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(A) Biologie, t. IV, p. 256.
(2) Meckel, Deuitsches Archiv, 1. VIII, p. 349.
| :.\1 2) 14 FRORSENESE HA 21 110 17%" 6129.
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3° Ge qui augmente ou diminue la fréquence d’un des deux mouvemens, agit également sur l’autre. Tous deux sont accélérés par l'exercice, par les passions, par la fièvre. La fréquence de l’un et de l’autre est moindre pendant le sommeil ($ 606 , 1°, 8), comme aussi durant l'hybernation (S 612, 4,2). Treviranus a remarqué, sur des Limaçons dont il avait brisé en partie la coquille , que la respiration et le battement du cœur étaient uniformément accélérés par la chaleur ou le gaz oxygène, et diminués par le froid ou l'air méphitique. Cependant il y a des maladies où le battement du cœur est accéléré sans changement correspondant de la respiration, et vice versa. Les deux mouvemens ne diminuent pas non plus toujours dans la même proportion; car, par exemple, Wedemeyer (1) a compté dix-huit à vingt pulsations par minute chez des Hérissons engourdis, tandis qu’il n'apercevait aucun mouvement respiratoire.
4°. L’accélération de la respiration entraîne celle de la circulation du sang. Comme il se produit alors plus de’sang vermeil , ce liquide est attiré avec plus de force par les organes. De même aussi, le cœur se trouve stimulé plus vivement et sollicité à battre plus fréquemment. Mais il y a encore pour Jui une cause mécanique d'accélération ; car l’activité du ventricule et de l'oreillette pulmonaires étant accrue par lattraction et la répulsion plus vives que les poumons exercent sur le sang , le ventricule aortique et l'oreillette droite doivent participer à cette impulsion. Comme la volonté a de l’influence sur la respiration, elle peut aussi contribuer à accélérer les battemens du cœur ; mais il faut pour cela des efforts considérables,
o° Lorsque la respiration devient diflicile, le cœur se meut avec plus de peine , et, si cet état dure , comme, par exem-
(1) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1828 , p. 343.
4o ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANG.
ple, dans l’'emphysème des poumons , ses parois s'hypertrophient par l'effet d'une nutrition proportionnée aux efforts qu'il est obligé de faire, ou bien la masse excessive de sang qui s’y presse les écarte etles distend(1). Ils'est mémetrouvé des cas dans lesquels la violence des efforts a fait déchirer les tendons des valvules ou les colonnes charnues du cœur (2). 6° Lorsque la respiration s'arrête , la circulation du sang devient plus faible, et cesse au bout de quelque temps. Quand Emmert (3) supprimait la respiration pendant une minute, le cœur exécutait cinq à six battemens de moins ; lorsque, sur des Lapins , il liait les poumons remplis d'air, le pouls devenait orand , rare, et, au bout de quatre minutes , très-faïble ; si les poumons avaient été vidés d'air avant l'application de la ligature , le pouls commençait , au bout de deux minutes, à devenir plus rare, et, au bout de huit minutes, il était éteint; mais, si la respiration avait été rendue complétement impossible par l'ouverture de la poitrine et l’affaissement des poumons , le pouls ne persistait que quatre minutes. En effet, la circulation pulmonaire n'est entretenue que par le conflit avec l’air ; une fois ce conflit interrompu , le sang ne circule plus dans l'organe que par la seule impulsion mécanique du cœur ; celui-ci conserve encore son activité, et, comme l’a prouvé Bichat (4), pousse dans le système aortique le sang qu'il a reçu des poumons; mais, ce sang n'étant point aéré , il est moins attiré par les organes, de sorte que, quand la mort arrive à ce moment, on trouve du sang noir et peu coagulable dans les artères, ainsi qu'Emmert, par exemple, l’a remarqué dans les cas dont nous avons parlé plus haut. Si la suffocation a lieu d’une manière plus lente , le sang ne coule plus du tout dans les poumons, mais le cœur continue également encore d'agir pendant quelque temps: il attire le sang des veines pulmonaires, et le chasse dans le système aortique ; on trouve alors les veines pulmonaires, le cœur gauche et le
(4) Laennec, Traité de l’auscultation médiate , t. IIT, p. 476, 188. (2) Andral , Précis d'anatomie pathologique , t. II, p. 307.
(3) Reil, Archio, t. V, p. 404.
