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reux s'écouler de la conjonctive qui les tapisse, et comme la cornée devient alors sèche, ainsi qu'il arrive après la perte des paupières, l'humidité de l'œil paraît provenir plutôt de la conjonctive ‘palpébrale que de l’oculaire (1), quoiqu'il :soit incontestable que cette dernière fournit également une certaine quantité de sécrétion. | 4
VI. Le liquide nasal, que sécrète la membrane muqueuse du nez, et qui est mélé avec le suc muqueux des yeux, ainsi qu'avec l'humeur lacrymale, contient, d’après Berzelius (2), 0,9337 d'eau, 0,0533 de mucus, 0,0030 d'osmazome, 0,0056 Ps chlorures de potassium et de sodium, 0,0035 de au salivaire, avec, une trace d'albumine et de chlorure de sodium, enfin 0,0009 de soude, combinée, d’après Fourcroy, avec dé l'acide carbonique, qui peut avoir été fourni par l'expiration ($:817,:3°). Le mucus nasal diffère du mucus intestinal, suivant Berzelius, en ce qu'il est transparent et plus soluble dans les acides, se dissout’plus lentement dans les alcalis, redevient Ar et visqueux quand on le plonge dans l’eau après l'avoir fait sécher, enfin devient jaunâtre et puriforme quand on le fait à ‘plusieurs reprises, alternativement sécher-et ramollir dans l’eau.
VII. Le suc muqueux de la vésicule biliaire a été quelquefois rencontré en masses de huit à neuf onces, dans des cas où le canal cystique était devenu imperméable soit par la présence d’un calcul biliaire, soit par l’oblitération de ses parois. En pareille circonstance, il était presque toujours limpide comme de l’eau. Brugnatelli l’a trouvé alcalin , albumineux et visqueux, comme dela synovie ; Stœrk, épais comme du blanc d'œuf ; Gline, égal en consistance à de, Ja gélatine (3). Dans un cas de ce genre, la vésicule biliaire contenait, d'après Leuret et Lassaigne (4), près de sixonces d’un liquide séreux.
(4) Eble, Ueber den'‘Bau und die Krankheiten der Bindehaut des
Auges, p. 31,49.
(2) Traité de chimie, t. VIT, p. 463.
(3) Voigtel, Handbuch der pathologischen Anatomie, t. TIX, p. 87.
(4) Recherches physiologiques et chimiques pour servir à l’histoire de la digestion, p, 72
SÉCRÉTIONS CUTANÉES. 419 D'après les recherches de Berzelius, le mucus de la vési- Cule biliaire est plus tr ansparent que celui des fosses nasales, insoluble dans les acides, plus facile à dissoudre ‘dans les alcalis, et précipitable par les acides. Après ayoir été desséché, il se ramollit de nouveau dans l'eau, sans s’y répandre autant qu'il le fait à l'état frais.
VIIL. Le mucus de la vessie urinaire est soluble dans l'acide acétique et l'acide hydr ochlorique ; il se dissout dans les alealis, dont les acides ne le pr écipitent plus ensuite. Après la dessiccation . il se ramollit dans l’eau, mais sans redevenir mucilagineux.
IX. Le suc muqueux des autres membranes muqueuses, ngfamment des conduits excréteurs des glandes, est sécrété en trop petite quantité , dans l'état normal, pour qu'on puisse l’étudier pur. Nous ne connaissons bien, que l’embryotrophe : secondaire , sécrété dans l'oviducte des Oiseaux ( $ 340, 3° ) ou le blanc d'œuf ($ 464, 2° ). Ge liquide, incolore, épais, visqueux , réagit à la manière des alcalis. Il contient 0,800 d'eau, 0,155 d’albumine et 0,045 d’osmazome, de matière SAlivaire de carbonate de soude et de sels. .
$ 821. Les substances fixes sécrétées dans le tissu de la peau et dans les cryptes portent à un plus ou moins haut degré le caractère de matières riches en carbone.
I. La surface entière de la peau fournit un liquide qui non seulement pénètre et imbibe , mais encore enduit et recouvre les parties épidermatiques.
