‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 60 sur 108 · AL · texte numérisé non relu

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inférieurs , des conduits ou des sacs qui s’abouchent dans la portion terminale du canal mtestinal, ou: même au voisinage de l'anus, et qui contiennent quelquefois un liquide chargé de parties terreuses.

Certains Echinodermes et Annelides offrent des parties auxquelles il est permis d’assigner conjecturalement cette destination. Les organes urinaires sont même encore en partie équivoques chez les Mollusques ($ 103, I) ; on y range, chez les Acéphales , le sac à parois épaisses, riche en vaisseaux sanguins , recevant du sang veineux, et s'ouvrant à l’extérieur, que Bojanus regardait comme un poumon , et dans le liquide duquel Poli a trouvé beaucoup de parties 'terreuses ; il faut y rapporter aussi la bourse calcaire des Gastéropodes , qui s'ouvre dans la cavité branchiale ou dans le voisinage soit des parties génitales, soit de l’anus, rapprochement que Wobhnlich a soupçonné le premier, et dont Jacobson a constaté la justesse par l'analyse chimique. C’est également peut-être dans cette catégorie que rentre la bourse du noir des Céphalopodes, qui est située auprès du foie, présente des enfonce” mens dans ses parois plissées, et s'ouvre à l'anus.

Les conduits qu’on nomme vasa malpighiana chez les Insectes , et que l’on avait regardés comme des vaisseaux biliaires , ont été rapportés par Herold et Rengger à la classe des vaisseaux urinaires, ce qui s’est trouvé confirmé depuis par les recherches chimiques de Wurzer, Brugnatelli, Chevreul et John. On les rencontre plus fréquemment que les vaisseaux biliaires et tantôt avec, tantôt aussi sans eux; ils sont courts et simples, mais nombreux, ou en petit nombre, mais longs , quelquefois ramifiés , parfois aussi terminés par des vésicules ou desutricules , et dans certains cas munis; avant leur embouchure, d’une dilatation qui fait oflice de réservoir. Leur insertion a généralement lieu versla partie inférieure du canal intestinal, parfois non loin de l'anus, mais quelquefois aussi plus haut, du côté de l'estomac.

On les observe également chez les Arachnides et chez qüelques Crustacés.

Parmi les animaux vertébrés, les Poissons ont les plus gros reins, ceux aussi dont le tissu est le plus mou: Chez eux,

ces organes s'étendent dans presque toute la longueur du tronc , et sont confondus ensemble, quoique cependant chaque moitié latérale ait son uretère propre, qui ne tarde pas à se réunir avec celui du côté opposé en un conduit commun, rarement dilaté en une vessie; ce conduit s'ouvre derrière l'anus, au bord de l’orifice des organes génitaux. Du reste, ces organes sont composés de canaux droits ou onduleux ét contournés , ayant à peu près le même diamètre , qui s'abôuchent quelquefois un à un dans l’uretère; celui-ci parcourt toute la longueur de la glande. ,

De même, chez les Batraciens, les canaux urinaires; qui marchent à peu près en ligne droite , ou parallèlement les üns aux autres ; S'ouvrent sur le côté dans les uretères: Ceux-ci s’abouchent à la paroi postérieure du cloaque; de la paroi antérieure duquel part la vessie urinaire ; qui est fort grosse. Du reste, c'est ici qu'on voit paraître pour la première fois, dans les reins, les corpuscules de Malpighi, auxquels , suiant Huschke , se rendent toutes les artères de là glande; qui reçoit en outre du sang par des veines afférentes. Ghez les autres Reptiles, les canaux urinaires sont plus contournés , et de chaque lobule rénal sortent des conduits excréteurs distüncts , constituant autant de racines de l’uretère, en sorte que celui-ci est rameux à son origine. Les uretères des Chéloniens s'ouvrent dans le cloaque , comme ceux des Batraciens ; tandis que, dans les Ophidiens etles Sauriens , ils, s’abouchent à l’extérieur , sans vessie.

Chez les Oiseaux , les reins sont encore assez gros et divisés en plusieurs lobes. Les conduits urinifères , après s'être portés de la surface vers l'intérieur, se réunissent en faisceaux coniques ; dont constamment trois Ou quatre se réunissent en un tronc représentant une racine de l’uretère, qui descend le long de la face antérieure des reins et s'abouche dans le cloaque.

Chez les Mammifères, les reins sont plus petits et plus compacts ; les faisceaux des conduits urinifères, avec leurs orifices, sont prolongés en papilles saillantes, et les racines des uretères, qui les embrassent, dilatées en manière d’entonnoirs ou de calices. Chez plusieurs de ces animaux, les Céta-

cés surtout, les reins consistent en un assemblage de plusieurs lobes distincts , et les calices sont également séparés, tandis que, partout où la structure lobuleuse s’efface , on les trouve réunis ensemble par un bassinet.

Du reste , les Monotrèmes se rapprochent des Oiseaux par le mode d'insertion de leurs uretères, qui s'ouvrent dans le cloaque. |

70 Il a déjà été parlé ailleurs ($ 47) des organes chargés M de sécréter les substances procréatrices. Nous n'avons donc plus qu’à dire quelques mots des glandes qui appartiennent aux organes sensoriels.