(4) Recherches sur la vie et la mort, p. 266.
ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANG. {a
système aortique absolument exsangues, tandis que le système de la veine cave, le cœur droit et les artères pulmonaires regorgent de sang, et sont quelquefois distendus au point d’avoir un volume double ou triple de celui qu'ils présentent dans l’état normal. En conséquence, la cessation de la circulation du sang ne dépend nullement d'une cause mécanique. Nous verrons plus tard que ce n’est point le défaut d'espace qui empêche ce liquide de couler à travers les poumons. La cause ne tient point non plus à ce que le cœur a été frappé de mort par du sang veineux introduit dans ses cavités, comme le croyait Goodwyn ; car Bichat (1) est parvenu à ranimer les battemens déjà éteints de cet organe par des injections de sang noir ou de gaz hydrogène et de gaz acide carbonique. Mais l'abolition des battemens du cœur ne se rattache: également pas à l'admission du sang noir dans les artères coronaires , comme le supposait Bichat (2), puisque cet organe continue encore de battre quelque temps après que la circulation a déjà cessé. Celle-ci ne s’arrête donc que parce que le sang, n'étant plus aéré , n’est non plus ni repoussé par les poumons ni attiré par les autres organes : après l'extinction de ces actes dynamiques , les phénomènes mécaniques du battement cardiaque continuent encore, mais ils finissent par cesser aussi. Get état de choses n’est nulle part ailleurs plus prononcé que chez les Grenouilles ; quand on lie les poumons de ces animaux , Ou qu'on interrompt leur respiration d’une autre manière quelconque , la circulation continue, et même le cœur, que stimule l’action de l'air, bat avec plus de force, comme l'avait remarqué Bichat (3) ; car, ainsi que le fait judicieusement observer Treviranus (4), la respiration cutanée n'en Continue pas moins de s’accomplir; mais, si l'on supprime également cette dernière, la circulation cesse ; en effet , Spallanzani (5) s’est convaincu qu’il suffisait de plonger
(4) Loc. cit., p 245.
(2) Loc. cit., p. 241.
(3) Loc. cit., p. 224.
(4) Fermischte Schrifter, t. X, p.401.
(o) Expériences sur la circulation, p. 299.
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les Grenouilles au milieu d’une atmosphère de soufre en vapeur, pour que le sang devint sur-le-champ fluctuant dans les artères mésentériques , et bientôt s’arrêtât ; il recommençait à couler vers l’intestin, dès qu'on sortait l'animal de cette vapeur délétère.
7° La circulation suspendue du sang recommence lorsque la respiration reprénd son jeu. Jean Hunter remarqua un jour que son cœur ne battait point et que sa respiration s’arrétait ; il fit un eflort pour respirer, et le pouls reparut. C'est ainsi que, chez les personnes tombées en asphyxie , on ranime la circulation en Soufllant de l'air dans les poumons. Le même moyen procure un résultat analogue, mais seulement passager alors, chez les animaux qu'on a fait périr en les assommant ou leur coupant la tête après avoir lié les vaisseaux du cou. Cette dernière expérience fut faite d’abord par Vesale, et répétée ensuite par Hook (4), dont elle porte encore aujourd'hui le nom. Brodie , après avoir décapité un Chien, vit le cœur donner pendant vingt minutes cent trente pulsations, comme durant la vie de l'animal, cent douze au bout d'une heure , trente au bout d’une heure et demie, et , chez un autre Chien, trente-cinq au bout de deux heures et demie ; chez des Lapins, il battit, pendant une heure, cent quarante fois, comme durant la vie, cent trente-six au bout d’une heure et demie , et quatre-vingt-dix au bout d'une heure trois quarts. La révivification du cœur ne tient point à ce que la distension des poumons permet au sang de revenir à cet organe, puisqu’elle dépend des qualités chimiques de l'air et non de son action mécanique ; si l’on souffle du az acide carbonique dans les poumons , les battemens du cœur ne se raniment point; si l'on y pousse de l'air expiré, le résultat est moins certain qu'en opérant avec de l’air frais; le gaz oxygène a plus de puissance encore que l'air atmosphérique; enfin le phénomène est plus infaillible et plus prononcé , si l'on se sert d’un double soufllet, qui permette de repomper l'air mis en contact avec les poumons, et de le remplacer par de l’air frais, que
(4) Haller, Element. physiolog.,t. IT, p. 267.