lo Ce liquide (smegma, sevum DÉCO est ce qui rend l'épiderme de l'homme luisant , ét empêche l’eau de se répandre uniformément à sa surface. On peut l'enlever avec du papier gris, qui se couvre ainsi d'une tache de graisse, et il rend trouble l’eau qu’on emploie pour se nettoyer. Quelquefois il s'amasse, soit parce qu'il est sécrété en plus grande abondance, soit par l'effet de la malpropreté, de manière à produire ou des croûtes ou des couches d'une substance onctueuse , grasse
et fortement odorante. On croyait autrefois, et Blainville (4) admet encore aujourd'hui, qu'il doit naissance à de la graisse transsudée ; mais on le rencontre au cuir chevelu , au pénis, au scrotum , où il n'y a point de graisse sous la peau, etilest parfois abondant chez les personnes maigres. Bichat supposait sans nul fondement qu'il est sécrété par des vaisseaux exhalans particuliers. Les follicules sébacés sont le lieu proprement dit de sa formation; mais comme il se rencontre aussi sur des points où l’on ne peut apercevoir aucun de ces follicules, nous devons admettre , ainsi que nous l'avons fait pour la sécrétion muqueuse, que la peau possède par ellemême la faculté de sécréter ce liquide, mais que les cryptes le produisent en plus grande abondance, le conservent pendant quelque temps, et le perfectionnent ou le concentrent.
Lorsqu'on triture le smegma cutané avec de l’eau, on obtient une émulsion. Cette substance ne fond point à la chaleur, comme de la graisse, mais s’y comporte de la même manière que l'albumine, c'est-à-dire qu’elle se boursoufle, brûle en répandant une odeur de corne , et laisse beaucoup de charbon. tr E UN
Celle qu'Esenbeck (2) a examinée, et qui avait été trouvée accumulée dans un follicule sébacé agrandi , ne se coagulait point par l’ébullition, et précipitait tant par les acides que par le deutochlorure de mercure et le tannin. Elle donna 0,242 de stéarine, 0,126 d'osmazome, avec des traces d’élaïne, 0,116 de matière salivaire, 0,242 d'albumine, mélée, à!ce qu'il paraît, avec de la matière caséeuse , 0,200 de phosphate et 0,021 de carbonate calcaires , 0,016 de carbonate de magnésie, 0,037 de perte , avec une trace d’acétate de soude et de chlorure de sodium. Elle contenait donc fort peu de matières volatiles et une quantité 'proportionnellement très-considérable de matériaux organiques fixes.
Frommherz et Gugert ont trouvé, dans le vernis caséeux de l'embryon (8 426, 2°), une praisse particulière , analogue à la cholestérine , et de la matière salivaire, ou plutôt, d’après
(4) Cours de physiologie générale , t. IL, p. 251. (2) Kastner, Archiv fuer die gesammte Naturlehre, t, XII, p. 460.
Berzelius (1), de l’albumine. Peschier (2) y a rencontré une graisse butyreuse, avec du soufre et une substance précipitable par la noix de galle et Le nitrate d'argent, qu'il considère comme une modification de la gélatine.
2° Quand on commence à suer, on {voit manifestement les premières gouttelettes sortir des enfoncemens de la peau : aussi a-t-on donné à ces derniers le nom de trous sudorifères, et la sueur elle-même a-t-elle été considérée , notamment par Treviranus (3) et par Eichhorn (4), comme une sécrétion toute particulière. Eichhorn regardait comme des canaux sudorifères les filamens blancs qu'on remarque entre la peau et l'épiderme , et croyait qu’ils démontrent l'existence de véritables pores à l'épiderme. Cependant, quand bien même ces filamens seraient des canaux (8 797 , 20°) , ils ne peuvent ni sécréter eux-mêmes, puisqu'ils n’ont point de vaisseaux sanguins, ni recevoir une sécrétion quelconque par des voies ouvertes , puisque leur fond est en cul-de-sac ; leur contenu ne pourrait donc s’y être introduit que par transsudation ; par conséquent ils ne dispenseraient point d'admettre cette dernière , ils ne feraient que la reporter ‘de la'surface à des partes plus profondes , et Les pores n’en demeurent pas moins de simples dépressions ou enfoncemenss Mais la sueur, considérée sous le point de vue de son origine, ne peut être que l’exhalation aqueuse de la peau passée à l'état liquide parce que l'atmosphère n'a pas pu la dissoudre en totalité. Ainsi elle se produit toutes les fois que l'air ne peut point arriver à la peau , comme lorsqu'on couvre une partie de cette dernière avec un morceau de taffetas ciré , ou quand ‘on tient la main plongée dans du mercure (5) , mais plus ordinairement lorsque la perspiration est trop abondante pour que l'air puisse la dissoudre toute entière, comme on le voit chez les hommes et les animaux échauflés par la course, qui suent, en même
(4) Berzelius , Traité de chimie, t. VII, p. 322. (2) Journal de chimie médicale, t. IV, p. 557. (3) Biologie, t. IV, p. 197.
