VIT
594 SÉGRÉTIONS SUPERFICIELLES: VAPOREUSES,
niaque , d’après Chevallier ; le Dicéamnus albus, selon Saussure, une huile volatile, dont la vapeur prénd feu à à l'approche d’une bougie alluraée etc.
Il. Une exhalation aqueuse a lieu chez tous les is; A
Les parois d'une cloche sous laquelle on met un animal se couyrent de gouttes d'eau au bout de quelque temps, phénomène que Spallanzani (1) a observé sur des Limaçons, Rengger (2).et Treviranus (3) sur des Insectes. On reconnaît aussi cette exhalation à la perte continuelle de poids qu'éprouve un animal qui ne prend point de nourriture, comme il arrive à ceux qui s'engourdissent pendant l'hiver (S 642, 6°), et, quand, un homme reste assis tranquillement sur une balance très-sensible, on remarque qu'à chaque minute il devient pluslécer, sans avoir aucune évacuation visible.
3°: Plusieurs physiologistes ont observé la quantité de leur transpiration journalière. Pour cela, ils se sont pesés de temps en temps, avec l'attention de déduire le poids tant des alimens et boissons qu’ils prenaient, que des excrémens et urines qu'ils rendaient ; mais surtout en ayant égard à l'influence du moment de la journée (8 606, be) et à lé époque de l’année ($ 619, 5°). Terme moyen, la transpiration d’un homme, pendant vingt-quatre heures, est évaluée, par Sanctorius, à cinq livres ; par Rye, à cinquante-neuf onces; par Gorter, à quarante-neuf; par Hartmann , à quarante-six; par Dodard et Boissier, à trente-trois; par Keil, à trente et une (4): Lining (5) à calculé, après des observations continuées pendant plusieurs années, que sa transpiration s'élevait, terme moyen, dans l’espace de vingt-quatre heures, à 54,78 onces, de sorte que la proportion entre elle et le poids de son corps, évaluée également, terme moyen, à cent soixante-six livres, était
(1) Mémoires sur la respiration , p. 487.
(2) Physiologische Untersuchungen ueber die thierische Haushaltung der Insekten, p. 38.
(3) Zeitschrift fuer die Physiologie, t. IV, p. 7.
(4) Haller, Element. physiolog., 1. V, p. 62.
(o) Philosoph, Transact,, 1743, p. 508,
de 1 : 48 (4). Suivant les observations de Martins (2), elle était journellement de quarante-six onces. Stark observa son poids par rapport à des expériences diététiques qu’il se proposait de faire sur lui-même; sa transpiration fut de six cent cinquante-cinq onces en trois cent cinquante-cinq heures de jour, et de cent quatre-vingt-seize onces en cent quatre-vingt-dix heures de nuit, ce qui fait pour vingt-quatre heures trenteneuf onces : et comme au commencement de ses expériences il pesait cent soixante et onze livres, la proportion de sa Pérspiration insensible au poids de son corps était de 1:70. Dalton (3) a calculé sa transpiration journalière comme reste du poids de sa nourriture , déduction faite de son urine et de ses matières fécales, et il a trouvé d’après cela qu'il transpirait trente-sept onces et demie en mars, et quarante-quatre en juin. Par des expériences faites avec soin et continuées pendant onze mois, Séguin (4) a constaté, avec la balance, que sa transpiration variait entre onze et trente-deux grains à la minute , ce qui donne un terme moyen de dix-huit grains, et, par conséquent, vingt-cinq mille neuf cent vingt grains de France, — 22606 grains de Prusse, — 47,09 onces, en vinstquatre heures. La proportion était donc de-1 * 54 pour un poids du corps de cent soixante livres, et de 1 : 57 pour un autre de cent soixante et dix livres. Nous sommes d'autant plus fondés à regarder ces proportions comme ayant lièu ordinairement, qu’elles tiennent à peu près le milieu entre celles de Lining et de Stark.
