‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 64 sur 108 · A: SÉROSITÉ PLASTIQUE · texte numérisé non relu

A: SÉROSITÉ PLASTIQUE

$ S812. Un liquide Fa ou moins aqueux se dépose. dans le tissu cellulaire ou danses vides que laissent entre eux les divers tissus organiques.

1e Le tissu cellulaire atmosphérique est Rp imbibé d’un liquide séreux incolore, qui y adhère, de manière qu'on parvient difficilement à l’isolér, pour le soumettre à l'examen. Mais ce qui atteste qu'il contient de lalbumine, c’est que , d’après Bichat, quand on injecte de l'alcool ou de l'acide nitrique affaibli dans le tissu cellulaire, on trouye ensuite des flocons blanchâtres épars, phénomène qui a lieu également par l'immersion du tissu cellulaire dans l’eau bouillante,

2° Le même liquide existe aussi dans le tissu cellulaire parenchymateux ‘et dans celui qui garnit, en plus ou moins grande quantité, les ‘enveloppes celluleuses ($ 783); seulement il y présente des modifications spéciales lorsque les

(1) Chemische Tabellen'des Thierreichs, p. 46. (2) Burdach , V’om Baue des Géhirns, 4.11, p.832

SÉROSITÉ PLASTIQUE. 325 organes eux-mêmes sont doués d'une activité iplastique particulière.

Gest surtout dans des ganglions vasculaires sanguins que ce diquide revêt des caractères particuliers.

La glande thyroïde contient un liquide, qui est blanc jaunôtre chez les enfans, et seulement séreux chez les adultes. Lalouette croyait y avoir trouvé une liqueur bleuâtre , visqueuse, et Fallopia une humeur oléagineuse, ce qui tenait probablement à quelque erreur d'observation. Steller dit avoir rencontré dans cet organe, chez le Manati, un liquide lactescent, sucré, et un autre blanc jaunâtre, de saveur à la fois amère et douceâtre. Il a vu également un liquide demitransparent , blanchâtre et° coagulable, dans l'organe des Ophidiens que Cuvier croyait être la glande thyroïde (4).

Le thymus renferme un liquide blanc jaunâtre et visqueux , que Lucæ compare à du pus ou à du chyle, et Meckel (2) à celui que contiennent les cotylédons des Ruminans. Ce liquide est coagulable par l'alcool. Home y a vu des globules blancs avec le secours du microscope. Suivant Astley Cooper, il se sépare , comme le chyle, en une partie séreuse et en une autre fibreuse.

Heusinger (3) présumait que bé vésicules blanches qu'on rencontré dans la rate contiennent un liquide albumineux , parce qu'elles deviennent entièrement blanches sous l’influence de l'alcool et des acides. Muller a vu au microscope, dans ce liquide blanc et épais comme de la bouillie , des globules ayant le volume de ceux du sang (4).

Le liquide que renferment les capsules surrénales est blanchâtre ou rougeâtre chez l'embryon , d’un jaune rouge où d’un brun rouge chez l'adulte. Il se coagule par l’action dé là chaleur et de l'alcool (5). Sa saveur est un peu salée (6). On

(1) Treviranus , Biologie, t. IV, p. 533.

(2) Manuel d'anatomie, t. IIL, p. 548.

(3) Ueber den Bau dir die Verrichtungen der Mit, p P. 42. (4) Archiv fuer Anatomie , t.I , P. 88.

5) Schmidt, Comm, de pathologies lienis , p. 30.

(6) Zid,, p. 50.

. ne rencontre pas l'huile liquide que Home (4) prétendait y avoir trouvée. Suivant Gmelin (2), le suc des'"capsules sur rénales d'un Cheval était d'un rouge foncé et épais; après dix minutes d'exposition à l'air, il se séparait en un caillot rouge foncé, très-mou, paraissant contenir plus de cruor que de fibrine, et en une sérosité rouge, qui déposait encore beau coup de cruor pendant l’espace de seize heures, après quoi elle devenait jaune, claire et coagulable par la chaleur. A l'évaporation, le caillot donnait 0,3940 , et le sérum 0,1378 de résidu sec , ayant une teinte brune.