quand on emploie un soufflet simple, qui chasse toujours le même air dans l'organe pulmonaire. L'action chimique de l'air, dans les expériences sur la respiration artificiellé, se reconnaît instantanément à la couleur vermeille que prend le sang. Ainsi Wilson (4) à vu la respiration cesser chez un Lapin dont on avait détruit le cerveau ; Le cœur continua de battre , mais il ne coulait que du sang noir par l'artère carotide ; la respiration artificielle fit sortir un Sang vermeil de ce vaisseau , et l'on pouvait faire alterner ensemble les deux teintes du liquide , en cessant ou reprenant l'insufllation. Envisagée sous ce point de vue , la respiration paraît avec le caractère d’une opération chimique organique , qui suppose de la matière orgañiqüe et une action Sans cesse renouvelée de la part de l'air. L'un des points tropicaux étant rappelé à la vie par elle, là circulation se trouve rétablie ; les poumons attirent l'air du cœur droit et le chassent dans le cœur gauche ; il résulte de là que le cœur se ränime , et chasse le sang dans la carrière ouverte devant lui. Mais cet effet n’est que la maniféstation passagère d'une vie partielle (8 634, VI); le reste de vitalité au moyen duquel les poumons attirent et expulsent le sang, et qui fait aussi que lé cœur entre en mouvement, s'épuise , parce que la vie générale n’ést plus là pour restaurer les pertes , et surtout que la condition la plus essentielle de la vie, l’activité nerveuse, n'existe plus.
Legallois (2) paraît avoir été trop exclusif en n'ayant égard ici qu'à l'influence du cerveau ; il a avancé un fait mexact, en disant que la respiration artificielle peut entretenir aussi long-temps la vie après la décapitation qu'après la section des nerfs pneumogastriques. ,
$ 766. Dans l’inspiration et l'expiration ordinaires, on ne remarque aucun changement notable de la circulation ; mais il en survient dès que l'un de ces deux temps dé la respiration prend un caractère extraordinaire de violence ou de durée, et l'on peut conclure de là que des modifications ana-
(4) Ueber die Gesetze der Functionen des Lebens , p. 56. (2) Expériences sur le principe de la vie, p. 43.
h4 ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANG.
logues, moins prononcées seulement, ont lieu aussi dans l’état normal. Les vivisections le prouvent jusqu'à un certain point.
[. Si notre théorie des motifs déterminans chimico- -dynamiques de la circulation est réellement fondée sur la nature, il en découle les particularités suivantes , que j'ai déjà indiquées ailleurs (1). En se remplissant d'air pendant l'inspiration, les poumons deviennent le foyer de la circulation , leur vie s’exalte, et Le sang y afflue avec plus de force , pour entrer en conflit avec le nouvel air admis dans leur intérieur ; le cœur pulmonaire, c'est-à-dire le ventricule droit, avec l’oreillette du même côté et les veines caves, charrie par conséquent davantage de sang , et son action devient prédominante ; le cœur opposé agit avec une force proportionnellement moins considérable ; car, l'oreillette gauche recevant moins de sang, le ventricule gauche en doit aussi envoyer moins aux autres organes , et C 'est alors qu'a lieu dans ceux-ci le reflux de la vie du sang. Pendant l'expiration, au contraire, le point tropical de la circulation opposé aux poumons est arrivé à son point culminant : ces organes expulsent le sang aéré, avec l'air qu'ils ont Mr de le cœur gauche, plus fortement stimulé par là, agit avec plus d'énergie, et comme le sang, devenu plus vivant, est attiré en même temps avec plus de force par les organes, il s'étend dans tous les systèmes organiques , tandis que le cœur pulmonaire agit moins, et que les veines caves reçoivent plus de sang qu'elles n’en peuvent transmettre au cœur. C’est sur cette alternative vivante que repose la normalité de la circulation; si l’un des deux temps devient prédominant, l’autre présente plus de difficultés ; l'inspiration et l'expiration, quand elles se prolongent trop, Comme, par exemple, la première dans les efforts, et la seconde dans les cris, produisent les mêmes eflets; car le sang s’accumule dans les veines caves, parce que les poumons , dans le premier cas, expulsent trop peu de sang à cause du contact continuel de l'air, et, dans le second, en
(1) Burdach, J’om Baue des Gehirns , t. III, p. 39.
admettent trop peu à cause du défaut de ce même air. Examinons maintenant les divers faits particuliers qui trouvent place ici.
