IV. DES EFFETS DE l'aCTION MUSCULAIRE
L'effet immédiat de la contraction musculaire est un mouvement plus ou moins appréciable, tantôt borné au muscle lui-mê(ne, tantôt communiqué aux parties sur lesquelles il est fixé. Les caractères de ce mouvement dépendent des variétés infinies que peut offrir la disposition des muscles.
Parmi ces derniers, les uns sont destinés à augmenter ou à diminuer la capacité des réservoirs dont ils forment les parois, comme les muscles de l'estomac, de la vessie, du cœur ; les autres ont pour office d'ouvrir ou de fermer des orifices ; ils sont disposés en sphincters ou en ceintures, comme ceux de la bouche, des paupières cl des autres ouvertures naturelles; enfin, la plupart doivent déplacer les os ou les cartilages sur lesquels ils s'insèrent.
Les mouvements résultant de la contraclion des muscles sont volontaires ou
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involontaires : les premiers pour les fonctions de relation , les autres pour celles de nutrition. Cette première division fondamentale n'est cependant pas absolue, car beaucoup de mouvements considérés comme involontaires sont plus ou moins influencés par la volonté dans certaines circonstances, de même que plusieurs mouvements volontaires s'eiïectuent d'une manière tout à fait automatique.
Les mouvements automatiques ou rbjtlimiques sont indé|)endanls de la volonté, et régis, les uns par le système ganglionnaire , les antres par le système cérébrospinal. Les premiers, c'est-à-dire ceux du cœur, de l'intestin, de l'extrémité inférieure de l'œsophage, se caractérisent, soit par des contractions rapides qui alternent avec des périodes très courtes de relâchement, soit par des contractions très prolongées comme celles des sphincters de l'anus et de la vessie; ils ne reconnaissent pas pour cause inmiédiale l'action des substances qui sont les excitants naturels des organes, puisque le cœur vide de sang et l'intestin débarrassé d'aliments se contractent cômme dans les circonstances ordinaires; ils ne paraissent pas non plus dépendre des centres du système ganglionnaire, car les organes qui se trouvent accidentellement séparés de ces derniers agissent encore. Leur point de départ, ainsi que la cause de leur rliyllime, semble être dans les nerfs qui font partie intégrante des organes contractiles ; néanmoins la présence du sang, le contact de l'air ou des aliments, les nerfs placés en dehors des organes, ont sur eux une influence très évidente, mais non indispensable.
Les autres mouvements rhythmiques dépendent du système cérébro-spinal : ils sont intermittents ou continus. Les mouvements rhythmiques intermittents sont ceux de Ja respiration , c'est-à-dire ceux des muscles pectoraux, du diaphragme, du larynx : Ch. Bell les regardait comme régis par une influence nerveuse distincte de celle qui, accidentellement, les met sous l'empire de la volonté. Les mouvements rhythmiques à type continu sont ceux des divers sphincters. Millier explique les premiers par des émissions successives de fluide nerveux partant de la moelle allongée, et les seconds par un courant non interrompu de ce même fluide vers les muscles en constriction permanente.
Les mouvements réflexes constituent un autre ordre de mouvements déterminés par des incitations qui, produites sur certaines parties, sont transmises aux centres nerveuxdont elles provoquent la réaction. Ainsi les substances irritantesingérées dans l'estomac produisent sur les nerfs du viscère une impression qui est transmise aux centres, lesquels déterminent consécutivement les contractions spasmodiques du vomissement. De même, l'irritation de la muqueuse bronchique donne lieu à la toux, l'impression de la lumière sur la rétine fait resserrer l'iris, etc.
Les mouvements associés sont fort nombreux et très remarquables : leur association a son point de départ dans le système nerveux, mais elle peut être plus ou moins modifiée sous l'influence de l'habitude et de la volonté. Les mouvements d'un œil sont associés à ceux de l'œil opposé; l'un ne peut se diriger en haut pendant que l'autre regarde en bas, ni se porter en dedans quand ce dernier se porte en dehors; les mouvementsde la langue se lient à ceux du voile du palais, du pharynx et du larynx, lors de la déglutition ; ceux de l'estomac s'associent aux contractions du diaphragme et des muscles abdominaux, lors du vomissement et de la rumination ; l'action d'un membre s'associe à celle des autres membres suivant un cerinin
ordre pour le pas, et suivant un ordre différent pour le Irot, le galop et les autres allures.
Enfin, les mouvements déterminés par les instincts, les passions, ont été déjà en partie indiqués, ou le seront plus lard au sujet des expressions; ils ne manquent pas d'imporlance sous le rapport de leur but et de leur signification (1).