‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 12 sur 79 · IV. Annélides · texte numérisé non relu

IV. Annélides

$ 377 ****. I. La"Sangsue ne pond vraisemblablement qu’un seul œuf à la fois. Suivant Weber (1), à qui nous devons l’histoire de cet animal, son œuf est ovale , et long de neuf à onze lignes ; il est formé d’un chorion corné , épais, spongieux, tapissé d’une membrane lisse à sa face interne, d'un albumen liquide et brun, et de plusieurs jaunes, dont le nombre varie depuis deux jusqu'à dix. Les jaunes sont extrêmement petits, lenticulaires et jaunâtres ; ils ont depuis un vingt-quatrième jusqu’à un dix-neuvième de pouce de diamètre transversal, et résultent d'une agrégation de très-petits grains. Weber ne les regarde pas comme des jaunes, mais comme des germes destinés à le devenir plus tard. Cette hypothèse est contraire à toute analogie : d’ailleurs R. Wagner a remarqué des jaunes et des vésicules proligères dans l'œuf des Sangsues. Suivant mon opinion, ces disques lenticulaires sont composés , du moins pendant quelque temps après la ponte , d’un jaune et d’un germe formant autour du jaune un sac gélatineux mince et clos de toutes parts. Peu à peu il apparaît sur l'un des points du bord de ce disque une petite élévation , dans laquelle se produit une cavité infundibuliforme, qui va en se rétrécissant vers le centre du disque, mais qui cependant paraît traverser seulement la membrane proligère et s'étendre jusqu'au jaune. La paroi de l'estomac exécute ensuite de temps en temps des mouvemens de déglutition , et il n'est pas invraisemblable qu’elle absorbe du blanc, d'autant plus que la membrane proligère et le jaune augmentent notablement de volume en peu de temps. Outre ce mouvement, on en remarque encore un autre qui parcourt onduleusement Le bord entier du disque lenticulaire, dont les divers point alternativement reviennent vers le centre du disque , puis se dilatent, double phénomène que tous, en allant de droite à gauche, présentent successivement. Il est probable que ce dernier mouvement est accompli, comme Île premier, par la membrane proligère seule, et que le jaune, qui acquiert peu à peu la

(4) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 1828\, p. 366.

teinte brune, s'y comporte d’une manière purement passive. Le disque va toujours en augmentant de volume aux dépens du blanc, qui lui-même s'épaissit peu à peu, et il prend en même temps la forme d'un haricot ; mais l’entonnoir vient à se placer, dans le voisinage de l’un des bouts , au bord concave de ce corps réniforme , et, se développe d’une manière de plus en plus sensible en ouverture buccale de la Sangsue, c’est-à-dire en une véritable ventouse blanchâtre et à parois épaisses. Ge suçoir continue toujours d'exécuter des mouvemens de déglutition , car il se dilate et se resserre alternativement. Plus tard que lui, sur le même côté du corps, et derrière lui , se développe un épaississement médiocre de la membrane prolisère, qui représente une étroite bandelette blanchâtre , s'étendant à peu près depuis Ja ventouse jusqu’au milieu de la longueur de l'embryon. C’est la future paroi ventrale de la Sangsue : car, peu de temps après que cette bandelette à paru , on commence aussi à apercevoir en elle une série de ganglions et de filets de communication placés à la suite les uns des autres (moelle ventrale, parties centrales du système nerveux). Il paraît que la moelle ventrale se forme dans toute sa longueur à la fois. La membrane proligère continue ensuite d'acquérir plus d'épaisseur dans tous les sens, à partir de la paroi ventrale, jusqu'à ce qu’enfin, au bout de quelque temps, cette membrane entière ne laisse plus apercevoir que faiblement le jaune à travers son épaisseur. Dans le même temps, l'embryon croît plus en longueur qu’en largeur , et devient par conséquent vermiforme ; la ventouse orale se place à l’une des extrémités du corps, tandis qu’à l’autre extrémité s’en forme une seconde, celle de la queue. Enfin , à la même époque , vraisemblablement même un peu plus tôt, la membrane proligère se divise, suivant toute apparence, en deux feuillets différens , qui ne conservent de connexions ensemble que sur un petit nombre de points : ces deux couches sont le feuillet muqueux et le feuillet séreux , ou la paroi du corps et la base des viscères plastiques (ici, du canal intestinal seulement ).