Les glandes lacrymales manquent totalement chez les animaux sans vertèbres et les Poissons. Chez les Ophidiens, elles versent les larmes dans un réservoir complet, formé par la conjonctive , et qui se trouve clos, en raison de l’adhérence des paupières. Dans les Chéloniens , elles consistent en utricules ramifiés. Chez les Oiseaux et les Mammifères, elles se composent d'étroits conduits ramifiés , qui sont dilatés à leurs extrémités. :

Une seconde glande lacrymale dans chaque œil de tous les Oiseaux et de plusieurs Mammifères, les Ruminans surtout, est celle qu'on désigne sous le nom de glande de Harder. Elle occupe l’angle interne de l'œil, se compose de canaux ramifiés, dont les extrémités présentent des renflemens vésiculeux, et s'ouvre au dessous de la paupière nictitante.

La glande nasale est logée, chez beaucoup de Mammifères, où Jacobson l’a découverte , dans le sinus maxillaire ou à la paroi externe de la cavité nasale; son conduit excréteur s’ouvre à l'extrémité antérieure du cornet inférieur. Chez les Oiseaux , où Nitzsch l’a étudiée avec soin, elle est située au dessus, au dessous ou dans l’intérieur de l'orbite, et son conduit excréteur charrie dans la cavité nasale un liquide analogue aux larmes. Muller assure qu'elle existe aussi chez les Ophidiens.

VIT. Système nerveux.

$ 805. Il n’y a point de système nerveux dans les Eponges, les Polypes, les Méduses, les Vers vésiculaires , les Cestoiïdes et la plupart des animaux désignés sous le nom d’Infusoires. On ne commence à en apercevoir un que chez les Rotatoires et Les Échinodermes.

1o Le développement de ce système est annoncé par l’augmentation de sa substance et les progrès de sa délimitation. Chez les animaux sans vertèbres , il est plongé au milieu du reste de la masse du corps, et sa portion centrale se trouve attachée au système digestif, tandis que, chez les animaux vertébrés , il est plus considérable et a un organe central plus puissant , outre que des vertèbres et un crâne le séparent bien plus positivement de toutes les autres parties.

2° Aux derniers degrés il aunetexture fort lâche. Schultze (1) a trouvé les globules de la neurine d’une même grosseur dans toutes les classes du règne animal; mais il a reconnu aussi que , chez les animaux inférieurs , ces globules étaient moins abondans, moins serrés les uns contre les autres, et unis ensemble par une masse plus liquide, plus transparente. Chez les animaux sans vertèbres, la neuriné est très-molle ; les filamens nerveux flottent librement dans leurs vastes gaînes communes, marchent parallèlement les uns aux autres, sans que leur névrilemme contracte d’unions multipliées , ou sont même assez difliciles à discerner, par exemple chez les Acéphales, de sorte que les nerfs ressemblent plutôt à des canaux remplis d'une masse pultacée. .

3° Enfin , à mesure qu'on remonte l'échelle animale , on voit se multiplier les antagonismes contenus dans le système nerveux. Aux degrés inférieurs, les substances grise et blanche sont moins distinctes , les ganglions plus rares et plus simples. Chez les animaux invertébrés, la substance grise des ganglions , tantôt n’est accompagnée d’aucune fibre, tantôt n’en offre qu'à la surface, où elles se continuent sans inter-

(1) Systematisches Lehrbuch den vergleichenden Anatomie, p. 420

ruption avec les nerfs, et l'organe central ressemble davantage à ces derniers , étant composé de ganglions et de nerfs qui se succèdent et alternent ensemble d'une manière assez régulière. Leur système nerveux, considéré en général, ne présente pas le même antagonisme de sphères diverses que celui des animaux vertébrés, chez lesquels le cerveau, la moelle épinière et le grand sympathique se placent pour ainsi dire en regard l’un de l’autre , et où chaque partie du centre a un caractère plus particulier, un mode plus spécial de conformation, et des rapports plus prononcés avec certains points de la périphérie. |

(Les nerfs de tous les animaux vertébrés, à l'exception de ceux des sens, et en y comprenant ceux du grand sympapathique , m'ont constamment paru composés de la même manière, à quelque partie du corps qu'ils se rapportassent. Chaque nerf’contient un certain nombre de filets nerveux réunis en faisceaux plus ou moins gros. Ces filetsne sont autre chose que des tubes de névrilème,quirenfermentla moelle neryeuse, Sont transparens , minces , mais cependant fermes ; et, quand on les examine au microscope, ils paraissent limités par deux lignes bien nettes, très-rapprochées l’une de l'autre. Les tubes marchent à peu près parallèlement, et, semblent se croiser de temps en temps; mais jamais ils ne se confondent ensemble de manière qu’on en voie deux tantôt s'unir, tantôt se séparer. De toutes les figures connues, celles qu’on doit à Treviranus sont celles qui représentent le mieux la structure. Lorsque les tubes nerveux ont été coupés en travers , on peut en exprimer [a moelle nerveuse, qui sort en grumeaux plus où moins gros ; 11 m'a été impossible d’apercevoir comment cette moelle est déposée dans les tubes eux-mêmes. Le diamètre de ceux-ci m'a semblé à peu près pareil chez des ani-

maux divers, moins considérable cependant chez les vertébrés supérieurs et l’homme que chez les Reptiles; il s'éle= vait , dans la Grenouille à un deux-centième de ligne , parfois à un cent-cinquantième ; ou même davantage, et quelquefois aussi moins. Cependant il serait possible que la différence de diamètre tint en partie à la nécessité où l’on est, pour séparer Les tubes les uns des autres, de partager un nerf et de l'é-

craser entre deux plaques de verre. J'ai trouvé que le diamètre des tubes était d'un deux-centième à un trois-centième de ligne chez le Pigeon, qu’il était à peu près le même , et généralement d'un deux-cent-quatre-vingtième de ligne dans le Lapin, enfin qu'il s'élevait d’un cent-cinquantième à un trois-centième dans les nerfs ciliaires du Bœuf.

