‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 49 sur 108 · TA · texte numérisé non relu

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(4). Meckel, Deutsches Archiv, t. TIL, p. 645. (2) Traité de chimie , t. VIT, p. 4771.

(3) Gmelin, Handhuch der theoretischen Chemie, t. IL, p. 4360. ,,

…. TISSUS CORNÉS. 231 d'acide fluorique , 0,09 de magnésie, 0,05 d’alumine et 0,01 d'acide carbonique. La dent entière a , suivant Schubler, une pesanteur spécifique de 2192 quand elle est fraîche, et de 2429 quand elle est sèche. Elle se compose, d’après Lassaigne (1), chez un homme adulte, de 0,29 matière organique, 0,61 phosphate de chaux, et 0,10 carbonate de chaux.

B. Tissus cornes.

5° Le second ordre est constitué par les issus cornés.

La substance particulière de ces tissus , qu’on désigne sous le nom de cératine , ressemble jusqu’à un certain point à l’albumine coagulée; elle est plus ou moins pénétrée de substance grasse, résiste long-temps à la putréfaction, entre en fusion quand on la chauffe, et brûle avec flamme; les alcalis caustiques la dissolvent , avec dégagement d'ammoniaque , et la convertissent en une substance savoneuse. Elle est soluble dans l'acide sulfurique et insoluble dans l'acide acétique. Elle acquiert une consistance mucilagineuse dans la machine de Papin, et ne se combine point avec le tannin.

Les tissus cornés sont mauvais conducteurs de l'électricité, de la chaleur et de l'humidité , de sorte qu'ils restreignent et modèrent le conflit de l'organisme avec le monde extérieur sous ces divers rapports.

Les uns ont la forme de vésicules, et les autres sont étalés à la surface du système cutané.

A. rorxs.

6° Les poils forment le premier genre.

Ils se rapprochent des dents en ce qu’ils sont produits au dedans d’une poche située dans l'épaisseur ou au dessous de la peau, naissent sur une base pourvue de vaisseaux sanguins et de nerfs , croissent par des dépôts successifs disposés les

(1) Berzelius, Traité de chimie, t. VII, p. 480.

uns à la suite des autres, et finissent, quand ils ont acquis une certaine longueur, par percer la poche et apparaître à la surface.

Le follicule est un petit sac à parois minces , translucide, long d’une à trois lignes, qui, uni extérieurement à la peau par du tissu cellulaire , est lisse à sa face interne, et renferme quelquefois, outre la racine du poil, un liquide blanchâtre ou rougeâtre. Le fond de la poche, situé ou dans le tissu adipeux sous-cutané, ou dans le tissu de la peau ellemême, est percé par les ramifications déliées des vaisseaux et des nerfs qui passent au dessous de lui. En haut, le follicule s'étend jusqu’à la surface extérieure, où il laisse sortir la tige du poil, mais en s'appliquant immédiatement à elle , de sorte que l'ouverture se trouve bouchée, sans néanmoins qu'il y ait de véritable connexion entre son pourtour et les poils. Il se trouve là en contact avec l’épiderme. Si Heusmger a bien vu (1), en disant que le poil est placé sous l’épiderme au moment de sa naissance, et qu'il ne le perce qu’en prenant de l'accroissement, assertion à l'appui de laquelle vient l'observation faite par Leeuwenhoek et Weber (2) qu'il lui arrive souvent de soulever l’épiderme , en manière de papule, quand il ne peut le perforer, il est clair que le follicule ne peut point être revêtu par l’épiderme, comme le prétend Lauth (3). On ne saurait non plus le considérer comme une portion réfléchie de la peau; car sa substance diffère beaucoup de celle de cette membrane. Mais ce qui reste encore indécis, c'est de savoir s’il est clos primitivement, et s’il ne s'ouvre que quand le poil vient à croître. Du reste, il persiste à la chute de ce dernier.

La racine elle-même du poil, qui d’ailleurs est libre dans le follicule , forme à son fond un renflement, qu’on appelle bulbe , et qui est mou à l'intérieur, mais dont la consistance se rapproche davantage de celle de la corne à l'extérieur , Heusinger et Béclard ont découvert, dans les moustaches des

(4) Meckel, Deutsches Archiv, t. VIT, p. 422. (2) Anatomie des Menschen , t. I, p. 204.

(3) Bulletin des sciences médicales , t, XXLV, p. 437.

Mammifères, qui sont les seuls poils dont le développement plus considérable permette de bien observer la texture, un corps conique et mou, le germe du poil (pulpa crinis), qui repose sur le fond du follicule, où, comme l’a démontré depuis Eble (4), il reçoit des vaisseaux et des nerfs , et fait saillie dans la cavité du bulbe : c’est donc cette papille vasculaire et nerveuse qui constitue la partie vivante du poil, dont elle dépose la substance à sa surface. L’analogie permet d'admettre une disposition semblable dans les poils de l’homme, d'autant plus que leur arrachement cause de la Sr gr et entraîne une petite hémorrhagie.