Le feuillet muqueux devient œsophage, estomac et intestn , en s’épaississant , se rétrécissant et se resserrant sur di:

vers points, transformation pendant laquelle le jaune disparaît peu à peu, Dans le feuillet séreux, et spécialement dans chacune de ses mouliés latérales , il se produit, par fluidification de substance, une série de petites cavités, qui , à ce qu'il paraît, sont d'abord closes de toutes paris, mais s'ouvrent plus tard à l'extérieur ( vésicules respiratoires et muqueuses). La fluidification du feuillet séreux donne aussi naissance aux vaisseaux Sanguins, qui n'apparaissent que sur la fin de la vie embryonnaire. La moelle ventrale appartient également à ce feuillet. L’anus se développe très-tard , et immédiatement au dessus de la ventouse caudale. La segmentation du corps ne devient non plus visible à l'extérieur que fort tard Il n’a pu être recueilli d'observations satisfaisantes sur l’origine et le développement des parties génitales. Six semaines après que le blanc a été complétement consommé, et quand il ne reste presque rien non plus du jaune, l'ambs où quitte l œuf; à cette époque, il est encore d’un blanc de lait.

Il. 11 résulte des observations de Morren (1) que les ovaires du Lombric terrestre épanchent leur contenu dans la cavité abdominale , en se crevant, et que ces produits cheminent ensuite jusqu'à l'extrémité de la cavité, pour pouvoir arriver au dehors à travers deux ouvertures situées en cet endroit, près de l'anus. |

2° Mais les produits des ovaires sont composés, en partie d'œufs libres, dans chacun desquels il ne se forme qu'un seul embryon, en partie de masses d'œufs (corpora fœtifera), qui grossissent beaucoup hors des ovaires, dans le corps maternel , et dans lesquelles les œufs sont retenus tant par une substance gélatineuse noirâtre ou jaune , que par une enveloppe close de toutes parts.

2° Après que les masses d'œufs ont séjourné pendant quelque temps dans la parue la plus postérieure du corps, leur enveloppe disparaît. Quant aux œufs isolés, qui vont toujours en grossissant, il arrive une certaine époque où l’embryon s'y montre sous la forme d'un filament noir et enroulé.

(4) De lumbrict terrestris historia naturali necnon anatomia tractatus,

Après qu'il a quitté l'œuf, on le trouve un peu plus tard dans une gaîne membraneuse, cylindrique, droite ou très-peu recourbée , comme un Insecte dans sa membrane chrysalidaire. Enfin cette gaîae s'ouvre , et alors seulement le jeune animal quitte le corps de sa mère.

3° Les œufs qui sortent iso:ément des ovaires sont ou couvés dans le corps maternel, ou pondus dans la terre, avant que la formation du fruit ait commencé en eux. Il paraît que le premier de ces deux phénomènes à lieu pendant les mois chauds, et l’autre vers la fin de l'automne. Dans le premier cas, la membrane testacée demeure molle ; dans l’autre (4), elle s’endurcit, représente une capsule cornée autour des œufs qu’on tire dela terre , et se partage en deux moitiés, au moment de l’éclosion. Morren ne nous fait pas connaître si l'embryon acquiert également ue membrane chrysalidaire après qu’il est éclos.

A° La ceinture ( clitellum ) qui caractérise le Ver de terre se remarque déjà chez les jeunes , très-peu de temps après qu'ils ont quitté l'œuf. Ces petits animaux sont déjà pourvus d’un très-srand nombre de soies,

V, Insectes.

