‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 2 sur 108 · VIT. È · texte numérisé non relu

VIT. È

2° Des corps quiontdel’affinité ensemble, en vertu soit de leur substance, soit de l’état dans lequel ils se trouvent pour le moment ($261,3°), s’attirent l’un l’autre, phénomène pendant lequel il est tout naturel que le corps le plus mobile semble être celui qui est attiré, et le moins facile à déplacer celui qui attire. Suivant les circonstances particulières qui peuvent avoir lieu pendant cet effet général, nous donnons aux mouyemens produits les épithètes d’adhésifs, capillaires, magnétiques , électriques, chimiques. Les mouvemens dits électriques sont les plus considérables de tous, parce qu'ils embrassent et des déplacemens visibles et des changemens de composition. Sous l'influence de l’électricité, un liquide contenu dans une substance inorganique poreuse se meut, àtravers cette substance, du : pôle positif vers le pôle négatif. La substance organique, au contraire, détermine des mouvemens analogues de liquides, même sans que nous l'exposions à l’action de l'électricité excitée par des moyens artificiels, comme l'ont appris les recherches de Dutrochet; elle produit des phénomènes d’endosmose , c’est-à-dire qu’elle attire le liquide ambiant dans son tissu ou dansses cavités, et devient par à turgide, soit lorsqu’elle ne renferme aucun liquide (1), soit quand celui qu'elle contient est plus dense que celui du dehors, ou se comporte à l'égard de celui-ci comme un alcali envers un acide ; des phénomènes d’exosmose ont lieu, au contraire, c’est-à-dire que le liquide contenu dans la substance organique s'échappe au dehors lorsqu'il est en train de se décomposer , ou quand il a moins de densité que le liquide extérieur , ou quand il se comporte envers ce dernier comme l'acide à l'égard de l'alcali (2). La substance organique attire donc déjà par ellemême des liquides ; mais s’il y a en elle et hors d'elle deux liquides différens de densité ou de constitution chimique, ils la pénètrent simultanément, dans les deux directions, en vertu de leur attraction mutuelle, de telle manière cependant qu'une

(4) L'agent immédiat du mouvement vital, p. 420. — Mémoires pour servir à l’histoire anatomique et physiologique des végétaux et des animaux, t. I, p. 8.

(2) L'agent immédiat, p. 123-132,

des directions, celle du liquide le plus mobile, le plus étendu et le plus faible au plus fixe, au plus dense et au plus fort, l'emporte sur l’autre, et que de à résultent à la fois une endosmose et une exosmiose (4). Maintenant, d’après Dutrochet, l'ascension de la séve dans les plantes dépend essentiellement de ce que chaque spongiole radiculaire , tout comme chaque cellule , attire ce liquide par endosmose , et parvient ainsi à l'état turgide (2). Déjà Prochaska (3) avait dit que, pendant la vie, chaque partie attire les substances qui hui sont nécessaires, que la feuille et la fleur les pompent dans la branche , la branche dans le tronc, le tronc dans la racine, la racine dans la terre , et que c'est la réunion de ces forces qui fait monter la séve dans les plantes. Si nous jugeons d’après l'analogie, le sang et la substance organique solide doivent épalement manifester par des mouvemens leur affinité réciproque qui se révèle par l'échange mutuel de matériaux (S$ 749 ), et le sang , quiest le plus mobile, doit être attiré par la substance solide. S'il y a entre le sang artériel et le sang veineux de même rapport qu'entre l'électricité positive et l'électricité négative, et si nous sommes fondés à admettre qu'en vertu de sa densité la substance organique solide se comporte comme élément négatif, elle atürera le sang plus liquide qui est animé d’une électricité positive, et repoussera le sang plus condensé qu'anime une électricité négative.

3° Certains phénomènes semblent annoncer que les choses se passent réellement ainsi. Lorsque le sang se coagule dans le corps vivant, par exemple dans une tumeur anévrysmale, la fibrine s'empare du cruor, et il se produit un caillot ; mais celui-ci se décolore dans ses couches extérieures, c’est-àdire sur les points où il entre en contact avec les parois sohdes , et non avec le sing coulant, d'où il résulte que le cruor me peut avoir été attiré et absorbé que par ces mêmes parois. Mais nous avons appris que les globules du sang ont une pro-

(4) Loc. cit., p. 450-456.

(2) Loc. cit., p. 159-172.

