IV. D'autres substances problématiques sont
20° Une seconde matière odorante ,.admise par Gmelin; qui donne quelquefois une odeur de nike à l'eâu qu’on obtient en distillant la bile.
21° Les matières colorantes dont l'existence est. supposée
(4) Handbuch der theoretischen Chemie , t. IT, p, 10414
BIERE 451 d’après les changemens de couleur que subit la bile. Suivant Gmelin (4), le brun biliaire est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, et très-soluble dans la potasse ; dans l’a cide nitrique, il devient sur-le-champ vert, en peu de secondes bleu, puis violet ; ensuite rouge , et enfin il repasse au jaune; mais le vert biliaire est du jaune biliaire métamorphosé , soit par de l'acide ou de l’alcali libre , soit par l’action de l'air. Il est encore douteux que la substance qui à été extraite , par Frommherz et Gugert, de la portion de la bile insoluble dans l'alcool, en la traitant par l’acide acétique étendu , füt une matière colorante pure.
22° On doit regarder aussi comme problématique l’albumine, qui, d’après les conjectures de Gmelin , constituerait la portion de la dissolution aqueuse d'extrait de bile qu’on ne peut plus dissoudre dans l'alcool après avoir enlevé la résine biliaire et la graisse par l’éther (+); car l’albumine aurait dû ici être dissoute auparavant dans l’alcool , et d'ailleurs laÿbile, quand. on l’a débarrassée de son mucus par l'acide acétique, ne précipite point , suivant Berzelius (2), par Le tannin ou le cyanure de poiassium.
23° Il a été admis:aussi, dans la bile, de l’acide hydrocyanique par .Treviranus (3) , du soufre ou du sulfide hydrique par Cadet, Vogel et John (4).
V. D’après Gmelin, la bile des Chiens, comparée à celle des Bœufs, est plus riche en sucre qu'en résine. Celle des Ciseaux est la plupart du temps épaisse et mucilagimeuse ;
celle de l’Oie contenait du mucus , de la matière salivaire , de :
la résine biliaire , du sucre biliaire , de la graisse acide, et une substance particulière , acide, peu soluble dans l’eau, devenant liquide à la chaleur; la potasse précipitait de celle des Poules une matière verte, soluble dans l’eau. La bile des Grenouilles et des Couleuvres est très-coulante, et précipite des flocons verts quand on y verse de la potasse.
(A) Loc. cit., t. IL, p. 4158.
(2) Schweigger, Loc. cit., t. X, p. 488.
(3) Biologie, t. IV, p. 456.
(4) Chemische L'abelien des L'hierreichs ; pi 19
Berzelius a trouvé dans la bile d’un grand Serpent des Indes Orientales , une substance analogue à la matière biliaire des Mammifères , mais non précipitable par les acides et les alcalis , non réductible en résine et en sucre par l’acétate de plomb , une matière précipitable par le carbonate de potasse, une substance peu soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool , de la matière colorante , de la ptyaline, de l’albumine, de la graisse acide et des sels, mais, ni cholestérine, ni mucus.
La bile des Poissons n'est, d'après Gmelin, ni acide, ni alcaline ; elle a une saveur douceâtre , avec un arrière-goût amer ; elle est épaisse, et contient jusqu’à 0,19 de parues solides , avec beaucoup de mucus, et sans graisse. Dans plusieurs espèces de Cyprins, la potasse précipite une substance d'un brun verdâtre ,.cristallisée , douceâtre ‘avec un arrièregoût fort amer, soluble dans l’eau et l'alcool , insoluble dans l'éther , et contenant peu ou point d'azote.
La bile des Insectes est brunâtre et âpre ; celle des Monocles un peu épaisse, jaunâtre ou verdâtre ; celle de l'Ecrevisse épaisse, brune et amère.