$ 378. Nous ne possédons point encore d'observations suivies sur le développement des Insectes au dedans de l'œuf. Suckow a remarqué que l'embryon de la Chenille du pin paraît sous la forme d’un petit point obscur dans l'embrvyotrophe liquide , et qu’ensuite il est recourbé sur lui-même dans l'œuf (2); que l'intestin est un tube droit, uniforme et étroit, dont l'estomac se détache par un étranglement peu de temps avant la sortie de l'œuf (3); que les trachées se montrent sous l'aspect de petits tubes couris, qui partent en rayonnant de

- deux troncs étendus le long du corps, et qui se ramifient

peu à peu dans ces divers organes, mais que les stiymates

(1) Zbid., p. 224-298.

(2) Anatomisch-physiologische Untersuchungen der Insekten-und Krustenthicre , p. 19. |

(3) Joid., p. 23.

demeurent clos (1). On a aussi observé les pulsations du vaisseau dorsal quelques jours avant l’éclosion (2).

Mais les Insectes ne prennent pas leur développement complet dans l'œuf, et n’y acquièrent point leurs organes persistans ; après en être sortis, ils subissent encore une métamorphose , dont le résultat est de développer des organes nouveaux , qui tantôt s'ajoutent à ceux dont l'apparition avait déjà eu lieu dans l'œuf, tantôt font disparaître ces derniers, et prennent leur place.

1° La métamorphose par accession de parties (metamorphosis per accessionem) est le plus bas degré de métamorphose. On ne l’observe que chez les Myriapodes, ordre inférieur de la classe des Insectes. Dans ces animaux , le nombre des anneaux du corps s'accroît.

2° La métamorphose par succession de parties (metamorphosis per successionem) a lieu quand celles qui se sont développées dans l'œuf meurent, et que d’autres prennent leur place.

Celles-ci peuvent être ou de même nature que celles qu’elles remplacent, ou de nature différente.

3° Dans le premier cas, qui constitue la métamorphose restauratrice (metamorphosis restaurativa), l'animal ne fait que rejeter son enveloppe cutanée, à la place de laquelle il s’en est produit une nouvelle analogue. C’est en quelque sorte une répétition de l’éclosion, comme si l’arimal ne s’était pas complétement débarrassé des membranes de l'œuf, et qu’il füt obligé d'en reieter les débris par des essais réitérés. Il se rajeunit par là, tout en conservant d’ailleurs son caractère et l’ensemble de sa forme. C’est dans cette mue que consiste la métamorphose entière des Thysanoures et des Parasites.

fo Dans l’autre cas, c'est-à-dire dans la métamorphose progressive (metamorphosis progressiva), les parties nouvelles sont différentes de cellés qui existaient avant elles. Leur ap-

(4) Zbid., p. 35.

(2) Rengger, Physiologische Untersuchung ueber die thierische Haushaltung der Insekten , p. A9. |

parition marque une nouvelle direction imprimée à la vie. En même temps que l'organisation, changent et l'activité vitale, et les rapports avec le monde extérieur, et l'instinct.

Cette métamorphose progressive, qu’on peut appeler aussi métamorphose proprement dite, est ou partielle ou générale.

5° La métamorphose progressive partielle (metamorphosis progressiva partialis) se borne à certaines parties, notamment aux organes du mouvement. L’Insecte, lorsqu'il sort de l'œuf, c’est-à-dire à l’état de larve, possède déjà ses organes persistans pour le mouvement sur terre ou dans l’eau, et il a déjà acquis en général un développement considérable. Durant la période suivante, qui constitue l’état de chrysalide, il ne subit d’autre changement que d'acquérir des organes de mouvement dans l'air. Après que ces derniers organes ont pris tout leur développement, et qu’ils se sont mis à découvert par le rejet de la peau qui les revêtait jusqu'alors, l'animal est arrivé à son état parfait. Tel estle cas des Orthoptères, des Hémiptères, de quelques Nevroptères ( Libellules , Ephémères, Termites ), des Hyménoptères (Fourmis) et des Diptères (Gousins). Lorsque la larve vivait dans l'eau, la métamorphose est plus plus profonde, et fait passage à la forme suivante, puisqu’indépendamment des nouveaux organes locomoteurs, il se développe aussi de nouveaux organes respiratoires.