Il m'a été impossible d'apercevoir bien nettement la structure délicate des nerfs chez les animaux sans vertèbres ; souvent ils semblaient être des filamens déliés ; mais, plus fréquemment aussi , comme chez l’Ecrevisse , les tubes névrilemmatiques étaient bien distincts et avaient un centième de ligne de diamètre.

Je n’ai jamais pu obtenir une image nette de la structure du cerveau , de la moelle épinière et des nerfs sensoriels , notamment de l'optique et de l’olfactif; quand je soumettais ces parties à une forte pression, leur substance se réduisait sans doute en granulations et globules de diamètres divers, mais souvent aussi j'ai cru reconnaître une structure fibreuse eonfuse , avec des renflemens ganglionnaires sur le trajet des fibres. La rétine offrait plus de ressources ; beaucoup d’obser vateurs y avaient aperçu distinctement une Structure grenue dans la substance médullaire ; ayant étudié cette membrane sur des yeux très-divers, spécialement de Mammifères et d'homme, je crois pouvoir tomber d’accord avec les observateurs les plus récens , Arnold en particulier. L’œil du Lapin est celui qui m'a paru le ‘plus convenable pour se faire une idée exacte de la structure de la rétine. J'ai cru y trouver la confirmation des vues émises autrefois par Schneider, qui déjà m’avaient paru exactes, mais que d’autres ont attaquées depuis , relativement à l'extrémité antérieure de cette membrane. J'ai trouvé dans des Lapins blancs, où l’on n’est point gêné par le pigment, qu’en devant, sous le corps ciliaire , la rétine devient tout à coup plus fine et plus transparente, et qu’elle y forme une couronne de petits plis ayant des prolongemens frangés très-déliés , de sorte qu’elle imite , en cet endroit , la disposition du corps ciliaire de la choroïde. Ces prolongemens s'étendent jusqu’au bord de la capsule cristalline ; derrière la couronne de plis, la membrane est très:

mince , puis elle devient tout à coup plus épaisse, et paraît comme renflée ; ce bord renflé a été pris jusqu'à présent pour l’extrémité de la rétine. La structure des petits plis antérieurs prouve qu’ils appartiennent réellement à la rétine; caräle microscope les montre formés de la même couche de globules que la portion postérieure de la membrane ; seulement les globules sont moins serrés ici; on les aperçoit jusqu’à la dernière extrémité des plis; la base de tissu cellulaire semble être, au contraire, augmentée , et on serait tenté de croire que les globules nerveux se trouvent réellement dans des cellules du tissu cellulaire , car ils paraissent entourés de lignes anguleuses et circulaires provenant de la base celluleuse , et celle-ci présente souvent une texture fibreuse et striée , quoique l'observation soit ici fort difficile. Les globules nerveux ont un trois-centième de ligne de diamètre et si l’on en juge d’après l’ombre, autant du moins que le permet la petitesse des objets, ils semblent être composés de sphères aplaties. J'ai trouvé une partie de ces globules plus gros, et d’autres plus petits ; en général , leur volume surpasse celui des glo— bules du sang, qui ont depuis un quatre-centième jusqu'à un cinq-centième de ligne.

Quant à ce qui concerne les observations d'Ehrenberg , voici quels en sont les résultats les plus importans. La substance cérébrale ne se compose ni de granulations ni de fibres simples, mais de tubes parallèles ou rapprochés en faisceaux , variqueux ou articulés , c’est-à-dire dilatés d'une manière régulière. Ces tubes convergent vers la base du cerveau, ne sont point réunis par un cément particulier appréciable, et passent dans la moelle épinière , qu’ils forment. Les trois nerfs sensoriels mous (des sens supérieurs) et le nerf grand sympathique sont formés de substance cérébrale articulée, qui est entourée de tubes névrilemmatiques ( fibres scléreuses et réseaux vasculaires }, et les premiers sont la continution immédiate de la substance du cerveau, tandis que le grand sympathique a une substance mixte ; tous les autres nerfs se composent de tubes cylindriques, parallèles les uns aux autres, ne s’anastomosant jamais ensemble , et larges d'environ un cent-vingtième de ligne , qui forment des faisceaux entourés

de gaînes scléreuses et de réseaux vasculaires ; ces tubes cylindriques sont les prolongemens immédiats , mais pour la plupart soudainement modifiés, des tubes cérébraux articulés, et n'acquièrent que comme tels un névrilime scléreux ; ils contiennent une substance médullaire toute particulière, qu’on reconnaît très-facilement en eux , tandis qu’elle n’est jamais discernable dans les tubes cérébraux articulés ; cette moelle nerveuse des nerfs tubuleux manque au cerveau et aux nerfs articulés dont j'ai parlé plus haut , dont le contenu est partout limpide comme de l’eau, de manière qu'on pourrait croire qu'ils renferment de la vapeur ou un liquide. La structure estla même chez l'homme et dans toutes les classes d'animaux vertébrés ; chez les animaux sans vertèbres, la substance cérébrale articulée est très-difficile à reconnaître , tandis que la substance tubuleuse prédomine sensiblement , même dans les ganglions.

