IX. Tissu scléreux
8 807. Les tissus scléreux et stratifiés ont cela de commun, que les substances organiques ont perdu en eux leur excitabilité et leur mobilité chimiques, c’est-à-dire qu’elles sont en quelque sorte étouflées par des substances inorganiques. En conséquence, l'activité vitale s’effacé plus ou moins en‘eux, et ils nesonten relation avec la vie que par leurs qualités physftrtiess tantôt ils servent seulement d’enveloppes, et tantôt, lorsqu'ils jouissent d'une certaine rigidité, ils remplissent l'office d’un squelette qui maintient les proportions sans les empêcher de se modifier quand le besoin l'exige, et parcourt les par= ties molles en manière d’axe, ou les entoure d’un] test solide, ou enfin remplit à la fois ces deux destinations.
Les deux tissus passent fréquemment de l’un à l’autre dans le règne organique, de manière que des parties qui se correspondent sous le point de vue de la situation diffèrent souvent beaucoup l’une de l’autre sous celui de leur composition, de leur texture et de leurs rapports mécaniques. La seule circonstance essentielle d’après laquelle on puisse les classer est leur mode de formation, suivant qu'elles se produisent par intussusception ou par juxtaposition. Mais l'histologie présente encore de grandes lacunes à cet égard. Puissent les détails qui vont suivre faire naître des recherches plus approfondies sur quelques points couverts d'obscurité !
lo Le tissu scléreux paraît, se manifester d'abord chez les animaux inférieurs, comme un tissu cellulaire métamorphosé par éondensatiot | et formant dans la cavité du corps des cloisons qui s'étendent de la paroi extérieure aux parties internes.
On le voit d’abord apparaître, comme supplément du squelette, dansle ligament élastique de la charnière des Bivalves. A un degré plus élevé du règne animal , il lui arrive souvent de remplacer la substance osseuse sur certains points de Létendue du squelette. Ainsi, par exemple, dans les Ruminans et les Solipèdes, il complète le rudiment du cubitus et du pé-
roné, tandis que les os hyoïdes, qui, chez ces animaux s’articulent avec le crâne lui-même, ne tiennent, chez d’autres animaux et chez l’homme, que par des ligamens aux apophyses styloides, qui peuvent être considérées comme des rudimens de cornes hyoïdiennes prolongées.
D'un autre côté, le tissu scléreux a de l’aflinité avec le système musculaire. On ne peut point encore distinguer les tendons chez les animaux qui n’ont qu'une simple masse musculire périphérique, et ils ne deviennent perceptibles que quand on découvre déjà des muscles de membres ou d'articles, séparés les uns des autres. Chez les animaux dont la cuisse se compose de muscles moins nombreux que ceux de l’homme, l’aponévrose crurale est également plus mince. Il arrive -parfois aussi au tissu scléreux de remplacer, par un accroissément de son extensibilité et de son élasticité des muscles antagonistes , ou même des muscles en général. Tel est le cis par exemple du ligament cervical, qui a tant de force dans les Ruminans et les Pachydermes; tel est aussi; chez les Oiseaux , celui des ligamens élastiques annexés aux tendons des muscles fléchisseurs des orteils ; aux muscles adducteurs des ailes et à la racine des plumes. :
2e Les véritables: cartilages RQ n'exister fou ‘chez les animaux vertébrés.
Dans les Poissons cartilagineux, où ils forment à eux seuls lé squelette, leur substance n’est encore qu’'incomplétement développéé ; car , d’après Chevreul , ils sont composés de 0,9 d'eau et 0,1 d’une matière solide, consistant elle-même en une substance soluble seulement dans une grande quantité d’eau bouillante , non précipitable’par la teinture de noix de galle, non susceptible de se prendre en gelée par l’évaporation et le refroidissement , et plus semblable à du mucus qu'à de la gélatine, en albumine , en graisse, en chlorures de potassium, de sodium et de magnésium , en phosphates de chaux, de potasse , de fer et de manganèse (1).
Les cartilages articulaires , qui suivent pas à pas le développement de la substance osseuse, sont moins développés
(2) Blainville, Cours de physiologie générale, t. I, p.462.
chez les Poissons et plus chez les Oiseaux, que chez aucun autre animal.
Des cartilages de squelette cutané apparaissent , chez les Poissons , aux follicules mucipares tubuliformes de la peau.
La membrane scléreuse de l'œil contient fréquemment aussi des disques cartilagineux chez les animaux.
8° Dans la série des animaux vertébrés, le développement progressif des os s'annonce, d’une manière générale, par la} diminution de leur nombre, et par l'accroissement de leurs parties terreuses, dont la conséquence naturelle est celui de leur solidité.
Chez les Poissons , les os sont moins solides et n'ont point de cavité médullaire distincte. Chevreul (1) en à retiré 0,365 d’une substance organique plus analogue au mucus qu'à la gélatine , 0,195 d’élaïne , 0,375 de phosphate calcaire , 0,055 de carbonate de chaux , 0,007 de phosphate de magnésie, et 0,008 de carbonate de soude, de sulfate de soude et de chlorure de sodium.
Les os des Reptiles ont plus de solidité : l’antagonisme de substance compacte et de substance celluleuse y est plus développé ; cependant on n’y découvre pas encore de cavités médullaires. Chez les Batraciens, leur substance: OPGAIQUE ressemble encore au mucus.