On s’est beaucoup occupé de découvrir des voies particulières pour tous ces liquides. Des conduits excréteurs se portaient de la glande thyroïde à la base de la langue, selon Duvernoy ; dans la trachée-artère ou le larynx, suivant Lalouette, Schmidtmueller, White et Uttini ; Marchettis, Collins

. et Kœnig en supposaient un de la rate à l'intestin; Valsalva, des capsules surrénales aux testicules ou aux ovaires ; Deiïdier, de ces mêmes organes aux reins ; Billinger, du thymus à la glande sous-maxillaire ; Muralto, de cet organe aux amygdales ; Martineau, à l'œsophage et à l'estomac, et Ver—

celloni, à la trachée-artère. Mais des recherches plus approfondies ont démontré que tous ces conduits n'existent point, et que le liquide contenu dans les ganglions vasculaires y est déposé uniquement par le fait d’une sécrétion interstitielle , afin d’être repris ensuite par les vaisseaux efférens. Saint-Hilaire a vu des vaisseaux se porter du thymus dans les veines sous-clavières, Cooper, dans la veine jugulaire, à son union avec la veine cave, et Hoffmann, dans le tronc thoracique ; c'étaient là, sans le moindre doute, des veines ou des lymphatiques, qui avaient résorbé le liquide interstitiel.

$ 813. Au nombre des sécrétions interstitielles de l’homme

() Lectures on comparative anatomy, t. V, p. 262. (2) Tiedemann et Gmelin, Recherches expérimentales sur la digestion, t.I,p. 243.

se range encore une matière colorante noire, ou d'un bleu foncé , qui est déposée dans les vacuoles du tissu cellulaire. A l'exposé des propriétés de cette substance , nous joindrons un aperçu rapide des faits relatifs à la éélbratiôh d’autres corps organisés , et dont nous devons le rapprochement aux travaux surtout de Voigt (4), de Heusinger (2) et de Ret- Zius (3).

I. C’est à la périphérie des corps organiques que se rencontrent le plus fréquemment les substances colorantes.

A Ainsi, il est rare d’en trouver dans le tissu cellulaire intérieur des plantes. Elles sont la plupart du temps concentrées dans les feuilles et aux surfaces largement étalées.

La plus répandue de toutes ces substances, chez les végétaux , est la matière grenue déposée dans des cellules arrondies , à la surface , sous la peau , quand on peut en distinguer une. Cette matière porte le nom de chlorophylle, parce qu’elle a ordmairement une teinte verte; mais, comme elle offre aussi d’autres couleurs , la dénomination de chromule , proposée par De Candolle, mérite la préférence. La chromule’se rapproche de l'huile ou de la cire. Elle est visqueuse, fusible, insoluble dans l'eau , mais soluble dans l'alcool , l’éther et les alcalis.

Le plus connu de tous les pigmens végétaux est l'indigo À ou la chromule de certaines plantes devenue bleue par la fermentation et l'addition de substances alcalines. L’indigo se compose d'environ 0,72 de carbone, 0,13 d'azote, 0,03 d'hydrogène , et 0,12 d'oxygène.

2° Chez les animaux , la matière tolüranté se rencontre à la surface ou dans l'iitétieur des tissus stratifiés périphériques ; de sorte que tantôt elle représente une couche située entre la peau et l’épiderme, tantôt aussi, quand ces membranes ne sont pas distinctes l’une de l’autre, elle est confondue avec elles , tantôt enfin elle réside dans des développemens particuliers des tissus stratifiés.

(4) Die Farben der organischen Kærper. Tena, 4816, in-8.

(2) Untersuchungen ueber die anomale Kohlen-und Pigmentbildung in dem menschlichen Kærper. Eisenach , 4823 ,'in-8o,

(3) Eroriep , Notizsen, t. XV, p. 165.

Les Coraux nous la présentent combinée avec.des. parties terreuses, dans deur cylindre corné. Chez les Oursins , les Astéries et les Ophiures, elle est éparse à Ja superficie du test calcaire. Dans les Holothuries, elle forme une couche spéciale au dessous de l’épiderme.

De même, chez les Mollusques, on la rencontre tantôt combinée avec de la substance terreuse, dans la coquille calcaire , tantôt constituant, sous l’épiderme, une couche composée de grains, comme chez les Géphalopodes.

Dans la classe des Annelides, elle est également qu concentrée dans les soies, comme chez les Aphrodites, ou étalée en une couche cutanée grenue, comme dans Ja Sangsue.