Beaucoup de terminaisons cérébrales sont pénétrées et entourées d’un réseau vasculaire de plus en plus dense, et contiennent de gros globules épars, dont le volume est toujours en proportion constante avec celui des globules du sang du même organisme. Aussi Ehrenberg conjecture-t-1l que les granux lations ou globules de la rétine et d’autres parties , par exemple de l'expansion du nerf olfactif dans le nez, sont des excrétions du système vasculaire , peut-être même précisément les noyaux mis à nu des globules du sang , de la grosseur relative desquels ils se rapprochent ‘en effet beaucoup. Des observations d'anatomie comparée lui ont appris que, chez les Salamandres , les Grenouilles et les Crapauds , les granulations de ces extrémités cérébrales périphériques surpassent de beaucoup en volume leurs correspondantes chez les autres animaux vertébrés et chez l’homme. Ainsi, d’après Ehrenberg, ce n’est pas, comme on l'avait cru jusqu'ici, la couche grenue qui constitue la membrane nerveuse de l'œil, mais bien la prétendue membrane séreuse située derrière cette couche, et que je regarde , avec Arnold, comme un tissu cellulaire délicat, unissant ensemble les granulations.

Malgré ces observations, qui sont exposées avec beaucoup de clarté, je n'ai pu me faire une idée bien nette de la struc-

ture du cerveau. J’aireconnu que la rétine du Bœuf est compo sée de deux couches, formant pour ainsi dire deux feuillets’; l'inférieure , celle qui regarde le corps vitré, est la couche grenue; les grains de la rétine se comportent en général comme partout ; je les ai observés et mesurés en même temps que des globules du sang de Bœuf , dont le diamètre est d’environ un quatre-centième de ligne, et descend même au dessous , ‘jusqu'à un cinq-centième; les grains de la rétine sont toujours plus gros , ils dépassent un quatre-centième , et vont même jusqu'à un trois-centième de ligne ; cependant il y en avait aussi quelques uns de plus petits, depuis un cinqcentième jusqu’à un six-centième de ligne. En comparant la pluralité des granulations de la rétine avec celle des globules du sañg, j'ai constaté que la proportion entre eux était de 3: 4; la différence de volume était plus considérable parmi les premiers ; ils étaient beaucoup plus pâles, moins ronds; moins bien circonscrits, souvent plus anguleux, et avaient toujours une apparence grenue. Cette couche de granulations est extrêmement dense et serrée. Au dessus d'elle , et non au dessous, par conséquent du côté de la choroïde , se trouve une couche de fibres très-serrées les unes contre les autres, mais ne formant qu’un feuillet simple, qu'on ne peut mieux comparer, quant à l'aspect, qu'aux dessins linéaires tracés sur la face palmaire du bout des doigts, surtout lorsqu'après avoir sali ces derniers avec du noir on les applique sur un morceau de papier. Les fibres paraissent marcher toujours distinctes les unes des autres et ne se réunir jamais; elles sont très-distinctes, et n’ont qu'une limite linéaire simple, comme les fibres de tissu cellulaire , au lieu d’une de chaque côté, comme les nerfs tubuleux : ainsi rapprochées, elles semblent fréquemment être, comme les fibres primitives des muscles, articulées en quelque sorte ou plutôt étranglées, mais ce phénomène est probablement une illusion d'optique, produite par l’interférence de la lumière ; il m'était facile d'en bien voir quelques unes au bord d’un lambeau déchiré de rétine, où elles se détachent aisément ; dans ce cas je n’ai pu apercevoir ni une disposition moniliforme , ni les renflemens de distance en distance dont parle Ehrenberg; je les ai

mesurées conjointement avec des globules du sang, et j'ai trouvé qu'elles avaient un volume précisément moindre de moitié, que par conséquent leur diamètre était d’un huitcentième à un neuf-centième de ligne. Voilà ce que j'ai vu à des grossissemens de quatre cents diamètres ; il m'a été impossible de juger , d'après l'aspect, si j'avais sous les yeux des cordons solides ou des tubes.

J'ai trouvé, dans la Grenouille, une couche analogue de ces cordons ou tubes à délimitation linéaire simple , qui étaient serrés les uns contre les autres, et se détachaient aisément ; au dessus (ou peut-être au dessous) de cette couche, étaient épars quelques petits globules très-transparens , ‘qui étaient plus grêles que les noyaux des globules du sang , et n'avaient pas non plus l'apparence grenue; dans les interstices se voyaient des vaisseaux fort beaux et bien distincts , en partie remplis encore de globules du sang entiers. J'ai mesuré et comparé le plus possible des parties que j'avais alors sous les yeux ; les globules du sang avaient un quatre-vingt-dixième à un centième de ligne de diamètre; ceux de la lymphe’ du sang de la même Grenouille, un deux-centième à un troiscentième ; les’sranulations éparses de la rétine, un huit-centième ; les tubes ou cordons nerveux de la’rétine , un deuxcentième à un deux-cent-cinquantième ; les noyaux de globules du sang rendus visibles par l’eau, un cinq-centième ; d’autres un quatre-centième , très-peu un six-centième. Les noyaux des globules du sang mis à nu par l'immersion dans l'eau pendant ving-quatre heures, étaient de même toujours beaucoup plus gros que les granulations de la rétine , et avaient un tout autre aspect. Mes observations ne sont donc point d'accord avec celles d'Ehrenberg ; je trouve, précisément à l'mverse de lui, que les granulations de la rétine des Grenouilles sont beaucoup plus petites que celles des Mammifères, et que, ni chez les Mammifères ni chez les Grenouilles, elles ne correspondent nullement aux noyaux des globules du sang de ces animaux. Dans les Mammifères, les granulations de la rétine sont en général plus grosses , même de beaucoup, que les globules entiers du sang; car, chez le Lapin et le Bœuf, je trouve qu'ils les dépassent presque tous d'un quart

Le.

environ; chez la Grenouille, au contraire , les granulations éparses de la rétine sont bien plus petites que les noyaux des globules du sang. Il est clair que de nouvelles observations pourront seules décider la question.

