I. DES PHÉNOMÈNES DE L' ACTION MUSCULAIRE
Lorsqu'un muscle agit ou se contracte, il se raccourcit, se durcit, se gonfle, paraît augmenter de volume, éprouve un mouvement de trémulation : ses fibres se plissent, et, après sa contraction qui s'est opérée avec vitesse, survient un relâchement plus ou moins prolongé.
Le raccourcissement du muscle est évident. On a essayé de le mesurer : Keil et Bernouilli l'avaient porté au tiers de la longueur des fibres ; MM. Prévost et Dumas l'ont vu aller à peu près jusqu'au quart de cette longueur. Il doit, dans un muscle quelconque, être évalué, non pas d'après l'étendue longitudinale de ce dernier, mais seulement d'après celle des fibres qui vontd'une extrémité à l'autre. Si celles-ci sont obliques relativement au grand axe ou h la ligne dynamique du muscle, il ne peut l'être que d'après la résultante des dimensions de ces fibres.
Le muscle se gonfle et se durcit, et ceci est encore palpable; mais on ne sait pas bien si son volume est resté le même ou s'il a éprouvé, soit une augmentation, soit une diminution. Glisson, en faisant plonger le bras dans un vase plein d'eau, voyait le niveau du liquide baisser lors de la contraction, d'où il concluait à une diminution du volume des masses musculaires contractées. Swammerdam arrivait au même résultat avec le cœur d'une grenouille préalablement débarrassé du sang qu'il
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pouvait contenir ; d'aulres, répétant les mêmes expériences dans des conditions semblables, ont, au contraire, cru constater une augmentation ; enfin, quelques uns, MM. Dumas et Prévost, entre autres, en opérant avec le plus grand soin sur des tronçons d'anguilles ou do reptiles enlerniés dans des tubes, n'ont pu remarquer aucune variation sensible dans le niveau du liquitle; aussi admettent-ils que le muscle, en se contractant, ne change pas de volume, et qu'il gagne en largeur ce qu'il a perdu suivant le sens longitudinal.
Il éprouve une trémulation, une sorte de tremblement qui paraît résulter d'une série de contractions qui se succèdent avec une extrême rapidité. Ce phénomène est très sensible sur le cœur des grands animaux qu'on vientde tuer par la décapitation pu par une simple section de la moelle épinière, mais il est alors beaucoup plus lent que celui qui s'observe à la surface du muscle dénudé chez l'animal vivant.
Ses fibres se plissent (fig. 23) en zigzag, ainsi que Haller et les physiologistes de son temps l'avaient déjà constaté : le sommet des angles qu'elles décrivent correspond, d'après MM. Prévost et Dumas, à l'insertion des divisions nerveuses sur les fibres musculaires. Cependant , suivant les recherches récentes de AYeber(l), il en serait tout autrement : les fibres du muscle en contraction deviendraient droites et ne reprendraient leurs sinuosités que lors du relâchement, mais cette observation a besoin d'être confirmée.
Lors de la contraction, il y aurait, d'après Matteucci et Dubois-Reymond, une modification dans le sens et l'intensitédu courant qu'ils ont constaté dans les muscles à l'aide du galvanomètre, courant qui est normalement dirigé de l'extérieur à l'intérieur, ou de leur diamètre longitudinal à leur diamètre transverse.
Tous ces phénomènes se développent avec une grande rapidité dans certaines circonstances. La contraction qu'ils caractérisent a une durée très variable, mais elle ne peut jamais devenir permanente : dès qu'elle cesse, le muscle est dans un état d'inertie qu'on appelle le relâchement.