ENVELOPPES CELLULEUSES
$ 783. 4° La série précédente nous a présenté une progression du simple , du petit et du délicat, au composé, au grand et à l'épais. La seconde famille des parties celluleuses , comprenant les enveloppes celluleuses, va nous offrir un développement analogue, quoique modifié. Les vésicules ont d'abord été des cellules libres et mdépendantes ; puis elles se sont placées entre des parties déterminées , et elles ont commencé à se répéter , soit en produisant des cellules au dedans d’ellesmêmes , soit en faisant pénétrer lune de leurs moitiés dans autre ; enfin elles ont perdu leur indépendance, en faisant servir leur moitié réfléchie à envelopper des organes supérieurs. Au contraire, les enveloppes celluleuses demeurent constamment et dans toute leur étendue subordonnées et enchaïnées à d’autres parties ; ce sont des cellules closes, dont la surface interne se trouve en contact, non point avec leur propre produit sécréloire , mais avec une autre partie organique , à laquelle elles s'adaptent et dont elles prennent la forme. |
La partie qui leur sert pour ainsi dire de moule peut étre ou solide où liquide ; de R deux tribus distinctes.
a. Enveloppes membraneuses.
2° La première tribu se compose des enveloppes de parties solides, ou des enveloppes celluleuses, qui entourent certains organes sous forme de membranes, comme le tissu cellulaire atmosphérique enveloppe des groupes entiers d’organes sous celle de masse. Ce sont en quelque sorte des cellules bouchées ; leur face interne n’est point libre, comme celle des vésicules, mais tient à une partie solide, qu'elles isolent, dans le'mêmei temps qu’elles la mettent en connexion avec lereste de l'organisme, et qu'elles sont les intermédiaires de sa nutrition.
- 3° Le premier genre est constitué par les enveloppes élementaires, qui, semblables aux vésicules celluleuses, sous le point de vue de leur substance, sont extrêmement délicates, transparentes et incolores. Elles renferment en elles les parties élémentaires d'un organe, conformément à la forme desquelles elles représentent des cellules allongées , lorsqu'elles enveloppent chaque fibre nerveuse, musculaire ou tendineuse, ou figurent des espèces de sphères , quand elles entourent une grappe de vésicules adipeuses ou un lobule de la glande thyroïde, du thymus ou des capsules surrénales. Entre elles se trouve du tissu cellulaire parenchymateux , qui les unit ensemble, et par cela même ne fait qu'un tout des diverses parties élémentaires d’un organe.
ho Les enveloppes d'organes, qui forment le second genre, couvrent la surface d'organes dont les parties élémentaires se réunissent en un tout. Elles diffèrent beaucoup les unes des autres; car elles sont tantôt simples et délicates , comme des enveloppes élémentaires , tantôt plus lamelleuses, comme des masses de tissu cellulaire, tantôt enfin’ denses, fermes et analogues au tissu scléreux. Ainsi , elles forment de minces capsules à des organes plastiques qui ne sont entourés ni d’une vésicule séreuse ni d’une enveloppe scléreuse, par exemple à la thyroïde, au thymus et aux reins succenturiés, comme aussi aux masses graisseuses , autour desquelles on les voit quelquefois devenir plus denses, plus fermes, et même
en quelque sorte scléreuses, notamment dans le creux des mains et à la plante des pieds. Autour des organes cylindriques, elles figurent des gaînes , qui acquièrent surtout une grande force lorsque ces organes jouissent d’une certaine in“ dépendance et se trouvent pour ainsi dire à nu, mais qui semblent s’effacer quand ceux-ci passent à d’autres formes. Telles sont la gaîne des nerfs, qui est umie à l’enveloppe élémentaire, ou névrilemme, par du tissu cellulaire parenchymateux, l’entoure de tous côtés, lui communique une assez grande solidité, et acquiert une consistance presque scléreuse sur les ganglions ; la gaine celluleuse des artères, qui est blanchâtre , épaisse et ferme , de manière à conserver la forme tubuleuse , même après qu'on en a retiré le vaisseau, qui d’ailleurs est plus dense à sa face interne, celle par laquelle elle tient à la tunique musculeuse , qu’à sa face externe, où elle se confond peu à peu avec le tissu cellulaire atmosphérique , par l'intermédiaire duquel elle se trouve unie aux parties environnantes ; la gaîne des vaisseaux lymphatiques , qui est transparente et tellement mince qu'on peut à peine [a séparer de la membrane vasculaire commune, mais qui acquiert plus de consistance sur les glandes lymphatiques ; enfin, la couche faisant corps avec le tissu cellulaire atmosphérique , qui revêt la surface externe de la couche musculaire des membranes muqueuses. Les membranes celluleuses qu'on a admises dans le tissi de certaines parties, par exemple entre la membrane muqueuse et la couche musculaire qui l'entoure, sont du tissu cellulaire parenchymateux ; mais quelquefois aussi on a étendu ce nom jusqu’à la membrane muqueuse elle-même.
b. Enveloppes tubuleuses.
5° L’enveloppe des liquides forme le système vasculaire, qui constitue la seconde tribu de cette famille.