Chez les Oiseaux, les os n’ont beaucoup de substance celluleuse qu'au crâne ; dans le reste du’corps, ils ne sont composés, pour la plupart, que d’une substance très-compacte et de cavités spacieuses, qui contiennent d’abord de la moelle, mais qui la perdent bientôt, et se remplissent d'air, lequel y arrive , dans les os du corps, par des conduits communiquant avec les poumons, dans ceux de la tête, par la trompe d’Eustache et par le nez.
Les Cétacés sont, de tous les Mammifères, ceux qui ont les os les plus spongieux, sans cavité médullaire, et les Carnassiers, au contraire, ceux qui ont les plus solides. Fourcroy et Vauquelin ont trouvé dans les os de Bœuf 0,510 de substance organique, 0,379 de phosphate calcaire, 0,100. de
(4) Loc, eit,, p. 244.
PRODUITS PLASTIQUES CHEZ LES AUTRES ÊTRES. Soi
carbonate de chaux, et 0,011 de phosphate de magnésie : Berzelius (1), 0,3330 de substance organique , 0,5735 de phosphate calcaire , 0,0385 de carbonate de chaux, 0,0205 de phosphate de magnésie, et 0,0345 de soude, avec très-peu de chlorure de sodium. Suivant Ferdinand de Barros la proproportion du carbonate au phosphate calcaire est de 0,025 : 0,950 dans le Lion; 0,024 : 0,952 dans la Grenouille; 0,053 : 0,949 dans les Poissons ; 0,104 : 0,886 dans les Poules ; 0,193 : 0,800 dans les Brebis. Merat-Guillot établit cette proportion de la manière suivante : 1 : 36 chez l'homme, 4 : 46 chez le Bœuf, 1 : 52 chez le Cochon, 4 : 54 chez le Cheval, 4 . 55 chez le Lièvre, 1 : 64 chez le Brochet, 4 : 90 chez l'Élan et la Carpe, 1 : 161 chez la Vipère. Les divers os d’un même animal varient beaucoup sous le rapport de la ‘dureté et de la composition chimique : ainsi, par exemple , les vésicules osseuses de la cavité tympanique de l'Éléphant, les os du pied de Cheval , etc., se font remarquer par leur grande solidité. On trouve encore, chez les Poissons, des os dénués de toute connexion avec le squelette, et servant de soutiens à la massé musculaire. Ces animaux sont dépourvus de la masse osseuse qui, chez les Oiseaux et les Mammifères, enveloppe le labyrinthe de l'oreille, autour duquel elle forme ce qu'on appelle le rocher.
Parmiles os de membranes muqueuses se rangent les arcs branchiaux des Poissons , le larynx osseux de plusieurs Reptiles et Oiseaux , et l’os pénien de quelques Mammifères.
Les'os de tendons manquent chez les Poissons et les Reptiles. On en trouve dans les tendons des muscles fléchisseurs chez les Oiseaux et plusieurs Mammifères, dans celui du muscle extenseur de l’avant-bras des Chauve-souris, etc.
La : membrane scléreuse de l'œil renferme des lamelles osseuses chez quelques Poissons, Sauriens et Chéloniens. Elle présente surtout un anneau osseux complet chez les Oiseaux. / |
Une pièce osseuse analogue, constituant un os cardiaque, se rencontre , au dessous de l'origine de l'aorte, dans le ven-
(1) Traité de chimie, t, VIT, p. 474.
tricule gauche du cœur, chez quelques Mammifères herbivo= res ; notamment parmi les Ruminans. |
Le bois du Cerf se résout en gélatine, dans l’eau bouillante, avec plus de’facilité que tous les autres os. Il donne, d'après Mérat-Guillot, 0,270 de gélatine , 0,575 de phosphate: calcaire , 0,010 de carbonate de chaux ,- et 0,145 d’eau, avec Ja perte. Il se forme sous la peau , enveloppé par un périoste, à Pétat d’une masse molle, celluleuse et riche en vaisseaux, qui s'ossifie sans prendre les qualités d'un véritable cartilage. Comme l'ossification s'étend des parties qui entourent les vaisseaux à Ceux-ci eux-mêmes , et enfin au périoste ; après quoi la peau meurt et s’exfolie (1), le bois de Cerf, devenu alors une partie exsangue, n’a plus que des connexions mécaniques avec le reste de l'organisme , et fait ainsi le passage des os aux tissus stratifiés , parmi lesquels les dents sont Ceux qui sé rapprochent le De de lui. ra
(Les cartilages purs par exemple ceux des anneaux dela trachéé-artère des Oiseaux, coupés en tranches minces , et examinés au microscope , présentént au premier aperçu di” tissu célluleux ; maïs, en y regardant dé plus près , on distin= gue une multitude de figures arrondies et anguleuses, prove tant de granulations qui ontété enlevées: La portion cartilagi neuse du sternum de Grenouille offre des îles analogues ‘entous rées d'un pourtour obscur, et disséminées ans la partiehomogène. Ces îles se comportent ; à l'égard de ce quiles entoure ; exactement de la mémemanière que les cellules aériennes, dans les poumons de Salamandres, par rapport aux courans sanguins qui circulent autour d'elles; elles ont un centième à un'deuxs centième de ligne. Je ne suis pas certain qu’elles doivent réel: lement naissance à des granulations arrondies, ovales ,oblon: pues ou anguleuses, qui se seraient détachées ; mais telle est du moins l'apparence des choses. eu 3820
Le tissu cartilagineux ne se rencontre que rarement chez les animaux sans vertèbres. On l’observe , par exemple; dans l'enveloppe de l’Ascidia mamillosa , le squelette céphalique
(À) Kapff, Untersuchungen ueber dus spaiqhe, Gewicht thierischer Subsiansen, p. 65,
des Céphalopodes et les dents des Sangsues. Ce tissu s’offre à état de pureté dans les cartilages des oreilles, du larynx, de la ‘trachée-artère, des côtes et des extrémités cartilagineuses des os. On le trouve uni à des fibres tendineuses, et constituant des fibres ou des cartilages lisamenteux, dans les fibrocartilagés intervertébraux {Combiné avec de la chaux, il forme Ja base cartilagineuse de la‘ plupart des os. .