4° Nous remarquons d'abord que le sang afllue plus abondamment dans les poumons pendant l'inspiration, de sorte que , quand ces organes sont atteints de blessure, c'est alors que l'hémorrhagie est le plus copieuse (4) ; mais le sang tient au poumon, et ne s’en écoule pas en aussi grande quantité qu'il y est entré.Reïchel (2) a remarqué , chez les Grenouilles, que son mouvement devenait presque intermittent dans les vaisseaux capillaires des poumons pendant l'inspiration. Or, comme le dit fort bien Defermon (3), il résulte de là que son contact avec l'air se prolonge davantage. Pendant l'expiration, au contraire , le sang coule plus abondamment par les veines pulmonaires. Williams à vu aussi que, quand il serrait la trachée-artère d’un animal pendant l'inspiration, le sang passait avec plus de force, par le cœur droit , dans les artères pulmonaires , mais ne coulait point dans le cœur gauche par les veines pulmonaires (4). Haller (5) et Spallanzani (6) ont constaté que les artères pulmonaires s’allongent et s'étendent en arc pendant l'inspiration, tandis que, pendant l'expiration, elles se raccourcissent et deviennent flexueuses. ‘ 2° Le cœur droit et les veines caves se vident plus complétement pendant l'inspiration. Haller (7) à observé ce phé— nomène sur les veines caves, tant supérieure qu'inférieure , ainsi que sur les veines jugulaires. Marx (8) a vu ces dernières se rétrécir tellement, sur un Chien, pendant l'inspiration, que leur diamètre se réduisait de deux lignes et un tiers à
(1) Haller, £lement. physiolog., t. III, p. 246. (2) De sanguine ejusque motu experimenta , p. 15. (3) Archives générales , t. XVII , p. 314.
(4) Froriep , Notizen , t. VI, p. 56.
(5) Opera minora, t. X, p. 82.
(6) Expériences sur la circulation, p. 361.
(7) Opera minora, t. I, p. 137.
(8) Diatribe anatomico-physiologica de structura atque vita venarum , p. 73.
une lione et deux tiers. Barry (1) introduisit une sonde de gomme élastique dans la veine jugulaire , en la dirigeant vers le cœur, et y assujettit un tube de verre, dont l’autre bout plongeait dans un vase contenant de la teinture d'indigo; le liquide montait dans le tube à chaque inspiration , et restait de niveau ou s'abaissait à chaque expiration. Si l’on ne comprime pas la veine jugulaire après qu’elle a été ouverte, de l'air s'introduit dans le cœur pendant l'inspiration , d’après les observations de Magendie (2). Quand on opère la ligature de l'artère carotide, on évite la lésion de cette veine, suivant Heidelhofer (3), en faisant exécuter au sujet plusieurs inspiraions profondes , qui la vident.
Pendant l'expiration il pénètre moins de sang dans les poumons , et les veines caves éprouvent une tuméfaction qui se propage tantôt plus et tantôt moins à leurs branches. Il suffit déjà d’une expiration médiocre pour voir les veines jugulaires se gonfler chez les personnes maigres ; chez celles qui crient, rient ou toussent avec force, le gonflement s'étend à toutes les veines de la tête, et même en partie à celles du reste du corps ; Bourdon (4) l'a vu, chez des animaux, se propager jusqu'aux veines crurales et mésentériques ; il a remarqué aussi quelquefois (5) que les veines caves se tuméfiaient , sur les Chiens , pendant l’aboiement. La réplétion outre mesure du système de la veine cave tient à ce qu'il se vide moins dans les poumons, une partie du sang y refluant même du cœur droit. Haller (6) a vu ce liquide rétrograder, pendant l'expiration , dans la veine cave supérieure jusqu'au cou , et dans l’inférieure jusqu’au foie. Cotugno (7) dit même avoir observé, dans les sinus veineux du cerveau , des pulsa-
(4) Recherches expérimentales sur les causes du mouvement du sang dans les veines, p. 57.
(2) Journal de physiologie expérimentale , t. T, p. 4941.
(3) Archives générales , t. XIV, p.443.
(4) Sur la respiration et la circulation , p.68.