Van Marum (5) a trouvé qu’en une demi-heure , une petite fille de sept ans transpirait cent quatre-vingts grains , un petit garçon de huit ans quatre cent trente, et un autre de neuf ans trois cent quatre-vingt-quinze , terme moyen de quatre expériences. Ces observations auraient eu besoin d’être répétées plus souvent, pour qu'il fût possible d’en tirer un
(4) Tbid., p. 493. |
(2) Abhandlungen der Schwedischen Ahademie,t. XL, p. 197. (3) Froriep, Notizen , 1, XXXVI, p. 225.
(4) Meckel, Deutsches Archiv , t. IIT, p.607.
(5) Poggendorff, Aanalen der Physik, t. I, p.97.
386 sÉCRÉTIONS SUPERFICIELLES VAPOREUSES.
résultat certain. Cependant celui qu'elles donnent n’est point invraisemblable. En effet, elles établissent que la transpiration pendant vingt-quatre heures a été, chez
Poids du corps. Proportion.
La fille , de. . . . . 8640 grains A9 livres — 1 : 43 Un'garcon . . ... 20640 57 2 che Un autre garcon. . 18960 53 AN 22
D'après cela, la ‘proportion entre la transpiration et le poids du corps serait plus considérable chez les enfans de sept à neuf ans que chez les adultes, et chez les sujets mâles que chez ceux de l'autre sexe.
Edwards a observé et indiqué en grammes la transpiration de Grenouilles (1), de Crapauds (2), de Salamandres, de Poissons (3), de Lézards (4), de Couleuvres à collier (5), de Cochons d'Inde (6), de Souris (7), de Moineaux (8).
La perte de poids que l'animal éprouvait à l'air, pendant qu'il ne recevait pas de nourriture, variait suivant les heures, et était communément plus forte pendant la première ; plus l'animal demeurait long-temps renfermé, plus aussi cette perte diminuait; un intervalle de six heures fut celui qui parut convenir le mieux pour obtenir un terme moyen. Treviranus donne en grains la perte de poids qu'éprouva un Homard renfermé (9) ; Spallanzani a fait de même (10) pour des Limaçons qu'il avait exposés à l'air. Réservant quelques discussions pour un autre lieu , nous allons donner seulement ici un aperçu des résultats.
(1) De l'influence des agens physiques sur la vie, p. b83, b8b, 588, 589, 590. ,
(2) Ibid,, p. b86.
(3) Ibid, p. 605.
(&) Zvid., p. 608.
(5) Zbid., p.614.
(6) Lid., p. 637.
(7) Ibid. p. 638.
(8) Lid., p. 639
(9) Zeitschrift fuer Physiologie, {. IV, p. 9.
(40) Mém. sur la circulation, p. 437.
Par |Transpi-| En Poids | Propor-
24 du
heure. | ration. | heures. | corps. tion.
1 Homard. . . . .|A8 0,4 0,2 6,70 1:33 4 Cochon d'Inde. .| 6 14,37 | 57,481727,90 11 : 12 A Lézards. - .| 6 0,38 1,52! 45,16/1 : 9,97 2 Crapauds .:. . .|11 l,40 9, 60! 90, ‘20 [1 * : 9.39 8 Moineaux . | 6 14,20 | 56,80 202,55 L°3,56 DISOQUrIS 48 dés 6 2,415| 9,66| 29,10 1.3,04 & Grenouilles . . .| 6 12,40 | 49,60/144,50/1: 2,91 2 Salamandres. . .|11 2,70 5.98 15,05 1 °2,55 Limacons: 21197, 15 252 403 1610 \1:4,51 PLotbes piment sb So rto 4h44, 72 A fdem.s.. vases 3 9 6,22 ADI. 21/2| 0,30 5,28 A'ldem, 3 0,30 3,08
Si ces Poissons avaient pu vivre vingt-quatre heures à l'air et transpirer dans la même proportion, leur transpiration aurail, été au poids de leur corps comme 1: 2,33 — 11,45.