Le tissu osseux paraît affecter trois formes élémentaires, Savoir :
a. Le grain osseux, granülation arrondie et dure, ayant depuis un sixième jusqu’à un douzième de ligne de lirgeUE qu'on rencontre principalement dans le squelette des Poissons cartilagineux.
b. La fibre osseuse.
c. La lamelle osseuse.
Ces deux dernières formes Se réunissent pour produire des cellules. La substance compacte des os longs de l’homme paraît être composée de fibres, tandis que, dans les Ruminans, par exemple , elle à une structure manifestement laiéleUse:
Le tissu osseux ne commence à paraître que dans la série des animaux vertébrés. Il y constitue les parties du squelette interne qui entourent le cerveau et la moelle épinière, ou qui servent de soutien aux muscles. On l'y voit aussi Se manifes-— tér sur des points spéciaux, notamment dans les membranes muqueuses, séreuses et fibreuses , et dans les parties tendineuses. Comme exemples de ces ostéides appartenant à l'état normal, nous .citerons l'os cardiaque du POLE et los GES Hatique dy Hérisson. ) D
cts Ticeus -stratifiés.
$ 808. I. Le tissu stratifié, considéré d’uné manière géné- Tale, a pour caractères d'être déposé en couches superposées, par des organes contenant des vaisseaux, de n'avoir que des
(1) Addition de R Wagner,
relations d’adhérence avec l'organisme, et de ne servir qu'à des usages mécaniques. Ainsi, la plupart du temps, il présente une certaine rigidité, qui tient ou à ce que la ma— tière organique , notamment l’albumine , prend une forme qui résiste davantage au renouvellement des matériaux, et apparait comme substance cornée, ou à ce que lesprincipes organiques, spécialement la chaux, deviennent prédominans. De là résulte que les parties qu'il constitue sont, chez des animaux voisins les uns des autres, tantôt cornées, tantôt calcaires , tantôt enfin produites par des couches alternatives de substance cornée et de substance calcaire , dont alors la première forme ordinairement les couches les plus étendues et . les plus superficielles. Cette solidification s’opère tant aux limites de l'organisme et du monde extérieur, c'est-à-dire: au système cutané, que dans l'intérieur, par antagonisme avec les organes doués d’une grande vitalité. Les tissus stratifiés ont beaucoup d’aflinité avec le tissu scléreux ; les cartilages et les tendons secs ressemblent à de la corne, et les parties cornées ont l'aspect du cartilage, tant qu’elles ne sont pointendurcies. Leur affinité avec les tissus filés par certains animaux (& 810) prouve évidemment qu’ils doivent naissance. à une matièrerejetée au dehors et quia pris l’état solide.Dureste, enleur qualité de parties périphériques, ils présentent une grande diversité de formes , en sorte que des organes correspondans ont souvent une configuration fort différente chez des animaux voisins les uns des autres. mal
Il. Le plus général de tous les tissus stratifiés est l’épi- ‘derme. ER
Dans les végétaux, l'épiderme ne peut être distingué de J'analogue de la peau ($ 791), que quand la couche superfcielle meurt et se dessèche ; car alors elle apparaît comme un tissu compacte, contenant beaucoup de parties terreuses , souvent même de la silice, et qui met des bornes au conflit avec le monde extérieur.
L’épiderme ne manque sans, doute chez aucun animal ; mais : on a beaucoup de peine à le distinguer tant chez ceux qui vivent dans l’eau , et qui ont une peau molle, sécrétant un liquide mucilagineux , que chez ceux qui sont pourvus d'une
enveloppe tégumentaire cornée ou calcaire. Cependant il arrive fréquemment, même alors, qu’on l’aperçoit très-bien ,
par exemple , dans les coquilles bivalves et univalves, sur les ‘écailles des Poissons, etc.
C'est chez les Cétacés et les Pachydermes qu'il a le plus d'épaisseur. Le réseau de Malpighi a pris un développement qui correspond au sien; car, d’après Rapp (1), il forme, chez la Baléine ; une, couche épaisse de huit à neuf lignes, dans laquelle saillent en manière de filamens vasculaires, des papilles cutanées coniques et molles, qui ont jusqu'à six lignes de long. |
III. Ce sont des tissus stratifiés qui constituent le squelette , chez les animaux inférieurs, quand il en existe un, et ce squelette est tantôt intérieur , tantôt extérieur.
1° Le squelette intérieur se compose de soutiens et d’axes.
Le squelette des plantes, qui consiste en un assemblage de cellules et de tubes, reste, après l'extraction de toutes les parties solubles par le moyen de dissolvans divers, sous la forme d’une substance blanche comme de la neige, qui se compose de carbone et de terres. Le squelette des arbres et des arbrisseaux s'obtient, sous sa forme primordiale, oucomme charbon , par l’action du feu , qui consume les matériaux organiques. Ces derniers s'élèvent, d’après Rumford , à environ 0,570, savoir 0,090 de carbone, 0,035 d'hydrogène libre, et 0,445 d'oxygène et d'hydrogène dans la proportion nécessaire pour produire de l’eau ; le charbon va jusqu’à 0,430. Suivant Prout, la fibre ligneuse en généralest composée de 0,50 carbone , et 0,50 oxygène et hydrogène dans la proportion
nécessaire pour former de l’eau, c’est-à-dire à peu ‘près
0,45 d'oxygène et 0,05 d'hydrogène...
