‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 3)Chapitre 83 sur 108 · FEAR · texte numérisé non relu

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dont il enduit la surface et pénètre la substance ,. comme il fait à l'égard de l’épiderme. De là résulte que les cheveux deviennent des conducteurs de cesmegma, et en quelquesorte des organes excrétoires. En effet, ils déposent une matière grasse chez l’homme en santé et plus encore dans les états morbides, C’est à cette excrétion que se rapportent, suivant Heusinger (1), les ouvertures qu'on remarque à l'extrémité des piquans du Porc-épic, les poils blancs de la bourse du Muse, les soies dorsales du Cochon, etc. En général, cette excrétion paraît être considérable chez les animaux. Elle est fort abondante , par exemple, dans la laine des Brebis ,. où elle porte le nom de suint. Ce suint est blanc , jaune ou rougeûtre. Il contient une graisse saponifiée par un alcali, suivant Vauquelin, une substance d’odeur particulière, qui donne de l’'ammoniaque par la combustion, du carbonate calcaire, de l’acétate de potasse , et une trace de chlorure de. potas-- SiumM.

Lo Une sécrétion grasse analogue est très-répandue dans le rèone animal. C’est à elle que le test corné des Insectes doit son brillant, et certains Coléoptères exsudent une substance grasse. Chez les animaux qui vivent dans l’eau, ou à l’humidité , la surface du corps est couverte d'un enduit mucilagineux, de sorte que Ja peau semble avoir acquis la nature d’une membrane muqueuse. Mais, quoique la peau extérieure n'offre ses caractères propres parfaitement développés que chez les animaux qui vivent à l'air libre, cependant l'humidité ne détruit pas en totalité ceux qui lui sont. particuliers , et ne fait que lui donner une sorte de ressemblance extérieure avec les membranes muqueuses. Ainsi , chez les Mammifères aériens , son produit sécrétoire n’est point de la matière sébacée pure , mais un mélange de cette dernière ayec des substances albumineuses ; or la même chose a lieu chez les animaux aquatiques , avec cette seule différence qu'ici les produits albumineux prédominent. Quoique la sécrétion à laquelle on donne le nom de mucus cutané, uniquement ‘d’après sa consistance, n'ait point encore été examinée d'une

(1) Meckel, Deuisches Archiv , t. VIX, p. 413. ,

manière rigoureuse ; cependant quelques circonstances indiquent qu'on ne doit pas la considérer comme du mucus pur. Les Mammifères qui vivent dans l’eau marquent les points de transition; chez la Loutre , qui ne va à l'eau que pour cher-, cher sa nourriture , les follicules sébacés sont nombreux et sécrètent abondamment un smegma exhalant l'odeur d'huile de poisson, qui enduit les poils , tandis que, chez les Cétacés, dont la vie entière s'écoule dans l’eau, la peau est sans cryptes et donne une sécrétion mucilagineuse , mais évidemment grasse. Le mucus ‘cutané des Salamandres et des Crapauds est une bouillie épaisse , de couleur lactescente, consistant en un amas de globules microscopiques ; suivant Rosa (1), elle forme , dans l'alcool , des gouttes qui ressemblent à de la cire ou à du suif. L’enduit gluant des Poissons , qui , d’a- près Schultze (2), se comporte commele liquide visqueux des Limaçons observé par Nasse (3), c’est-à-dire se coagule par

les acides, la chaleur et l'alcool , et contient par conséquent de l’albumine , le mucus cutané du Ver de terre, qui teint les doigts en jaune, le suc visqueux et blanc sale des Holothuries ,etc., contiennent peut-être aussi de la matière grasse, mais en très-petite quantité, et comme enveloppée.

IL. Après le cuir chevelu, les régions de la tête qui, chez l’homme, fournissent la sécrétion la plus abondante , sont les alentours des organes sensoriels.

5° Le cérumen des oreilles, que les cryptes du conduit

auditif sécrètent sous la forme d’un liquide jaunâtre , qui s'é- päissit ensuite, est d’un jaune orangé ; il a une saveur âcre et amère; la chaleur le fait entrer en fusion et en dégage une odeur aromatique ; il graisse le papier. On y trouve (4) une graisse soluble seulement dans l’éther, une matière extractive jaune, très-amère et soluble dans l'alcool, que Vauquelin comparait à la résine biliaire, de l’albumine et

me

® (4) Meckel, Deutsches Archiv, t. IT, p. 625.

(2) Systematisches Lehrbuch der vergleichenden Anatomie, p.135. (3) Ibid., p. 624.