6° La métamorphose progressive générale ( metamorphosis progressiva universalis) se caractérise par des changemens : dans tous les systèmes organiques, et elle s'accomplit à la faveur d'un état chrysalidaire , pendant la durée duquel la vie animale est interrompue. Une différence moins essentielle consiste en ce que tantôt la larve ne devient chrysalide que par un simple endurcissement de sa peau, comme chez les Diptères, tantôt elle se couvre d’une membrane chrysalidaire spéciale, qui peut être, ou transparente, de manière à laisser apercevoir la forme de l’Insecte parfait, comme chez les Hyÿménoptères , les Coléoptères et quelques Névroptères, ou opaque et cornée, comme chez les Lépidoptères.

7° La larve est déjà un animal indépendant, qui se meut li-

brement, se procure de la nourriture par des mouvemens volontaires, et arrive à la maturité sexuelle par la métamorphose chrysalidaire. L'état de larve peut donc être considéré comme l’âge d'enfance, et celui de chrysalide comme l'âge -de puberté. Mais, d’un autre côté, ces états nous apparaissent revêtus du caractère de la vie embryonnaire, puisque , pendant leur durée, l'organisme n’a point encore acquis le type persistant de la formation et de la vie, et que sa métamorphose ne peut être comparée qu'aux changemens qui ont lieu, chez les animaux supérieurs, tandis qu’ils sont à l’état d embryon. Aussi allons-nous examiner en détail la plus complète de toutes, celle des Lépidoptères , attendu que celle-là comprend en elle toutes les autres, et que les observations de Herold surtout nous l'ont fait mieux connaître que ces dernières ne le sont.

$ 379. Dans les cas de métamorphose générale,

1° La larve a la forme d’un ver ; son corps cylindrique et mou se compose d’anneaux presque entièrement semblables les uns aux autres ; les membres n'existent pas, ou se réduisent soit à des soies courtes, soit à de larges saillies en forme de verrues, et qui ressemblent à des ventouses, soit enfin à des pattes articulées , occupant la partie antérieure du corps; mais toujours les ailes manquent.

2° L'activité vitale de la larve est dirigée principalement vers la nutrition. Dès que cette larve sort de l'œuf, elle se met à manger , et quand elle trouve assez de nourriture, si le froid ne l'en empêche pas, elle continue de manger presque sans interruption, de manière quil lui arrive quelquefois de consommer en vingt-quatre heure trois fois son propre poids d’alimens. Les mâchoires sont presque toujours fortement développées, l'appareil digestif est très-spacieux, l'estomac a beaucoup de longueur, les vaisseaux salivaires et biliaires fournissent des sucs digestifs en abondance. Chez la plupart des larves, les évacuations alvines sont proportionnées à la voracité ; mais 1} y en a cependant quelques unes, celles surtout qui restent dans les cellules où elles sont écloses, et dont la vie de larve ne dure pas longtemps, comme celles des Abeilles, des Guêpes et des Fourmilions, qui n’ont

point de déjections alvines, l'intestin étant clos par sa membrane interne vis-à-vis de l'intestin, qui lui-même est court et étroit.

3° Chez les larves qui vivent sur terre, les stigmates, qui étaient restés clos dans l’œuf, s'ouvrent, et les trachées acquièrent en même temps un plus grand développement. Mais . celles qui vivent dans l’eau ont des organes respiratoires temporaires , notamment à l'extrémité postérieure du corps, qu’elles amènent à la surface , en laïssant leur tête pendante, afin d'y puiser de l'air. Chez les Ephémères, ce sont des organes foliacés , situés à l'extrémité de l'abdomen , qui agissent à la fois comme branchies et comme nageoires : chez les Diptères, des tubes respiratoires placés à l'anus , dans lesquels se prolongent les deux trous des trachées, comme chez les ‘ Cousins, ou des branchies pénicillées, en partie dépourvues de trachées; chez les Libellules, des branchies qui sont placées dans une dilatation du rectum.

