans, et l'externe en dehors ; la cavité cotyloïde est sur un plan aussi éloigné que possible de la ligne médiane. Il en est ainsi à peu près chez le porc et les rongeurs.

Chez les solipèdcs et les ruminants, le bassin devient moins parallèle au rachis. Il se recourbe suivant le sens de sa longueur, de manière à former un arc à convexité inférieure. I/ilium, très large et plus ou moins excavé, a une face tournée en deliors, en arrière et en haut, puis un angle externe toujours très inférieur à l'interne; les ischiums sont souvent peu écartés en arrière; enfin, la cavité cotyloïde est placée sur un plan pins concentrique que les angles externes de l'ilium et de l'ischium. Cette disposition contraste avec celle qui caractérise le bassin des carnassiers et de certains rongeurs,

La longueur du coxal est supérieure à celle du fémur dans le cheval, l'ours, le bœuf, le mouton, la chèvre; elle lui est inférieure dans le porc, le chien, la panthère, le lion, etc. ; elle lui est égale dans le lapin. Chez le cheval, la longueur du coxal est à celle du fémur : : 53 : /i3 ; l'âne : : 27 : 25; le bœuf : : 55 : 37 ; la chèvre :: 22 : 19; le porc :: 33 : 28; le chien : : 19 : 23 ; la panthère : : 29 : 35; le lapin : : 10 : 10.

Il importe de noter, sous le rapport dynamique, la situation de la cavité cotyloïde sur la longueur du coxal, car toute la partie de l'os comprise entre cette cavité et l'angle de l'ischion constitue le bras de levier des muscles ischio-tibiaux. Or, cette dislance estd'autant plus considérable que les animaux sont plus aptes à la course et au mouvement qu'on appelle le cabrer: elle est d'un peu plus du tiers de la longueur totale de l'os chez le cheval, et un peu moins de la moitié chez le lapin et la panthère.

I.e premier rayon du membre postérieur qui soit réellement détaché et mobile est celui de la cuisse : il a pour base un os oblique de haut en bas et d'arrière en avant, par conséquent à l'opposé du coxal.

Généralement cylindrique et un peu courbé suivant sa longueur, le fcmur a une forme assez constante, quoique ses proportions soient fort variables. Sa tête est toujours en dedans de l'axe ; son extrémité inférieure porte en avant une trochléc, eten arrière deux condyles à peu près égaux. Chez les carnassiers, il est très arqué ; son trochanter n'y dépasse souvent pas la tète. Ses condyles ont, en arrière, chez le chien, le chat, deux petits osselets qu'on retrouve chez l'écureuil et môme le lapin, où

ils sont au nombre de trois. Dans les solipèdcs, le corps du fémur est cylindrique; le trocliantcr a (rois parties dislinctcs; le Iroclianlin représente une crête rugueuse au côté interne, et la tubérosité externe est très prononcée ; la trochléc y a son rebord

I interne beaucoup plus élevé que l'autre. Dans les ruminants, les trois parties du trochanterne constituent qu'une seule masse ; la fosse trochantérienne est oblique; le irochantin est réduit à un petit tubercule au bas de celte dernière, et la iroclilée a tantôt ses bords inégaux, tantôt à peu près semblables. Enfin, dans l'éléphant, le rhinocéros, le corps de l'os est aplali d'avant eu arrière; le trochanter y est peu saillant, de même que dans l'hippopotame.

Les grands animaux ont le fémur proportionnellement plus court que les petits. Sa longueur est à celle du tibia dans le cheval : : Z»3 : Ui) ; l'àne : r : 25 ; la vache : : ZiU : 37 ; la chèvre : : 19 : 21 ; le porc : : 28 : 25 ; le chien : : 23 : 22 ; le lapin : : 10 : 11.

La Jambe, qui constitue le troisième rayon du membre abdominal, a pour base trois os : le tibia, le péroné et la rotule.

