‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 11 sur 108 · I. Si l’on soumet les nerfs cardiaques · texte numérisé non relu

I. Si l’on soumet les nerfs cardiaques

1° A l'influence du galvanisme , on ne remarque pas que le cœur s'en ressente, suivant Behrends (4), Fontana, Volta, Valli et Treviranus (2). Pfaff et Grapengiesser ont observé le contraire. Humboldt (3) a vu le galvanisme rendre les pulsations du cœur plus rapides et plus fortes chez des Renards et des Lapins. Fowler (4), en employant ce moyen d’excitation, sollicitait le cœur à battre de nouveau , lorsque, sur des Grenouilles et des Chats, il était déjà tombé dans l'état de repos. Vasalli, Giulio et Rossi ont remarqué , sur des cadavres de décapités (5) et sur des animaux (6), qu'en armant le plexus cardiaque et la pointe du cœur, on obtenait des battemens plus forts qu’en irritant l'organe par des moyens mécaniques , et que la réceptivité pour le galvanisme s’éteignait dans ses diverses parties, en suivant le même ordre qu'aflecte ordinairement l'extinction des phénomènes de la vie dans ces dernières (8718, 3°). Wedemeyer a constaté (7) , dans presque toutes ses expériences, l’action du galvanisme sur les battemens du cœur. Suivant Autenrieth (8), le galvanisme ne produit point ici des mouvemens aussi soudains que dans les muscles soumis à la volonté ; mais, quand il agit d’une manière prolongée, dans une chaîne fermée, les pulsations sont plus rapides et durent plus long-temps qu’en son absence. Carus (9) a vu le cœur de Limaçons et d'Ecrevisses se contracter cha-

(1) Ludwig , Scriptores neurologici minores , t, III, p. 24. (2) Biologie , t. IV, p. 269.

(3) Uecber die gereiste Muskelfaser, L. X, p. 342. (4) Abhandlung ueber thierische Elektricitæt , p.107, 409. (5) Neues Journat des auslændischen medic.-chirurg. Literatur, t. T, p.129.

: (6) bid., t. IL, p.430.

. (7) Untersuchungen ; p. 64.

. (8) Handbuch der Physiologie, t. XL, p. 193. (9) Von den œussern Lebensbedingungen , p. 84.

ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANG. 75 que fois qu'il fermait la chaîne, tandis qu'il ne faisait qu'osciller dans la chaîne fermée. |

Cependant on conçoit que les expériences n'ont pas toutes la même force probante ; car les nerfs ne peuvent servir ici que. comme conducteurs humides ; il suffit d’armer seulement la substance musculaire du cœur pour que celle-ci batte, et c'était par pure hypothèse”qu'en pareil cas on admettait que le galvanisme agissait d’une manière immédiate sur les nerfs seuls. Si la pile voltaïque est forte, le cœur mis en rapport avec l’un des pôles recommence ses pulsations , quelle que soit la partie organique avec laquelle on mette l'autre pôle en rapport , fût-ce même un cartilage costal ou du sang épanché ; le cœur n'a même pas besoin d’être armé pour éprouver l'effet galvanique ; car, d'après l'observation de Saissy (1), les pulsations montèrent de dix à vingt par minute lorsqu'on eut fait communiquer le pôle zinc avec les nerfs diaphragmatiques et le pôle cuivre avec le muscle sterno-cléido-mastoidien. De pareilles expériences ne peuvent donc démontrer l'influence des nerfs que quand un faible degré de galvanisme, qui ne produit aucun effet sur le cœur lorsqu'on l'applique à d’autres parties, détermine cet organe à battre dès qu'on arme les nerfs cardiaques.

2° Senac (2) a pincé, chauffé, brülé les nerfs cardiaques, sans éveiller les battemens du cœur. Behrends (3) et autres (4) n'ont également obtenu aucun résultat d'irritations mécaniques dirigées sur ces nerfs. Haller seul (5) a vu une fois l'arrachement du cœur d’une Grenouille provoquer des mouvemens dans cet organe.

IT. Quant à ce qui concerne les troncs nerveux,

3° Lesirritations mécaniques qu'on leur fait subir n’exercent point d'action sur le cœur, comme l'ont éprouvé Fontana,

(4) Recherches sur la physique des animaux hybernans, p. 44. | (2) Traité du cœur, t. IT, p.145.

(3) Loc. cit., p. 40.

(4) Haller, Element. physiolog., t: 1, p. 463.

(») Opera minora, 1, I, p. 362.

Cruikshank (1), Bichat (2) et autres. ILest vrai qu'un grand nombre d'observateurs ont vu la ligature des nerfs pneumo= gastriques entraîner l'accélération où. l’affaiblissement des battemens du cœur (3); mais ces expériences, et toutes les autres du même genre faites sur des animaux vivans , ne prouvent rien, puisque le changement survenu dans les battemens du cœur dépendait autant de la douleur et de l'anxiété, que du trouble apporté à la FésRitaAn par l'ouverture de là cavilé theranique,

4e Bichat (4) n’a observé aucun effet de er glvanis | que du nerf grand sympathique et du nerf pneumogastrique. J'ai vu, au contraire (5) , les battemens du cœur devenir plus forts chez un Lapin mis à mort , et dont j'entretenais artificiellement la réspiration, otsahei j'armais la portion cervicale du nerf grand sympathique, ou le ganglion cervical inférieur.

be L'action des excitans chimiques était plus décisive encore. Quand, après avoir tué un Lapin, je touchais les nerfs précités avec de la potasse ou de l'ammoniaque caustique , les battemens du cœur devenaient plus rapides et plus forts, et, dès qu'ils commençaient à s’affaiblir, un nouvel attouchement les ranimait encore.

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