III. La moelle épinière
6° A été diversement irritée par Haller (6), Spallanzani (7), Fontana et Bichat (8), sans que ces expérimentateurs reconnussent qu'il suivit de là aucune action sur le cœur. Si les battemens de cet organe s'en sont ressentis dans d’autres expériences, le résultat était au moins douteux; car tantôt les convulsions des muscles volontaires provoquées par l'irri-
(4) Reïl, Archiv , t. IT, p. 70.
(2) Recherches sur la vie et la mort, p.334, 339. (3) Burdach, /’om Baue des Gehirns, t. IT, p. 60. (4) Loc. cit., p. 337. |
(5) Burdach , Loc. cit., t. I, p. 224.
(6) Opera minora , t. I, p. 233.
(7) Expér. sur la circulation , p. 338.
(8) Rech. sur la vie et la mort, p. 337.
tation de la moelle épinière pouvaient y avoir, pris la plus grande part, tantôt la moelle épinière n’agissait peut-être que comme conducteur humide, et non en vertu d’une relation. spéciale entre elle et le cœur. De toutes les expériences, celles de Wilson (4) paraissent être les plus concluantes ; elles nous apprennent que l’humectation de la moelle épinière avec de l'alcool ‘accroissait les battemens du cœur, mais que. la dissolution d’opium ou l'infusion de tabac, après les avoir accélérés, les ralentissait bientôt; il s'ensuit aussi que la, portion cervicale de la moelle était celle qui exerçait le plus, d'influence , et l'abdominale celle qui en avait le moins.
7° La destruction de la moelle épinière, quand elle a Jieu d’une manière subite , entraîne, d’après les expériences concordantes de Clift (2), de Wilson (3) et de Wedemeyer (4), une accélération instantanée , promptement suivie de l’intermittence des battemens du cœur, qui ensuite continue encore de battre pendant un laps de temps plus ou moins long , avec une force diminuée de beaucoup. Nasse a également vu, chez des Chiens mis à mort, dont il entretenait la circulation par une respiration artificielle, qu'après la destruction de la moelle épinière, les battemens du cœur devenaient plus lents et plus faibles, de sorte que le sang de l'artère crurale , qui auparavant s’élançait à quelques pieds, ne jaillissait plus qu’à plusieurs pouces, ou même ne formait plus de jet.
Chez les Écrevisses , le cœur était frappé de paralysie aussitôt après la destruction du cordon ganglionnaire (5)