IV. Organes vasculaires
$ 802. Les organes vasculaires, où ceux qui ne sont essentiellement composés que d'un lacis de vaisseaux, appartiennent en propre aux animaux vertébrés, et surtout à ceux des classes supérieures de cette série. Les ganglions 1ympha-
tiques manquent chez les Poissons, où ils paraissent être remplacés par de simples plexus. Les Oiseaux n’en ont qu’à la région du cou , où même encore ils sont assez équivoques. On ne les trouve répandus par tout Le corps , et bien développés, que chez les Mammifères.
Les ganglions sanguins ont pour prototype des ramifications d'artères qui s’entortillent en manière de paquet, puis se réunissent de nouveau en un tronc continuant sa route vers l'organe auquel il doit porter le sang. Telle est la glande carotidienne des Batraciens, qui, d'après Huschke (1) , résulte de la réunion des artères et veines du premier arc branchial ($ 391, 8°: 397, 12°, 45°) du têtard ; tel est encore le réseau admirable que l'artère cérébrale forme , chez les Ruminans et les Cochons , et qui a peut-être une origine analogue ; tel
- est enfin , comme l'assure Rapp (2), un réseau artériel à l'œil
des Ruminans et des Chats, au mésentère des Cochons, aux membres du Paresseux et de quelques Oiseaux. De semblables réseaux deviendraient des ganglions sanguins, si le vaisseau qui en sort était de nature veineuse, et non artérielle.
La rate est le ganglion sanguin le plus répandu. Elle existe peut-être chez tous Les animaux vertébrés sans exception. En effet, tandis qu'on la trouve chez tous les autres Poissons, elle manque bien dans Ja Lamproie, sous sa forme ordinaire; mais elle y a été rencontrée par Rathke (3) sous celle d'un réservoir sanguin éteadu tout le long de la cavité abdominale, et composé d'un tissu celluleux de fibres et feuillets lamelleux , qui reçoit des veines d’une partie de l'intestin, des reins et des organes génitaux , et qui verse le sang dans la veine caye par une série d'ouvertures étroites. Or si le Caméléon et quelques Ophidiens sont les seuls vertébrés chez lesquels larate semble ne point exister (4), laquestionse présente
(4) Zeitschrift fuer Physiologie, t. IV, p. 145. (2) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1827, p. 42. (3) Pemerkungen ueber den innern Bau der Pricke, p. 49, 71,
(&) Treviranus , Die Erscheinungen und Gesetze des organischen Lebens ,1.1, p. 346,
de savoir sielle ne se trouverait point écalement chez eux sous une autre forme. En général, cet organe est proportionnellement plus volumineux dansles vertébrés supérieurs que dans les vertébrés inférieurs , et la rate de l'homme est plus grosse que celle des autres animaux , quoique cette règle souffre d’assez nombreuses exceptions. Ainsi Heusinger a trouvé la proportion entre le poids de la rate et celui du corps-entier , de 4:1216 dans la Couleuvre à collier, de 1: 800 dans le Dindon , de 1: 586 dans l’Anguille , de 4 ° 240 dans le Barbeau , et de 1 : 180 chez l'homme (1). Elle est donc, sous ce rapport , l'inverse du foie ($ 804, bo). Du reste, La variabilité de sa forme, aux degrés inférieurs de l'organisation, s'annonce aussi par cette circonstance que, chez certains Poissons et Oiseaux, comme aussi chez les Gétacés, parmi les Mammifères, elle se partage en plusieurs lobes réunis par des vaisseaux , ce qui la fait paraître multiple.
Les capsules surrénales existent chez tous les Mammifères. Elles sont proportionnellement volumineuses dans les Ronseurs , petites chez les Gétacés et les Phoques , de même que chez tous les Oiseaux. Les Batraciens en {sont dépourvus ; mais , d'après Jacobson (2), on les rencontre dans quelques autres Reptiles , notammentles Ophidiens, où, comme chez les Oiseaux, elles reçoivent leur sang de veines intercostales. Il n’y en a point chez les Poissons , à moins qu'on ne veuille, avec Rathke , en trouver l'analogue dans une portion des reins (S 455, L°).