On l’observe , chez dés Insectes, dans le test corné et dans les écailles pulvérulentes des ailes des Lépidoptères ; chez les Arachnides, sous l’épiderme ; chez les Crustacés ,:tantôt dans le test , tantôt au dessous de lui , constituant alors une couche particulière, qui est grasse, et qui, d’après Gœbel , se compose d'oxygène 0,2258, hydrogène 0,0924 , carbone 0,6818.

(Le pigment bleu des Méduses est si délicat.et si intimement uni avec les parties, que je n'ai point pu apercevoir sa texture grenue au microscope. Chez les Géphalopodes, de pigment forme des taches jaunes et d’un violet foncé , à bords sinueux , qui sont situées immédiatement sous J'épiderme , et consistent en grains réunis, suivant toutes les apparences , par un tissu Cellulaire élastique , car les taches peuvent s'étendre et se resserrer. } (1)

Dans les Poissons, la substance colorante, qui est douée d’un éclat métallique, et la plupart du temps mêlée avec des sranulations noires, se trouve placée sous une. membrane mince, aux deux faces des écailles.

Chez les Batraciens , elle forme une couche grenue sous:l'épiderme , tandis que, dans les autres Reptiles, elle «est:unie d’une manière imtime avec les écailles et les plaques.

Les Oiseaux présentent la manière colorante non seulement formant une couche sous l'épiderme plus ou moins corné des parties dépourvues de PIRE: comme le bec et les pattes ,

(4) Addition de KR. Vigier.

mais;encore intimement unie avec là substance cornée dans les plumes, au dessous desquelles le mucus de Malpigbi est la plupart du temps incolore. La matière colorante rouge des becs et des pattes est de nature grasse, selon Gœbel (4); elle se compose, dans le Pigeon, de carbone 0,690? , hydro: gène 0,0874, oxygène 0,2224; et dans l'Oie, de carbone 0,6553, hydrogène 0,0922, oxygène. 0,2525. La matière colorante des plumes paraît se détacher quelquefois sous la forme de poussière, par exemple dans le Psittacus cristatus (2). Lé

Chez beaucoup de Mammifères, 1l n’y a que le pelage qui soit coloré. Dans ceux dont le poil est noir, le mucus de Malpighi prend part aussi à la coloration. Il en est le siége unique chez les Cétacés.

3° Les Nègres ont, au dessous de l’épiderme, qui est d'un gris noirâtre , une couche de peuts grains, d’un brun noir, réunis par le mucus de Malpighi. Cette matière colorante, qui résiste avec force à la putréfaction , et quéle chlore blanchit, est sécrétée continuellement par la couche vasculaire périphérique de la peau , ou ce qu'on appelle le corps papillaire (*). Le pied d’un Nègre ,que Beddoes avait rendu blanc parle moyen du chlore liquide , redevint noir au bout de quelques jours. Une portion de peau, de laquelle Marx avait détaché leucus de Malpighi par le moyen d’un vésicatoire ,ne tarda pas à recouvrer la couleur noire qu’elle avait perdue. De même aussi les cicatrices des Nègres redevienrient noires lorsque la couche vasculaire périphérique n'a point été détruite.

TL est possible que la teinte des autresraces humaines tienne à une matière colorante analogue, d'un jaune brun ou 4 un brun cuivreux.

Chez les Blancs, le mucus de Malpighi est incolore , de sorte que la teinte du sang contenu dans la couche vasculaire pé-

(4) Schweigger, Journal fuer Chemie, t,1X, p. 426. (2) Meckel, Deutsches Archi, t. VIIL, p. 41.

(*) Comparez les intéressantes recherches de Breschet sur les organes ‘de sécrétion et d’excrétion du pigment cutané, qu’il nomme appareil chromatogène. (Nouvelles recherches sur'la structure de la peau, p. 90.)

riphérique perce plus ou moins , ce qui arrive même, sur divers points du corps , chez quelques Mammifères et Oiseaux. La matière colorante des poils paraît être une substance grasse qui, sécrétée par les vaisseaux sanguins des bulbes , pénètre la substance cornée et se combine avec elle, de manière qu'elle ne paraît pas constituer une substance distincte et contenue dans des espaces particuliers. En eflet , l'huile extraite par l'alcool bouillant est noire ou rouge, suivant la temte des poils, et quand ceux-ci deviennent plus foncés pendant la vié, on voit ce changement s’opérer peu à peude la racine vers la pointe, tandis que le grisonnement, où la perte de la matière colorante, commence par la pointe, et se porte graduellement vers la racine (1). Si le poil de certains animaux présente des couleurs diverses sur sa longueur , par exemple des anneaux alternativement blancs et noirs, ce phénomène tient sans doute, ou à ce que la matière colorante s’est déposée à des époques différentes , ou à ce qu’elle s’est concentrée sur certains points et retirée des alentours.