4° Carus (1) a découvert et démontré, sur plusieurs larves de Névroptères, de Coléoptères, de Diptères et d'Orthoptères, qu'il s'opère une circulation simple, mais complète, consistant en ce que le sang est chassé par le vaisseau dorsal vers les parties antérieures, d’où il revient de chaque côté, par un courant Simple , dans les divers organes extérieurs , puis se dirige en arrière et rentre enfin dans l'extrémité postérieure du vaisseau dorsal.

5° Les testicules sont deux séries de globules , et les canaux déférens des filamens grêles, qui aboutissent à une petite masse blanche, la vésicule séminale ; mais les ovaires sont deux petits corps striés dans le sens de leur longueur, les oviductes des filamens, et les organes accessoires de petites masses blanches.

6° L'activité de la nutrition fait que l'accroissement marche avec une grande rapidité, quoiqu'en même temps une‘ grande quantité de substance nutritive se dépose dans:le corps

(1) ÆEntdeckung eines einfachen , vom Herzen aus beschleunigten

Bluthreislaufes in den Larven netzfluegticher Insehten , Léipzick, 4827, in-4.

adipeux, pour les besoins de l’avenir. Une larve de Mouche à viande est, vingt-quatre heures après son éclosion, cent cinquante fois plus pesarite qu'auparavant, et un Ver-à-soie adulte pèse soixante- rie mille fois plus qu'à sa sortie de l’œuf.

7° L'épiderme ne pouvant suivre un tel accroissement, il se détache du corps, et finit par se fendre, après que le liquide sécrété au dessous de lui, par la peau, s’est condensé en un nouvel épiderme, qui, chez certains Insectes, diffère de l’ancien pour la consistance et la couleur. Cette mue a lieu plusieurs fois, et à des époques différentes, par exemple, toutes les trente-six heures, quand l’état de larve ne dure que cinq jours, et tous les huit jours, lorsqu'il dure un mois. Pendant qu'elle s'opère , la larve demeure en repos et ne peut prendre aucune nourriture.

$° À chaque mue le développement fait des progrès. Ainsi, dans la chenille du chou, on voit paraître, après la quatrième, les rudimens des ailes, et après la cinquième, ceux des pattes, des antennes et des organes de succion (1). Le sang afflue vers les nouveaux organes, et se retire des branchies caudales, s’il en existait, à mesure que les ailes se développent et qu’un courant circulatoire s'établit en elles (2). Le développement des nouvelles parties à la tête refoule les anciens organes manducateurs, de sorte que la larve ne peut plus prendre de nourriture ; il survient une évacuation de matières fécales, pendant laquelle, suivant Swammerdam (3) et Dutrochet (4), l'épiderme de l'estomac sort du corps chez certains Insectes, phénomène qui n’a point lieu chez d’autres (5). La plupartdes larves cherchent un lieu de sûreté, dans l'angle de deux branches, à la face inférieure d'une feuille, dans un creux d'arbre, etc., ou se creusent en terre un trou profond de quelques pouces. Quelques unes restent à l'endroit où el-

(4) Herold, Loc. cit., p. 29.

(2) Carus, Entdeckung cines Blutkreislaufes , p. 43. (3) Bibel der Natur, p. 129.

(4) Bulletin de la soc. philom., 4818, p. 42.

(5) Herold , Zoc, cit., p. 34.

lés sont écloses et où elles ont ensuite trouvé abri et nourriture ; ainsi la larve de l’IChneumon se tient dans le corps du Puceron dont elle a sucé peu à peu les liquides et dont elle tapisse alors la cavité d’un tissu de soie; celle de l’Abeille reste également dans son alvéole, et s’y enveloppe d’un réseau de soie, après que les ouvrières l’y ont renfermée en appliquant un couvercle de cire sur l'ouverture. Plusieurs larves se filent des cocons ; elles vident peu à peu le contenu de Jeurs vaisseaux soyeux au dessous d’une verrue placée à la lèvre inférieure ; elles le tirent en fils qui se dessèchent aussitôt à l'air, et que, par divers mouvemens de leur tête, elles assujétissent à un corps solide, puis réunissent en un tissu capsulaire : la larve du Bostryche se fabrique un asile avec de la poussière, du sable et autres corps semblables, qu’elle colle ensemble à l’aide d’un suc analogue. Des mouvemens fréquens d'extension et de contraction font détacher l’épiderme , presque toujours devenu d’une couleur foncée et livide, jusqu'à ce qu’enfin il se rompe le long du dos ; l’'Insecte en sort alors à l'état de chrysalide. Le nouvel épiderme qui 1e revêt est d’une nature particulière, lisse et mou ; il se ride, prend une teinte foncée , et au bout dé‘quelques jours s'endurcit en une couche cornée. Chez quelques Insectes, c’est la peau de la larve qui produit celle de la chrysalide en se durcissant. Quelques Diptères vivent, à l’état de larve, dans les oviductes de leur mère, et s'y convertissent en chrysalides, Sous la forme desquelles ils viennent ensuite au monde (pupipara).