$ 827. L’urine est formée dans les reins , et elle trouve une voie libre depuis les bassinets jusqu’à l’orifice extérieur de l’urètre. Les bassinets en contiennent dansles cadavres, et l’on peut aussi en exprimer des papilles rénales. Quand en lie les uretères sur un animal vivant, ils se tuméfient au dessus de la ligature , et demeurent vides au dessous d'elle , ainsi que la vessie. Lorsqu'on les coupe, l'urine se répand dans la cavité abdominale. Des expériences de ce genre ont été faites dans l'antiquité déjà par Galien ; et dans les temps modernes par Mayer (1) : toujours elles ont donné les mêmes résultats ; seulement, lorsque l’on n'avait pas eu soin de commencer par
(4) Zeitschrift fuer Physiologie, t. IX, p. 267,
vider la vessie d'une manière complète , il s'opérait encore une émission d'urine après la ligature des uretères.
1° Généralement parlant, l'urine coule sans interruption des reins dans la vessie , où elle s’amasse , pour être évacuée à des époques plus ou moins éloisnées et en quantité plus où moins considérable. Lorsqu'il existe soit une plaie à la * ssie!, soit une fistule urinaire , ce liquide sunte continuelleme: *, et dans l’anomalie qu'on à si improprement appelée exstruphie de vessie , ou quand on ouvre cette poche sur un animal vivant , on voit l'urine tomber goutte à goutte des uretères dans son réservoir à des intervalles de quelques secondes, qui, suivant Blandin, coïincident la plupart du temps avec les inspirations. | À
Boissier évalue la quantité d'urine rendue en vingt-quatre heures à vingt-deux onces, Hartmann à vingt-huit, Prout à à trente-deux , Robinson à trente-cinq, Gorter à trente-six, Keil à trente-huit , Rye à trente-neuf, Bostock à quarante, Sanctorius à quarante-quatre , Stark à quarante-six, Dalton à quarante-huit et demie , Haller à quarante-neuf, Linmg de cinquante-six à cinquante-neuf.
2° L’urine rendue depuis peu a une couleur ambrée ou une teinte de jaune brunûtre pâle. Elle est claire et ‘transparente. Elle répand une odeur particulière, qui n’est point désagréable , et qui se dissipe par le refroidissement. Elle a une saveur répugnante, salée et amère. Chossat estime sa pesanteur spécifique de 1001 à 1038, Cruikshank de 1005 à 1033 , et Prout de 4010 à 1015. Dans ses expériences faites sur des hommes bien portans et de moyen âge , à l'heure de midi, et pendant les mois de septembre, octobre et novembre, qui sont ceux pendant lesquels la quantité de l'urine est la moyenne de celles qu’on rencontre durant les diverses saisons de l’année, Gregory (1) a trouvé pour extrêmes de la pesanteur spécifique 1006 et 1033 , ce qui donne ‘par conséquent ‘une moyenne de 1019. Chez deux personnes, dont l'urine fut examinée pendant cinquante jours de suite, la moyenne était de 1024 et 1025.
(1) Sammilung auserlesener Abhandlungen , t, XL, p. 481.
L'urine qui vient d'être rendue roupit ordinairement le tournesol. Cependant ce phénomène n’a point toujours lieu, et Rouelle avait déjà dit qu’en général l’urine se comporte comme un Corps neutre à l'égard des couleurs bleues végétales,
3° L'urine subit des changemens ‘pendant le long trajet qu'elle parcourt. Gelle que l’on exprime des papilles rénales est plus trouble que celle qu’on rencontre dans le bassinet. C’est Surtout pendant son séjour dans la vessie qu’elle éprouve des modifications ; plus elle y reste, plus les émissions sont séparées par de longs intervalles, plus aussi elle est concentrée , et plus elle a de pesanteur spécifique ; aussi l’urine que l'on rend le matin, en s’éveillant, est-elle la plus saturée de toutes. Stehberger (1) a trouvé, chez un jeune garçon affecté d’exstrophie de la vessie, que l’urine qui suintait des uretères avait des réactions alcalines , et l'on se demande d’après cela si la réaction acide que manifeste ordinairement l’urine rendue d’une manière normale, ne serait pas le résultat d’une modification survenue dans la vessie.