Le thymus et la glande thyroïde appartiennent à tous les Mammifères. Le premier diminue partout à mesure que l'animal avance en âge (3) ; mais, chez les animaux dont la respiration est peu active, comme les Ruminans, les Insectivores, les Pachydermes et les Mammifères aquatiques, sa diminution a lieu avec plus de lenteur que chez ceux de proie et les Solipèdes (4), quoiqu'il ne soit nullement prouvé
(4) Ueber den Bau und die Verrichtungen der Milz, p.49.
(2) Bulletin des sciences médicales, t. I, p. 289.
(3) Haugsted, T'hymi in homine ac per seriem animalium descriptio, p. 407.
(4) Jhid., p. 127.
qu'il persiste pendant toute la vie chez les animaux hybernans , fouisseurs, plongeurs et aquatiques , comme on l'avait admis.
Quant à ce qui concerne l'hybernation, Haugsted (1) a confirmé la remarque , déjà faite par Jacobson (2), que, pendant la durée de cet état , il existe, au col et à la poitrine (S 612,3°), un appareil glanduleux , tuméfié et rempli de ‘sucs, qui n’a rien de commun avec le thymus, quoiqu'on puisse le comparer à lui. Cette remarque n'a fait qu’embrouiller la question , au lieu de l’éclaircir.
On à admis un thymus et üne glande thyroïde chez les Oiseaux et les Reptiles, sans y être autorisé par un examen approfondi du tissu. Ainsi Magendie (3) regarde les parties glanduliformes qu'on rencontre dans la cavité pectorale des animaux de ces deux classes, comme des glandes thyroïdes , et celles qu'on trouve au cou, comme un thymus, parce que ces dernières sont plus volumineuses chez l'embryon que pendant l'âge mûr. De même Berthold (4) prétend que le thymus et la thyroïde sont confondus en un seul organe chez les Oiseaux , et qu'il en est de même chez les Grenouilles, où l'organe commun comprend de plus les capsules surrénales. Mais Haugsted (5) fait observer qu'ici on a pris pour ces ganglions vasculaires , soit des ganglions lymphatiques,, soit des grumeaux de graisse.
$ 803. 1° Une condensation de la substance à l'extérieur à lieu chez tous les corps organisés ; mais, aux derniers degrés de ps org , l'échelle , il ne résulte point encore de là un organe particulier Le gane P et distinct, la peau.
Ainsi, dans les plantes, toutes les cellules situées à la surface
(A) Ibid. p. 34.
(2) Meckel , Deutsches Archio , t. IL, p. 34.
(3) Journal de physiolog. expérim., t, II, p. 489. (4) Froriep , Notisen, t. XI, p. 421.
(5) Loc. cit,, p. 436, 142 , 146.