La détermination de la transpiration sous l’eau est bien plus vague encore, puisqu'il faudrait ici faire entrer en ligne de compte la quantité d’eau avalée et absorbée. La perte en poids , chez une Couleuvre à collier, s’éleva , dans l’espace de huit jours , à 27,5 grammes, ce qui fait par jour 3,928 grammes ; le poids da corps étant de 103,5 grammes, la proportion entre ce poids et la transpiration journalière fut donc de 1 : 26. Chez une autre Couleuvre ; pesant 173,2 grammes , la transpiration ne fut que de 4,2 grammes pendant une semaine, ce qui donne 0,6 par jour et une proportion de 1: 288, eu égard au poids du corps:
IT. Une partie de la transpiration émane des organes respiratoires. L’haleine devient visible par un temps froid , et des gouttelettes d’eau s’amassent sur une glace tenue devant la bouche. Magendie ayant placé une seringue dans la trachéeartère d’un animal, qu'il avait coupée en travers, tira des organes de la respiration des vapeurs qui devenaient visibles
au froid (1); Paoli (2) en a également vu , chez des hommes, sortir par uneouverture pratiquée à la trachée-artère.iRien de semblable ne s’observe chez les Oiseaux, même quand le temps estfroid(3).Les Gétacés, aucontraire,quandils expirent, lancent par leurs évents une vapeur humide, qui, Chez la Baleine, s'élève en une colonne haute de plusieurs toises (4). La transpiration des Insectes semble avoir lieu principalement dans les trachées, attendu qu’elle ne peut être que très-faible à travers les enveloppes cornées qui couvrent le corps ; aussi continue-t-elle alors même qu'on enduit le corps entier d’un Insecte avec de la gomme où de l'huile, enménageant seulementles stigmates (5).
4° La quantité de la transpiration pulmonaire chez l’homme, pendant vingt-quatre heures , a été très-diversement évaluée.
Lavoisier, supposant que l'air atmosphérique produit de l’eau et de l'acide carbonique dans les poumons, par la combinaison de son oxygène avec l'hydrogène et le carbone du sang , la calculait d’après la quantité d'oxygène qui disparaissait dans l’atmosphère , après avoir déduit celle de ce gaz qui avait été employée à la production de l'acide carbonique. En procédant ainsi, il la fixa, dans ses premières expériences, qui étaient encore imparfaites, à trois cent trente-sept grains. Plus tard , il l’évalua à onze mille cent quatre-vingts SE | et enfin à tréire mille sept cent quatre grains de France , = 41952 grains de Prusse, — 24,9 onces.
En expirant dans une vessie , Menzies recueillit tant d’eau, qu’elle se serait élevée à six onces en vingt-quatre heures.
Des expériences analogues ont procuré à Cruikshank cent vingt-quatre grains anglais par heure, ou deux mille neuf cent soixante-seize pour vingt-quatre heures , = 3164 grains de Prusse, — 6,59 onces.
Abernethy (6) a expiré , en une heure, trois gros d’eau dans
(4) Nouv. bulletin de la Soc. philomatique , t. IT, p. 254.
(2) Gerson, Magazin der auslændischen Literatur, 1. VIII, p. 429.
(3) Tiedemann , Zoologie ,t. IL, p.543.
(4) Scoresby, L'agebuch einer fieise auf den Wallfischfang, p:484,492.
(5) Rengger, Physiologische Untersuchunyen ueber die thierische Haushaltung der Inseckten, p. 38.
(6) Chirurgische und physiologische Versuche , p, 138.
un verre , ce qui fait, pour vingt-quatre heures, quatre mille trois cent vingt grains anglais, — 4594 grains de Prusse, = 9,57 onces.