• Le tibia, ou l'os principal, est oblique en sens inverse du fémur: il a la forme d'un prisme à trois pans, plus large supérieurement qu'inférieurcment ; sa face interne, toujours nue,, donne attache à des aponévroses et se trouve en contact avec la peau.

h& péroné, ordinairement en rapport de volume avec le cubitus, esta son maximum de développement chez les carnassiers, les rongeurs, et en général chez les mammifères onguiculés. Il est encore très grand chez l'éléphant, le rhinocéros et les autres pachydermes, mais il est réduit à l'état de stylet dans les solipèdcs, où il n'a guère que la moitié de la longueur du tibia. Enfin, il disparaît chez les ruminants, remplacé en haut par un ligament à l'extrémité supérieure duquel se trouve parfois un noyau osseux, et en bas, par un petites articulé avec le calcanéum et l'astragale.

La rotule, qui complète le rayon, est liée au tibia par un ou plusieurs ligaments très solides. De son extrémité interne part une production Obro-cartilagineuse fort étendue chez les ruminants et destinée à agrandir la surface par laquelle elle glisse sur la trochlée fémorale. C'est sur cet os que s'insèrent les extenseurs de la jambe. ; S'il manque, comme cela se voit souvent chez les oiseaux, ces muscles s'attachent I sur un gros tendon qui passe sur la trochlée et se fixe à la crête tibiale, ou bien à un I prolongement plus ou moins saillant du tibia, lel qu'il en existe un dans quelques palmipèdes.

Les proportions de la jambe, relativement à celles de la cuisse, varient assez î notablement. En général, la différence entre les deux régions n'est pas très grande : parmi les mammifères. Le tibia est plus court que le fémur chez le cheval, l'àne, le I bœuf, le porc; mais il est plus long déjà chez la chèvre et le lapin, plus encorechez le kanguroo, la gerboise ; il égale ou trois quatre fois l'étendue de ce dernier chez J plusieurs échassiers.

\ Le pied postérieur, qui reste à examiner, ressemble beaucoup à l'antérieur, maisil en diffère principalement par le tarse comparé au carpe, les autres régions ayant à I peu près la même disposition.

j Le /«rse, au point de vue dynamique, se distingue essentiellement du carpe ancpiel H il correspond. Au genou, le radius s'articule avec une rangée d'osselets; au jarret,

le tibia m se met gciiéralemcnt en coiilacl qu'avec une seule pièce; à la premièic i région, les mouvements sont très étendus, d'une part entre le radius et la rangée '■ supérieure, d'autre part entre celle-ci et l'inférieure; à la seconde, il n'y a, le plus i souvent, de mouvements bien sensibles qu'entre le tibia et l'astragale.

Le tarse se compose, dans la plupart des animaux, de six ou sept pièces, dont les ' plus remarquables sont l'astragale et le calcanéum. L'astragale répond d'abord à toute la surface inférieure du tibia par une troclilée oblique cliez les solipèdes, et dirigée suivant l'axe des rayons chez les ruminants, puis au calcanéum et au premier os plat, par deux autres facettes quelquefois converties en petites trocblées. C'est entre sa première poulie et le tibia que s'effectuent à peu près tous les mouvements du tarse, du moins chez les solipèdes. Mais chez les ruminants où les trois trocblées existent, il se produit encore un mouvement fort étendu entre l'astragale et la pièce qui lui est inférieure, ainsi qu'entre la première et le calcanéum. Aussi le dromadaire, où ces trois mouvements sont portés à leur maximum, peut-il amener le métatarse en contact avec la face antérieure de la jambe quand il est couché. Le calcanéum, placé en arrière de l'os dont nous venons de parler, constitue le bras de levier des extenseurs du métatarse : il est très élevé au-dessus du sol chez les solipèdes, les ruminants, mais il vient servir à l'appui par sa face postérieure chez les carnassiers plantigrades. Quant aux autres osselets, ils sont intimement unis entre eux et avec le métatarse ; leur rôle se rapporte essentiellement à celui des osseletsqui forment larangée inférieure du carpe.

Voici , pour compléter les considérations qui précèdent, une indication métrique ' des longueurs des rayons osseux qui composent les extrémités.

Tableau des dimensions en longueur (1) des divers rayons des nombres, dans les

mammifères domestiques.

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