S 380. Chez la chrysalide il n’y à plus ni rapports avec le monde extérieur, ni activité sensorielle, ni mouvement volontaire : le mouvement vermiforme , lui-même, de l'estomac, a cessé, et l'anus est bouché ; l'animal est resserré sur lui-même ; sa longueur a diminué d’un tiers, les anneaux sont raccourcis, et les pattes sont repliées. En correspondance avec cette contraction, la force plastique agit dans l'intérieur, et emploie la substance nutrititive mise en réserve au développement de nouveaux organes et au perfectionnement de ceux qui existaient déjà en germe ; aussi le mouvement du vaisseau dorsal et la respiration continuent-ils, quoique faibles et à peine sen-

04 DÉVELOPEMENT DES INSECTES,

sibles. La vie ne se manifestant plus que d'une manière purement végétale , l'Insecte réduit à l’état de chrysalide est redevenu semblable à l'embryon dans l'œuf. Plusieurs Insectes passent l'hiver dans cet état de larve, où même à l’état parfait, mais engourdis ; beaucoup, au contraire, se transforment auparavant en chrysalides qui, à raison de leur vie latente ($ 330), peuvent même geler sans perdre l'aptitude à se développer plus tard.

Voici quels sont les changemens qui surviennent pendant l'état chrysalidaire.

1° Les premiers portent sur les organes digestifs. Ces organes diminuent d'ampleur, mais acquièrent plus de variété, et se divisent en parties séparées par des lignes de démarcation mieux tranchées. A la place des mâchoires qui avaient existé jusqu'alors, paraît une trompe ou une langue ; les vaisseaux propres à filer s’effacent, et les vaisseaux salivaires diminuent ; l’œsophage devient long et étroit. L'estomac, qui jusqu'alors remplissait la cavité du corps presque entière, se rétrécit ; il se transforme d’un long cylindre en une petite vésicule ovalaire, au commencement de laquelle pousse la poche du miel, comme chez les Lépidoptères ; ou bien il se partage en deux sesmens par un étranglement, et devient en même temps plus court, comme chez l’Abeille, ou plus long, comme chez la Guêpe. S'il était déjà double , en se rétrécissant il acquiert un cœcum, comme chez le Fourmilion , ou se divise en trois parties, comme chez le Dytiscus marginalis. Le chyme contenu dans l'estomac se dessèche; les vaisseaux biliaires deviennent plus grêles ; l'intestin s’allonge, il acquiert quelques flexuosités, et se divise en deux parties, l’une antérieure, plus étroite, l’autre postérieure, plus large, ou bien un appendice cœcal postérieur se développe.

‘2 Le nombre des stigmates diminue, et il se forme des sacs à air, dilatations vésiculeuses des trachées; ces dernières se multiplient et se développent; mais les appareils branchiaux disparaissent.

3° La circulation s'éteint; le vaisseau dorsal se ferme à ses deux extrémités il devient un peu plus court, et ne conserve plus qu’un faible mouvement oscillatoire. :

A° La peau de la chrysalide s’endurcit peu à peu et se sépare de la peau nouvellement produite qui est située au dessous d'elle ; celle-ci se resserre aux endroits où il n’y à que des organes allongés, tubulaires ou filiformes (œsophage, vaisseau dorsal, troncs des trachées et cordon ganglionnaire}, de sorte que le corps, qui avait été formé jusqu'alors d'anneaux semblables, se divise maintenant en tête, thorax et abdomen.

