TESTICULES BIEN DÉVELOPPÉS
a. T'esticules dans les végétaux.
$ 69. ( Pendant long-temps on a considéré, dans les plantes, l'anthère comme l'organe qui correspond au testicule des animaux , et le pollen comme une sécrétion des anthères analogue au sperme animal, quoique les recherches de Koelreuter sur le pollen, excellentes pour l’époque où elles furent faites , ne parlassent nullement en faveur de cette hypothèse, qu'ont effectivement renversée les observations des modernes. Le pollen n’est point une sécrétion; c’est un organe qui lui-
même sécrète. Il yaurait plus de vraisemblance à comparer chaque grain de pollen au testicule des animaux , et le suc qu'il renferme au sperme animal. Cependant beaucoup de difficultés s'élèvent contre ce rapprochement. Voici à peu près ce qu'il nous est permis jusqu’à présent d'établir en toute assurance. | 1° L’anthère complète se compose de deux bourses (#hecæ), situées l’une à côté de l’autre, dont chacune est ordinairement partagée par une cloison en une loge antérieure et une loge postérieure. Chaque loge est primitivement remplie d’un tissu cellulaire, qui diffère de celui dont les parois de l’anthère sont entourées par l'ampleur plus considérable de ses cellules, et qui plus tard se détache tout-à-fait, de manière qu'il devient libre comme un noyau dans la loge anthérale. Au milieu et aux dépens du contenu, en partie liquide et en partie granuleux, de ces cellules, se forment de nouvelles cellules, la plupart du temps au nombre de quatre, plus rarement de huit ou de seize, qui n’ont point de connexions organiques avec la paroi de la cellule mère. Elles tiennent les unes aux autres de différentes manières , mais le plus souvent de telle sorte qu’elles sont disposées comme les angles d’un tétraèdre, ce qui fait que.leur ensemble se rapproche fréquemment de la forme d’une sphère. Pendant qu elles se développent , travail au milieu duquel il leur arrive en général de se séparer -êt de changer considérablement de forme , les cellules mères subissent peu à peu une destruction complète. Tantôt elles disparaissent tout-à-fait, tantôt il n’en reste plus que quelques fibres isolées dans la loge anthérale , qui se trouve alors pleine de ces grains libres auxquels nous donnons le nom de pollen. 2 Mais, vers cette époque, les grains polliniques euxmêmes ont cessé d’être de simples cellules : ce sont des organes d’une structure complexe, quoique leur petitesse fasse qu'ils ne paraissent que comme de la poussière à l’œil non armé d’un microscope. Effectivement, à un petit nombre d’exceptions près, ils se composent de deux membranes contenues l’une dans l'autre , dont la cavité intérieure renferme un suc mêlé de granulations, qu'on appelle fovil/a. Nous croyons pouvoir passer ici sous silence les cas rares dans lesquels la
membrane extérieure semble ne point exister, et ceux où il s’en ajoute une troisième.