(4) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 4826, p. 445, (5) Abernethy, Chirurgische und physiologische Versuche, p. 400.'
temps que leur corps est enveloppé d’une atmosphère Vapo= reuse. Les Batraciens ne suent point, parce que la perspiration n’est point accrue chez eux par un échauffement intérieur, qu'elle n'est déterminée que par la constitution de l’atmosphère ; et qu'il y a par conséquent toujours harmonie parfaite entre elle et la faculté dissolvante de cette dernière. Les Oiseaux ne suent pas non plus, parce qu'ils exhalent beäucoup plus de gaz que d'eau. Certains Mammifères , les Chiens par exemple, sont dans le même cas, parce que l'échäuffement a pour principal effet, chez eux, d'accroître la perspiratioh pulmonaire. Il y a aussi des hommes qui n’entrent jamais en sueur. Enfin nous ne pouvons admettre un organe sécrétoire spécial pour la sueur, qui, partout où on la rencontre, n’est qu’un phénomène purement accidentel. Mais, partout aussi où un accroissement de sécrétion la provoque , là sueur sort d’abord des follicules sébacés, parce qu’au fond de ces organes la couche cutanée est Bud mince et d'un tissu moins dense ; de même , dans les plantes , l'exhalation aqueuse n'a lieu la plupart dé temps que par les stomates , quoiqu'à à l'air elle se fasse aussi par des points dans lesquels on ne remarque aucun organe semblable ($ 816, 1e). C’est au creux de l’aisselle et autour de la région pubienne qu'on sue le plus, d’un côté parce qu'il y a là beaucoup de follicules sébacés, et d’unautre côté parce que ces régions du Corps sont celles sur Sur lesquelles l'atmosphère peut le moins agir ; car là sueur “est tout aussi abondante au milieu de la paume des mains et de là plante des pieds , où il n’y a point de follicules sébacés. Enfin, quand la sécrétion aqueuse de la peau devient plus abondante , la proportion des substances solides qu’elle con= tient augmente aussi ($ 816, 7°), etcomme le liquide traverse les follicules sébacés , puis s'étale à la surface de la peau, il doit se mêler avec le smegtha cutané, et subir un changement de composition, en sorte que la sueur , telle que nous pouvons la recueillir, porte un caractère différent de celuiquiappartient à la transpiration ordinaire.
Thénard a trouvé , dans la sueur adhérente à un pites de flanelle qu'il avait porté pendant soixante et dix jours, des chlorures de potassium et de sodium, de l’acidé acétique , un
SÉCRÉTIONS CUTANÉES. 23 peu dé phosphiates de chaux et de fer, et une trace de substance organique. Berzelius (4) a reconnu , dans des gouttes de sueur recueillies sur le front, de l’osmazome , de la matière salivaire, de l'acide lactique, de l'hydrochlorate d’ammoniaque et beaucoup de chlorure dé sodium. La sueur qu’Anselmino recueillait avec des éponges , dans une étuve, était un liquide trouble , de saveur salée , exhalant une bdébr particulière , susceptible de’subir la putréfaction , Qui consistait en 0,9860
de parties volatiles, eau avec acétate d'ammoniaque et une
substance ayant l'odeur de la sueur, et 0,0140 de parties fixes âu feu. Ces dernières se composaient de 0,0041 de matières solubles dans l'alcool pur (osmazome, acide acétique ét äcétates ), 0,0066 de matières solubles dans l'alcool aqueux (osiäzome, chlorure de sodium et chlorure de potassium),
0,0030 de matières solubles dans l’eau seulement (matière Saliväiré , sulfate et phosphate de soude), et 0,0003 de ma- :
tières insolubles dans l'alcool et l’eau (phosphate et carbonate de chaux, avec des traces de fer). La sueur de la tête , des aisselles , de la région pubienne et de la plante des pieds varie d'édetr ; ét présente par conséquent une composition différente , en raison de la nature du smegma sécrété sur ces divers büints de la surface du corps. Chez les enfans, elle à üñé odeur moins prononcée et plus aigre ; la sueur des per- Sonnes à Cheveux blonds et roux n'exhale point la même odeur que célle des individus à cheveux bruns. On a remarqué aussi qu’elle avait une odeur particulière dans quelques races humainés, par exemple chez les Nègres et les Caraïbes (2).
La süeur des Chévaux contient, (d'après Anselmino, des chlorures de sodium et de: potassium , des sulfates de soude ét de potasse, du phosphate et: du carbonate de chaux, du phosphate de magnésie en quantité considérable, du fer ; de l'albumine , mais point d'urée ; que Fourcroy et Vauquelin disaient y avoir rencontrée.
36 Le sme#ma cutané est surtout abondant au cuir chevélu , ét il paraît se répandre tout le long des chéveux,
(2) Traité de chimie , t. VII, p. 324.
(2) Kæler, Diss, de odôre per cutem spirante , p.44.