DU TESTICULE RUDIMENTAIRE
($ 43, 44). I n'implique pas contradicuon d'admettre qu'entre le degré où l'ovaire engendre immédiatement des œufs et celui où il ne peut y parvenir qu'avec le concours du produit d'un testicule, en existe un autre intermédiaire où l'ovaire lui-même forme non seulement l'embryotrophe , maïs encore le sperme fécondant, où par conséquent l'organe femelle, qui renferme en lui-même la force inhérente à la masculinité , dans les cas de monogénie, produit aussi la substance masculine sans organe mâle. Chez quelques Vers, les Aphrodites par exemple, un suc lactescent , et chez plusieurs Acéphales, tels que les Mytilus, les Anodonta , etc., un liquide jaunâtre ou blanchâtre, qui existe, conjointement avec les œufs , dans les ovaires, est regardé comme étant du sperme. Cavolini prétend qu'il y à aussi du sperme renfermé dans la membrane de l'ovaire des Perches et'du Labrus channa. Cependant ces conjectures ne reposent point sur des faits précis, si l’on excepte l'existence des Cercaires, qui ne paraît point être encore, par elle-même , une preuve suffisante ($ 84). La propagation peut être ici le résultat d'une génération solitaire, et l’hypothèse précédente n’a pas beaucoup de probabilités en sa faveur; car il serait bien difficile qu'un suc produit dans le même organe que les œufs eût un caractère assez différent du leur pour pouvoir exercer sur eux une influencé fécondante, en vertu de l’antagonisme qu'il établirait. Mais nous reviendrons plus loin sur ce point.
2° Comme on peut concevoir du sperme sans testicules , de même aussi il y a peut être des testicules sans sperme. La nature ne s'élevant que par gradation d’un produit à un autre, ‘il est possible qu'au point marquant [a transition entre des êtres privés, de, sexe et ceux qui,en sontépourvus, elle crée, en même temps que les organes femelles, d’autres organes qui aient seulement la forme des testicules, sans en remplir Ja fonction, qui possèdent la seule apparence, mais non l’essence du sexe masculin. Ce serait en quelque sorte un premier essai de sa part pour produire une forme supérieure, ou bien encore ce serait le rudiment d'un degré plus élevé d'organisation qui apparaîtrait chez un être inférieur. Ainsi on rencontre, dans beaucoup de plantes eryptogames, des or-