3° La membrane extérieure du grain pollinique est toujours la plus forte; elle ne ressemble point à une simple cellule végétale; mais, dans beaucoup de cas, elle est manisféstement composée elle-même de cellules, comme les enveloppes de l'œuf. A la vérité, ces cellules sont parfois si petites qu’à un faible grossissement elles ne paraissent que comme des points. Plus fréquemment encore les grossissemens même les plus forts ne font apercevoir, au lieu de cellules, que des points ou des grains, qui, réunis par une masse gélatiniforme, comme ceux des Ulves, des Palmelles et d’autres Cryptogames aquiPiques 3 placées au dernier degré de l’organisation, semblent n'être que des rudimens de cellules. Parfois même la membrane extérieure du pollen parait être complétement homogène. Cependant les cas où l’on peut le moins l'appeler celluleuse sont précisément ceux où sa surface est fréquemment parsemée de petites verrues ou de petits points, qu'on doit sans nul doute considérer comme des cellules plus développées que les autres. Lorsque la membrane extérieure est manifestement formée de cellules, celles-ci contiennent un liquide oléagimeux, translucide , la plupart du temps coloré en jaune ou en rouge, dont l’exsudation, à l’époque de la fécondation , rend la surface du pollen visqueuse. Le même liquide est contenu et excrété par les verrues et les poils des grains polliniques dont Ia membrane extérieure ne se compose pas de cellules distinctes. Cependant il y a des pollens dont la membrane externe ne présente ni cellules ni verrues, et cependant tous les grains polliniques sont visqueux à leur sortie de l’anthère. La membrane extérieure tout entière doit donc être considérée comme un organe excrétoire du grain pollinique. De même que les prétendues cellules poreuses d’autres parties végétales, la membrane externe du pollen offre souvent des points beaucoup: plus minces, qui ont l’apparence de pores; on ne reconnaît qu’ils ne sont point perforés qu’autant qu’on parvient à “y la membrane externe de l’interne. |
A° Dans tous les pollens la membrane interne est très-niee,
transparente , complétement homogène, comme une cellule végétale ordinaire , et hygroscopique à un tel degré que, sous l’eau, il lui arrive souvent de dépasser les bornes de son extensibilité, de sorte qu’elle éclate d'elle-même et laisse échapper son contenu. Si elle possède des pores apparens, c'est par ces points que l’eau est absorbée de préférence , après quoi la membrane interne s’y laisse apercevoir à travers l’externe , au dehors de laquelle on la voit même faire saillie sous la forme d'autant de boyaux qu'il y à de pores. Si la membrane externe est dénuée de pores visibles, elle peut bien se déchirer irrégulièrement, ou même se détacher tout-à-fait par le sonflement de l’interne, mais alors cette dernière ne produit point de renflemens en cul-de-sac. Ce phénomène est purement physique, puisqu'on l’observe aussi bien sur le grain pollinique mort que sur celui qui jouit de la vie, quoiqu'avec un degré différent d'énergie. Les choses se passent autrement quand les grains polliniques vivans entrent en contact, au moment opportun, avec le stigmate , organe femelle extérieur de la plante. Alors, outre que des boyaux beaucoup plus longs sortent des pores visibles, les grains polliniques qui n’ont point de pores se couvrent de productions analogues, plus coniques seulement, et surtout dans les points où a lieu le contact le plus intime entre le pollen et le stigmate. Dans les Asclépiadées, dont le pollen présente beaucoup de caractères particuliers, puisque les grains complétement développés manquent de membrane extérieure, tandis que tous ceux d'une loge anthérale parviennent à la fois sur le stigmate, réunis en une seule masse par une membrane commune, dès que ce phénomène à lieu, un boyau long et grêle se développe de chaque grain, tandis qu'il est encore renfermé dans l'enveloppe commune, et tous les boyaux prennent la même direction, celle du stigmate de la plante, dans lequel ils sont destinés à pénétrer , après s'être enfin débarrassés de leur enveloppe. Les principaux observateurs de ces faits, qui ont totalement changé nos idées sur la génération des plantes, sont Amici, Bronguiart, Robert Brown et Mohl.
Ces notions sur le pollen nous conduisent à essayer une
autre interprétation des parties que nous avons appelées œuf végétal ($ 62) et ovaire végétal ($ 50 ). En eflet, si le prétendu œuf végétal correspond manifestement, non point à l’anthère, mais au grain pollinique’, que ce dernier soit analogue au testicule des animaux, et son contenu au sperme, les deux membranes du premier doivent être les analogues de l'ovaire des animaux, et son amande seule être l'œuf de ces derniers. Ce qui vient surtout à l'appui de cette hypothèse, c’est que les membranes du prétendu œuf végétal constituent des sacs ouverts , le micropyle ne se formant que longtemps après la fécondation. Ge qu'on nomme l'ovaire végétal pourrait alors être comparé à la cavité pelvienne des animaux) (1).
A la vérité on peut encore se demander si le grain pollinique, au lieu d’être lui-même un testicule végétal, n’est pas plutôt un produit de ce testicule (de l’anthère ), produit qui ne différerait du sperme des animaux qu'en ce que la tendance prédominante de la substance végétale à prendre une forme solide fait qu'il s'enveloppe de membranes, tout comme une autre sécrétion, l'amidon, prend de la même manière la forme d'un grain (*).
b. T'esticules dans les animaux.
