SABINE
est constamment alcaline chez la plupart des hommes , neutre le matin chez quelques uns, et habituellement acide chez un très-petit. nombre. Quand elle est naturellement neutre , ou qu’on l’a neutralisée au moyen de l'acide acétique, OU enfin qu elle exerce des réactions acides , si on l’abandonne à ellemême dans un endroit frais, elle acquiert , au bout de seize à vingt-quatre ‘heures, des propriétés alcalines dues à un développement d'ammoniaque , sans que Schultz ait pu aperceyoir. en elle aucun autre signe de décomposition.
La salive fraiche , mise sous le récipient de la machine beaucoup. a à l'air libre, elle : se > trouble , dépose des flocons, et ne tarde pas à subir la putréfaction ; elle répand alors une odeur, qui est d' abord purement ammoniacale, mais qui devient ensuite très-fétide. Elle ne se trouble que faiblement par la chaleur de l'ébullition. Elle se mêle avec l'eau mais non d'une manière complète. Les acides y font naître un léger précipité. Les alcalis n’y produisent point de chan gement appréciable, mais en dégagent assez Souvent, une odeur, ammoniacale. Les nitrates de plomb, d'argent ( et de mercure , le’deutochlorure de mercure et l'acétate de plomb Y déterminent: des précipités. L'alcool qu’on verse dans de la salive fraîche y occasione un trouble à peine sensible ; mais, dans celle qu'on a filtrée, il donne lieu à à un précipité qui se redissout en partie lorsqu’ on fait chauffer la liqueur. La teinture de noix de galle agit de la même manière. Ajoutée à l'amidon , la salive en favorise la fermentation spiritueuse.
AS Nous allons donner, d’après Berzelius (1), Gmelin (2) et Mitscherlich (3), l'indication des principes constituans de la salive, rangés par classes :
(4) Traité de chimie, t, VIT, p. 457.
(2) Tiedemann et emelin; Rpohétohes expérimentales sur la digestion , A LE pos
(3) Loc, cit., p, b1b,
Berzelius. Gmelin. Mitscherlich.
PAUL ce 0 1e 00 ie eu 0,9929 0,9886 0,9832
Matières solubles dans l'alcool. . 0,0026 0,0040: 0,0073 Matières solubles dans l’eau seu- |
lement "FAIM EAN, 0,0031 0,0025 0,0053
Matières insolubles dans l'alcool |
et dans l’eau. . . . . . . . . + 0,001% 0,0049: 0,0042
Des matières solubles dans l'alcool, il y en avait, d'après
Gmelin , 0,0039 solubles à froid, et 0,0001 à chaud seulement; selon Mitscherlich, 0,0044 solubles dans l'alcool aqueux seulement, et 0,0029 solubles aussi dans l'alcool anhydre. £ | |
Les proportions de l’eau et des parties constituantes solides étaient, d'après Guibourt (1), de 0,9944 et 0,0056 dans une salivation périodique, sans nul autre état morbide ; selon Thomson (2), de 0,9929 et 0,0071 dans une salivation mercurielle ; suivant Leuret et Lassaigne (3), de 0,9900 et 0,0100. Tiedemann et Gmelin (4) les évaluent à 0,9881 — 0,9940 et 0,0119 — 0,0090; Mitscherlich (5) à 0,9832 — 0,9854 f 0. ,0168 — 0 016 dans la salive parotidienne ; Brande (6), 0,9820 et 0,0180 ; Bostock (7), à 0,9800 et 0,0200.
Gmelin a obtenu du résidu dé la salive évaporée 0,219 de cendres : quand le résidu s'élevait 0,0104 de la salive, celleci contenait par conséquent 0,0023 de substance inorganique et incombustible , et 0,0081 de substance organique. Brande y admet 0,0020 de principes inorganiques et 0,0160 de matériaux organiques ; Bostock 0,0010 des premiers et 0, 0190 des seconds.
(4) Journal de chimie médicale, t. IX, p. 497. (2) Gmelin, Handbuch der theoretischen Chemie, t. II, p.4398.
(3) Recherches physiologiques et chimiques pour servir à l’histoire de
la digestion, p. 34, (4) Recherches expérimentales sur la digestion, t. I, p. 44. (5) Loc. cit., p. 514.
(6) Meckel, Deutsches Archiv , t, II, p. 299. (7) John, ii T'abellen des Thierreichs, p. 27,
5° A l'égard des principes constituans considérés en particulier, on donne le nom de matière salivaire, ou de ptyaline, à la sue organique de la salive évaporée à siccité qui ne se dissout que dans l’eau et n’est point soluble dans l'alcool. D'après Berzelius, elle entre pour 0,0029 dans la salive.
6° La matière organique insoluble dans l’eau et l'alcool est du mucus. Suivant Mitscherlich, ce mucus est soluble dans la potasse, d'où les acides le précipitent, l'acide acétique le gonfle et le rend transparent, mais sans le dissoudre ; l'acide hydrochlorique et l'acide sulfurique ne font que changer sa couleur.
7° Les autres principes constituans organiques sont désignés par Bostock, Thomson, Leuret et Lassaigne, sous le nom vague de mucus. Ces observateurs , ainsi que Fourcroy et Vauquelin, admettaient aussi, dans la salive, de l’albumine, dont les recherches des modernes n’ont point constaté la présence; Gmelin regarde seulement comme possible qu’elle soit combinée , à l’état de coagulation , avec le mucus. Berzelius admet de l’osmazome, qui, unie avec du lactate de soude, ferait 0,0009 de la salive ; Gmelin considère cette substance comme constituant la portion soluble dans l’eau et l'alcool , et en distingue seulementune graisse soluble dans l'alcool, ainsi qu'une matière brune, cristalline , soluble dans l'eau, qui se dépose par le refroidissement de la dissolution alcoolique préparée à chaud , et qui est peut-être de la matière caséeuse. Mitscherlich distingue une matière extractive (osmazome) rougeûtre, déliquescente à l'air, et soluble tant dans l’eau que dans l’alcoo! anhydre, ainsi qu'une autre substance jaunâtre, non déliquescente ,. et soluble seulement dans l’eau et l'alcool aqueux, qui est peut-être de la ptyaline devenue soluble dans l'alcool aqueux par sa combinaison avec la première substance extractive. Selon Guibourt, la salive ne contient point d'osmazome complète, mais seulement la portion azotée de cette substance , ou sa matière odorante , mais il y entre de l’albumine devenue mucilagineuse par son mélange avec du mucus soluble.
So Quand la salive contient de l'alcali libre, cet alcali, au