Mais comme, lorsqu'on expire dans une vessie ou dans un verre , l'air que contient ce réservoir ne tarde pas à se saturer de vapeur aqueuse , ce qui restreint l'exhalation pulmonaire , Séguin a employé un moyen plus sûr : il se mit dans un sac de taffetas ciré, exactement collé autour de la bouche, de manière qu’il ne pouvait pas se perdre de transpiration cutanée , tandis que l’exhalation pulmonaire se déposait tout entière dans latmosphère. La diminution du poids de son corps sur la balance lui faisait done connaître à combien s’élevait cette dernière. Il trouva que sa quantité moyenne était dé sept grains par minute, ce qui donne dix mille quatrevingt*pour vingt-quatre heures, — 8791 grains de Prusse , = 18,31 onces.
Hales était déjà parvenu auparavant à un résultat analogue en expirant dans un vase clos , mais qui contenait de la cendre de bois sèche pour absorber l'eau exhalée. Cinquante expirations lui procurèrent ainsi dix-sept grains d'eau, ce qui, en admettant vingt respirations par minute, donne neuf mille sept cent quatre-vingt-douze grains anglais pour vingt-quatre heures, = 10413 grains de Prusse, = 21,69 onces.
Dalton; trouvé, dans des expériences faites sur lui-même, qu'en vingt-quatre heures , il expirait vingt onces et demie avoir du poids.
Nous pouvons donc évaluer la moyenne de l’exhalation pulmonaire , en TihgF quatre heures, de dix-huit à vingt onces.
Au reste , comme l'évaporation doit être d'autant plus considérable que la surface offerte à l'air par les poumons a plus d'étendue, que par conséquent la respiration est plus profonde et plus rapide, cette circonstance , à part même d’autres encore que nous laissons de côté, ne peut manquer de faire varier beaucoup la quantité. Ainsi, il était possible qu’un homme, que Bichat fit expirer dans un vase entouré de glace et de sel marin, exhalât jusqu’à deux onces d’eau dans l'espace”
d’une seule heure. | | |
5 La vapeur pulmonaire de l'homme contient des substances animales volatilisées.
Suivant Abernethy (1), réduite à l’état liquide, elle n'était pas parfaitement limpide, et donnait, par l'acide hydrochlorique, un précipité qui avait de la peine à se dissoudre dans la potasse. Cette eau verdissait les couleurs bleues végétales au bout de quelques jours ; elle laissait à l'évaporation un résidu d'odeur empyreumatique, qui ne contenait point de sels. Elle devenait également trouble et fétide quand on la conservait dans un flacon bouché (2).
Collard de Martigny (3) dit qu’elle se compose d’eau 0,907, d'acide carbonique 0,090 et de substance organique 0,003.
Mais on conçoit que sa composition n'est pas toujours la même. Cruikshank n’y a pas trouvé d'acide carbonique, Bichat n’a pas vu les acides y faire naître de précipité, et jadis Gorter n’en avait obtenu aucun résidu par l'évaporation.
L’eau exhalée parles Insectes a, suivant Rengger, une mauvaise odeur et une saveur désagréable.
IV. La transpiration cutanée devient visible au froid , par exemple, enété, lorsque l’on plonge la main dans de la glace pilée. À une forte lumière solaire, elle produit aussi une légère ombre sur un mur blanc. Il arrive même quelquefois,
lorsqu'elle est très-copieuse, qu’on la voit à la température ordinaire de l'air.
6° La quantité de la transpiration cutanée a été observée, sur des membres, par Cruikshank, app ben. (4) et Anselmino (5). :
Cruikshank a obtenu trente grains d’eau, en une heure, de sa main plongée dans un cylindre de verre ; il se tenait tranquille pendant l'expérience, son pouls battait soixante-cinq fois par minute, et la température de l'air était à soixante- Onze degrés du thermomètre de Fahrenheit. Comme la surface
(4) Chirurgische und physiologische V'ersuche , p. 139.
(2) Berzelius , Traité de chimie, t. VII, p. 408.