$ 70. Le £esticule des animaux ( testiculus), considéré d'une
manière générale, consiste , comme d’autres organes sécré— teurs, en canaux fermés à l’extrémité , ou, pour parler plus exactement , en culs-de-sac, dans lesquels commence la formation du sperme, et en extrémités béantes, par lesquelles ce liquide est évacué au dehors. L'échelon du règne animal où l'on voit pour la première fois, dans le sexe féminin, l'o- vaire perdre le caractère d’un réservoir et d’un organe conducteur des œufs, sans qu'il existe en même temps que lui un organe spécial destiné à cette fonction ($ 60), cet échelon, auquel se rapportent quelques Poissons ($ 79, 2°), est le
(4) Addition d’E. Meyer.
(*) Voyez sur le pollen, Raspail, Nouveau Système de chimie organi-
que, Paris 1833, p. 159-183, et Nouveau Système de physiologie végétale, t.r, pa72, 311, 572,
seul où l’on trouve le testicule formé, non point de canaux conduisant le sperme produit dans leur intérieur , mais de cellules closes.
Nous distinsuons donc surtout deux formes, la PE ae ($ 71) et la glanduleuse (S 74 ).
* Testicule tubuleux.
$ 71. À un degré inférieur d'organisation, le testicule laisse apercevoir extérieurement sa forme tubuleuse, et consiste en des canaux libres, qui sont simples ($ 72 )ou rameux ($ 73).
Ÿ L'esticule tubuleux simple.
$ 72. Le testicule tubuleux simple représente la dernière de toutes les formes. Au plus bas degré, ilse continue, sans ligne de démarcation appréciable, avec le conduit déférent, et de cette manière il ne fait qu’un avec ce dernier. À un degré plus élevé, on aperçoit une ligne de démarcation entre les deux organes.
Ce testicule est tantôt étroit, long, vasculiforme, et la plu : part du temps flexueux (1) ; tantôt large, en forme de sacou d'utricule , court et droit (2).
À la première forme se rapportent, par exemple, les testicules de l’Ascaride lombricoïde, qui commencent par des entrelacemens de circonvolutions, se prolongent en circonvolutions plus libres, et ont en tout une longueur de deux à trois pieds (3). Ceux du Jule, qui sont filiformes, mais en ligne droite (4), appartiennent à la même catégorie. L’extrémité en Cul-de-sac de ces testicules flexueux est tantôt terminée en pointe, comme dans la Tipula, tantôt élargie en massue, comme dans l’Abeille (5).
Les testicules ont la forme d’utricules, par exemple dans LEchinorhynchus gigas (6), les Oniscus ceti (7), aquati-
(2) V.PL IT, première forme.
(2) V. PL IT, seconde forme.
(3) J. Cloquet , Anatomie des vers intestinaux, p. 46.
(4) Treviranus, J’ermischte Schiften , t.IE, p. 25. (5) Burmeister , Handbuch der Entomologie , 4.1, p. 217% (6) J.. Cloquet , Loc. cit, p. 89.
(7) Treviranus, loc, cit., t. EE, p. 9.
cus (1) et asellus, où chacun d'eux est divisé par un étranglement en une partie antérieure etune partie postérieure (2) ; dans les Scolopendres (3), les Araignées (4) et les Ephémères, où ils sont un peu plissés (5). L’extrémité en cul-de-sac se termine par un sommet pyramidal dans les Libellules , tandis qu'elle est dilatée dans les Cercopis et Tinea (6).
tt T'esticule tubuleux rameux.
8 73. Le testicule tubuleux rameux se partage en canaux, qui tantôt sont longs et représentent des branches, tantôt forment de courts faisceaux et des vésicules. On le rencontre surtout chez les Insectes, et Muller en à fait connaître les différentes formes (7). |
4° Lorsque cette division comprend les extrémités en culde-sac du testicule ou les:points par lesquels il commence, ce sont tantôt des canaux parallèles les uns aux autres et formant des faisceaux , comme dans les Buprestis, Trichodes et Clerus, ou s’écartant en rayonnant dans tous les sens, comme dans les Bostrichus ; tantôt plusieurs dilatations vésiculiformes, qui s'implantent sur le canal commun à la manière d’une fleur étoilée sur le pédoncule, comme dans les 4pate, Asida et Tenebrio , ou des vésicules isolées et plus grosses, à la surface desquelles s'élèvent une multitude de petites vésicules ou de courts utricules , comme dans les Musca, Elater, Blaps et Telephorus.
