IL. Les parties constituantes essentielles et sp ee
dela bile se dissolvent dans l'alcool. Ce sont : 12° La matière biliaire , telle que Berzelius l’a mise à nu’
Lorsqu'on à séparé le mucus de la bile fraîche au moyen d’un acide faible ou de l'alcool, ou quand on a dissous l'extrait de bile dans de l'alcool, l'acide sulfurique détermine un prés cipité verdâtre , qui se compose des substances grasses et de: la matière biliaire passée à l’état acide , ce qui l'a rendue analopue à une résine et insoluble dans l’eau. La graisse mêlée avec elle est enlevée par l’éther, et l'acide sulfurique parles
carbonate de potasse, la baryte ou l'oxide de plomb ; après quon
il reste la matière biliaire pure , qui retient Cependant encore un peu du réactif neutralisant dont on s’est servi. A l'étausec# cette matière est cassante ; elle a une saveur amère ,-avec/un!
(4) Loc. cit., p. 73. | d248) (2) Loc. cit., p. 55. | ©
BE. ll) arrière-poût douceâtre ; elle attire l'humidité de l'air, se dissout dans l’eaû en toutes proportions , et produit ainsi un liquide qui ressemble à de la bile fraîche. Elle brûle comme l'extrait de bile, et, à l'instar de ce dernier, elle est'soluble dans l'alcool. L’acide acétique ne la précipite point. Les acides minéraux forment avec elle des combinaisons peu solubles, qui Se précipitent en masses d’un vert foncé, ressemblent à une résine molle, ne sont solubles que dans l'alcool, et le deviennent dans l’eau quand on les débarrasse de l'acide libre, où qu'on ajoute de l’acétate de potasse, dont l'alcali se combine avec l'acide minéral et l'acide acétique avec la matière biliaire. Celle-ci est soluble dans les alcalis. Les oxides métalliques la décomposent et la précipitent. Elle ne donne point d’ammoniaque , et, par Conséquent , ne Contient point d'azote. . Dans la bile de Bœuf, elle s'élevait, conjointement avec Îa graisse , à 0,0800 d’après Berzelius. | | pue
13° La graisse biliaire (cholestérine), qu'on à rencontrée d’abord dans des calculs biliaires, mais dont Chevreul (1) a démontré aussi l'existence dans la bite! est séparée des acidés gras qu’a extraits l'éther par la cristallisation où par la digestion avec de la potasse. Elle n’a ni odeur ni saveur, cristallise én lames blanches et brillantes, diffère de tous les autres corps gras en ce qu’elle ne fond qu’à quarante-sept degrés du thermomètre de Réaumur, se dissout un peu dans l’alcool, n’ést point saponifiable par la potasse caustique, et ne contient pas de phosphore, comme la graisse cérébrale. Elle se compose de
Saussure. . Chevreul.
Carbone. . . .. 0,84068 ‘0,83093 Hydrogène . . . 0,12018 0,11880 Oxygène... .. 0,0391% 0,03025
III. Nous considérons comme principes constituans problématiques de la bile, d'abord les substances qui apparaissent par le traitement avec les sels métalliques , ét qu'on ne peut mettre en évidence d’aucune autre manière. Les deux prin-
(1) Journal de Magendie, t, IV, p. 258.
cipales matières qui appartiennent à cette catégorie sont la résine biliaire et le sucre biliaire ou picromel, découverts par Thénard; les autres l'ont été par Ginelin. Aucune de ces substances n’a la propriété de contracter avec les acides minéraux une combinaison peu soluble.
14° La résine biliaire , que Thénard avait précipitée par le sous-acétate de plomb, s'élevait, dans la bile de Bœuf, à 0,0300, et, dans la bile humaine , à 0,0373 ; elle était solide, verte, amère; elle se dissolvait un peu dans l’eau, d'où l'acide sulfurique la précipitait ; elle était soluble aussi dans l'alcool et les alcalis, et précipitable du premier par l’eau, des autres par les acides.
Gmelin, en analysantla bile, a trouvé cette résine dans le précipité produit par l’acétate de plomb neutre, comme portion insoluble dans l’éther et l’eau (8,1), mais mêlée aussi avec les substances solubles dans ce menstrue (u,v,£) et insolubles dans l'alcool (r), de même que dans la portion insoluble dans l'eau de la liqueur débarrassée du sulfure de plomb (), et mêlée également aux parties solubles dans l’eau (+,v); il l’a rencontrée encore dans le précipité déterminé par le sousacétate. de plomb (+), mais plus abondamment que partout ailleurs dans la portion insoluble dans l’eau de la liqueur. évaporée (w). Elle était brune, cassante à froid, molle à : chaud , fusible à la chaleur ; elle brülait avec une flamme vive et une odeur aromatique; elle se dissolvait dans l'acide nitique , et en était précipitée par l’eau ; les acides hydrochlorique et acétique ne la dissolvaient point; elle formait, avec la potasse, un savon soluble dans l’eau; elle se dissolvait très-peu dans l’éther, et fort bien dans l’alcool, d'où l'eau la précipitait. Gmelin convient qu’elle existe probablement sous un autre état dans la bile, et que c’est seulement par suite des diverses manipulations qu'on lui fait subir qu’elle perd une partie de sa solubilité; (1).