Qu'il me soit permis d'ajouter encore un mot à l'égard de la terminaison des nerfs, sur le compte de laquelle on sait que les opinions sont encore partagées. Prevost et Dumas disent avoir vu, sur les muscles abdominaux des Grenouilles , et Rudolphi sur les muscles de la langue de grands Mammifères, que les dernières extrémités des nerfs forment des arcades ; suivant Prochaska, elles se confondent avec la substance des parties. En observant les poumons et les nerfs abdominaux de la Grenouille, on voit que les faisceaux nerveux vont toujours en s’amincissant dans leurs ramifications , et qu’un filament finit par ne plus contenir que deux tubes nerveux : Ceux-ci eux-mêmes s’écartent l’un de l’autre, et pâlissent de plus en plus; les doubles lignes délimitantes se perdent , et le nerf paraît se fondre avec le parenchyme ; une fois seulement j'ai cru apercevoir une anastomose en anse entre deux tubes nerveux simples. Les muscles délicats de la poitrine et du ventre des jeunes Lézards me paraissent convenir mieux encore pour ces sortes d'observations ; là aussi j'ai toujours remarqué , avec le secours du microscope , qu'un filet nerveux finissait par n'être plus composé que de deux tubes, qui s’écartaient l’un de l’autre en divergeant, semblaient perdre enfin leur névrilemme , devenaient moins perceptibles, moins délimités, cessaient même de pouvoir être suivis, et paraissaient se confondre réellement avec la substance; mais jamais je ne les ai vus former d’anses.) (1)

VIII, Muscles.

$ 806. 1° On ne commence à apercevoir des muscles soumis à la volonté que chez les animaux qui ont un système nerveux bien distinct.

(£) Addition de R, Wagner.

Au plus bas échelon, les fibres de ces muscles ne sont point encore discernables les unes des autres, et, quand elles deviennent plus prononcées , elles sont plus grossières, et ne se laissent pas réduire en filamens si déliés qu'aux échelons supérieurs du règne animal. L'épaisseur de ces filamens varie, suivant Schultze (1), entre 0,0030 et 0,0060 ligne.

Primordialement, le système musculaire ressemble à une masse motrice périphérique , qui, conjointement avec la peau à laquelle elle est unie d’une manière intime, constitue la paroi du corps , ou représente un sac dans lequel les viscères sont contenus. Ce n’est que peu à peu'qu’on voit se détacher de cette masse des parties segmentées', offrant des faisceaux musculaires distincts. Les Mollusques se trouvent à cet égard au dernier rang; chez les derniers d’entre eux, notamment les Biphores et les Botrylles , on ne peut point reconnaître de muscles ; chez les Mollusques supérieurs même, ces organes sont très-mous , lâches et confondus avec la peau en une masse confuse, constituant soit le manteau qui couvre la cavité du corps des Acéphales, soit le pied qui supporte le corps des Gastéropodes. Ils ne deviennent un peu plus distincts que dans les parties conformées en manière de membres. Valentin n’a point aperçu au microscope de véritables fibres musculaires chez les Limaçons ; il n’a vu qu’une masse composée de grumeaux et de globules partiellement disposés en lignes (2).

La masse musculeuse des Annelides montre déjà des faisceaux longitudinaux distincts, qui sont même rougeâtres, quand le sang a une couleur rouge.

Chez les Insectes et les Crustacés , les muscles sont plus Fermes, mieux délimités, très-nombreux et manifestement fibreux. Au microscope, Valentin a vu, chez les Mouches, des fibres assez épaisses, présentant des stries transversales , parallèles et onduleuses , avec des inégalités ; daus les Lépidoptères , les Coléoptères et les Névroptères, des stries transversales plus grossières et inégales, avec des filamens

- (4) Systematisches Lehrbuch der vergleichenden Anatomie, p. 422, (2) Historiæ volutionis systematis muscularis prolusio, p. 2. VII. | 19

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plus épais ‘inégaux, tantôt parallèles, tantôt anastomosés ensemble ; dans les Crustacés et les Arachnides, des fibres épaisses, cylindriques, des stries transversales minces et n’entourant pas la fibre entière, des filamens très-nombreux.

Dans les Poissons, on retrouve , au contraire, une masse musculaire périphérique intimement unie à la peau, qui sé laisse partager en une multitude de faisceaux séparés par des membranes scléreuses, et qu'on ne parvient à diviser en muscles distincts que dans les parties ayant la forme de membres. La substance est lâche, peu riche en vaisseaux , sanguins, pâle, rouge seulement chez quelques Poissons et dans certains points du corps. Valentin à trouvé les fibres moins . épaisses que chez les Crustacés, complétement entourées de stries transversales plus grossières, et composées de filamens fort nombreux et fort grêles.

Dans les Ophidiens et les Urodèles , la masse musculaire est encore assez uniformément disposée par couches le long du corps , tandis que , chez les autres Reptiles pourvus de membres, on voit paraître des muscles arrondis, plus distincts, et que même il se développe déjà des muscles cutanés particuliers chez les Sauriens. D’après Valentin , les fibres musculaires des Serpens ont 0,020 ligne d'épaisseur, avec des stries transversales onduleuses et des sillons longitudinaux irréouliers. Elles sont un peu plus minces chez les Batraciens.