4° Après sa sortie du corps l'urine change avec une grande rapidité. Il lui arrive fort souvent de devenir trouble, en se refroidissant , et de se charger d’un nuage , qui gagne peu à peu le fond du vase , où il produit enfin un sédiment rouge, formé d'acide urique : la réaction acide cesse, et le liquide acquiert l'odeur appelée ,à proprement parler, urineuse, qui est due à la conversion de l’urée en:carbonate d'ammoniaque: plus tard il se dépose des sels, notamment du phosphate am— moniaco-magnésien, sous forme tantôt d'une couche mucilagineuse et tantôt de petits cristaux ; le carbonate d’ammoniaque augmente à tel point , par les progrès de la putréfaction , que l'urine fait effervescence avec les acides ; il se sépare de l’hydrochlorate d’ammoniaque, puis du chlorure de sodium , enfin des phosphates de soude et d’ammoniaque, et 1l finit par ne plus rester qu’un liquide brun et fétide , ayant la consistance du sirop.
5° Soumise à l’ébullition , l'urine ne se coagule fois Lorsqu'on l'évapore , elle abandonne d’abord du mucus, puis une
(L)Zeitschrift fuer Physiologie, t. II, p. 49.
URINE, 455 poudre rouge , composée d'acide urique et de sels, Distillée à une douce chaleur, elle donne un liquide clair, incolore, qui esL presque insipide, et qui ne réagit ni comme acide ni comme alcali, mais qui exhale l'odeur urineuse , et qui passe à la putréfaction : il reste un liquide épais, trouble, d’un brun rougeûtre , qui a une saveur répugnante , salée et amère. À une chaleur plus forte, il passe une dissolution fétide de carbonate d’ammoniaque , d'acétate et d'hydrochblorate une huile empyreumatique, et sur la fin un peu de phosphore. L’acide oxalique donne lieu à un précipité d'oxalate de chaux ; les autres acides ne troublent pas la liqueur sur-le-chkamp , mais y déterminent, au bout de quelque temps, un précipité d'acide urique. Les alcalis précipitent du phosphate de chaux, et dégagent de l'ammoniaque. Le chlorure de barium doane du sulfate de baryte, le nitrate d'argent du chlorure d'argent, l'acétate de plomb du sulfate et du phosphate de plomb.
6° L’urine variant à l'infini suivant les individus et selon les temps, nous devons nous borner à essayer d'obtenir une éva- Juation approximative de la proportion moyenne de ses principes constituans.
Gruikshank (1) a obtenu de trente-six onces d'urine 535 grains = 0,0309 de substance solide. Berzelius (2) en a trouyé 0,0670, et Wackenroder (3) en admet 0,0700 chez l'homme adulte.
Nysten (4) a trouvé, dans un litre d'urine aussi saturée que possible , celle qu’on nomme vulgairement urine du sang , quarante grammes de substance solide, et dans la plus aqueuse , 5,56 grammes seulement. La moyenne serait donc d'environ vingt-trois grammes, et la proportion de 0,0225, en admettant qu'un litre d'urine, à 1022 de pesanteur spécifique, pesât 1020 grammes.
Suivant Cruikshank , dont l'évaluation paraît être celle qui se rapproche le plus de l’état normal, trente-six onces d’u-
(4) Jobn, Chemische T'abellen des Thierreichs , p. 45.
(2) Traité de chimie, t. VII, p. 393.
(3) Schweigger, Journal fuer Chemie, t. LXVII, p. 440.