(3) Journal de Magendie , t. X, p. 144.
(4) Loc. cit., p. 433. ,
(b) Zeitschrift fuer Physiologie , {, IL, p, 32. -
de sa main était un soixantième de celle de son corps entier, il résulterait de là que sa transpiration aurait été de‘dix-huit cent grains anglais par heure et de quarante-trois mille deux cent grains en vingt-quatre heures, = 45942 grains de Prusse; =,95 onces. Le soir, à une température de soixante-deux degrés du thermomètre de Fahrenheit, sa main ne donna que douze grains en une heure, ce qui réduirait la transpiration du corps entier à dix-sept mille deux cent quatre-vingts grains en vingt-quatre heures, — 18376 grains de Prusse, = 38 onces.
Abernethy obtint de sa main et d’une partie de son avantbras, présentant ensemble une surface de cent huit pouces carrés , trente grains d’eau , pendant une heure , la température extérieure étant de soixante à soixante-dix degrés du thermomètre de Fahrenheit. Cette surface n'étant qu’un vingtcinquième de celle de son corps entier, il résulterait de là que sa transpiration cutanée aurait été de sept cent cinquante grains anglais par heure, et de dix-huit mille grains en vingtquatre heures, — 19112 grains de Prusse, = 39,87 onces.
Anselmino a trouvé que son bras transpirait environ une demi-once d’eau dans l’espace de six heures. Or, en admettant. que la surface du bras fût un dixième de celle du corps entier , la quantité’ d’eau exhalée par toute la superficie du corps, en vingt-quatre heures , aurait été de vingt onces.
Séguin a observé immédiatement la quantité totale de sa transpiration cutanée, séparée de l'exhalation pulmonaire , en se renfermant dans un sac de taffetas ciré qui ne lui laissait de libre quela bouche. La quantité moyenne était de onze . grains par minute, et en conséquence de quinze mille huit cent quarante grains pour les vingt-quatre heures , — 1381 grains de Prusse, — 28,78 onces.
Dalton expirait , d’après son calcul, vingt onces et demie d’eau, et comme la perspiration prise en masse s'élevait à trente-sept onces et demie, il ne restait que dix-sept onces pour la transpiration cutanée. Mais Dalton comprenait encore dans l’eau expirée dix onces d'acide carbonique, et dans l’eau transpirée une demi-once de ce même acide, en sorte que la peau aurait fourni seulement six onces et un quart d'eau, ce
562 SÉCRÉTIONS SUPERFICIELLES VAPOREUSES, . qui fait un fâcheux contraste avec les observations exactes et rigoureuses qui ont été rapportées plus haut.
Il est possible que Gruikshank évaluñt trop haut la transpiration Cutanée , et qu'Abernethy restreignît trop la perspiration pulmonaire. Le rapport de celle-ci à celle-là était de 1 : 14 d’après le premier, et de 1 : 9 suivant le second: Cette proportion, considérée en elle-même, est fort invraisemblable ; car, quoique l'exhalation de gaz prédomine dans les poumons, et celle d’eau à la peau, la différence ne peut point être aussi considérable sous le rapport de l’évaporation que sous celui du dégagement de gaz, puisque les poumons surpassent de beaucoup la peau en ce qui concerne la délicatesse du tissu , l'abondance du sang et l'énergie de l’activité vitale. IL paraît donc que, comme la méthode employée par Séguin était la plus rigoureuse, le résultat de ses expériences est aussi celui qui se rapproche le plus de la vérité. Or elles nous apprennent que l’exhalation aqueuse des poumons était à celle de la peau dans la proportion de 8791 ; 13815 = L : 4,57. Maintenant, si l’exhalation d'acide carbonique :à la; peau ($ 818, IT } est à celle de ce même acide dans les poumons comme 350 : 23450 — 1, 67, la perspiration cutanée entière està la perspiration pulmonaire comme 14165 .32241=1 2,27, et cette différence sera compensée par l’activité incomparablement plus grande de l'absorption, d’air surtout, dans les poumons.
