‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 49 sur 115 · DU TESTICULE RUDIMENTAIRE · texte numérisé non relu

DU TESTICULE RUDIMENTAIRE

ganes qui, semblables en cela à des parties constituantes de fleurs, ont une contexture particulière, sans produire de fruits, et ressemblent en partie aux organes floraux mâles, sans cependant contenir de pollen, ni opérer de fécondation. Ce sont les paraphyses et autres formations analogues. On trouve souvent de ces filamens entre les sporocystes des Hyménomycètes. Dans les Fucus, ils forment la couche qui enveloppe les spores, et favorisent leur développement. Dans certaines Fougères, on les trouve entre les ovaires, ou les organes appelés capsules, sous l'apparence d’utricules formés de fibres spirales et contenant de l'air. Dans quelques Hépatiques, ils entourent les sporanges sous la forme de globules pédiculés, qui contiennent une substance mucilagineuse et granuleuse. Les Mousses ont, indépendamment de paraphyses articulées, des corps claviformes, ou de fausses anthères, représentant des utricules plems d’une masse muqueuse et granulée, et l'on remarque que les Mousses dans lesquelles ces fausses anthères sont voisines des sporanges, demeurent stériles, tandis que celles dans lesquelles ces deux sortes d'organes sont éloignés les uns des autres , ont la faculté de se propager (1). Dans certains Rhizospermes, tels que les Marsilea et Azolla, les anthères sont encore fort équivoques. Il en est de même chez plusieurs Naïades, où les enveloppes florales manquent , et où les organes qui semblent appartenir au sexe maseulin sont fort éloignés de ceux du sexe féminin, et renferment des filamens confervoides, etc. Si l’aiguillon qu'on a vu chez une Filaire, ou si les tentacules qui garnissentla bouche des Hamulaires (2) devaient être considérés comme des organes de génération , sans qu'on pût démontrer de testicules, nous ayrions ici quelque chose d’analogue dans le règne animal.

En disant que ce sont là des essais de la nature, des rudimens d'une ofganisation plus parfaite chez des êtres inférieurs, nous n'employons qu'un langage allégorique, dans la seule

(4) Sprengel, Anleitung zur Kenntniss der Gewæchse, t. TL, p. 75. — Nees, Handbuch der Botanik , t. II, p. 239.

(2) Rudolphi , Entozoorum historia naturalès ,{.T, p. 285.

vue de donner à entendre que l’ensemble des êtres doués de la vie constitue un tout vivant, que les diverses espèces de ces êtres ne sont redevables de leur nature particulière qu’au rang qu'elles occupent dans le tout, qu'en leur qualité de parties d'un tout, elles n’acquièrent une véritable signification qu’autant qu’on les considère dans leurs rapports avec l'ensemble , enfin que la connexion existante entre elles et tous les êtres leur procure, avec ceux qui se rapprochent le plus d'elles, une affinité en vertu de laquelle toutes se ressemblent eu égard aux formes de leur organisation, alors même que ces formes n'auraient point un but particulier dans l'intérêt de leur existence propre. Mais nous ne pourrons apprécier l'exactitude de ces vues qu'après avoir réuni d’autres faits qui s'y rattachent. Au point où nous en sommes actuellement, il ne nous est permis que de poser une seule question, celle de savoir si ces organes mâles, quoiqu'ils ne puissent agir par la formation d’un véritable sperme fécondant, ne possèdent pas l'aptitude à féconder d’une autre manière. Or, assurément on conçoit la possibilité que la production des paraphyses et des fausses anthères, ou les formations auxquelles ces organes président , fassent perdre ou acquérir certains principes au suc général de la plante, ou en général lui impriment une modification telle qu’il devienne susceptible de se développer en spores ou œufs fertiles dans les sporanges ou les ovaires, ou que la vie de ces organes générateurs femelles soit portée jusqu’au degré de l’activité génératrice par la présence vivante d'organes masculins.

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