7° Le follicule pileux s'ouvre la plupart du temps ou toujours au fond d’un follicule sébacé, de manière que le poil traverse ce dernier pour arriver à la peau. C'est ainsi que, d’après Eble (2), les follicules sébacés de la caroncule lacrymale elle-même livrent ordinairement passage à des poils , au nombre de trois à six, qui sont presque toujours blancs, et qui, dans l’état normal, ne s’aperçoivent qu'avec le secours de la loupe. Eichhorn (3) admettait, d’après cela, 'que les follicules sébacés ne sont autre chose que des follicules pileux. Mais ces deux espèces d'organes sont indépendantes l’une de l'autre ; il y a des follicules sébacés sans poils , par exemple au gland et au mamelon ; de même aussi certains poils semblent , par exemple d’après les observations citées plus haut de Leeuwenhoek et de Weber, ne point sortir de follicules sébacés, et ces derniers, comme l’a démontré Weber (4), ont une tout autre texture que les follicules pileux. Il est donc beaucoup plus vraisemblable que le poil perce la plupart du temps le fond d'un follicule sébacé, parce qu'il y trouve moins de résistance , la peau étant là moins épaisse que partout ailleurs (5).

(4) Die Lehre von den Haaren in der gesammten organischen' Natur, t. II, p. 18, 444.

@ Uober” den Bau und die Krankheiten der Bindehaut des Anges, p. 26.

(3) Meckel , Archiv fuer die Physiologie , 4826 , p. 409. \

(4) Meckel, 4rchiv fuer Anatomie , 4827, p. 203.

(9) Weber, Anatomie des Menschen, 1.1, p. 204 , &40.

8° La tige du poil, ou la portion saillante hors de la peau } diffère de la racine par une solidité plus grande, et elle représente presque toujours un Cylindre aplati, en partie creusé d'un côté, de manière que, lorsqu'on la coupe en travers, on aperçoit une surface ovale ou même réniforme. Elle va toujours en s’amincissant , et se termine en pointe. Elle ne contient ni un Canal, ni aucun liquide appréciable. Elle consiste , comme Eble l’a démontré (1), en une substance extérieure ou corticale , qui est une couche cornée mince et transparente, et en une substance intérieure ou médullaire, qui présente une couleur obscure dans les poils de couleur foncée, et laisse apercevoir des cellules empilées les unes sur les autres, ou une bandelette longitudinale traversée par des feuillets transversaux. Ces cellules, aperçues déjà par Heusinger (2), ont, suivant Krause (3), un diamètre de 0,006 à 0,0015 ligne. Weber (4) regarde la substance du poil comme entièrement compacte, et croit que l'apparence celluleuse tient aux sillons transversaux et obliques de la surface, qui, d'après Krause, ont 0,0008 deligne de large, et auxquels il arrive fréquemment de marcher en spirale, ou même de se confondre les uns avec les autres.

9°. La peau n’est entièrement dépourvue de poils qu'aux paupières , au creux des mains , à la plante des pieds, à Ja face dorsale des dernières phalanges des doigts, à la face mterne du prépuce, au gland et au clitoris. Les poils les plus abondans se rencontrent à la partie supérieure et postérieure de la tête, puis au voisinage de l'ouverture des cavités (barbe, sourcils, cils, poils du nez et du conduit auditif, des parties génitales et de l'anus), dans le creux de l’aisselle , et sur la poitrine. Des poils follets, plus ou moins fins, courts et moins rapprochés les uns dés autres, sont répandus sur le reste de la peau. Withof et Jahn (5) ont compté, sur une surface d’une

(4) Die Lehre von den Haaren, t. IL, p. 22-30.

(2) System der Histologie , p. 155.

(3) Handbuch der menschlichen Anatomie, t. I, p. 80. (4) Anatomie des Menschen , t. I, p. 497.

(5) Eble, Dre Lehre von den Hauren , t. II, p. 54.

ligne carrée , neuf poils au vertex , sept à l’occiput, six sur le devant de la tête , deux au menton, un au pubis, 0,7 à l’avant-bras , 0,6 sur le dos de la main, 0,4 à la cuisse. |

10° Le diamètre d'un cheveu est, terme moyen, de 0,000 ligne , selon Weber (1), de 0,0199 à 00300 suivant Rosénmuller. Au dire de Krause (2), son épaisseur est de 0,0222 , et sa largeur de 0,0370. Le plus fin avaït 0,0133 ligne, d'après Heusinger. Rosenmuller à trouvé le diamètre d’un poil de Ia barbe de 0,0399 à 0,0480 ; Krause, son épaisseur de 0,0333, et sa largeur de 0,0625. Un poil de favori avait, selon Weber, 0,0302 d'épaisseur et 0,0499 de largeur ; un poil du pubs, suivant Krause, 0,0303 d'épaisseur, et 0,0666 de largeur ; un poil du bras, selon Weber, 0,0199 d'épaisseur et 0,0356 de largeur ; un autre poil follet, d'après Krause, 0,0055 d’épaisseur et 0,0071 de largeur. Weber pense que ce qui contribue surtout à faire friser les poils, c’est la forme plate, car il a trouvé que l'épaisseur était à la largeur comme 1 ©: 1,40 dans un poil droit, et comme 1 ? 2,22 dans un poil frisé.