Les soutiens qu'on trouve entre.les parties molles, chez les animaux sans vertèbres, sont quelquefüis flexibles, et par cela même. analogues au cartilage ;: mais leur flexibilité ne tient
- incontestablement qu'à ce que la masse cornée ou calcaire
est moins desséchée et solidifiée.
Un axe solide existe bien prononcé dans le Corail, tandis
(1) Meckecl, Archive fuer Anatomie, 2, Y, p. 364. Vil. 29
que , dans les Madrépores et les Polypiers lamellifères, ilpré-
sente enmême temps des enfoncemens ou cellules , qui le rapprochent du squelette enveloppant. Cet axe est quelquefois calcaire , comme dans les Madrépores et le Corail , que Vogel a réduits en 0,010 de substance animale , 0,505 de chaux, 0,030 de magnésie, 0,275 d'acide carbonique , 0,010 d’oxide de fer , 0,005 de sulfate calcaire , avec une trace de chlorure de‘sodium , et 0,060 d’eau , avec 0,105 de ‘perte. Ailleurs il est corné et en partie flexible, comme dans les Æntipathes etles Gorgonia , où la substance cornée se trouve plus ou moins mêlée avec de la chaux ; ou bien il est calcaire, avec des dépôts cornés, espèces de rudimens d’articulations , comme dans l'Isis hippuris. Constamment l'axe des Polypes est une substance excrétée , endurcie, disposée par couches concentriques , dont les internes sont les plus anciennes et les plus dures ; il est tantôt uni intimement avec là substance polypiaire, tantôt seulement appliqué à cette substance , après la mort de laquelle il reste, comme on le voit dans les Nullipores, dont l'origine n’est plus indiquée que pa la substance animalé mêlée avec là chaux.
Chez quelques Oursins , des cloisons calcaires s'étendent test externe dans la cavité du corps. *
Parmi les Médusaires , les Porpites et les Velelles ont à la partie supérieure de leur corps un disque corné , ressemblant à du cartilage , dont les couches supérieures ou externes sont les plus petites et les plus anciennes.
Un disque analogue se {voit, parmi les Annelides, chez l'Aphrodite, à la paroi de la cavité respiratoire; parmi les Gastéropodes , dans les Limaces , les Aplysies , etc. ; parmi les Céphalopodes , dans les Calmars , sous la forme d’une lame cornée , et dans les Seiches , sous celle d'un corps calcaire composé d’une plaque cornée et d’un grand nombre de’lames internes unies ensemble par des colonnes courtes et grêles, corps dans lequel John (1) a trouvé 0,83 de carbonate cal- .caire, avec quelques faibles traces de phosphate , 0,07 de chlo-
(4) Meckel , Deutsches Archiv , t, IV, p. 481,
PRODUITS PLASTIQUES CIEZ LES AUTRES ÊTRES. 307 rure de Sodium et de calcium, et de matière animale soluble dans l’eau , avec des traces de magnésie, 0,06 de matière animale insoluble, et 0,04 d'humidité. Outre ce disque, qui sert de support au corps entier, les Céphalopodes ont encore d'autres soutiens de substance cornée analogue au cartilage , qui forment üne capsule autour de l'anneau ganglionnaire , et fournissent des points d'attache aux muscles des bras.
La même chose a lieu chez les Insectes et les Crustdcés ÿ où, indépendamment du squelette extérieur , on trouve non seulement des prolongemens internes de ce squelette, qui enveloppent en quelque sorte le cordon ganglionnaire et donnent attache aux muscles des membres , mais encore des lames cornées , d'apparence cartilagineuse , qui servent exclusivement à ce dernier usage.
Chez les Arachnides aussi , il ÿ a une lamelle analogue, qu sert de couverture au cordon ganglionnaire et d'insertion aux muscles des membres.
2° Un squelette extérieur se rencontre, sous les formes les plus diversifiées, dans toutes les classés d'animaux sans ver tèbres , tandis que des animaux très-voisins de ceux qui le présentent , sous le rapport du reste de l'organisation, n’en offrent aucune trace. Ehrenbers a signalé, parmi les Infusoires ét les Rotatoires, des families d'animalcules loriqués, qui marchent parallèlement à celles des animalcules nus. De même à parmi les Polypes ; les Acalèphes, les Acéphales ; les Gastéropodes , les Annelides, et jusqu'à un certain point aussi les Echinodermes , les Insectes et les Crustacés, on trouve des différences analogues, annonçant combien ces croûtes sont peu essentielles, et combien elles ont d’analogie avec les formâations végétales. |
Nulle part ces formes végétales ne paraissent plus prononcées’que chez les Polypes tubifères, où, déposées à la surface du corps de l'animal ; elles sont tantôt cornées | comme dans les Tubulaires et les Sertulaires, tantôt calcaires , Coïnme dans les Pennatules et les Salicornia.
Dans les Oursins et les Etoiles de mer, on aperçoit , sur la peau, des plaques composées de carbonate calcaire, avec un
peu de phosphate , qui sont ou mobiles ou immobiles les unes *
sur les autres, et qui ne présentent ni tissu celluleux ni tissu fibreux.
