IL. Il est clair, d'après ce qui précède , que l'essence des
(4) Journal de Magendie, t. X, p. 277-289.
(2) Répertoire général d'anatomie , t. VI, p. 70.
(3) Recherches sur la vie et la mort, p. 223.
(4) Rech. sur le mécanisme de la respiration et de la circulation, p. 77.
phénomènes dont nous parlons repose sur l’antagonisme vivant des deux points tropicaux de la circulation. Mais , comme le mécanisme se montre partout au service de la vie , il se manifeste également ici comme circonstance favorable et concomitante. Lorsque l’eflet mécanique se prononce beaucoup, comme dans les efforts, le vomissement, etc., il peut même troubler le rapport dynamique, de manière à supprimer la circulation en général, et à faire naître une réplétion outre mesure dans ses deux points tropicaux.
L° Pendant l'inspiration , la cavité pectorale s'agrandit, les poumons se dilatent et les vaisseaux trouvent plus d'espace dans les poumons, de manière que le sang y subit moins de compression et s'y rassemble en plus grande” quantité. Spallanzani a reconnu , dans ses observations microscopiques, que chaque organe, lorsqu'il est à l’état d'expansion, reçoit plus de sang que quandil est resserré sur lui-même ($ 727, 1°), et les recherches de Senac (4) lui ont appris que les poumons sont plus faciles à injecter après qu'on les à soufllés. Dans l'expiration, la cavité pectorale. se rétrécit, et les poumons affaissés doivent chasser plus de sang qu'ils n’en admettent. En effet, les expériences de Lamure, de Haller (2) et de Magendie (3) ont prouvé qu'on peut accroître l’afflux du sang dans le système aortique en comprimant la cage pectorale sur un animal vivant. Mais il ne faut pas croire que cette constriction supprime réellement la circulation; car, quelque forte même que soit l'expiration, les poumons n’en conservent pas moins assez d'air dans leur tissu pour pouvoir se laisser traverser par le;sang. Goodwyn a remarqué que, quand il avait rempli d'eau un tiers de la cavité pectorale d’un Chien, la circulation ne subissait parfois pas le moindre dérangement, malgré la gêne extrême que l'animal éprouvait pour respirer. Lorsque Bichat (4) avait pompé l'air avec une seringue, et par conséquent vidé les poumons bien plus que ne peut ja-
(1) Traité du cœur, t, IL, p. 134.
(2) Opera minora, t. X, p. 133.
(3) Loc. cit., p.136.
(4) Recherches sur la vie et la mort, p. 206.