5° Le cordon ganglionnaire subit une métamorphose correspondante à celle de la forme générale. Par exemple, la che. nille du papillon du chou avait treize ganglions ; le second se rapproche tellement de l’antérieur, situé dans la tête, ou de ce qu'on nomme le cerveau, qu’à peine reste-t-il entre eux un espace pour le passage de l’œsophage filiforme ; au thorax, le troisième se porte plus en arrière et se réunit avec le quatrième, comme aussi le cinquième avec le sixième ; le septième et le huitième disparaissent entièrement, avec les nerfs qui en émanent, parce qu'ils sont situés dans l’endroit où l’abdomen se sépare du thorax par un étranslement. Le cordon tout entier est donc plus court, mais ses ganglions diffèrent davantage les uns des autres, et surtout le premier a acquis une prépondérance plus prononcée. Cette inégalité se fait sentir, même alors que le cordon nerveux devient plus long , comme chez le Scarabée nasicorne , où il forme dans la larve un corps court, homogène, en fuseau, avecdes nerfs rayonnans, et, dans la chrysalide, une série de ganglions distincts, réunis par des filets anastomotiques.

6° Les antennes et les palpes sont des organes sensoriels de nouvelle formation. Chez les Lépidoptères, les Coléoptères et les Hyménoptères, dont les larves n'avaient que de petits yeux simples, on voit paraître les grands yeux composés et polyédriques.

7° L'appareil musculaire perd son uniformité. Il se concentre, à la tête, dans les muscles des antennes, des palpes, de la trompe et de la langue ; au thorax, dans ceux des ailes et des pattes; à l'abdomen, dans ceux des parties génitales. Les pattes résultent du développement de celles des larves ; les ailes paraissent sous la forme de vésicules délicates et trans-

parentes , qui sont ouvertes du côté de la cavité pectorale, et qui contiennent d'abord une petite quantité de liquide; les trachées qui sortent de la poitrine en cet endroit se réunissent en cordons saillans entre les parois appliquées à plat l’une contre l'autre. Les ailes deviennent peu à peu plus grandes, plus fermes, opaques, et elles se couvrent d’un mucus jaunâtre, qui s’endurcit en écailles.

8° Les deux testicules se réunissent en une masse impaire ; celle par laquelle se terminaient les canaux déférens s’allonge, du côté de ces canaux, en un conduitcommun, qui devient de plus en plus long et gros, et elle-même se développe en une longue vésicule séminale contournée ; du côté opposé sortent quelques fibres, qui forment peu à peu le pénis et ses muscles.

Les ovaires , en croissant, déchirent la membrane qui les entoure, et s'en dépouillent; des germes d'œufs se produisent dans leurs tubes, qui deviennent plus longs et plus larges; les oviductes se raccourcissent, parce qu’ils se confondent en un ovicanal qui devient de plus en plus long ; la masse qui touche au recium s'amollit, et se développe en extrémité inférieure de l’ovicanal et en organes accessoires.

9 Le corps adipeux, amas de substance plastique analogue au jaune, est employé à de nouvelles formations : il devient peu à peu pâle, plus grenu, plus mou, et semble se convertir, sous l'influence de Fair qu'y amènent les trachées , en une bouillie liquide, qui se coagule en une nouvelle masse organique; il ne reste plus de lui que des sacs représentant des corps jaunâtres et coniques.

10° Sur les derniers temps, la vie se prépare aux nouvelles conditions dans lesquelles va se trouver l'Insecte parfait. Les vaisseaux salivaires sécrètent un liquide qui disssout la masse endurcie dans l’estomac; ensuite recommence le mouvement péristaltique des organes digestifs, et le chyme, ramené à l'état liquide, est poussé dans le rectum,avec une matière blanche sécrétée par les vaisseaux biliaires. La nouvelle peau durcit et devient cornée ; les organes génitaux s’emplissent de leurs produits et se gonflent.

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