Parmi les Mollusques, les Ascidies d’abord nous offrent un test mou, cartilaginiforme , et couvert d'épiderme L qui adhère fortement à la peau. Quand ce test acquiert plus de dureté , il devient quelquefois corné et translucide, comme dans certaines espèces d’Anomies'; mais le plus souvent il se compose de “couches cornées, entre lesquelles des sels calcaires sont déposés , et parfais aussi de couches où la chaux prédomine, comme dans les Cyprœa et Foluta. Lorsqu’en s’endurcissant , il vient à se détacher davantage du corps, celui-ci se recouvre d’un nouvel épiderme, à travers lequel s'exhale le liquide sécrété qui doit produire de nouvelles couches plus profondes et dont l'étendue augmente à mesure que le corps s'accroît : le pigment est situé dans les couches superficielles de la coquille, au dessous de son épiderme. Les coquilles des Bivalves sont unies ensemble par des charnières, et les valves multiples des Cirripèdes laissent entre . elles des intervalles qui leur permettent de se mouvoir. Le Taret possède, outre quelques valves libres aux deux extrémités du corps, un tube calcaire qui le renferme, et qu'il paraît produire au moyen d’un liquide sécrété par lui, auquel se joignent des parties terreuses étrangères. Lorsqu'on extrait la chaux d’une coquille de Limaçon par le moyen de l'acide nitrique , il reste, indépendamment de l’épiderme , un. tissu organique dans lequel la terre était déposée (1). Les coquilles d’Huître sont composées , d’après Bucholz et Brandes (2), de 0,983 carbonate calcaire, 0,012 phosphate de chaux, et 0,005 matière animale insoluble. Vauquelin y à trouvé aussi de la magnésie et du fer.
Quelques Aunelides se tiennent dans des tubes "qu’ils sécrètent eux-mêmes , et qui presque toujours alors sont calcaires , comme chez les Serpules , parfois cependant cornés, comme chez les Spio, ou dont une partie se compose de dé-
(4) Spallanzani, Mémoires sur la respiration ‘p. 485, (2) Berzelins, Traité de chimie , t. VIT, p. 688.
bris terreux ramassés à droite et à gauche, comme chez les Amphitrites et les Terebella.
Beaucoup d’Insectes, de Crustacés et d’Arachnides ont un squelette extérieur articulé , plus ou moins épais, qui enveloppe tant le corps que les prolongemens en forme de mem-
* bres , et qui est divisé, dans le sens de sa longueur , en plu-
sieurs segmens, composés eux-mêmes de deux demi-anneaux. La couche la plus extérieure est un épiderme solidifié , sous lequel on trouve un pigment, puis une couche cornée ou cal- Caire, sur une membrane très-mince. Hatchett à extrait du test des Insectes , par le moyen de l'acide hydrochlorique, 0,64 parties de phosphate calcaire et 0,10 de carbonate; le résidu consistait en 0,26 d’une substance analogue au cartilage. Odier a retiré des élytres de Coléoptères, par l’ébullition dans la potasse caustique, de l'albumine, une matière soluble dans l’eau et analogue à l’osmazome , une autre grasse et soluble dans l’alcoo!l , et une troisième insoluble dans l’eau et l'alcool ; il reste une substance insoluble, appelée par lui
chitine, qui se dissout dans l'acide sulfurique ou nitrique à
chaud , se charbonne à la chaleur, sans entrer en fusion, et ne donne point de produits azotés à la distillation. Le test des Crustacés contient , d’après les recherches de Hatchett, Mérat-Guillot, Chevreul et Gœbel , 0,40 à 0,68 de carbonate calcaire, 0,03 à 0,14 de phosphate , 0,17 à 0,44 de substance animale et d’eau ; jsuivant Chevreul, il s'y trouve en outre 0,02 de chlorure de sodium , de phosphate de magnésie et de fer. |
Enfin, l'épiderme de l'œuf sécrété dans les organes génitaux femelles se développe, chez quelques animaux sans vertèbres, comme aussi chez des animaux vertébrés , en une
coquille cornée ou calcaire (8 341, 5°), qui représente un
squelette extérieur de l’œuf. La coquille de l'œuf de Poule est principalement composée , d’après Vauquelin, de carbonate calcaire et de substance animale , avec un peu de phosphate de magnésie, de phosphate calcaire, de fer et de soufre. Mérat-Guillot indique, comme parties constituantes , 0,72 de carbonate de chaux, 0,02 de phosphate, 0,03 de substance organique , et 0,23 d’eau.
IV. Onrencontre fréquemment, chez les animaux vertébrés, des parties plates qui fortifient la peau, et qui sont tantôt cornces , tantôt calcaires ou mixtes, qui ont parfois l'apparence osseuse. mas ne Constituent jamais de véritables os.
‘On doit les rapporter aux tissus stratifiés, comme le squelette extérieur des animaux sans vertèbres et des œufs, dont elles représentent les analogues.
3° Les Mammifères et les Oiseaux offrent des callosités sur les. points de leur corps qui sont privés de poils ou de plumes. Ces callosités consistent en un épiderme épaissi et une peau de consistance scléreuse, qui contient beaucoup. de graisse. Quelquefois elles dégénèrent en substance cornée, comme dans la fourchette et la sole des sabots et des onglons.. La peau entière des Eléphans, des Rhinocéros-et des Baleines est çalleuse, et présente à sa surface. une couche, de petites lamelles cornées , tandis qu’elle est dépourvue de poils.
h° Des fourreaux cornés se forment sur des os, et persistent ensuite , dans des régions de la peau riches en, vaisseaux: sanguins ; mais ils sont la plupart du temps minces et presque confondus avec le périoste. Ils croissent, soit sans changer de place, et par des couches nouvelles, de plus en plus larges, qui s'appliquent à leur face inférieure, soit en s'allongeant de concert avec les parties qu'ils couvrent, et par des additions successives , qu'ils reçoivent du côté de leurs racines.