(5) dbid., p.65.
(6) Loc. cit., p. 137, 141, 203.
(7) Giornale per servire alla storia della medicina, t, VIT, p. 476.
tions isochrones à celles des artères, et il eroit que l'oreillette pulmonaire , plus remplie de sang pendant l'expiration , repousse le tubercule dé Lower ($ 708, 1°) dans l'oreillette droite , de manière que le sang de la veine cave supérieure est obligé de refluer vers la tête , tandis que celui de l’inféricure s’épanche plus librement dans le cœur. Lorsque Magendie (1) avait fait passer une sonde creuse en gomme élastique, par la veine jugulaire, dans la veine cave et même jusque dans le cœur , du sang s’écoulait par la sonde pendant l'expiration. Mais un afflux plus copieux du sang provenant du système aortique peut aussi prendre part au phénomène ; quand Magendie (2) liait la veine jugulaire ou la veine crurale d’un Chien, et qu'il la piquait du côté de la périphérie ou de ses racines, le sang coulait avec plus d’abondance pendant une forte expiration. On sait aussi que , dans la saignée ordinaire, la toux et toutes les autres formes possibles d'expiration plus forte qu’à l'ordinaire augmentent l'écoulement du sang.
Ces effets sur le système de la veine cave sont surtout trèsprononcés lorsqu'une diastole du cœur coïncide avec l'inspiration; on voit alors quelquefois les veines jugulaires se vider tellement que leurs parois s'appliquent l’une contre l’autre. Ils le sont également lorsque la systole alieu en même temps que l'expiration. Dans le cas contraire, Magendie (3) n’a remarqué que des mouvemens irréguliers dans les veines jugulaires. |
Poiseuille a essayé d'évaluer la quantité dont les veines se vident et s’emplissent pendant l'inspiration et l'expiration, par des expériences sur des Chiens à l’une des veines desquels il avait fixé un tube gradué. Quand le tube était mis en rapport avec la veine jugulaire, le liquide y baissait de quatrevingt-dix millimètres au dessous de zéro pendant l'inspiration, et montait de quatre-vingt-cinq au dessus pendant l'expiration ; la différence s'élevait par conséquent à cent soixante et quinze millimètres , ou à près de six pouces et demi. Dans les
(4) Loc. cit., p. 136.
(2) Loe, cit, p. 437.
(3) Loc, cit,, p, 135,
cas de vive douleur et de violens eflorts, le liquide s’abaissait jusqu’à deux cent cinquante degrés au dessous du zéro dans l'inspiration et montait jusqu'à cent quarante au dessus dans l'inspiration, ce qui donnait une différence de trois cent quatre-vingt-dix millimètres, ou plus de quatorze pouces. Si, après l'expiration , on venait à fermer un robinet adapté à la trachée-artère, la descente allait jusqu’à cent soixante millimètres au dessous du zéro, et après l'ouverture du robinet, pendant l'inspiration , l'ascension jusqu’à cent vingt au dessus. Les mêmes phénomènes avaient lieu sur la veine cave postérieure. Au contraire, la respiration n’influait pas sur les vemes des membres, placées à une plus grande distance de la poitrne, ou, si l’on apercevait quelque influence, elle ne consistait qu’en une légère ascension pendant l’expiration , et, pendant l'inspiration, en un abaissement qui n’allait cependant jamais au dessous du zéro (1).
3° Le système aortique reçoit moins de sang pendant l'inspiration , et davantage pendant l'expiration. Poiseuille (2) a trouvé le courant artériel diminué dans le premier cas, et augmenté dans le second. Lorsque Bichat (3) avait ouvert la carotide d’un animal,et que celui-ci venait à crier ou à faire une grande expiration, le sang jaillissait avec plus de force. Quand il respirait par la bouche, en saignant du nez, Bourdon (4) rendait , dans l’espace de trente secondes , dix à douze gouttes de sang pendant l'inspiration , et quinze à seize pendant l’expiration ; une inspiration prolongée faisait cesser le saignement. Des hémorrhagies apaisées, à la suite d’une amputation, reparaissent quand le malade tousse , et il arrive quelquefois aux anévrysmes de se rompre pendant une forte expiration. Je ne puis déterminer le moindre changement dans mon pouls par l'expiration la plus longue ; mais il disparaît complétement lorsque je fais une inspiration soutenue.