Du reste , les cheveux blancs des Albinos diffèrent des noirs, d'après Sachs (2), en ce qu’ils donnent moins d'ammoniaque quand onles distille ou qu'on les dissout dans la potasse caustique. À la distillation, ils fournissent un savon ammoniacal jaune pâle , au lieu d’une huile concrète jaune. Lorsqu'on les brûle, ils laissent moins de cendre ; celle-ci est moins chargée de chaux , et ne contient pas de fer.

II. La matière colorante noire de l'œil (mélanine ou pigment noir de l'œil) se trouve dans toutes les classes d’animaux où il y a des organes visuels développés. Elle est sécrétée par un analogue du corps papillaire de la peau , c’està dire par la choroïde et ses prolongemens. Plongée dans une substance gélatineuse, qui représente le mucus de. Malpighi, elle est plus abondante à la face interne de cette mem brane, et plus encore à la face postérieure du corps ciliaire, tandis qu’à la face antérieure de ce dernier on n'en trouve qu'entre les plis. Mais le point où elle abonde le plus est la

(4) Eble, Die Lehre von den Haaren , t. IX, p. 143. * (2) Historia naturalis duorum leucæthiopum , p. 21.

face postérieure de l'iris. Cette substance colorante se com pose également de petits grains, dont la plupart ont, d'après Weber (1) 0,0015 ligne de diamètre , mais parmi lesquels il s'en rencontre aussi quelques uns de 0,0053 à 0,0074, de sorte qu'ils sont environ trois fois plus gros que les globules du sang, et quatre fois moins volumineux que les. vésicules adipeuses. Suivant Mondini (2) , ils représentent des globules oblongs. On les dit plus gros chez les Oiseaux que chez les Mammifères, transparens chez les Oiseaux de nuit, opaques chez ceux de jour, et elliptiques tant chez les Serpens que chez les Grenouilles.

(La couche pigmenteuse de la choroïde consiste en granulations rondes ou ovales, quelquefois un peu anguleuses, ayant 0,0025 à 0,0050 ligne de diamètre. Ces granulations sont très-serrées les unes contre les autres. Quand on les écrase, elles se réduisent en très-petits globules, dont le diamètre varie de 0,0005 à 0,0010 ligne. Les globules paraissent être réunis en grains par un tissu cellulaire très-déligat, et peut-être même aussi renfermer un noyau transpa rent; mais, une fois qu'on les a isolés par l'écrasement, ils commencent à se mouvoir les uns vers les autres, et à manifester le mouvement moléculaire de Brown. D'après Schultze (3) on trouve ici, chez les Oiseaux et les Mammifères, des corpuscules quadrangulaires , presque sphériques, qui semblent être transparens lorsqu'on les a dépouillés de la matière noire dont ils sont entourés , et qui tiennent ensemble par des saillies partant de chacun de leurs bords. J'ai observé “<hez tous les Mammifères ces gros grains composés d'autres plus petits. Ils avaient très-distinctement 0,020 à 0,025 ligne de diamètre dans l'œil du Triton, où les petites molécules m'ont paru être déposées autour d'un noyau transparent, comme une sorte d'écaille ou de valve, dont je ne suis cependant point parvenu à déterminer la forme. La masse transpa-

(4) Anatomie des Menschen , t, 1, p. 161.

(2) Archives générales, t. V, p. 458.

(3) Systematisches Lehrbuch der vergleichenden Anätomie, p. 119.

rénté analogie au cristallin, serait alors le moyéñ d'union des olécélel y (1).

On peut détacher cette matière colorante de la choroïde par le lavage avec de l’eau. D'après L. Gmelin (2), qui l’a étudiée sur l'œil du Bœuf et du Veau, elle ést d'un brun noir, inodore et douée d'une désagréable saveur douceâtre et salée: A l'état sec, elle conduit l'électricité. Elle ne se dissout mi dàns l'eau , l'é ther ou l'alcool, ni dans les huiles et les acides faïbtes. Traitée à chaud par les alcalis, elle donne une disso- Tution dans faquelle Les acides font naître un précipité. L’acide sulfurique concentré la dissout, en lui faisant prendre üne teinte plus foncée éncore. r'atide nitrique et le ‘chlore la blänchissent; la potasse lui rend ensuite sa couleur noire. Elle diffère d’autres substances animales en ce qu’elle n’éntre pas en fusion quand on l’expose à la flamme , et ne'se boürsoufle pas nôn plus en ün charbon spongiéux, mais brûle en répandant peu de vapeurs, avec üne odéur végétale , ét laissant un charbon qui conserve encore la même forme qu'elle. Ce Charbon s'élève à 0,45, de manière qu "elle contiént tie trés grande quantité & carhone. D'après Hunefeld il y ‘au- Trait 0,01 d'oxide de fer däns la iélanine Sèche (3). N'a