Ale Plus le poil a sa racine implantée profondément, et plus aussi ilest long. En d’autres termes , la longueur de la tige est en raison directe de celle de la racine. |

12° Le poil a, d’après Kapff, une pesanteur spécifique de 1333. Il est flexible et élastique. Les poils raides des cils, du nez et de la barbe sont ceux qui possèdent le plus d’élasticité. Un chêveu , long de dix pouces, s’allongeait de plus d’un tiers , selon Weber (3), et quand on ne l'avait allongé que d’un cinquième , ilrevenait sur lui-même au point de n’avoir qu'environ un dix-septième de plus de longueur qu'avant la traction. Suivant Richter, un cheveu blond, long de six pouces, soutenait près de six onces, et un noir davantage encore , sans se rompre.

43° Le poil est idioélectrique , et possède l'électricité positive. Il attire l'humidité de l'air, devient alors plus long, et se raccourcit par la dessiccation. Bouilli avec de l'eau, dans

(1) Anatomie des Menschen , t, 1, p.122.

(2) Handbuch der menschlichen Anatomie , 1, 1, p. 82. (3) Loc. eit., p. 200.

la machine de Papin, il donne une dissolution de substance animale, qui ne se prend point en gelée, mais qui précipite par la teinture de noix de galle et le chlorure d’étain. L'alcool en extrait de la graisse, de l’osmazome, du lactate d'ammoniaque , du chlorure de potassium , du chlorure de sodium et de l'hydrochlorate d'ammoniaque. La potasse le dissout, forme une combinaison savoneuse, et dégage de l’hydrogène sulfuré et.de l’ammoniaque. Les acides en opèrent également la dissolution. Les oxides métalliques se combinent avec lui et Le colorent. Les poils mous pourrissent ; ceux qui sont fermes résistent plus long-temps qu'aucune autre partie à la putréfaction ; l’eau et l’air ne les attaquent point. Au feu, ils brûlent très-rapidement, avec flamme. A la distillation, ils donnent plus de soufre que d'autres substances animales, de l'huile empyreumatique , de l’ammoniaque, de l’eau, et un charbon dur et brillant, qui laisse une cendre d’un jaune brun , composée de sulfate , phosphate et carbonate calcaires, de chlorure de sodium et de fer, avec une trace de manganèse et de silice. Berthollet a obtenu, par la distillation, 0,2500 d'huile , 0,1555 d'eau, 0,0781 de carbonate d'ammoniaque , 0,2812 de charbon, et 0,2352 de gaz; Sachs (1), 0,9926 de parties volatiles (gaz acide carbonique, gaz hydrogène carboné, carbonate d’'ammoniaque , huile liquide jaune pâle , brune et noirâtre , et huile concrète jaune ) , et 0,0074 de cendres, composées de 0,0042 chaux, 0,0018magnésie : 0,0010 silice, 0,0004 fer. #, |

. C'est la graisse qui donne au poil sa flexibilité, et qui, de concert avec du soufre, lui procure sa couleur ; aussi les poils des Nèpres rougissent-ils avec le temps dans l'alcool, et finissent-ils par y devenir blancs ; aussi verdissent-ils chez les ouvriers des mines de cuivre, parce que l'oxide de cuivre donne une dissolution verte avec l'huile. Mais la couleur n'appartient point à la stéarine ; qui est blanche quand on l’a extraite par l'alcool ; elle tient à l’élaïne , qui est incolore dans les poils blancs, d’un rouge violacé dans les rouges, d'un

(1) Historia naluralis duorum leucæthiopum , p. 21.

gris verdâtre ou d’un noir grisâtre dans les bruns ou les noirs. Il est possible aussi que le soufre , qui existe en si grande quantité , contribue, ainsi que le fer ou le manganèse, à la coloration des poils ; car les poils gris ou d’une teinte claire sont noircis par les oxides de mercure, d'argent, de plomb et de bismuth.

14° Les poils paraissent s'exfolier un peu à la surface, comme l’épiderme. Les écailles qui s’en détachent les rendent rudes au toucher, quand on les fait glisser entre les doigts de la pointe vers la racine.

Gueranger (1) a trouvé, dans les écailles qui se détachent à la racine des cheveux, 0,40 de matières solubles dans l’éther (graisse, acide phosphorique et phosphates) , 0,24 de matières solubles dans l'alcool (osmazome, graisse solide ; acide phosphorique et phosphate ammoniaco-magnésien), 0,06 de matière soluble dans l’eau (gélatine ?), 0,15 de matière soluble dans le carbonate de potasse (albumine coagulée), 0,10 de matières solubles dans l'acide hydrochlorique (substance analogue au mucus, fer et phosphate de chaux), 0,05 de soufre , avec la perte. :

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