Autour du suc vital , il se produit, en effet, une paroi, qui le circonscrit de toutes parts, et qui, à l'instar de son courant, représente un cercle fermé de cananx. Ce système
n'est essenticllement composé que d'une membrane délicate, transparente , homogène, semblable , quant à l1 substance, aux autres parues celluleuses, et que l'on connaît sous de * nom de membrane vasculaire commune ou générale. On doit la considérer comme une longue cellule, ramifiée à l'infini, et qui s'étend par tout le corps ; les replis ou valvules qu’on aperçoit dans son intérieur, annoncent en elle une tendance à se diviser. Des vaisseaux sanguins nourriciers se répandent sur sa face externe.
Le système vasculaire se partage en vaisseaux en en tissus vasculaires. .
* Vaisseaux.
60 Les vaisseaux forment le premier genre de cette tribu. Ce sont des canaux qui, en partie, subsistent comme organes distincts, ou troncs vasculaires, en partie se répandent dans la substance des organes , aux élémens proprement dits desquels ils viennent se joindre.
t Vaisseaux lymphatiques.
7° La première espèce comprend les canaux du sang en train de se produire , ou les vaisseaux lymphatiques , qui euxmêmes se caractérisent comme vaisseaux incomplétement développés, ou au premier degré de leur formation. C’est en eux que la membrane vasculaire commune est le plus mince et le plus extensible ; aux troncs mêmes elle ne reçoit que peu de soutien d'une enveloppe celluleuse faible , et ne présente pas de couche musculaire distincte. Elle produit d’innombrables valvules, en se renversant sur elle-même ou se plissant, de manière que le vaisseau ressemble à une série de cellules dont les cloisons auraient été percées par le liquide qui le parcourt. Conformément à ces caractères, les vaisseaux Llymphatiques naissent aussi, par des vésicules closes, dans le tissu cellulaire atmosphérique ou périphérique, parcourent de grandes étendues aux surfaces, par paquets les uns à côté
è SYSTÈME CELLULAIRE. 135 des autres , et né se réunissent pas d'une manière aussi régulière que les racinés d’un tronc ; aussi les voit-on peu aug- “menter de calibre et diminuer de nombre dans leur trajet, ‘pendant lequel, s’anastomosant partout les uns avec les autres, pour se diviser bientôt après de nouveau, ils forment plutôt des réseaux de conduits étroits et peu différens eu égard au diamètre , qui, indépendamment de leur embouchuré principale dans les veines, ont encore sur plusieurs autres points des communications directes avec ces dernières.
tt Wüaisseaux sanguins.
8° Les vaisseaux sanguins , qui forment la seconde espèce, sont arrivés, comme leur contenu , à un plus haut degré de développement, et, par cela même, renferment, par antagonisme avec les innombrables radicules périphériques des vaisseaux lymphatiques , un point central , le cœur, dans lequel la couche musculaire , ajoutée à la membrane vasculaire commune , s’est développée en un muscle complet et prédominant , et la capsule celluleuse en une vésicule séreuse enveloppante.
Comparées aux vaisseaux lymphatiques dont elles se rapprochent beaucoup, les veines ont moins de racines; il y a moins de valvules dans leurs radicules les plus déliées, et l'on n’en trouve même aucune dans celles qu’elles plongent au milieu de certains organes ; leurs paroïs ont plus de force, parce qu'il s’y est joint des fibres plus prononcées et une enveloppe plus épaisse; il n’ÿ a qu'une partie d’entre elles qui marchent le long des surfaces; elles Ss’anastomosent moins fréquemment, et se réunissent d’une manière plus dendritique ,; de sorte qu’on voit leur calibre augmenter et leur nombre diminuer davantage à mesure Fe elles se rapprochent du cœur.
Tous ces caractères sont plus prononcés encore dans les artères ; le Courant impétueux qui les parcourt y rend la membrane vasculaire commune plus ferme, moins transpa-
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rente, moins extensible et plus fragile; cette membrane ne se renverse sur elle-même , pour produire des valvules, que dans le voisinage immédiat du cœur, et elle est soutenue par des membranes accessoires plus fortes. En outre , comme les artères marchent à une plus grande profondeur, et qu’elles n’envoient aux surfaces que leurs ramifications les plus déliées, elles sont moins nombreuses, elles ont un calibre moins considérable, et elles affectent [a forme dendritique plus pr tous les autres vaisseaux. :
** Parties vasculaires.
9° Le second genre de parties comprises dans le système vasculaire se compose des parties vasculaires , C'est-à-dire de celles dans lesquelles les ramifications vasculaires sont un élément non pas seulement accessoire et subordonné, mais essentiel et prédominant. En conséquence, ces parties contiennent beaucoup de sang, et, selon que celui-ci y afflue en plus ou moins grande quantité, leur volume varie. Fréquemment , elles trouvent des appuis dans des enveloppes tendineuses.
On les divise en parties vasculaires élémentaires et organes vasculaires. |
+ Parties vasculaires élémentaires.
10° Les parties vasculaires élémentaires, qui constituent la première espèce, n'ont point de limites propres, mais sont associées à des organes cutanés ou à des organes du système nerveux. Elles ne servent donc pas tant à accomplir un acte particulier de plasticité, ou à opérer un changement matériel spécial dans le sang, qu'à entretenir l’activité de la vie,animale. En vertu de cette annexion au système de la vie, animale , elles font, quant à l'emploi de leur sang, exception à ce qui se passe daus le reste du système plastique.