Les muscles des Oiseaux sont séparés des tendons par des limites mieux tranchées. Ceux des Rapaces sont les plus développés, les plus fermes et les plus rouges. Ts ont, d’après Valentin, des fibres plus grêles que celles des Ophidiens Et les stries transversales, au lieu d’être onduleuses, bé sont plutôt obliques et comme en spirale.

Tandis que les’masses musculaires périphériques prédominent encore chez les Cétacés, il n’en reste plus, chez les autres Mammifères pourvus de membres, que des muscles

cutanés spéciaux, qui s'étendent du tronc à la tête et ‘aux membres, meuvent les tégumens communs ,'et sont surtout développés chez les animaux destinés à voler, ramper, nager, ou dont le corps est couvert de piquans, comme le Hérisson. Chez les animaux de proie et les grands Ruminans , les mus-

cles sont d'un rouge vif et fermes ; ceux des Cétacés sont d'un rouge foncé ; ceux des Rongeurs, d'un rouge pâle et plus mous. Leur pesanteur spécifique’ s'élevait à 4071 dans le Cochon , 1055 dans le Veau, et 1075 dans le Bœuf,; tandis qu'elle était de 1084 dans la Poule (1).

2° Les muscles plastiques de la membrañe muqueuse peu:

vent déjà être distingués à l'intestin chez les Echinodermes, les Mollusques et tous les animaux articulés, quoiqu’on ne parvienne pas à les séparer complétement de la membrane muqueuse, ce qui est même encore assez diflicile chez les Poissons et les Reptiles. Ceux de l’estomac ne sont nulle part plus développés que chez les Oiseaux granivores , et aussi chez Certains animaux invertébrés.

30 Lorsqu il y à un système vasculaire évident, on y découvre aussi une partie centrale, qui est manifestement musculeuse, et qui exécute des pulsations. Comme ce centre affecte d'abord Ia forme de tronc vasculaire, on voit aussi quelquefois , chez les animaux vertébrés, des fibres muscu- Jaïres analogues à celles du cœur s'étendre sur une partie des troncs vasculaires , notamment des artères dans les Poissons et ee Reptiles, des veines dans les Reptiles et les Mammifères.

(J'ai an grand nombre de fois examiné le tissu musculaire , et j'ai constaté que, chez l'homme, les Mammifères, les Oiseaux , les Reptiles , les Poissons , les Insectes et les Crustacés, il règne une uniformité fort intéressante à l'égard de la structure et du volume de ses parties élémentaires. La momdre parcelle de ce tissu peut sur-le-champ être distinguée de tout autre tissu quelconque avec le secours du microscope, et jamais je ne l'ai vu passer au tissu cellulaire ou au tissu scléreux; le Limaçon est le seul animal chez lequel je n'aie pot aperçu de limites aussi rigoureusement tranchées. Les muscles Soumis et non soumis à la volonté paraissent se comporter absolument de la même manière. Le caractère fonda- “rs et général est celui-ci; un morceau de muscle, exa-

“ Kapf, Untersuohungen: ucber das specifische Gewicht thierischer S'ubstansen , p, 40.

miné au microscope, se montre d’abord composé d’un certaim nombre de faisceaux musculaires distincts, sous forme prismatique , qui laissent apercevoir ce qu'on a appelé la crispation, c'est-à-dire.les flexions géniculées en zig-zag. Ces faisceaux varient de diamètre ; je les ai trouvés, dans le Lapin, d’un cinquantième à un quatre-vingtième de ligne; dans le Hibou, d’un vingt-cinquième à un trente-troisième ; dans la Grenouille , d'un quarantième à un cinquantième et plus; dans le Dytiscus marginalis (muscles du thorax), d’un vingtième. Ces faisceaux musculaires ont leur surface couverte de trèsbelles stries transversales fort délicates , telles que les ont vues beaucoup d’observateurs. En y regardant de près, les stries paraissent être réellement des rides transversales de la surface; l'enfoncement qui en sépare deux l’une de l’autre, est toujours indiqué par une ligne obscure. Ces rides ne contournent pas un faisceau en ligne droite; elles décrivent souvent de petites flexuosités, mais elles sont toujours parallèles. Je ne puis mieux les comparer qu'aux lignes transversales de la face palmaire du bout des doigts; elles sont très-généralement, et chez les animaux les plus divers, séparées par une distance d’un huit centième à un millième de ligne, ce qui s'accorde assez bien avec la mesure de Prevost et Dumas, d'après laquelle elles seraient à: un trois-centième de millimètre, c’est-à-dire à près d'un sept-centième de ligne les unes des autres. Chaque faisceau paraît être entouré à part de ces lignes transversales, et il ne m'a pas paru qu'elles. appartinssent jamais à plusieurs faisceaux simultanément. Cest aussi ce qu'avait remarqué Treviranus. Ce qui me porte à conclure que les lignes et rides transversales sont purement superficielles, et non pas, par exemple, des cloisons qui partageraient les faisceaux musculaires en lamelles , c'est qu'elles vont en s’effaçant de plus en plus à mesure que l’on comprime davantage les faisceaux, et que , sous une pression qui ne soit pas trop forte, on ne les distingue bien qu’à un certain foyer du microscope correspondant à la surface du faisceau : en rapprochant un peu la lentille, on distingue fort bien le faisceau et les fibres longitudinales ou primitives qu’il renferme , mais on n'aperçoit plus les stries transversales ; celles-ci paraissent

