À. EXPRESSION DU CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT DANS LA CONFIGURATION
Parmi les animaux sans vertèbres, les Insectes sont ceux surtout chez lesquels le sexe imprime des différences à la conformation du corps. C’est chez eux que la sexualité com mence à pénétrer tellement toute l'essence, que les deux sexes différent l’un de l’autre sous le point de vue du mode d’existence, de l’organisation, des penchans et du genre de vie. Et comme , en général , une particularité quelconque acquiert souvent la plus grande extension dès le premier échelon même du règne organique où elle commence à se montrer, les Insectes nous fournissent ici un exemple de ce phénomène : ainsi, par exemple, chez le Drilus flavus (1), la différence . des sexes est pronqpeess à tel point, dans la forme, que les
mâles et les femelles n’ont pas la moindre ressemblance ensemble , quant à l'extérieur. Mais, comme c est ici que le caractère sexuel général commence à à paraître, son type n’a encore rien de fixe : de là vient que, chez les Lépidoptères,
(4) Audouin, dans Annales des sc. nat,, t, IT, p. 443.
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par exemple, on rencontre fréquemment les dehors de l'hermaphrodisme, une partie des individus alliant la forme d’un sexe à la couleur de l’autre, ou l’une des moitiés du corps, soit d’un côté à l’autre , soit d'avant en arrière, présentant la forme et la couleur d’un sexe, tandis que l’autre revêt celles du’sexe opposé (1). Les formes sexuelles paraissent cependant être plus fixes chez les Insectes dont les instincts semblent tous converger vers le but de la génération, tels que les
Abeilles et les Fourmis. (IL n’est point rare de rencontrer des |
différences entre les sexes parmi les Crustacés. Dans le genre Astacus, la femelle à une queue beaucoup plus large, le mâle des pinces et des antennes bien plus grosses, ce qui, d’après mes observations, se voit surtout dans l’Astacus leptodactylus. La queue est plus large encore , proportion gar-
dée, dans les Crabes femelles, celle des mâles étant fort étroite ,et ayant même quelques uns de ses anneaux soudés
ensemble. Mais cette différence n’est nulle part plus prononcée
que dans les Lernées, d’après les observations de Nordmann, et dans le Bopyrus squillarum, d’après les miennes, où elle! surpasse de DenPOnD , Au moins quant à la forme et au volume, tout ce qu'on pourrait citer d’analogue dans aucune
autre ‘classe quelconque du règne animal) (2).
Les dispositions organiques qui se rapportent à la généra-
tion étant fort simples et très-subordonnées dans la classe
des Poissons et dans celle des Reptiles, la structure du corps
de ces animaux n'offre que des traces insignifiantes et même assez peu communes de la différence des sexes. Nous cite-
rons, par exemple, la crête cutanée des mâles dans le Blen-
nius lepidus et chez les Salamandres.
Gette différence devient plus sensible chez les Mammifères ,
et la classe où elle se prononce le plus est celle des Oiseaux, qui , sous tant d’autres rapports, répètent les Insectes dans la série des animaux vertébrés. Mais elle n'arrive à son entier développemeut que chez l’homme , parce que c'est aussi dans l'espèce humaine seule que la vie acquiert une véritable pro-
(4) Meckel, Traité général d’anat. comp. t. I, p.281. (2) Addition de Rathke.
fondeur. Ici la différence est portée si loin qu’au dire d’A : dair (1), on reconnaît jusque dans chaque os isolément des modifications correspondantes au sexe. Ce qui prouve qu’elle n’est pas une simple coïncidence de la sexualité, mais qu'elle en dépend, et qu’elle en est l'expression vivante, c’est quele caractère général change lorsque. la force génitale vient à se modifier , comme après l’extirpation des testicules ou des ovaires. Dans le cas d'hermaphrodisme androgynique ou gynandrique ($ 155 ), tout l'ensemble de la vie se moule aussi en quelque sorte sur l'état de l'appareil génital. Mais il y a encore un hermaphrodisme dynamique, dans lequel les organes génitaux , sans offrir aucun vice de conformation, n’ont acquis qu'un développement incomplet et une énergie insuflisante, de sorte que le caractère sexuel de la vie devient en même temps équivoque et louche (2). Pour distinguer cet état de l’hermaphrodisme proprement dit, nous donnerons l’épithète d’efféminé ( mas effeminatus )à l'homme qui présente les formes et les manières d’une femme, et le nom de virago à la femme qui se rapproche de l’homme sous tous les rapports.