: (4) Berzelius , Traité de chimie , t, VII, p. 465.

26 SÉCRÉTIONS CUTANÉES, une matière éxtractive aqueuse , avec des lactates de soude et de chaux.

Lä chidssie, sécrétéé par les glindes de Meibomius ét la caroncule läcrÿmälé, n’a point encore été analysée.

6° Les énfonceémens plus ou moins développés en manière de glahdés ; à la peau de la face ; chez plusieurs Mimmifères; donnent un liquide épais ét gras, brünâtre et semblable au cérümen des oreilles chez l’Éléphant ; noirâtre chez les Cerfs et les Añtilopes , d'odeur alliicée danis là Marmotte ;, et d’odeur musquéé chez les Chéiroptères. |

Le liquide sécrété à l4 mâchoire inférieure du Gtocidile répand une odeùr änalogue.

L'occiput dés Bätraciens présente des amas de cryptes fournissant un liquide qui à l'odeur d'ail dans le pr sonnant , ét celle du jasmin dans la Salamandre:

LIT: Il se Sécrète un peu de smegma cutané sous l'extrémité libre des ongles de l'homme. {-

“La matière fétide qu’on trouve entre les onglons des Brebis; contient , d'après Feneulle (1); une substance huileuse, dé L'oshisonité , du mucus ; du carbonate de soude, du chlorure de sodium, du carbonate et du phosphate de chaux, ‘et une. trace d'aide:

Lés brieils des Geckos sécrètent un liquide plus mnlgt neux.

Péut-être faut-il ranger ici le suc âcre et brûlant que laissent tränssuder les tentacules des Actinies et des Méduses:.

IV. Diis l’éspècé humaine, on trouve, à la couronne du gland, chez l'homiie , uné matière sébacée blänchâtre; ayant l'odéur du pus ; qüi dévient semblable à du fromage en se désséchant ; et aux parties génitales de la femme, un Fous qui porte égalément de l'odeur:

Les crvptes de cette région du corps; sub à us dé: veloppées chez différens Mammifères, sécrètent des substances particulières, comme le musc , le castoreumi, la civette, qui contiennent principalement de la graisse, une huile volatile, de la-résine et de l'ammoniaque, unis à de l'albumine , ge

(4) Heusinger, Zoits@hift\ fer die orgénische Physih, ; “ “, ÿ 355.

SÉCRÉTIONS CUTANÉES. 427 l'osmazome, des sels neutres et de la chaux. Un smegma blanchôtre, jaunâtre ou brun, gras et fétide, se trouve aux parties génitales et à l'anus d’autres animaux , notamment des Rongeurs , des Carnassiers et des Marsupiaux.

Chez les Oiseaux, les glandes anales et la Hôbisc dé Fabricius donnent une sécrétion onctueuse, qui répand parfois une odeur forte. |

Des organes analogues , situés au cloaque des Serpens, fournissent une liqueur fétide, jaunâtre ou verdâtre.

V. Le smegma jaunâtre contenu dans les enfoncémens cutanés des Crapauds, a été examiné par Pelletier (1) et J. Davy (2). Il a une saveur amère , âcre et brülante ; et réagit fortement à la manière des acides. Outre une graisse trèsamère et une Substance organique soluble seulement dans l’éau chaude , il contient un acide volatil, en partie libre et

‘en partie tonbiné.

Nous trouvons là le passage aux sues acides et âcres qui sont dardés par certains Insectes. La substance grasse, qui ést voilée par l'acide dans ces liquides, semble se manifestér quelquefois d’une äutré manière ; ainsi, on extrait des Four- Mis une huile grasse, en même temps que de l’acide, ét, chez les Abeilles, la sécrétion de la cire paraît avoir des rapports ävec la sécrétion du liquide limpide tomime de l’eau que fournit la bourse à venin.

On doit rapprocher des sécrétions cutanées grasses l'encre chârbonneuse des Seichés , qui, d’après Prout, se compose d’un pigment analogue à celui de l'œil, avec un peu de matière mucilaginuse et de sels, surtout marayi

Enfin, nous pouvons considérer comme analogues les sucs

date qui exsudent chez un grand nombre de plantes, ét qui sont tantôt de nature céracée , Comme Ce qu’on appelle là fléur de cértains fruits , tantôt HeSI@URE Comme dans Deaucoup dé bourgeons, ou acides , comme dans les pois-chiches, mais dont la plupart n’ont point encore été soumis à l’analyse chimique.

(4) Meckel, Deutsches Arch , t VI, p. 466.

(2) Philos, T rans.. 4826 , p. 427.

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