donc n’être bien réellement que des dépressions superficielles. |

Suivant Prevost et Dumas, ces lignes onduleuses proviendraient de la gaîne celluleuse enveloppante. Treviranus, qui a dit beaucoup de choses exactes sur la structure des muscles, n’a point vu les rides transversales chez le Veau ni chez plusieurs autres animaux, par exemple, sur les fibres des estomacs musculeux d’une Pleuronecte, sur les muscles du ventricule du cœur d'une Grenouille, tandis qu'il les a aperçues dans le Bœuf, le Homard et l’Abeille, dans les muscles du cou et de la cuisse des Grenouilles. Les muscles des Limaçons avaient la structure du tissu cellulaire, et. étaient entièrement dépourvus de plis transversaux. Mais j'ai vu ces plis dans le Veau, et partout, à l'exception du Limaçon : ils étaient surtout constamment très-marqués chez les Oiseaux, plus que dans l’homme et les Mammifères. De toutes les figures que nous possédons , celles de Fontana et surtout de Treviranus me paraissent être les plus conformes à la nature, sans cependant donner une idée de la beauté êt de l'élégance de Ja structure.

Chaque faisceau musculaire renferme des fibres primitives très-délicates , minces , non entièrement parallèles, mais passant un peu au dessus et au dessous les unes des autres. Chez tous les Mammifères et Insectes, chez l’Écrevisse ordinaire, et dans le ventricule du cœur du Limaçon des vignes, Ces fibres ont un volume uniformément le même, savoir, environ un huit-centième à un millième de ligne de large , rarement plus. J. Muller les a trouvées d’un cinq-centième à un huitcentième de ligne dans la Grenouille. Je n'ose pas décider la question de savoir si ces fibres déliées, délicates et molles, que je regarde comme les fibres primitives des muscles , sont simples ou étranglées et articulées , ainsi que les a décrites et figurées Prochaska, ou si elles résultent de globules placés à la suite les uns des autres, et doivent être comparées à des colliers de perles. Ce qu'il y à de certain cependant, c'est que, dans aucun cas, elles ne constituent des cordons de globules parfaitement ronds, aussi apparens, même à des grossissemens de deux cents à quatre cents diamètres, que le disent Bauer;

204 PRODUITS PLASTIQUES CHEZ LES AUTRES ÊTRES: Home et surtout Milne Edwards, dont les observations sûr la structure délicate des parties sont des plus fautives que je connaisse : au contraire, à des grossissemens de trois à quätre cents diamètres ,-on apercoit souvent, lorsque les fibres sont réunies en faisébaux ; des striés transversales et des impressions latérales, comme si elles étaient articulées. Mais ce peut fort bien être 1à une illusion produite par l'interférence de Ja lumière.

Il m'est arrivé fréquemment, surtout chez les Insectes, de voir , à l'endroit où les faisceaux musculaires ont été coupés, des fibres primitives délicates et molles s’écarter les unes des autres, à peu près comme les fils d’un cordon dont la tramé se défait : souvent aussi, ilm’a semblé que ces filamens étaient formés de petits globules confondus en manière de cordon: Cependant il pouvait fort bien se faire que ce füt là un simple effet de crispation, semblable à celle qui s'opère dans les faisceaux. Aussi ne déciderai-je pas la question de savoir si les fibres pe de les plus déliéés sont des filamens où simples ou articulés; dans le cas où elles affecteraient cette dernière forme, les globules disposés les uns à' la suite des autres ne seraient au moins pas aussi gros que l'ont dit plusieurs observateurs. Prevost et Dumas, qui malgré quelques inexäctitudes , dont ils n’ont pas su se garantir, sont du nombre de ceux qui manient le plus habilement le microscope, pensent aussi que les fibres primitives des muscles résultent de #lobules disposés en séries, et partagent l'opinion dé Home, que ces globulés eux-mêmes sont les noyaux de ceux du sang. Mais ce qui renverse cette hypothèse, c'est la grande diversité du volume des noyaux de #lobules du sang dans les différentes classes et les différens genres d'animaux, tandis que les fibres musculaires présentent partout le même diamètre: Weber a parfaitement montré combien il est diflicile de décrire exactement des filamens très-déliés, accolés les uns aux autres, combien aussi on court risque, en pareille matière, d’être dupé d'illusions , et il a présenté avec autant de préci-. sion que de critique la série des opinions émises par les auteurs. Cependant les observations de Strauss paraissent avoir été négligées en Allemagne ; comme elles sont dues à un ob-

servateur exact, et qu'elles s’éloignent de tout ce qui avait été dit auparavant, elles méritent d'être prises en considération. Strauss (1) à décrit fort au: long et figuré la structure des fibres musculaires du Hanneton : voici en peu de mots le résultat de ses recherches. Les faisceaux muscu-— laires prismatiques et non articulés ont un dixième de millimètre d'épaisseur ; elles se composent de fibres primitives déliées et très-sensiblement articulées, qui ont depuis un cinquantième jusqu’à un centième de millimètre, et qui sont probablement unies ensemble par une substance grasse. Les articles dont chaque fibre'est formée! sont des lamelles quatre fois aussi larges qu'épaisses, coudées de haut en bas dans le milieu, et tirées en un prolongement qui pénètre toujours dans l’enfoncement de la lamelle suivante. Strauss n’a retrouvé ces articles, chez les animaux vertébrés, que dans le Bœuf et dans une espèce d’Aigle ; il n’en a pas bien pu reconnaître la forme dans le Bœuf, tandis qu'il a trouvé que, dans l’Aigle, leur structure ressemblait parfaitement à ce qu’elle est chez les Insectes. Mais, d'après les mesures qu’il donne, les fibres primitives sont à peine d’un tiers à un sixième aussi déliées que celles dont j'ai étudié la disposition dans les muscles du thorax de plusieurs Coléoptères, le Hanneton entre autres. Je présume donc qu'il a pris les faisceaux les plus grêles pour ces fibres primitives, et leurs stries transversales pour les articles , dont je n'ai pu trouver la structure telle qu'il l'a décrite. :