2° Les branches qui sortent des parois latérales du canal commun naissent, tantôt d’un seul côté!, en sorte que le testicule devient pectiné, comme dans l’Aydrophilus, tantôt de plusieurs côtés et sur toute la périphérie. Dans ce dernier cas , elles sont courtes, vasculiformes , nombreuses et serrées les unes contre les autres, comme dans les Semblis,° ou un
(4) Jbid., t.X, p. 74.
(2) Tbid., t. I, p. 59.
(3) Lbid., 1. IL, p. 25.
(4) Treviranus, Ueber der innern Bau der Arachniden , p. 37, :
(5) Swammerdam, Bibel der Natur , p. 108.
(6) Burmeister, Le. cut.,t. I, p. 247.
(7) De Hp secernentium structuræ pentttort, Lipsiæ 4830 ; p-fol,, P:. 105.
peu plus longues et plus isolées, comme dans les Sfaphylinus et Sylpha.
** Testicule glanduleux.
$ 74. On peut appeler le £esticule glanduleux lorsque les -canaux qui le constituent sont réunis en une masse, de sorte qu'on ne parvient point à les distinguer clairement à l’extérieur , Ce qui tient à ce qu’ils sont ou serrés les uns contre lesautres, ou enveloppés par du tissu cellulaire. Il est impossible d'établir ici aucune ligne de démarcation bien tranchée, , aussi distingue-t-on seulement la forme glandulaire proprement dite ($77 ) et celles qui ne font que s’en ‘rapprocher
t T'esticule imparfaitement glanduleux.
$ 75. Les longs canaux étroits et vasculiformes d’un grand nombre d'Hyménoptères (4) et autres Insectes, par exemple, du Gryllus verrucivorus (2), sont contournés sur eux-mêmes, Dans quelques uns de ces animaux, par exemple les Ranatra, le canal simple est tordu en spirale. Dans d’autres encore. spécialement les Coléoptères, et surtout les Carabiques , il est roulé en peloton, de manière à représenter une seule masse qui, d'après Léon Dufour, est couverte d’une membrane particulière (3); quand on le déroule , on trouve qu’il a une longueur considérable, vingt fois plus grande , par exemple, que celle du corps entier dans le Dytiscus marginalis (4).
$ 76. Le testicule se rapproche davantage de la forme glanduleuse lorsqu'il consiste en un grand nombre de canaux parallèles les uns aux autres et réunis par du tissu cellu- » Jaire (5). C’est ainsi qu'on le trouve dans plusieurs Insectes, par exemple dans le Clerus alveolaris (6).
Nous mentionnerons encore ici une forme particulière , dans laquelle les canaux se réunissent en renflemens à leurs extré-
(4) Bulletin de la Soc. philomatique , 4818, p. 404.
(2) Carus , Traité élémentaire d’anat. compar., t. IT, p. 388. (3) V. PL IT, troisième forme.
(4) Hegetschweïler, Diss. de insectorum genitalibus, p. 49, : (b) V. PL IT, quatrième forme.
(6) Hegetschweïler , Loc. cit., p.19.
mités ouvertes (1). Ainsi, dans les Nepa, cinq canaux contournés se terminent par autant de renflemens qui se confondent ensemble du côté du conduit déférent. Dans le Cimex hyoscyami sept canaux plus courts et droits se confondent en un renflement indivis (2). :
tt J'esticule parfaitement glanduleux.
& 77. Chez les Insectes, de même que chez les autres animaux articulés, outre les formes précédentes du testicule (8 71-76 ), on en trouve aussi qui sont véritablement glanduleuses.