Les ongles, qui manquent encore chez les Poissons et les Batraciens, apparaissent d’abord au bout de la queue de quelques Serpens. Chez les autres animaux vertébrés, ils couvrent les dernières phalanges des doigts. Ils sont ou courts, courbés seulement dans le sens de leur largeur, et en forme d'ongles proprement dits, chez les Singes, le Rhinocéros , l'Eiéhhant, plusieurs Echassiers et divers Palmipèdes , ou courts , arqués dans le sens de leur longueur, pointus et constituant des srifles , chez les Carnassiers. Dans certains cas, la dernière phalange est entourée d’un tissu compacte de fibres longitudinales , dont la base creuse enveloppe les papilles cutanées, sécrétoires , et dont l'ensemble forme les sabots des Solipèdes et les onglons des Ruminans. Dans d’autres enfin, la dernière phalange est enveloppée d'un cône de substance cornée,
PRODUITS PLASTIQUES CHEZ LES AUTRES ÊTRES. 91h qui constitue l'éperon du pouce de l'aile de certains Oiseaux. |
Les cornes proprement dites forment un fourreau conique, enveloppant un cornillon osseux, pendant l'accroissement dur quel là peau ne s’allonge pas, comme elle le-fait chez la Girafe, mais se trouve refoulée , et sécrète , par les papilles vasculaires dont elle est garnie , la substance cornée, sous la forme d’un liquide visqueux; en sorte que les cornes croissent, de même que les ongles, par des additions successives faites à leurs racines. On trouve de ces cornes à l'os frontal chez les Ruminans et le Casoar ; au tarse, chez plusieurs Oiseaux, Gallinacés surtout. John (1) a trouvé, dans la”corne de Bœuf , 0,90 de matière cornée , 0,08 de gélatine, 0,01 de phosphate calcaire, de lactate et de phosphate de potasse, de chlorure de potassium, d’un sel ammoniacal , de fer et d'acide lactique , 0,04 de graisse, avec un peu de matière odorante. D’après Berzelius (2), elle ne donne point de véritable gélatine quand on la traite par les acides minéraux ; à la distillation sèche, elle fournit beaucoup d'huile fétide , un peu de carbonate d’ammoniaque et une petite quantité d’eau ; lorsqu'on la réduit en cendres, il reste du phosphate calcaire, avec un peu de carbonate de chaux et de phosphate de soude. Du reste , elle contient un peu de soufre.
L’enduit corné du bec des Oiseaux et de la mâchoire des Chéloniens tient la place des dents , comme les callosités occupent celle des poils.
L’écaille proprement dite est sécrétée par la peau confondue avec le périoste des côtes et du sternum , étalés euxmêmes en plaques et non couverts de muscles. Elle croît et s’épaissit de dedans en dehors, par des additions successives de nouvelles couches. Suivant Hatchett, elle se compose de substance cornée et de 0,003 à 0,006 de phosphate calcaire , avec des traces de carbonate de chaux, de ds de soude et de fer.
5° Les écailles sont des saillies plates, produites, à la face
(4) Heusinger, System der Histologie, p. 175. . (2) Traité de chimie, t. VIT, p. 308.
interne de l'épiderme , par des dépôts de substance cornée ou calcaire , et qui croissent de dedans en dehors par addition de couches nouvelles. Sous le rapport de leur étendue en superficie, elles ressemblent d'abord à des espèces de paillettes éparses , puis elles se rapprochent les unes des autres, séparées par des languettes d'épiderme simple , ou se serrent tellement qu'elles ne tiennent plus à la peau que par un bord représentant leur racine , et s’entuilent les unes sur les autres, faisant ainsi le passage aux phanères épidermatiques. Leur épaisseur varie également beaucoup. Lorsque. leurs premiers rudimens sont si solides qu'ils ne peuvent être rejetés, et que cependant des couches nouvelles, de plus en plus larges , viennent continuellement s'appliquer à leur face interne, elles augmentent beaucoup d'épaisseur dans. leur centre, qui devient même parfois saillant en forme d’épine. Quand elles ont une force considérable , il leur arrive souvent de contenir de la substance calcaire, surtout dans leurs couches internes, et la peau sous-jacente devient fort mince; mais, malsré leur analogie avec la substance osseuse, ces écailles calcaires ne sont pas plus de véritables os que le squelette extérieur des animaux sans vertèbres, qui contient des couches calcaires sous un revêtement corné : la peau ne manque pas non plus, puisqu'elle est l'organe producteur.
Ges différentes formes se rencontrent chez les Poissons. Les Anguilles, les Blennies, etc., ont de petites plaques situées dans des enfoncemens de la peau. Les écuilles ordipaires et imbriquées les unes sur les autres, sont couvertes sur leurs deux faces de pigment et d'épiderme : Chevyreul dit leur composition plus analogue à celle des os, en ce qu'elles contiennent environ 0,48 de matière organique semblable à celle qui existe dans les os des Poissons, 0,42 de phosphate et 0,06 de carbonate calcaire, 0,02 de phosphate de magnésie , 0,01 de graisse et 0,01 de carbonate de soude (1). Enfin, les Esturgeons présentent des plaques analogues à des os, qui sont isolées les unes des autres, et les Ostracions,
(1) Berzelius , Traité de chimie ,t. VII, p. 667.
des plaques du même genre, mais qui forment une cuirasse: cohérente.