(4) Recherches de physiologie et de chimie pathologiques, p, 242.
rine, rendues en vingt-quatre heures, entraîneraient au dehors cinq cent trente-cinq grains ou environ neuf gros de substance solide, ce qui s'accorde aussi avec l'estimation de Bostock (4). La perte journalière de substance solide par l'urine serait, d’après Wackenroder, de vingt gros, suivant Berzelius de dixneuf, et selon Nysten de six et demi seulement.
La proportion des principes constituans inorganiques aux matériaux organiques , est de 1 : 20 selon Fourcroy et Vauquelin, de À : 4 d’après Bostock ,°de 1 : 2,6 ( 1844 : 4856 ) suivant Berzelius, de 4 ? 0,69 (315 : 220) d'après Cruikshank. En prenant pour normale la proportion de 1 * 3, la perte journalière de substance inorganique par l’urine serait de deux gros et un tiers, et celle de substance organique de six gros et deux tiers.
Maintenant si, comme le dit Berzelius, le mucus, l'osmazome , la matière salivaire, l'acide lactique et le lactate d'ammoniaque, pris ensemble , sont aux substances caractéristiques ( urée et acide urique ) dans la proportion de 1 : 1,78 (4746 * 3110 ), l’urine entraîne journellement hors du corps quatre gros et quatre quinzièmes de ces substances spéciales.
L’acide urique s'élève à 0,0010 selon Berzelius ( 0,0015 d'après Comdet }), et l'urée à 0,0301. Donc la perte journanalière du premier serait d'environ un septième de gros, et celle de la seconde de quatre gros et un septième.
Berzelius range les principes constituans de l’urine en trois classes , sous le rapport de leur solubilité. Celles qui sont solubles dans l’eau et l'alcool (urée 0,03010, chlorure de sodium 0,00445 , hydrochlorate d’ammoniaque 0,00150 , osmazome, ‘acide lactique et lactate d’ammoniaque ), entrent, en y comprenant la matière salivaire , pour 0,05319 dans l’urme ; celles qui ne sont solubles que dans l’eau ( phosphate de soude 0,00294 , phosphate d'ammoniaque 0,00465 , sulfate de soude 0,00316, sulfate de potasse 0,00371 ) font ensemble 0,04146, sans la matière salivaire qui s’y joint; enfin celles qui sont insolubles dans l’eau et l'alcool (acide urique 0,00100, mucus
(4) Meckel, Deutsches Archiv, t, IL, p. 667.
0,00032, phosphates de chaux et de magnésie 0,00100, silice 0,00003 }) ne s'élèvent qu’à 0,00235. |
7° On obtient l’urée en dissolvant dans l'alcool ( d’après Rouelle ) l’urine évaporée ou l'extrait d'urine , évaporant la dissolution ( d’après Fourcroy et Vauquelin ), dissolvant le résidu sec dans de l’eau chaude, ajoutant de l'acide oxalique, dissolvant dans l’eau bouillante l’oxalate d’urée qui se précipite en cristaux par le refroidissement , séparant l'acide oxalique parle moyen du carbonate calcaire, et dissolvant l’urée qui reste dans l’alcool, pour la débarrasser des sels mêlés avec elle (1).
À l’état de pureté, cette substance n’a ni couleur, ni odeur , ni saveur. Elle cristallise en aiguilles, en prismes ou en feuillets. Sa pesanteur spécifique est de 1350. Elle fond et commence à se décomposer à une chaleur médiocre, en donnant du carbonate d'ammoniaque, et laissant de l'acide cyanurique, quise décompose lui-même si l’on augmente le feu. Elle est très-soluble dans l’eau, et attire l'humidité de l'air ; elle se dissout un peu moins facilement dans l'alcool. Elle s’unit tant avec les acides qu'avec les bases, mais sans les neutraliser. À chaud, les acides s'emparent de l'ammoniaque à : laquelle elle donne naissance , et dégagent de l'acide carbonique, tandis que les alcalis s'unissent avec ce dernier et mettent l'ammoniaque en liberté. La proportion de ses principes constituans est indiquée de la manière suivante :
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