En évaluant la surface de la peau, à quinze pieds carrés, chaque pouce carré exhalera 6,39 grains d’eau dans l’espace de vingt-quatre heures.
7°.L'eau qu'Abernethy avait obtenue, en recueillant sa transpiration cutanée (1), était claire et insipide. Elle n’altérait point les couleurs bleues végétales. L’acide hydrochlorique ne la troublait pas non plus. Soumise à l’évaporation, elle laissait un peu de résidu ayant une saveur faiblement salée. Elle différait donc de l’eau exhalée dans les poumons par le sel qu’elle contenait, et parce qu'elle ne devenait point alcalescente lorsqu'on la conservait.
(4) Loc, cit., p. 433.
SÉCRÉTIONS SUPERFICIELLES GAZEUSES. 363 Añselmino a obtenu, de la transpiration de son bras ‘un liquide inodore ét insipide , ni acide, ni alcalin, et non suscepuüble de passer à la putréfaction. Quand la peau s'était trouvée bien sèche, ce liquide n'était composé que d’eau et d'acide carbonique. En toute autre circonstance , il contenait un peu d'acétaté d’'ammoniaque , et de plus, quand la peau avait été mise en contact avec le verre, une grande quantité de chlorure de sodium.
L'odeur spécifique que répand la transpiration des divers animaux et des différens individus , et que les animaux savent bien apprécier, puisqu'elle leur permet de suivre à la piste, prouve qu'il se volatilise aussi des substances organiques en même temps que l’eau.
8 819. Tous les êtres organisés exhalent des gaz, qui constituent le second genre de leurs sécrétions volatiles.
I. Cette exhalation a lieu sur les points qui ne sont en contact qu'avec le milieu dans lequel vit l'être organisé, par conséquent avec l'atmosphère on avec l’eau contenant de l'air. La comparaison des gaz contenus dans ce milieu avant et après le contact, nous apprend quels sont les gaz qui se sont dégagés du corps organisé.
4° Ici se rangent Surtout les organes respiratoires, © c'est-àdire ceux que leur structure et leur texture rendent propres à mettre la substance organique en contact immédiat avec l'air libre ou avec l’air répandu dans l’eau. La respiration est un échange mutuel de substances entre le corps organique et le milieu extérieur ; et comme l'ingestion et l’éjection, l’ absorption et l'exhalation, s’y trouvent liées par d’intimes connexions , on est dans l'usage de les étudier ensemblé. Cependant il n’y a qu'une différence purement relative entre l’exhalation de gaz et la sécrétion des liquides, puisque la seconde est toujours déterminée, quoiqu'à la vérité d’une manière indirècte, par l’ingestion qui l’a précédée. En outre, l'expiration dure encore quelque temps après que l'inspira-
364 SÉCRÉTIONS SUPÉRFICIELLES CAZEUSES.
tion ne peut plus avoir lieu ; nous en avons la preuve dans les observations recueillies par Carradori et Buffon, qui ont vu des Grenouilles tenues plongées sous l’eau de manière à rendre toute inspiration impossible, expirer encore de l’air, qui s’élevait de leur bouche sous la forme de bulles. Comme notre objet est actuellement de passer en revue toutes les sécrétions, nous devons donner place ici à l'expiration de gaz, qui est une véritable sécrétion; plus tard nous examinerons l'inspiration, et enfin l'essence de la respiration en général.
2° Chez les êtres organiques les plus imparfaits, la surface du corps exhale des gaz, à défaut d'organes respiratoires, qui n'existent point encore. Chez les Poissons, les Batraciens et les Sauriens , la peau partage cette fonction avec les organes de la respiration , de manière à y prendre quelquefois autant et même plus de part qu'eux. Chez l’homme, sa participation se réduit à peu de chose. Lorsqu'on se met dans le bain, ou qu'on tient sa main sous du mercure, il monte d’abord des bulles provenant de l'air qui adhérait à la peau et que ces liquides en détachent ; mais, après quelque temps de séjour, on voit peu à peu se dégager d'autres bulles , dues à des gaz qui ont été exhalés par la peau. Cette exhalation n’a pas lieu constamment, selon Collard de Martigny (1), ce qui fait qu’elle a été niée par Klapp, Gordon et Woodhouse (2).