Des différences analogues ont lieu chez les Sauriens, sous: les écailles cornées desquels il y a fréquemment des couches calcaires. Les écailles sont imbriquées chez les Chéloniens, et plus aplaties chez les Ophidiens.
Chez les Oiseaux, les pattes non couvertes de plumes présentent des écailles adhérentes par leur surface entière , ou libres à leur face inférieure.
On voit aussi des écailles adhérentes à la queue des Castors , et des écailles imbriquées à celle des Rats, ainsi qu'aux pattes du Hérisson et du Porc-épic. Chez les Edentés, on trouve une cuirasse, qui se compose , dans les Tatous, de pièces osseuses unies en manière de bandes, et chez l'Oryc-— térope, d'écailles cornées , au dessous desquelles sont situées des pièces calcaires.
La corne du Rhinocéros doit être considérée comme une écaille d’une espèce particulière. Elle consiste en filamens cornés , agglutinés ensemble, et dont l’ensemble offre une base creuse qui repose sur des papilles cutanées.
V. Au nombre des renforcemens longitudinaux de l'épiderme, se rangent :
1° Les prolongemens simples , qui naissent sans cavité germinatrice spéciale , et qui se rattachent aux écailles.
Les poils des végétaux sont des prolongemens simples de la substance végétale , produits par une ou par plusieurs cellules rangées à la suite les unes des autres. Tantôt ils sont en rapport, soit à leur sommet, soit à leur base, avec une cellule sécrétant un liquide particulier ; tantôt ils ne servent qu’à couvrir l’épiderme. Les piquans sont des poils plus forts et devenus rigides. Les épines, au contraire , sont des organes aériens rabougris et sperme ER des branches, des feuilles et des fleurs.
De même, les parties cutanées cylindriques ou coniques des animaux sis vertèbres, qu'on nomme poils quand elles sont molles et très-flexibles, soies lorsqu'elles ont plus de raideur, et piquans ou épines quand elles sont totalement inflexibles , sont des prolongemens tantôt de l'épiderme seul ,
tantôt en même temps de la couche caleaire ow cornée sousjacente, et quelquefois aussi de la masse musculaire. Ces parties servent de moyens protecteurs ow d'organes locomoteurs ; car tantôt, ce qui arrive quand elles ne sont que des prolongemens de l’épiderme , elles suivent les mouvemens de la peau ou du squelette extérieur, comme chez les Insectes ; où elles sont souvent ramifiées et semblables à des plumes ; tantôt elles sont mises en mouvement par la couche musculaire qui s'étend dans la cavité de leur base, comme chez quelques Annelides, les Cirripèdes et les Crustacés; tantôt enfin elles s’articulent sur le squelette extérieur, comme les: épines calcaires de: plusieurs Echinodermes.
Enfin, il faut ranger ici Les lamelles cornées délicates. qui sont imbriquées en manière d'écailles les unes sur les autres, à la surface des aïles des Lépidoptères.
7° Les poils des Mammifères portent le nom de duvet lors: qu'ils’ sont très-fins, mous et longs; de coton, quand ils sont lâches et de nature grasse; de soies, quand ils sont raides , et que les vaisseaux et nerfs de leurs germes ont acquis un plein et entier développement. On appelle encore: soies ceux qui sont raides et piquans, Ceux qui, à un gros volume , unissent une inflexibilité absolue. Comme les.piquans renferment de grandes cellules pleines d’air, qui diminuent de calibre en se rapprochant de la superficie, et que la sub, stance cornée compacte qui en garnit la périphérie semble être déposée par le follicule, ils tiennent de près aux plumes, de sorte que les poils qu'on observe sur des parties du corps. non plumeuses de certains Oiseaux, du Casoar, par exemple, peuvent être considérés: comme des tiges de plumes sans barbes.
8° La plume est composée d’une partie cornée, cylindrique. et plus compacte, le tuyau, qui renferme ce qu’on appelle l'âme, et qui se prolonge supérieurement en une lame devenant de plus en plus étroite ; d’une hampe, partie formée d’un üssu plus mou et celluleux de substance cornée, que couvre: un enduit un peu plus dense , qui naît par deux jambagesde la partie supérieure du tube, dont le prolongement conique couvre sa face convexe, et qui finit par se terminer en pointe ;
de l'étendard, qui s'implante sur la hampe à partir des deux côtés du prolongement supérieur du tube, et consiste en filamens cornés aplatis, des bords latéraux desquels partent d’autres filamens plus courts ; enfin du germe , qui représente originairement une substance gélatineuse et riche en vaisseaux , communiquant avec la peau par l'ouverture percée à la base du tuyau, sécrète de sa surface d’abord l’étendard, puis «la hampe et le tuyau, ensuite meurt, se dessèche et constitue ainsi l'âme de la plume, c’est-à-dire un utricule ridé , composé de segmens emboîtés les uns dans les autres, et partagé en deux branches, dont l’une passe à la strié extérieure par un trou situé entre le tuyau et la hampe, tandis que l’autre se continue avec la substance celluleuse de cette dernière.
VE. Quant à ce qui concerne les tissus stratifiés à la surface de la membrane muqueuse,
9% L’épithelium est plus développé chez certains animaux que chez l'homme. Ainsi, par exemple, dans l'Anguille et le Cyclopterus Eumpus , d'après Rathke (4), on peut facilement le distinguer et le séparer de là conjonctive oculaire. IF est possible également , chez l’Ecrevisse , de le suivre dans toute la longueur du canal intestinal , depuis” la bouche jusqu'à Vanus. It forme des-épaississemens calleux où des plaques cornées, ayant la mollesse du cartilage, sur les lèvres et la langue des Ruminans , et dans l’estomac des Oiseaux granivores, de quelques Gastéropodes et de certains Vers. Des plaques cornées en forme de clous revêtent le bout de la langue de plusieurs Oiseaux , tels que le Geai.
