III. Tubes
$ 801. Lorsque la vésicule close s’allonge , elle prend la forme d’un tube , dans lequel le liquide acquiert des relations plus générales avec l'organisme, de manière qu'il doit s’y porter d’un point à un autre.
Ces espaces longitudinaux manquent chez la plupart des végétaux acotylédones où la dimension en longueur tantôt
n'a point acquis la moindre prédominance , tantôt au moins ne l’a point prise conjointement avec celle en largeur, c'est à-dire dans des cellules accolées les unes à côté des autres. Les autres végétaux ont des méats intercellulaires et des tubes proprement dits.
Les premiers sont tout simplement des vides qui existent dans le tissu, et qui n'ont point de parois propres. On les distingue en ceux qui contiennent des liquides et ceux qui contiennent de l'air. |
Les premiers se divisent eux-mêmes en méats séreux où intercellulaires , qui charrient le suc général de la plante ou la séve , entre les couches de cellules, et en réservoirs du suc propre, qui contiennent des sucs végétaux particuliers, et sont produits par la déchirure de cellules, ou par des dilatations de conduits intercellulaires, que limitent des cellules d’une petitesse toute spéciale. :
Les méats aériens se forment également lorsque 1eé sucs contenus dans des cellules ou des réservoirs viennent à se dessécher, ou sont décomposés par le travail organique , ou enfin dégagent de l’air d'une manière quelconque. Du reste, ils sont clos tant par rapport à l'extérieur, comme les conduits séreux et les tubes proprement dits , qu’à l'égard des tubes aériens.
Les tubes proprement dits, ou constitués par des parois propres , se distinguent en ceux qui charrient des liquides et ceux qui charrient de l'air.
Les premiers sont des cellules allongées ou ‘d’étroits canaux fermés et terminés en pointe aux deux extrémités ; on les rencontre déjà chez les végétaux acotylédones. La plupart d’entre eux ont un diamètre supérieur à celui des utricules. Dans les plantes plus parfaites , ils marchent parallèlement (fibres de l’aubier et du bois), ou transversalement (rayons médullaires ) à l'axe du végétal.
Les seconds (vaisseaux spiraux ) représentent le plus haut développement du tissu végétal. On n’en trouve aucune trace . dans les plantes acotylédones. Ils sont formés de fibres transversales, fermées de toutes parts (vaisseaux annulaires), contournées enspirale (trachées), parsemées de points opaques (vaisseaux ponctués ou poreux), étranglées de distance en distance (vaisseaux en chapelet), ou perforées ( vaisseaux en escalier). Ils se terminent en pointe à leurs deux extrémités, ne sont jamais ramifiés, mais constituent fréquemment des faisceaux , qui se partagent et se ramifient; du reste, ils
sont toujours entourés de vaisseaux charriant des liquides, et contiennent principalement de l'air dans leur intérieur, quoiqu'ils paraissent y admettre aussi quelquefois des liquides.
Il n’y a point de vaisseaux chez les animaux invertébrés les plus inférieurs ($ 693, I); ici, les liquides parcourent les tissus sans avoir de parois propres, et, chez les Insectes eux-mêmes, ils se répandent encore en grande partie dans des interstices qui ne diffèrent des méats intercellulaires des végétaux , que par l'absence d'une direction linéaire déterminée.
Le système vasculaire des animaux a pour caractères l'unité et la centralisation, tandis que, dans les végétaux, il se compose d’un grand nombre de canaux isolés, sans tronc central.
Les animaux sans vertèbres n’ont qu’un système vasculaire sanguin. D'abord, ce système n'’affecte qu'une forme longitudinale simple et un mode dendritique de division, avec un mouvement de fluctuation du liquide qu'il contient. Tel est le cas de quelques Entozoaires, des Echinodermes et des Annelides ($ 693, II, HI, IV). Puis il forme un cercle fermé, et dans lequel il n’y a qu’un courant simple , tantôt sans ramifications, comme chez les Insectes ($ 693), tantôt avec des ramifications, et par cela même avec un antagonisme plus prononcé entre les artères et les veines, comme chez les Mollusques ($ 693, VILT ).
Enfin, chez les animaux vertébrés, il y a de plus un embranchement spécial du système veineux, le système des vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux ne présentent encore que de faibles indices de valvules chez les Poissons , et ils n'arrivent à leur développement complet que dans la classe des Mammifères.