IT. Dans des cavités qui sont accessibles à l'air extérieur, mais qui contiennent en même temps des substances étrangères introduites du dehors ou des humeurs secrétées, on trouve de l'air, qui peut provenir de l'extérieur, ou avoir été, soit dégagé par les substances que la cavité recèle, soit même sécrété, en partie ou en totalité, par les parois de cette dernière, et sur le compte duquel nous nous apesantirons peu, à cause de l'incertitude dont son origine est couverte.
3° Les organes respiratoires des Holothuries, de plusieurs Mollusques et des larves de quelques Insectes ont des connexions avec le canal intestinal. Il ya même divers Poissons
(4) Journal de Magendie, t. X, p.165.
: (2) Meckel, Deutsches Archiv, t. IX, p, 608.
SÉCRÉTIONS SUPERFICIÉLLES GAZEUSES, 365
chez lesquels ce dernier semble encore prendre une certaine part à la respiration (1).
L'origine de l'air qu’on rencontre dans les organes digestifs, chez les Mammifères , est très-équivoque. D’un côté, les ali- . mens contiennent une plus ou moins grande quantité d'air atmosphérique, et fournissent, quand ils viennent à être décomposés par l'acte de la digestion, différens gaz qui font que certaines substances sont plus venteuses et d'autres moins : Chevillot a évalementobtenu du chyme, hors du corps animal , les mêmes gaz qu'il avait trouvés dans le canal digestif (2). D'un autre côté, nous savons que le météorisme sur-
. Vient toutes les fois qu’il y a tendance à la décomposition de
la substance organique , dans les fièvres bilieuses et putrides, dans la gastrite et l’entérite ; qu'une anse vide d’intestin, emprisonnée dans une hernie étranglée, se boursoufle d'air; qu'il y a des cas même où, sans nulle trace de tendance des humeurs à se décomposer, et sans que le sujet ait fait usage d’alimens venteux , ils'accumule beaucoup d'air dans le canal intestinal ; que les coliques dites venteuses ne sont pas rares par exemple après le refroidissement des pieds ou la suppression des exanthèmes, et que les malades atteints d'hypochondrie ou d'hystérie sont presque continuellement tourmentés par des vents, dont l'émission les soulage. Lobstein (3) assure que la frayeur, à la suite d’un repas copieux, détermine le développement soudain d’une grande quantité de gaz, et que les vents rendus par le bas exhalent une odeur spécifique avant un accès de goutte. Dans une épidémie de choléra, Sydenham a observé quelques malades, qui, avec les autres symptômes nerveux de l'affection, ne présentaient qu'une émission abondante de vents par le haut etpar le bas, sans vomissemens ni diarrhée, et il a même désigné cette nuance de la maladie sous le nom de choléra sec, pour indiquer qu'elle n’est accompagnée que d’une sécrétion de gaz. On a remarqué que les gaz rendus par le bas exhalent une forte odeur d'hydrogène sulfuré chez
(4) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt , t, II ,p. 56. (2) Magendie, Précis élémentaire , t. II, p. 417. (3) Traité d'anatomie pathologique, t,I, p. 497.,
les personnes qui ont fait usage de frictions avec le soufre. Enfin, Magendie et Girardin , ayant tiré du corps d’un Chien une anse yide d'intestin, qu'ils entourèrent de deux ligatures | et qu'ensuite ils firent rentrer dans l'abdomen, la trouvèrent pleme de gaz au bout de quelques heures. Si ces faits suffisent pour attester la possibilité d'une sécrétion de gaz dans les organes digestifs, cependant les argumens contraires ne permettent pas que nous insistions davantage ici sur le sujet luimême , dont nous aurons d’ailleurs à parler plus‘amplement lorsque nous traiterons de la digestion.