TE. Il ya certains animaux chez lésquels de la matière coloratite se dépose au voisinage des organes respiratoires,‘par : éxemple du ‘pigmént noir ‘dans lés parois ‘dela cavité pulMoz faîre de quelques Gastéropodés. De ‘métne ‘aussi, ‘chez l’homme adulte, les glandes bronchiques sont noires ou: d'ün brun foncé, et és poumons éux-mêmés ‘ponctués , ‘striés où tachétés de ces éouléurs. On à cru‘que cette coloration dépendait de particulès Charbonnées répindues dans latmo- Sphère , “ét qui se seraient ‘introduites pendänt l'inspiration, èt l’on a regardé les ‘stries noires ‘que préséniteñt les pou môns comme des ymphatiqués conduisant lés molécules noirés aux glandes bronchiques. L'absence ‘ordinaire de toute teinte noire dans les poumons des animaux n’est point un ar-

(1) Addition de R. Wagner.

(2),Schweigger, Journal der Chêmie, +: 5 D. “807. (3) Physiologische Chemie , t, IL, p. 87.

PIGMENT. | 535 güment qu'on puisse faire valoir à l'appui de cétte hypothèse. Pearson ({), qui l'avait admise , a remarqué la coloration en noir chez un Ane, à la suite d'une péripneumonie , et chez un Chat âgé de’ dix-huit Ans , dé sorte que la gêne de la respiration ét lés progrès de l'âgé paraissent là déterminer, même chez les âtimaux à l'égard desquels on ne saurait démontrer qu’ilsäient respiré de l'air chargé de particules charbonneuses. D'ün'autre côté, Bécker (2) a démontré que le pigment des glandes brôhchiques est Contenu, non dans leurs vaisseaux lymplatiques , mais dans. leur parenchyme ; de mêmé aussi les Stries noîres ne ressemblent entrien à des lymphatiques allant des voies aériennes aux glandes bronchiques et appartiennent au pärenchyme pulmonaire. Nous devons donc présumer, d’après l’analogie, que cé pigment est sécrété par les vaisseux capillaires des poumons ét des glandes bronchiques , d'atitanit mieux que, d'apres les observations de Becker, les glandes lymphatiques de l'ésophage présentent quelquefois aüsst la même teinte. Of, comme une quantité considérable de carbone se sépare continuellement du sang dans les poumons, on pêut adinétire qu'une portion de cette substance, non assez oxidée pour passer à l'étit de gaz, se dépose tant dans les voies aériennes qe dans le tissu des poumons et des glandes broncliqués. L'homme expirant, proportion gardéé, moins. d'acide carbonique que les animaux ($ 818), il n'est pas sur-

prénant qu'on trouve ce pigment pulmonaire chez lui , Surtout quand il'avance en âge, et l’on doit aussi en découvrir dans

les crachatS qu’il rend le matin, puisqu'il expire moins d'acide

cafbonique pendant la nuit (8606, 8°). Ru a

D'aprèsiles recherches de Pearson (3), cette matière colo rafité est ue substance riche en carbone, qui ne se dissout. ‘et ne’se’ décôlore point non plus dans l'eau, les alcalis , l'acide

nitrique et l'acide hydrochlorique , même à la chaleur de l'é-

büllition. L’acide sulfurique seul là dissout, comme il fait à

l'égard du charbon de bois. De même que ce dernier , elle

(1) Meckel, Deutsches Archiv,t, TITI, p. 262. (2) De glandulis thoracicis lymphaticis atque thymo , p. A4, (3) Loc, cit, p. 258.

fuse, sur du nitre fondu , en dégageant du gaz acide carbo= nique. Du reste, quand on la fait rougir , elle brûle rapidement, en exhalant une odeur animale , dégageant de l’eau, un peu d'huile empyreumatique , de l'acide acétique, du gaz hydrogène carboné, parfois aussi des traces d'acide hydrocyanique, et laisse une cendre rougeâtre ou blanche.