sont plus petites, plus aplaties, plus serrées les unes contre les autres , de sorte que là surtout où il y a un conflit immédiat avec l'atmosphère , on distingue une couche particulière, qu'on peut considérer comme l’analogue de la peau , mais en même temps de l’épiderme , et qu'on nomme en conséquence cuticule, tandis que, sur les racines , sur les plantes qui vivent dans l’eau , et sur les végétaux acotylédones, qui n’ont pas de trachées aériennes , on ne distingue point encore de couche semblable. |
De même, chez les animaux les plus inférieurs , tels que les Polypes et les Méduses , la peau ne saurait être distinguée, non plus que l’épiderme, du reste de la masse du corps.Cependant elle commence déjà à en différer dans les Holothuries. Elle apparaît ensuite comme couche extérieure et mince de la masse musculaire constituant ou revêtant la paroi du corps, attendu qu’elle n’en est point encore séparée par du tissu cellulaire atmosphérique , et que par conséquent elle est encore plus ou moins confondue avec elle. C’est ce qu'on observe , en général, chez les Mollusques et les animaux articulés. Dans les Poissons, elle est discernable à la vérité, mais mince et appliquée immédiatement sur la masse musculaire , si ce n’est aux articulations des nageoires. Chez les Urodèles, elle est dense, mais mince, et solidement fixée aux muscles par un tissu cellulaire rare. Lorsqu'elle est devenue le siége d’un squelette cutané, elle a si peu d'épaisseur, qu’elle ressemble presque à une membrane séreuse, et qu’on ne l’aperçoit point, à moins d’une certaine attention. Telest le cas des Astéries et des Oursins, des Insectes et des Crustacés, de quelques Mollusques, de plusieurs Poissons, et même des Tatous et Oryctéropes. La même chose a lieu quand le système osseux s'applique immédiatement à elle, pour former la paroi du corps, comme chez les Chéloniens. Mais, par antagonisme avec les cas de confusion de la peau , nous en trouvons d’autres de séparation absolue chez les animaux placés au plus bas degré de l'échelle : dans les Ascidies , la peau, qui est épaisse , solide et cependant transparente , ne tient à l'animal qu’autour de la bouche et de l'anus , et renferme , comme le ferait un sac , le corps.entouré par la masse
musculaire ; de même aussi la peau des Anoures est une sorte de manteau étendu sur le corps , auquel il n’adhère que de loin en loin par des vaisseaux, des nerfs et quelques muscles cutanés. C'est aux degrés supérieurs d'organisation seulement qu'un tissu cellulaire placé au dessous d'elle lui forme des limites spéciales, en même temps qu'il multiplie ses connexions avec le reste de l'organisme. L’allongement plus considérable du tissu cellulaire lui procure davantage de mobilité chez les Oiseaux que chez les Mammifères, et plus aussi chez ces derniers que chez l’homme. Dans les Oiseaux en général, la peau est mince encore , surtout chez les Passereaux, moins chez les Gallinacés et les Palmipèdes. Parmi les Mammifères, elle est mince chez les Rongeurs, épaisse chez les Tardigrades , les Ruminans , les Solipèdes et les Pachydermes.
Des papilles sensitives commencent à se développer à la peau chez les Reptiles. Dans la classe des Mammifères, onles remarque surtout au museau ; mais, chez les Singes , il y en a aussi au bout des doigts.
2° La peau peut être considérée comme l'organe souche, et la membyane muqueuse comme un embranchement de cet organe , qui sert à la digestion , à la respiration et à la sécréion de sucs particuliers.
La plante ne possède point, à ce qu’il paraît, de cavité intérieure qui s'ouvre au dehors. Elle n’a qu'une surface extérieure qui , chez les végétaux les plus inférieurs, accomplit le conflit avec l'extérieur tout entier et sans distinction aucune , mais qui, chez ceux d’un ordre plus relevé , entre en rapport avec le liquide par les racines surtout , avec l'air par la uge et principalement par les feuilles, tandis qu’à l'intérieur l'air et le liquide ne se trouvent que dans des cellules et autres espaces clos.
I n’y a qu'un petit nombre d'animaux des derniers ordres qui manquent d'une membrane muqueuse formant une cavité digestive. Celle , au contraire, qui constitue une cavité respiratoire spéciale , n'apparaît que plus tard: Mais même alors que ces deux cavités sont déjà développées , la peau conserve encore , çà et là , les propriétés de la membrane muqueuse ;
aimsi, chez les Holothuries , les Mollusques , les Poissons ‘et les Batraciens, elle secrète un liquide analogue au mucus : chez les Nudibranches, chez les Gastéropodes, chez les Tubicoles et les Dorsibranches parmi les Annélides, chez la Sirène et le Protée parmi les Reptiles, elle est développéeen un organe de respiration analogue aux feuilles des végétaux. L'examen approfondi de ces rapports de forme doit être ré: servé pour les volumes qui traiteront de la digestion et de la respiration. Du reste , nous ne connaissons de leur côté chimique que ce qui concerne l'analyse de la vessie natatoire de l'Esturgeon (ichthyocolle), qui se ‘compose, d’après John, de 0,70 gélatine , 0,16 osmazome, 0,07 sels et 0,07 eau. :