A° La vessie vide se remplit d'air venant du dehors, de manière que les hommes chez lesquels les muscles abdominaux Ont acquis un grand développement , eu égard à la force (par exemple les ventriloques), peuvent expulser volontairement cet air. Mais il y a aussi des cas où l’on voit sortir de la vessie, soit en urinant, soit en allant à la selle, des gaz qui ont vraisemblablement été sécrétés par elle (1). |
De même aussi l'air peut pénétrer du dehors dans la matrice($ 357, 6°). Il s’y en développe assez fréquemment , chez les femines en couches, par la décomposition d’une par : te du placenta qui. est demeurée dans cet organe, ou par celle des liquides sécrétés. Mais la tympanite utérine s'observe quelquefois aussi dans des circonstances étrangères à celles-là ; à la suite d’affections morales, on voit tout à coup, eu sans cause appréciable , la matrice être distendue peu à peu par des gaz qui se sécrètent dans son intérieur.
L'analosie permet d'admettre, comme une chose probable, que des gaz sont sécrétés dans les cavités communiquant avec les voies aériennes ; mais cette communication elle-même ne permet pas de le démontrer. J. Davy (2) a trouvé, chez un phthisique , deux cent vingt-cinq pouces cubes d'air dans un des sacs de la plèvre : cet air consistait en 0,92 d’azote et 0,08 d'acide carbonique ; il s'était introduit dans la plèvre à la faveur. d’une caverne purulente du poumon, et la disposition valvulaire de l’orifice ne lui permettait pas desortir par la voie
(1) Traité des maladies venteuses , par P. Baumes, 2° édition, Paris 1837, in-8. | (2) Philos. Trans,, 1823, p. 496.
de gaz acide carbonique avaient été exhalés par'les poumons ou par le sac pleuréal. Chez un autre homme, à la suite d’une chute sur la poitrine et d’une toux violente, il s'était fait, dans les poumons, deux petites fissures , à travers lesquelles une certaine quantité de l'air inspiré passait dans la cavité de la plèyre.J. Davy recueillit les quantités suivantes de gaz, tant dans les quatre paracentèses auxquelles le malade fut soumis, qu'à l'ouverture de la poitrine faite sous Keau, après la mort (1) :
Pouces Acide
cubes. Azote. carbonique. Oxygène.
Première opération. . . 25 0,930 0,070 0 SECORAE TN HN 120 0,900 0,075 0,025 Troisième, : : . . . 35 0,884 0,060 0,055 Quatrième. . . . . A0 0,580 0,080 0,040
Ouverture du corps. 4170 0,825 0,160 0,045
Ce même observateur a trouvé, dans l’air que contenaient les poumons sains de trois autres cadavres , 0,848 à 0,867 d'azote ; 0,083 à 0,125 d'acide carbonique, el 0,020 à à 0.050 d'oxygène (2). Le gaz renfermé dans le sinus maxillaire et le sinus frontal d'une Brebis qui venait d'être mise à mort(3), lui présenté ; 0,820 à 0,865 d'azote, 0,095 à 0,138 d'oxygène, et 0,042 à 0,045 d’acide carbonique , à l'eute duquel tout porte à croire qu'il avait été sécrété dans ces cavités, et non qu'il provenait des poumons.
Il serait très-possible aussi que les parois des sacs aériens qui , chez les Oiseaux , communiquent avec les poumons, fussent non pas seulement des réservoirs, mais encore des organes complémentaires de la respiration, et que la membrane des os , qui avait d’abord sécrété de la graisse, ne fournit plus, dhand l'air y aurait accès, que des gaz dont la sécrétion détruirait en partie son précédent produit.