SECONDE SÉRIE
Des sécrétions,
& 809. Les produits de la déposition organique ($ 778, 3°), où les sécrétions, sont sans texture et sans conriexions organiques avec le reste du corps. Il n’existe donc de rapport entré eux et la vie que sous le‘ point de vüe de leur substance, et leurs propriétés, tant chimiques que physiques, sont, avec l'organisation des parties qui les engendrent, les circonstances sur lesquelles roulent les différences essentielles qu’on remarque entre eux.
Comme les phénomènes de la vie en général, lorsque nous les comparons les uns avec les autres, diffèrent non seulement sous le point de vue de Ia quantité, et forment une série de degrés de développement, mais encore sous celui de la qualité, et manifestent un antagonisme de polarité, de même aussi li classification des produits sécrétoires doit reposer sur ce double principe. Elle doit représenter tant les sradations que les oppositions des sécrétions.
Quant aux gradations, nous reconnaissons que les produits sécrétoires s'élèvent peu à peu du caractère général ou;comfnun àù Caractère particulier, de même que la structure des parties qui les fournissent passe insensiblément aussi du simple au composé. Mais l'échelle des gradations comprend deux séries de sécrétions , attendu qué l’antagonisme de polarité se prononce à chaque degré.
Ao Les sécrétions qui se solidifient, qui acquièrent une formecohérente, font le passage de la formation organique à la déposition, et sé rapprochent des tissus stratifiés, dont elles ne diffèrent que par l'absence des formes et des connexions organiques. On les partage en produits filés et en concrétions.
2° Les produits filés ($ 810 ) n’appartiennent qu'aux amimaux sans vertèbres. Leur substance sort du corps à l'état liquide; mais, comme elle ne tarde pas à se solidifier, les mouvemens volontaires de l'animal lui font prendre une
forme déterminée , qui correspond à des usäiges mécaniques
DES SÉCRÉTIONS, 319 divers. Par leur nature analogue à la corne, et par la destination qu’ils remplissent, ils se rattachent immédiatement aux tissas'stratifiés épidermatiques ($ 808 , IL).
3° Les concrétions ($ 811) sont répandues dans tout le
‘règne. organique, déposées à l'intérieur, entre des parties or--
ganiques , soustraites à l'empire de la volonté, terreuses,
oSsiformes , et par cela même affines de ceux des tissus stra-
tifiés que nous avons désignés sous le nom de soutiens calcaires ($ 808, 1°).
‘4° Les sécrétions non cohérentes constituent deux séries. ?
Celles de la première série (liquidesséreux , vapeurs, mu- Cus , salive , suc pancréatique, larmes et lait) sont salées et abondamment chargées d'eau. Elles contiennent des matières organiques qui, comparativement avec celles de l'autre série ÿ Ont un Caractère plus rapproché de la neutralité.
Gelles de fa seconde série (pigment, graisse, gaz , smeyma cutané, bile , urine, sperme ) sont caractérisées par une prédominance décidée de principes basiques, notamment de car- ‘bone et d’azote, prédominance qui se manifeste tantôt comme propension ‘marquée à la décomposition , tantôt comme aptitude prononcée à s’enflammer ou du moins à brüler.
5° Les sécrétions liquides de l’ordre inférieur sont celles qui ont le caractère de communauté, qu’on rencontre dans les parties les plus diverses du corps, qui se produisent sans ap pareil sécrétoire spécial, dont la composition chimique est Simple , et qui enfin ne renferment que des principes’ généralement répandus.
Elles sont, où renfermées dans le corps, ou déposées à sa surface.
6° Les premières appartiennent à la plasticité générale , et ont leur siége dans le système du tissu éellulaire.* Étant formées dans des éspaces clos , où il n’y a que des vaisseaux efférens qui puissent les reprendre, elles parcourent ces espaces, Sans parvenir au dehors. |
Mais les espaces sont où de simples vides ou des vésicules. La sécrétion interstitielle est, dans la série neutre, la sérosité plastique ($ 812), et, dans la série basique, le pigment ($ 813), ba sécrétion vésiculaire est, dans la première série , la séro-
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sité vésiculaire ($ 814), et dans l’autre Ja graisse (S S15).
Les sécrétions interstitielles avoisinent les concrétions , qui se déposent également dans les lacunes de la substance organique. Ce rapprochement est surtout fondé à l'égard du pigment, qui est solide aussi, quoique non cohérent, mais pulvérulent, ou composé de grains microscopiques, ayant même quelquefois une forme cristalline. Du reste, le pigmentet la graisse ne constituent pas seulement des couches spéciales, mais sont encore admis en partie dans la substance des tissus stratifiés, qu’elle soit cornée ou calcaire, en vertu de Ne ie qui existe entre eux et ces issus.
7° Les sécrétions superficielles se divisent en volatiles et fixes.
Ge qui, dans les sécrétions interstitielles et vésiculaires, était combiné organiqueméent , se montre à l’état de liberté et sous forme élémentaire dans les sécrétions volatiles. Ici se rangent , dans la série neutre, comme se ralliant à la sérosité plastique et à la sérosité vésiculaire, l’eau à l’état de vapeur ($ 816); dans la série basique, comme correspondant au pigment et à la graisse, le carbone réduit à l’état volaul par l'oxygène ($ 817-819).
* Les sécrétions fixes sont en quelque sorte le résidu des volatiles, et d’un autre côté, comme elles se rassemblent. principalement dans des cryptes, elles tiennent de près aux sécrétions spéciales , à celles qui sont produites dans des appareils particuliers. Le système cutané, en tant qu'ilagit seulement comme surface , exhale de la vapeur et du gaz; en tant qu'il est organisé, il donne des sécrétions fixes, lubri-, fiantes, le suc muqueux ($ 820) dans la série neutre, et, le smegma cutané ($ 821) dans la série basique. La peau exté-, rieure exhale davantage de vapeur aqueuse, et par antago= nisme se couvre de smegma carboneux; la membrane mu= queuse , prise en général, exhale surtout du carbone à l'état de gaz, et se couvre d’une couche de mucus , qui coruené proportionnellement plus d'oxygène.
S° Les sécrétions spéciales sont produites dans des organes déterminés et construits d’une manière particulière , puis ame nées au dehors. Sous le point de vue de la composition; ellescon
stituent des modifications spéciales de la substance organique. Alasérie neutre appartiennent la salive ($ 822) ,'le suc pancréatique (S 823), l'humeur lacrymale ($ 824) et le lait(S 825). La série basique comprend la bile chargé de carbone ($ 826), l'urine riche en azote (5827), et la liqueur procréatrice ( $ 828 ). Ces trois dernières se distinguent en ce que la spécialisation y est portée au plus haut degré, tandis que les trois premiers liquides, qui sont clairs comme de l’eau , ne contiennent point de substance qui leur appartienne exclusivement, Le lait marque le passage des uns aux autres, surtout à cause du sucre qu'il renferme, et fait antagonisme à la liqueur procréatrice ; tous deux ensemble , comme ayant l'aptitude à vivre ou à vivifier, et revêtant la forme organique , ou nourrissant, font le contraste le plus tranché avec les sécrétions qui passent à l'état solide , mais sans acquérir la vie, et qui occupent l’autre extrémité de l'échelle des sécrétions.