I. DES AUMENTS
. On désigne sous ce nom les substances qui, ingérées dans les voies digeslivcs, sont modiliéesde manière à devenir aptes à la reconslitulion du sang et à la nutrition des organes.
■ Les matières susceptibles de servir au renouvellement des fluides et à la réparation des solides de l'économie sont fort nombreuses; elles proviennent des trois règnes de lanature, principalement des plantes et des animaux.
Les plantes qui puisent dans le sol et dans l'alinosphère les éléments nécessaires à leur développement et à leur entrelien, modifient la malière inorganique et lui font éprouver de nouvelles combinaisons, desquelles résultent divers principes éminemment propres à servir à l'entretien de la vie des animaux. Ces principes, fort nombreux, se trouvent disséminés en proportions variables dans toutes les parties du végétal ; aussi, n'est-il pas une de ces dernières qui ne puisse devenir un aliment pour les animaux.
Mais tous les végétaux ne contiennent pas en proportions égales les principes assimilables, tous ne les présentent pas sous un état qui permette aux organes digestifs de les isoler et de les modifier, tous ne les possèdent pas séparés d'éléments iluisibles ou délétères. Les uns contiennent une si faible quantité de principes nutritifs, qu'ils sont peu propres h l'alimentation ; les autres, au contraire, conviennent parfaitement à cette destination ; tels d'entre eux, comme la plupart des végétaux herbacés, renferment abondamment ces principes dans toutes leurs parties; tels âuti es donnent ou leurs racines ou leurs tiges, leur écorce, leurs feuilles, leur séve, leurs fruits. Il en est qui servent, à la fois, à la nourriture d'un grand nombre d'animaux différents, et d'autres qui ne fournissent des aliments qu'à certains d'entre eux, aux mammifères, aux oiseaux,* aux mollusques, aux insectes, etc. Ces Variétés dans les propriétés nutritives des végétaux et de leurs parties constituantes, Sont immenses pour se mettre en harmonie av(!b les besoitls si diversifiés des animaux : elles ont ceci de remarquable, que telle plante ou telle partie de la plante qui ne convient pas à urie espèce, est recherchée par une autre, et que les végétaux ^Ui peuvent tuer les grands herbivores, deviennent la proie habituelle de certains insectes.
Les parties aériennes des plantes, c'est-à-dire les liges, les feuilles et les fleurs, dont, en général , les plus nutritives, à partir du moment où la végétation est assez avancée jusqu'à l'époque de la floraison, parce que alors leurs principes nutritifs ne
DK LA DIGESTION.
se soiiL point encore lixés dans les organes de la fruclificatiou et que les parties où ils sont disséminés conservent une molle consistance. Avant cette époque, la plante herbacée est trop aqueuse; après, elle est trop dure et se trouve privée des sucs qui sont venus concourir au développement des fruits ou des semences. Les tiges des plantes ligneuses sont nutritives aussi dans leur jeune âge, et leurs feuilles ii toutes les périodes de la végétation.
Les racines, lorsqu'elles sont molles et succulentes, peuvent convenir à beaucoup d'animaux; elles contribuent, pour une grande part, à l'alimentation de certaines espèces sauvages, le porc, lesanglier,le tapir, l'hippopotame et elles deviennent, sous l'influence de la culture, un aliment précieux pour l'homme et les animaux domestiques.
Les fruits mous et pulpeux, leSj fruits secs, leur péricarpe, leur amande, leurs graines, habituellement très riches eu principes raucilagineux, sucrés, féculents, oléagineux et quelquefois azotés, deviennent l'aliment de beaucoup de mammifères, d'oiseaux et d'insectes.
Enfin, certaines parties peu nutritives, comme l'écorce des tiges et des racines, peuvent servir à la nourriture du castor, de certains rongeurs et de divers insectes; le tissu ligneux lui-même, après avoir éprouvé un commencement de décomposition, devient la proie d'une infinité de ces derniers animaux.
Les tissus animaux et le sang constituent un aliment pour un très grand nombre d'espèces. Le sang, qui renferme, à lui seul, les principes nécessaires à la composition des fluides et des soUdes organiques, est un aliment par excellence, puis le muscle, le tissu des viscères, des glandes, celui de la peau, des membranes muqueuses, des parties blanches et des os eux-mêmes : il n'est pas jusqu'aux productions pileuses et épidermiques qui ne puissent servir à la nourriture de quelques espèces. Toutes ces matières animales, généralement plus nutritives que les parties alimentaires des plantes, ont une composition plus variée que ces dernières et peuvent être plus vite qu'elles transformées en fluides assimilables : elles servent à l'entretien d'un grand nombre d'espèces, à tous les degrés du règne animal.
Les matières minérales fournissent aux animaux des principes indispensables à leur entretien. Mais elles ne sont pas habituellement ingérées seules dans les voies digestives; elles pénètrent dans l'économie avec les substances organiques végétales ou animales et avec les boissons. Aussi, est-ce à cause décela que l'esprit se refuse, de prime abord, à les considérer comme de véritables matières alimentaires. Parmi elles, l'eau, le sel marin, divers sels de chaux, de potasse, les oxydes de fer, doivent, de toute nécessité, se trouver dans la composition des aliments, car elles font partie intégrante du sang, de la lymphe, des produits de sécrétion, des os et des divers tissus.
Quelle que soit leur origine, les aliments ont une composition élémentaire qui a pour tous des caractères communs assez bien déterminés par les travaux de la chimie moderne.
Les aliments végétaux, qui semblent avoir une composition peu compliquée et très différente de celle des aliments tirés du règne animal, ont pourtant leurs tissus formés par des principes très variés et presque identiques à ceux qui constituent le sang et les tissus animaux.
D'abord, la composition des substances végétales est très variée. Elle comprend des principes azotés, gluten, albumine, caséine, légumine;des principes neutres,