15° Cadet, Bochaute et Fourcroy, avaient admis dans la bile du sucre de lait ou une substance sucrée analogue à
(4) Tiedemann et Gmelin, Recherches expérimentales sur la digestion, t.I1,p. 65.
celle-là. Thénard retira de la résine biliaire précipitée de la bile de Bœuf par le sous-acétate de plomb, une substance soluble en totalité dans l’eau, d’une saveur douce et ama-— rescente , donnant par l'évaporation un extrait jaune clair, qui avait la consistance d'une térébenthine épaisse, se dissolvait dans l'alcool , était insoluble dans l’éther, et se précipitait de sa dissolution aqueuse par les sels de fer. Cette substance reçut de lui le nom de picromel. Elle s'élevait à 0,0754 de la bile, et Thénard présumait que c'était elle qui mettait la résine biliaire à l'état soluble dans cette humeur. Chevallier a trouvé, dans la bile humaine , 0,025 de picromel. L'esquisse que nous avons donnée prouve qu'il n’est point encore entièrement débarrassé de résine biliaire, avec laquelle Gmelin l’a en effet trouvé uni dans plusieurs opérations (u,6,r,v,x); le plus pur lui a été fourni par la liqueur de laquelle les autres substances . avaient été séparées par l’acétate de plomb et le sous-acétate de plomb (86). Le sucre biliaire (picromel) ainsi obtenu est sans odeur et fortement sucré , avec un peu d'amertume ; il cristallise en grains , fond à la chaleur, brûle avec flamme, en répandant une odeur à la fois aromatique et cornée, et ne passe point à la fermentation ; il est insoluble dans l’éther, très-soluble dans l’eau et l'alcool : il n’est point précipité de sa dissolution aqueuse par les sels de fer, mais seulement par l'acide nitrique (Frommherz et Gugert disent qu'il ne l’est point non plus par les acides). D’après Thomson (1), le picromel serait composé de carbone 0,531, hydrogène 0,022 etoxygène 0,447 ; mais Gmelin dit que le sucre biliaire donne de l’ammoniaque à la distillation sèche, ce qui annonce qu’il contient de l'azote.
16° L’acide cholique a été obtenu par Gmelin, soit mêlé avec du sucre biliaire (v, Ë,x,v, x), soit pur et constituant la partie cristallisable de la portion insoluble dans l'alcool du précipité déterminé par le sous-acétate de plomb (+). Il cristallise en aiguilles blanches ; sa saveur est très-sucrée, puis un peu âcre et amarescente ; il fond à la chaleur , brüle avec flamme , en répandant d’abord l'odeur de la corne, puis une
(4) Schweigger, Journal fuer Chemie und Physik, 1. XXVIIT, p. 488. VIT. 29
450 BILE, odeur aromatique, fournit une huile empyreumatique ; avec de l’ammoniaque , et laisse un charbon qui brûle aisément, en donnant peu de cendres. Peu soluble dans l’eau, il l'est beaucoup dans l'alcool ; les acides minéraux le dissolvent , et l'eau le précipite de ces dissolutions. Il forme , avec les alcalis, des sels très-sucrés et très-solubles dans l’eau, de laquelle les acides le précipitent. C’est un acide plus fort que l'acide urique ; car il rougit davantage le tournesol , et il a plus d’affinité pour les bases salifiables.
47° Une substance que Gmelin a obtenue de la bile traitée par le sous-acétate de plomb (+, «+), et qu'il appela d'abord asparagine bihaire , puis plus tard (1) taurine, cristallise en colonnes ; elle est modore et insipide ; elle n’a de réactions , ni acides, ni alcalines ; elle brüle sans laisser de résidu, et donne une huile brune ; une eau acidule et de l’ammoniaque; elle se dissout dans l’eau , est presque insoluble dans l'alcool, et se dissout aisément dans les acides nitrique et sulfurique. Lorsqu'on a précipité de la bile fraîche par l'acide hydrochlorique , évaporé la liqueur , et séparé la masse résineuse du liquide acide , la taurine se prend en cristaux au sein de ce dernier.
18° La substance que Gmelin a extraite du précipité produit par l’acétate de plomb neutre, en laissant refroidir, la dissolution préparée avec l'alcool bouillant (1) ; et qu'il désigne sous le nom de gliadine biliaire, pourrait bien aussi, d'après Berzelius , être de la matière caséeuse.
19° Gmelin admet une matière odorante particulière , parce que le résidu de l’évaporation du liquide acide dont le sous, acétate de plomb a séparé la résine biliaire , le picromel et la taurine, répand, lorsqu'on le brûle, une odeur d’abord de corne et ensuite d'urine.