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l’œuf, dont la durée ne va pomt au-delà de quelques jours. Lorsque le fruit s’est dégagé de ses enveloppes, on aperçoit très-distinctement , au bord de la cavité respiratoire, qui est largement ouverte, et le long des tentacules, un tremblotement qui détermine des courans d’eau réguliers vers les tentacules et l'ouverture des organes de la respiration. Ce tremblotement, qui s’observe aussi, selon Jacquemin, aux tentacules des individus adultes, et qui continue même des heures entières après la mort de l’animal, maïs qui du reste a lieu déjà, quoique d'une manière moins évidente, dans les der. niers temps de la vie embryonnaire, est sans nul doute déterminé par des cils, et rentre dans la catégorie des mouvemens appelés vibratoires. D'après ces observations, je serais tenté de croire que, dès l’époque à laquelle l'embryon des Gastéropodes exécute des mouvemens rotatoires , il est couvert, sur sa surface entière ou à peu près, de cils vibratoires, jusqu'à ce jour inaperçus, que ce sont ces cils qui déterminent la rotation , mais que, quand la coquille vient à se former et à couvrir la plus grande partie du corps, les cils cessent d'agir (la coquille en est encore couverte chez la Paludina vivipara qui vient de naître ou disparaissent tout-à-fait, et que de l’une ou de l’autre manière les mouve : mens rotatoires ne peuvent plus continuer.
5° D'après les observations de Prevost (1), les yeux sont proportionnellement plus gros dans l'embryon du Limnœus palustris que chez l’aduite, et l’on commence à distinguer le foie dès le dix-neuvième jour de la vie embryonnaire, époque à laquelle l'embryon rampe aussi sur le chorion à l'aide de son pied.
On prétend que la coquille des Succinea a d'abord la forme d’une Patelle, mais qu’elle présente peu à peu celles des coquilles de Testacelle, de Crépidule, d'Ancylus et de Capulus.
6° Held assure (2) que chez les nouveau-nés de la Clausilia ventricosa, Gastéropode vivipare, la tête est propor-
(4) Annales des sc. nat., t XXX, p. 41.
(2) Isis , 4834, p. 4002.
DÉVELOPPEMENT DES MOLLUSQUES. ôi
tionnellement très-grosse encore, comme en général chez la plupart des Gastéropodes qui viennent ‘de naître. La coquille ne présente alors que trois tours; mais, dans l’espace d’un mois, le nombre de ces derniers arrive fréquemment jusqu'à sept. :
7° D'après les recherches que Pfeifer a faites sur les œufs de l'Helix pomatia, leur chorion se compose de deux couches, l’une extérieure et calcaire, l’autre intérieure, purement membraneuse et beaucoup plus mince; sa composition est donc la même que celle des œufs à coquille dure de vertébrés, par exemple d’Oiseaux et d'Ophidiens. Une membrane vitelline est très-distincte; elle tient au chorion par un mince cordon, presque insensible , qui traverse le blanc, de même que le jaune des Oiseaux est retenu en place par ses chalazes. Dés les premiers jours qui suivent la ponte des œufs, le jaune augmente beaucoup de volume, ses granulations se ramollissent beaucoup , et elles deviennent vésiculeuses : ce phénomène a lieu surtout dans la partie postérieure du fruit, qui se roule ensuite en spirale. Plus tard, la mem- Drane vitelline devient trouble et opaque, en sorte que, dès le treizième jour, elle ne laisse plus apercevoir ce qu’elle contient; mais, au vingt-quatrième jour, elle crève, et se débarrasse peu à peu de son contenu, le fruit. Du trentième au trente-deuxième jour , celui-ci quitte ses enveloppes, qui lui servent alors de première nourriture. Les jeunes d'une même ponte varient beaucoup pour la taille, et conservent toujours cette différence, à complète parité même de nourriture et de genre de vie. A l'expiration de la vie embryonnaire, leur coquille décrit à peine un tour et demi; mais le nombre des tours augmente ensuite rapidement en peu de
mois, au bout de onze desquels la coquille a acquis son entier développement.
D. Céphalopodes.
$ 377 “*”. Nous ne possédons encore qu’un petit nombre
d'observations relatives au développement des Mollusques
Céphalopodes ; mais elles suflisent déjà pour nous apprendre IX 6
que ce développement doit être fort remarquable sous plus d’ün rapport.