J'ai dit que la structure des muscles se ressemble extrêmement chez les animaux les plus divers, qu’elle est très-constante , qu’elle diffère de celle de tous les autres tissus , et que, comme l'avait déjà remarqué Prochaska, les fibres primitives ont à très-peu de chose près le même volume chez tous les animaux. Cette constance de forme se maintient aussi fort lonÿ-temps et au milieu de modes de traitement très-variés. Ainsi, par exemple, j'ai encore remarqué les faisceaux musculaires et DR 7 sur de EEE morceaux de

” (4) Considérations générales sur les AIAUx er p.443, PE IT, fig. 23 et 24. |

Cochon rôti qui étaient demeurés plongés dans l'eau pendant huit jours. Le Limaçon est le seul animal chez lequel j'aie pu me convaincre que la substance musculaire du pied et des autres muscles n'avait point la structure ordinaire ; je n'ai pas trouvé les rides transversales qui caractérisent à un si haut degré le tissu musculaire ; je n’ai même pas vu de fibres musculaires plus grêles, mais seulement des faisceaux blancs, paraissant aplatis en manière de rubans, et ayant depuis un cent-cinquantième jusqu'à un deux-centième de ligne d’épaisseur , tandis que le ventricule du cœur offrait une innombrable quantité de faisceaux croisés en tous sens et susceptibles de se contracter avec force, qu'on pouvait réduire à la manière ordinaire en fibrilles musculaires d'un RES un millième de ligne.

Valentin à dit que les rides ou stries rébisies déé fais- -Ceaux musculaires ne se voient point aux muscles non soumis à la volonté, et qu’on ne les aperçoit même pas au cœur, à l'égard duquel Haller avait avancé le contraire. Gette assertion m'a déterminé naguère à entreprendre quelques recherches. J'aitrouvé , dans un cœur de Veau, les stries transversales bien prononcées, mais beaucoup plus fines et plus délicates , de manière qu'elles n'étaient apercevables qu’à la faveur d’un mode déterminé d'éclairage. Il est bien plus difficile aussi de les découvrir dans la substance du cœur de l'homme que dans celle deses muscles volontaires; cependant , avec un peu d'attention, on les y aperçoit, notamment dans les colonnes’charnues des ventricules et dans les réseaux musculaires des oreillettes. Le cœur des Falco buteo et Corz vus corone ne m'en a offert que de très-faibles et fort douteuses; mais à peine aussi les discernait-on dans les muscles volontaires des individus sur lesquels j'ai opéré. En général, j'ai trouvé que les individus d’une même espèce ont des rides tantôt très-fortes et tantôt très-faibles ; cette différence tiendrait-elle au genrè de mort? Dans les muscles de l'estomac du Falco buteo, les faisceaux étaient fort disüncts, mais bien plus grêles qu'ils ne le sont ailleurs dans les muscles soumis à la volonté, car ils avaient un deux-cent-cinquantième de ligne, et ne paraissaient pas susceptibles de se résoudre en

fibres plus déliées ; probablement on doit les considérer euxmêmes comme des fibres primitives. Je n’ai pu non plus parvenir à me faire une image nette des fibres transversales, quoique je crusse parfois les apercevoir. Les fibres musculaires de l'intestin de l’homme semblent aussi n’avoir point de rides transversales et se composer de filamens isolés, non réunis en faisceaux, qui ont environ un quatre-centième de ligne de diamètre , mais ne présentent nullement l'aspect d’un collier de perles. Les rides transversales sont apparentes, mais faiblement, dans les faisceaux du muscle sterno-trachéa! du Corbeau et du Hibou; elles sont moins distinctes encore dans les muscles laryngiens proprement dits de ces Oiseaux. Nulle part je ne les ai vues plus prononcées et plus semblables à de véritables étranglemens que dans les muscles dorsaux d’un grand Boa conservé dans l’esprit-de-vin; les faisceaux d'un centième de ligne de diamètre qui en étaient munis se partageaient en fibres absolument semblables à des colliers de perles et dont les segmens se réduisaient eux-mêmes en globules déliés.

Ne serait-il pas possible que la fibre du tissu cellulaire passât à la vraie fibre musculaire par la fibre du dartos, par Jes fibres musculaires plus isolées des muscles soustraits à l'empire de la volonté? Une observation faite sur l'Holothuria pectinata semble autoriser cette conjecture : on trouve, chez cet animal, de forts muscles longitudinaux, qui se contractent avec énergie et renversent en dedans l'extrémité orale; ces muscles ne sont composés que de filamens non articulés , fort serrés les uns contre les autres, ayant depuis un huit-centième jusqu'à un millième de ligne, et ressemblant beaucoup aux filamens du tissu cellulaire. Les fibres de la tunique fibreuse du tronc aortique sont tout-à-fait analogues à celles-là , mais souvent plus fortes encore } (1).

(4) Addition de R. Wagner.

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