10° Chez les animaux sans vertèbres , divers soutiens sde la membrane muqueuse ressemblent à de parties d’un squelette intérieur; telles sont Les fibres spirales, à ce qu'il paraît cornées , des trachées des Insectes , l'anneau calcaire qui entoure le commencement du canal digestif des Holothuries , et l'appareil dentaire des Oursins, des Crustacés et de quelques Gastéropodes.
Ale Des parties dentiformes, cornées ou n'es qui,
(4) Meckel, Deutsches Archiv, t. VIE, p, 502.
lorsqu'elles parviennent à un développement plus considé-
rable, sont implantées sur un support pareil, et jusqu’à un certain point articulées , se voient au commencement de l’organe digestif de plusieurs animaux sans vertèbres , par exemple, dans la bouche ou le pharynx des Echinides , des Cirripèdes , des Céphalopodes, d'un grand nombre de Gastéropodes et d’Annelides; ce sont des pièces calcaires dans
l'estomac des Ecrevisses , et des saillies cornées dans celui des
Insectes. Les gaînes cornées des papilles de la membrane muqueuse chez les animaux vertébrés , qui forment des dentelures au pharynx des Chéloniens , des filamens sétiformes à la langue, au palais et au voisinage du larynx de beaucoup d'Oiseaux, enfin de petits piquans dans l'estomac de l'Ornithorhynque , ou sur la langue des Chauve-souris et des Chats, font le passage aux dents proprement dites , SE 36 sous la membrane URI
42° Nul animal n’a des dents aussi nombreuses , aussi répandues, ni aussi variées, que les Poissons; dans cette classe, elles affectent la forme de plaques, de dentelures ou de filamens flexibles; elles sont séparées les unes des autres, ou réunies en manière soit de mosaique, soit de pinceau ; tantôt elles s’implantent dans les mâchoires , et tantôt elles font corps avec les os, ou se meuvent sur eux par le moyen d’une masse scléreuse disposée: à leurs racines. Elles sont formées ou de simple substance cornée , translucide et flexible, comme dans les Chætodon, ou de fibres cornées , imprégnées de chaux,
creuses, renfermant les germes et couvertes de fibres plus. compactes , comme dans le Loup de mer, ou enfin d'une sub-
stance analogue à la matière osseuse et couverte d’émail.
Cette dernière constitution est la seule qu'elles présentent chez les Sauriens, dont plusieurs en ont aussi au palais, comme les Ophidiens.
Chez les Mammifères , on trouve dans l'Ornithorhynque des dents cornées, composées de fibres creuses à leur base et renfermant le germe, dont Lassaigne a extrait 0,995 de substance cornée et 0,005 de substance osseuse. Les fanons de la Baleine pendent de la mâchoire supérieure ,et se divisent infé— rieurement én une multitude de filamens, de sorte que, prisgs
LA
ensemble , elles représentent une espèce de réseau; Fauré y a trouvé 0,8715 de substance cornée soluble dans la potasse caustique , 0,0870 de substance mucilagineuse , contenant un peu de gélatine et soluble dans l’eau, 0,0350 de matière grasse soluble dans l'alcool bouillant, et 0,0065 d'une matière analogue à la cétine , qui est soluble dans l’éther bouillant. Par l'incinération, elles donnent 0,041 de sels, consistant en 0,049 chlorure de potassium et chlorure de sodium, 0,011 sulfate de soude et sulfate de magnésie, 0,011 phosphate de chaux, soufre , fer et silice.
Les défenses de l'Éléphant et du Narwhal, de même que les incisives des Rongeurs, croissent continuellement , à l'instar des poils et des ongles : leur germe repose sur une large base, qui ne se revêt point Hbhouventant d’une racine susceptible de l'étrangler, mais demeure constamment en connexion avec le système vasculaire , et dépose sans cesse à sa surface des couches de substance dentaire, qui l'entourent en façon, de cônes.
Chez les Solipèdes , les Ruminans et les Éléphans , entre les couches alternantes de substance osseuse et d’émail, se trouve encore une troisième Substance, appelée cément , qui paraît être sécrétée, après la formation de l'émail, par la .surface interne du follicule, et qui, dans le Bœuf , se compose, d’après Lassaigne, de matière animale 0,4218, phosphate de chaux 0,5384, carbonate de chaux 0,0398, tandis que, selon Berzelius, l'émail contient, matière animale 0,035, phosphate calcaire 0,850, carbonate de chaux 0,071, phosphate de magnésie 0,030, et soude’0,014.
Du reste , au dire de Lassaigne, la quantité de substance Animale contenue dans les dents, chez divers Mammifères, varie de 0,26 à 0,31, celle de phosphate calcaire de 0,59 à 0,72, et celle de carbonate calcaire de 0,03 à 0,10, tandis que dans les dents des Carpes et des Squales, il y a depuis 0,33 jusqu'à 0,35’ de matière animale, 0,49 à 0,52 de phosphate calcaire, et 0,13 à 0,16 de carbonate de chaux (*).
() Ph. F. Blandin, Anatomie du système dentaire considéré dans AT et les animaux | Paris 4836 , in-8°, p. T2 et 493.
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