IV. La rougeur de la substance grise du cerveau tient au sang contenu dans les vaisseaux ; car elle est plus foncée dans le cas de pléthore , et plus pâle dans celui d’anémie. Cependant il pourrait fort bien y avoir également ici un pigment, dont l'existence est surtout probable dans la couche gris noirâtre du tronc cérébral ; cette couche tire sur le violet en arrière et en dedans, sur le brun en avant et en dehors.

V. On trouve un pigment noir au cordon ganglionnaire des Sangsues et aux ganglions des Mollusques. Chez les Poissons , des couleurs analogues à celles des écailles, la plupart du temps mêlées de petits points noirs, se voient à l’arachnoïde ,’au péritoine , dans le tissu cellulaire de certaines veines et au périoste de la colonne vertébrale. On remarque aussi des taches noires sur les membranes séreuses des Batraciens. Chez les Oiseaux, certains points du périoste et des membranes séreuses ont la même teinte que lespatteset les becs, et sont, par exemple, noirs chez les Poules noires, rouges chez les Cigognes. Les Mammifères à pelage noir , par exem-— ple les bêtes bovines et ovines, présentent aussi un pigment noir à la membrane muqueuse de la bouche, du nez et des yeux. Erhenbergs (1) à découvert, chez les Poissons, dans le pigment nolrâtre et souvent argentin du péritoine , ainsi que dans la choroïde et l'iris, de petits cristaux pointus, qui n’étaient point calcaires, mais consistaient en une substance par-. ticulière, volatile et soluble dans les acides , l'alcool et les alcalis.

VI Aux pigmens se rattachent les substances qui, chez beaucoup d'êtres organisés inférieurs, dégagent de la lumière pendant la vie, non pas toujours , il est vrai, mais seulement dans certaines circonstances, qui sont en général assez

(1) Poggendorff, Annalen der Physik, t. CIV, p.469.

PIGMENT. 337 peu connues. Treviranus à traité fort au lon tières (1).

La phosphorescence s’observe, parmi les plantes , chez les Rhizomorphes qui croissent sur les bois pourris dans l’intérieur des mines de charbon. Elle a lieu , chez plusieurs Infu soires ; parmi les Polypes, chez les Pennatules ; parmi les Echinodermes, chez les Actinies et diverses Méduses; parmi les Mollusques, chez les Biphores et les Pholades; parmi les Annelides, chez les Néréides : parmi les Crustacés, chez plusieurs Branchiopodes, Isopodes et Décapodes; parmi les Insectes , chez plusieurs Coléoptères des genres Lampyris, Elater , Scarabœus et Paussus , ainsi que dans les F ulgores. La phosphorescence des Rhizomorphes cesse quelque temps après la mort ; le gaz acide carbonique la détruit ; l'azote et le vide de lamachine pneumatique la suspendent: l'air atmosphérique la rétablit, et le gaz oxygène la rend plus vive. Celle des animaux est, généralement parlant , dans le même cas. On ne peut donc

guère douter qu'elle ne dépende d’une sécrétion contenant du

phosphore. Des corps solides ou de l’eau, mis en contactavec des Méduses , des Néréides , des Pholades, des Scolopendres phosphorescentes, deviennent lumineux ; et si, même avec le secours du microscope , on n’aperçoit, chez les Scolopendres, aucune matière qui serve de support à la phosphorence ainsi

transportée ou transmise , on en découvre une dans les Méduses et les Pennatules , où elle constitue une humeur épaisse et visqueuse. Mitchill a remarqué que l’eau dans laquelle des

Méduses luisantes s'étaient dissoutes après leur mort, répan -

dait une odeur de gaz hydrogène phosphoré. La matière phos-

phorescente des Taupins a son siége au thorax ; d’après Treviranus , elle est grenue , et ressemble à celle du corps adipeux. Dans les Lampyres, c’est, suivant Macaire (2), une substance demi-transparente , d’un blanc jaunâtre, située

à la face interne des trois derniers anneaux de l'abdomen À qui devient opaque et cesse de luire par la dessiccation, se

coagule par l'action de la chaleur et des acides , brûle en ré-

# de ces ma-

(4) Biologie, t. V, p. 82-416.

(2) Froriep, Notisen, {, 1, p, 33.

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