4° Le testicule est partagé en plusieurs portions distinctes, qui produisent un conduit déférent commun. Ces testicules multiples, ou ces lobes de testicules, aboutissent par leurs canaux à un point commun , d’où part le conduit déférent (3). Voilà ce qu'on observe spécialement dans les Coléoptères. Ainsi, d'après Strauss (4), il y a, chez le Hanneton, six disques présentant des plis rayonnés à leur surface et composés de canaux, dont les extrémités en cul-de-sac correspondent à la périphérie , tandis que les extrémités ouvertes et convergentes s'abouchent dans une cavité centrale, d’où part un conduit qui se réunit avec les cinq autres pour produire le canal déférent. On trouve cinq de ces testicules dans le Scarabœus fimetarius, et douze:dans le Scarabæus auratus.
Chez quelques autres Insectes, par exemple la Tettigonia plebeia , les canaux des testicules se réunissent en un conduit commun, non pas sur un seul point, mais sur plusieurs, de manière qu’il résulte de là une forme rameuse et en partie analogue à celle d’une grappe (5).
2° Le testicule apparaît, chez les Lépidoptères principalement, sous la forme d’une seule masse globuleuse, qu’on ne peut dérouler et dans laquelle on a de la peine à distinguer les canaux, à cause de leur ténuité. Dans l'Écrevisse, on aper-
(4) V. PL IT, cinquième forme.
(2) Hegetschweiler , loc. cit., p. 49.
(3) V. PL IT, sixième forme.
(4) Consid. génér. sur l’anat. comp. des an. articul.,'p, 292, (5) V. PL IT, septième forme,
çoit ces canaux, dont les extrémités en cul-de-sac sont dila: tées de manière à représenter des vésicules (1).
$ 78. Parmi les Mollusques , les Céphalopodes ont des testicules dont les parois épaisses consistent en des canaux convergens qui ont leurs extrémités closes à la periphérie, se réunissent en dedans pour produire des troncs, et finissent par s'ouvrir dans une cavité centrale.
Chez les Gastéropodes, les testicules ont l'aspect de glandes conglomérées, dont les lobules ne sont réunis que par les canaux qui s’anastomosent ensemble afin de produire les conduits déférens.
$ 79. 4° Dans plusieurs Poissons, cartilagineux surtout , le testicule se compose, d’après Rathke, de vésicules closes, qui sont analogues à celles de l'ovaire, dont elles n’atteignent cependant point le volume, et qui ne versent dans la cavité abdominale le sperme sécrété par elles qu'autant qu'elles viennent à crever, attendu qu'il n'existe point de conduits déférens. Dans l’Anguille et la Lamproie, ces vésicules sont placées, au. milieu d’une masse épaisse et gélatineuse, entre les membranes du testicule , et se distinguent des œufs principalement par leur couleur blanche (2). Dans les Pleuronectes et les Esturgeons, elles forment une masse épaisse. Dans les Raies et les Squales, elles sont très-serrées les unes contre les autres, et produisent ainsi des corps sphériques. Celles des . Raies ont, d’après Muller (3), le volume d’une tête d’épingle’; “une matière consistante les remplit, et des cloisons que Ja - membrane délicate qui enveloppe le testicule entier envoie -à l'intérieur, les réunissent en masses globuleuses grosses comme des pois. Le testicule des Squales est divisé, suivant Blainville (4), en quinze ou seize lobes, dont chacun présente -des globules de ce genre à sa surface.
2° Chez la plupart des Poissons le testicule est parcouru, dans toute sa longueur , par un canal commun, qui occupe
(4) Rathke, Untersuchungen ueber die Bildung und Entwickelung des Flusskrebses , p. 4.
(2) Rathke, Bemerkungen ueber den innern Bau der Priche, p. 58,
(3) Zeitschrift fuer Physiologie , &. IV, p.400,
(4) Annales du Muséum , t. X VIIT.
TESTICULE GLANDUIEUX. 129
tantôt le milieu de l'organe et se partage des deux côtés en branches parallèles naissant à angle droit (4), tantôt l'un des bords, tandis que les extrémités en cul-de-sac des branches qui s’y abouchent sont situées à l’autre bord. Les branches sont presque toujours très-serrées les unes contre les autres, ce qui les rend même quelquefois anguleuses , et fréquemment elles se ramifient vers leurs extrémités en cul-desac , ou s'unissent dans tout leur trajet par des ramifications anastomotiques , qui produisent l'apparence d'un réseau‘(2).