1° D'après les remarques de Carus, le chorion des œufs de Seiche et de Calmar se compose, comme celui d’un grand nombre d’animaux vertébrés supérieurs, de deux feuillets, l’un externe, coriace, l'autre interne, membraneux et plus mince. Le jaune est proportionnellement très-volumineux. Un blanc libre se trouve entre lui et le chorion. La partie de l'œuf que Carus nomme j’amnios n’est sans doute autre chose qu'une membrane vitelline; car Cuvier dit expressément que l’amnios manque aux Céphalopodes. Dans l’origine, la tête et Surtout les yeux ont, d'après Cuvier, un volume excessif, eu égard au tronc; cependant la proportion qui doit régner entre ces deux parties du corps s'établit dès avant la fin de la vie embryonnaire. En général, l'embryon prend déjà dans l'œuf une forme qui se rapproche beaucoup de celle des parens , et !l paraît aussi posséder, au moment de l'éclosion, tous les organes qui appartiennent à son espèce. Parmi les organes internes, on trouve chez lui une bourse du noir, des branchies, l'estomac, l'intestin et la pièce qui soutient le dos. Au rapport de Cuvier, cette dernière présente déjà quatre couches dans la Seiche. D’après Coldstream (1), l'embryon de la Sepia officinalis exécuterait même déjà des mouvemens respiratoires, Une des particularités les plus remarquables est celle qui tient à la situation du jaune et à ses connexions avec l'embryon. Chez les autres Mollusques, à l'exception peutêtre des Biphores, on ne voit pas une portion de la paroi du corps former un sac herniaire (sac ombilical ) uniquement destiné à loger le jaune, et l'embryon reçoit ce dernier dans la cavité même de son corps ; peut-être même qu’une portion de leur canal intestinal admet le jaune dans son intérieur, de manière que , chez eux, il n’y aurait pas même de sac vitellin spécial, placé dans la cavité du corps. Chez les Céphaiopodes, au contraire, ilse produit, pour recevoir le jaune, un appendice particulier du canal intestinal, un sac vitellin, qui se place hors de la cavité du corps, à peu près comme chez
(1) Froriep, Notisen,t. XXXIX, p. 6.
les Oiseaux. Quant à savoir si la paroi de cette cavité développe encore, pour enfermer le sac vitellin, un appendice spécial constitué comme un sac herniaire , les recherches des observateurs ne nous apprennent rien sur cé sujet; mais il semble que les choses se passent réellement ainsi, puisque les embryons des Seiches manquent d'amnios. Mais, chez d’autres animaux, qui possèdent un sac vitellin proprement dit, ce sac tient toujours, derrière la tête, au canal intestinal, spécialement à l'intestin grêle, au lieu que, chez les Seiches , ce serait, suivant Cavolini et Carus , avec la bouche elle-même qu'il aurait des connexions, de sorte qu'il se continuerait immédiatement avec le commencement du pharynx. Cuvier est cependant entré dans de grands détails pour faire voir qu'il n'existe point de pareille connexion, et qu'il part seulement du sac vitellin un canal qui pénètre dans la tête, au dessous et au devant de l’orifice buccal, entre les deux tentacules , traverse la cavité circonscrite par le cartilage annulaire de la tête, en passant au dessous du pharynx et de la partie antérieure de l’œsophage, suit pendant quelque temps une marche parallèle à celle de ce dernier, d'avant en arrière, puis s’abouche dans l’œsophage, derrière le cartilage céphalique. Vers la fin de la vie embryonnaire, le jaune augmente considérablement de volume et de masse, et il est probable que les derniers débris du sac vitellin disparaissent totalement avant que le fruit quitte ses enveloppes. Carus et Cuvierdisent que le reste du jaune passe, parleconduit toujours béant du canal vitellin, dans l’œsophage et de là dans l’estomac, pour y être digéré; on peut élever des doutes contre la réalité de ce phénomène, en se fondant $ur les observations qui ont été faites chez les animaux vertébrés.
2° On à pensé pendant long-temps que la coquille dans laquelle on trouve l'Argonauta argo, appartenait non point à cet animal lui-même , mais à un autre animal, et qu’elle ne lui servait que d'habitation. Mais l'examen des œufs de l’Argonaute à démontré suffisamment que l'embryon à maturité possède déjà une coquille semblable, que par conséquent il la produit lui-même , et qu’elle lui appartient en propre,