(3) Fersuch einer empürischen Darstellung des polarischen Nature gesetses, p. 76,

pension à s’attirer mutuellement et quelquefois à s'écarter ensuite lesuns des autres ($739, 1° ),etnousdevons présumer que les parties solides exercent aussi une action analooue sur eux. Eneffet, lesmouvemens libres des globules sortis des vaisseaux ($ 740, 9°) paraissent reposer uniquement, ainsi que Haller (4) l'établit parmi les résultats de ses recherches, sur ce que le sang est attiré par les parois du tronc vasculaire, de sorte qu'il lui arrive quelquefois de couler régulièrement sur la face externe de ce tronc, comme dans des canaux; et Koch fait remarquer qu'on ne voit les globules extravasés se mouvoir qu’au voisinage d'une partie solide (2). Leur tendance à agir les uns sur les autres par adhésion et répulsion ne se manifeste point pendant l’état normal de la vie; il doit donc y avoir, en dehors d'eux, quelque chose qui fasse taire leur . propension, et qui les force de marcher dans une direction déterminée , uniforme. Cette impulsion réside dans le cœur, qui est l'organe central du système sanguin; mais, comme le cœur ne peut pas être seul eflicace ( $ 731 ), il doit y avoir une seconde impulsion , plus essentielle encore, qui parte du point opposé, de la périphérie du système vasculaire , ou des parties organiques

4° Quand les globules du sang sont empêchés de suivre leur libre cours, ils deviennent fluctuans, se portent tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, tantôt s'arrêtent et tantôt marchent avec plus de rapidité. Cette manière de se comporter semble indiquer des inégalités dans l'attraction qu’exercent l’une sur l'autre la substance organique solide et la masse du sang contenue dans les vaisseaux. De même, la vacuité des artères après la mort paraît tenir à ce que la substance organique continue encore d'attirer du sang et d’en admettre dans ses capillaires , après que le cœur a cessé d'agir, comme le pensent Dutrochet (3) et Schultz (4). Ilest très-vraisemblable aussi

(1) Opera minora, t. I, p. 429.

(2) Meckel, Archiv fuer Anatomie, A827, p. 445.

(3) Mémoires pour servir à l’histoire anatomique des animaux et des végétaux , t. II, p. 194.

(4) Meckel, Archinfuer Anatomie , 4826 , p. d87.

que, comme le prétend Schultz, la circulation continue dans les organes, pendant l'asphyxie, quoique les battemens du cœur soient suspendus.

Ainsi la cause générale et essentielle de la circulation parait se rattacher au rapport existant entre la substance organique en général et le sang. Les physiologistes de notre époque ne sont point éloisnés d'accueillir ce théorème ; mais, à mon avis , ils l’adoptent avec trop de restrictions. Carus s’est borné à émettre un principe général , en disant que l'attraction et la répulsion agissent dans la circulation du sang, comme partout dans la nature (1). Freviranus dérivait du système nerveux non le mouvement du sang , mais sa force motrice (2). . Œsterreicher cherchait la cause de la circulation dans le sang et dans ses relations avec le système nerveux (3). Wedemevyer paraissait disposé à admettre une influence de la vitalité des organes, notamment du système nerveux (4). Baumgærtner s'est attaché à développer l'influence de ce système ($ 769) (5), tandis que Koch (6) et Bonprden (7) se sont élevés à des vues plus étendues. Raspail (8) fait aussi dépendre la circulation de ce que les parties solides attirent le sang , pour l’absorber (*). En disant que cette fonction est déterminée par la vitalité des capillaires, Broussais et son école reconnaissent explicitement l'influence qu’exercent, en vertu de leur vitalité, les organes dont ces vaisseaux ne sont que des parties intégrantes.

(4) Meckel, Deutsches Archiv, t. TT, p. 444,

(2) Biologie , t. IV, p. 272.

(3) Darstellung der Lehre vom Kreislaufe, p. 188 , 196.

(4) Untersuchungen ueber den Kreislauf, p. 344.

(5) Beobachtungen ueber die Nerven und das Blut. Fribourg, 4800, in-8.

(6) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1827, p. 452-459.

(7) Ibid., p. 541, 551.

(8) Répertoire général d'anatomie, t. VI, p. 454.

(°) Nouveau système de chimie organique, p. 362, — Nouveau syst. de physiol, végét., t. II, p. 20.

À. Influence sur le courant vers la périphérie.

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