$ 80. Le testicule des Batraciens , lorsqu'on l'examine extérieurement , semble grenu, ou comme composé de globules (3), disposition qui tient à ce que les extrémités.en culde-sac des canaux sont un peu dilatées et placées à la périphérie. Les canaux eux-mêmes convergent en ligne droite, et serrés les uns contre les autres, vers le centre, où ils se réunissent.
Chez les autres Reptiles, les canaux ont plus de longueur, proportionnellement au volume du testicule ; aussi sont-ils flexueux ou contournés.
$ SL. Les canaux des Oiseaux et des Mammifères sonttrès-
-contournés dans tout leur trajet, pendant lequel ils ne changent point de diamètre , ne se ramifient presque jamais, et sont séparés les uns des autres par des cloisons que la membrane fibreuse externe envoie à travers la substance du testicule. Les extrémités en cul-de-sac , qui sont simples et non dilatées, se trouvent à la périphérie, d’où les canaux convergent vers l'intérieur et s’y réunissent peu à peu(4). Suivant Lauth (5), le testicule de l’homme renferme environ 840 canaux, dont le diamètre est d'environ 0,06 ligne, et la longueur moyenne de 25 pouces ; ilsse réunissent, à leur extrémité , en sept à dix-huit canaux , qui s’anastomosent ensemble , et pro duisent ainsi un réseau , d'où partent douze à quatorze con-
(4) V. PL IT, neuvième forme,
(2) Rathke, Peitræge zur Geschichte der T'hierwelt , t, IX, p, 127, == Muller, De glandularum structura , p.105,
(3) V. PL IT, huitième forme,
(4) V.PL IT, dixième forme.
(5) Froriep 3 Notisen, {, XXXII, P: 307,
128 PRODUIT DU TESTIEULE:
duits efférens , longs de neuf pouces, mais décrivant des zig-zags de plus en plus grands, d'où il résulte que leur ensemble offre la forme d'un cône (*).
B. Produit du testicule.
Maintenant nous avons à considérer le produit des organes génitaux mâles dans les végétaux (8 82), les animaux et l'homme (S 83, 84).
$ 82. 1° (Le contenu des grains polliniques, qu’on appelle fovilla , consiste en un liquide mucilagineux, la plupart du temps (peut-être même toujours) transparent , qui est mêlé avec des goutteleites d'huile et avec des grains amylacés, de grosseur indéterminée (ou déterminée selon Brongniart). Du moins, Mohl est-il parvenu à colorer ces grains en bleu par le moyen de l’iode. Quand le pollen absorbe de l’eau , la fovilla devient plus étendue et se trouble ; si elle vient ensuite à faire éclater les membranes qui l’enveloppent , elle s'écoule souvent en longs jets , dont la surface se coagule ordinairement , sous l’eau , en une sorte de fausse membrane. Les tubes ainsi produits ont été confondus, par quelques observateurs, avec les boyaux auxquels la membrane interne du pollen donne naissance , et qui ont également coutume , sous l’eau, de lancer la fovilla qu'ils contiennent ; mais l'irrégularité de leur forme suflit déjà pour les distinguer.
2° Les acides affaiblis sont absorbés plus avidement encore que l’eau par les grains polliniques ; ilsse mêlent, comme elle, avec la fovilla, qu’ils troublent encore davantage, et dont ils accroissent la tendance à se coaguler. Quant à l'huile, la fovilla ne s'y mêle point, ce qui prouve combien on aurait tort si l’on voulait juger de la composition chimique de la fovilla d'après l'analyse du pollen, dans laquelle les réactifs portent à la fois sur ce liquide et sur les membranes qui l'emprisonnent. N’est-il pas probable surtout que la pollénine, cette substance dans laquelle on a cherché de préférence le principe fécondant du pollen , appartient à la membrane pol-
(*) Krause a publié depuis Lauth des recherches plus précises à cet égard (Muller, Archiv fuer Anatomie, Berlin 4537 , p. 20).