‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 32 sur 79 · LL · texte numérisé non relu

LL

458 DÉVEBOPPEMENT DES OÏSEAUX. |

à-fait en dehors se trouve une gaîne du feuillet séreux (4): cette gaîne se continue en haut avec la peau de l'embryon, en bas avec le feuillet séreux du capuchon, et, comme celuici devient maintenant l'amnios, avec l'amnios. On pourrait l'appeler ombilic cutané où amniotique ; car le nom reçu de gaine ombilicale ne lui convient pas, en ce que cette gaine forme l'ombilie pour la cavité du corps elle-même. Au dedans d’élle est un second tube , composé lui-même de deux tubes, qui demeurent toujours unis ensemble et ue constituent qu'un même canal : en effet, dans l'intérieur de ce eanal, il y à une transition du feuillet muqueux de la sphère viteiline à la membrane muqueuse de l'intestin, et en dehors , une autre transition du feuillet vasculaire à la couche vasculeuse de l'intestin. Ce canal est donc un simple ombilic intestinal, dont la cavité s'étend de l’espace qu’ocecupe le jaune à l’excavation du canal alimentaire , aboutissant ainsi, par les entrées postérieure et antérieure, aux extrémités déjà formées de ce canal, et immédiatement à la gouttière intestinale. Il n'y à plus qu’une petite partie de Fintestin qui ait encore la forme de gouttière ; celle-ci est déjà arquée des deux côtés, et ouverte seulement en dessous. L'excavation de lombilic cutané conduit dans la cavité ventrale, qui, durant la seconde moitié du quatrième jour, à une ampleur considérable.

Bo La cavité ventrale semble avoir paru tout d'un coup , car il se trouve dans l'embryon un espace libre considérable, qui renferme le canal alimentaire , le foie, les corps de Wolff et l’allantoide. Le mésentère pend très-bas, jusqu'à la partie de l'intestin qui à encore la forme d’une gouttière , et de cette manière il divise presque la cavité abdominale en deux moitiés. Cette circonstance nous éclaire sur la manière dont se produit la cavité du ventre ; elle n’est autre chose que la réunion des deux vides qui s'étaient produits le troisième jour dans les lames abdominales, comme on peut s en convaincre en jetant les yeux sur les figures 5 , 6 et 7. À la fin du quatrième jour, elle a, supérieurement et de chaque côté, les lames ventrales, qui sont encore fort étroites ; plus bas,

elle est entourée par la peau jusqu’à l'ouverture ombilicale ; en arrière , elle s'étend originairement jusqu'à l'endroit où l'extrémité postérieure du canal alimentaire touche aux lames ventrales: en devant , la disposition semble être moins simple, mais elle est au fond la même; car, ainsi que l’extrémité anale, la cavité gutturale est entourée immédiatement par les lames ventrales , dont la séparation ne s'étend par conséquent point encore jusque-là , et la seule différence consiste en ce que la cavité est beaucoup plus longue.

6° À l'ésard des régions de l'embryon, la colonne vertébrale s'est accrue au dessus de la cavité abdominale et un peu au dessus de la cavité intestinale , quise Sont un peu reportées en arrière, de sorte qu'à cette époque seulement nous commençons à trouver une véritable queue. Le t'onc est marqué par les deux paires de membres, mais la cavité abdominale se prolonge encore par devant dans le cou. Il me paraît hors de doute, en effet, que la partie du corps située au devant des extrémités antérieures est le cou ; car les lames ventrales de cette région deviennent parois du cou aussitôt que le cœur s’est retiré en arrière; mais, à l’époque dont il s’agit, le cœur entier et même le foïé sont logés dans le cou.

Pendant le quatrième jour, l'extrémité caudale commence à s'infléchir fortement vers la tête, et elle se place au côté gauche. Il n’y à que le tronc proprement dit, compris entre les membres de devant et ceux de derrière, qui soit droit. Le cou est très-recourbé , de manière que le tronc se trouve tourné vers la poitrme future , et que le passage de la moelle épinière à la moelle alongée occupe la région la plus antérieure de l'animal entier ; le côté dorsal du cou est donc beaucoup plus long que son côté ventral. La tête s'est resserrée davantage sur elle-même, et, de toutes les cellules cérébrales, celle pour les tubercules quadrijumeaux est la plus grande. La longueur de la tête et du cou, pris ensemble, égale à peu près celle du tronc ; mais la tête seule égale ce dernier en volume.

# Le canal alimentaire est encore presque droit. Sa portion moyenne, non encore close, ou la souttière intestinale, est

la seule partie qui dépasse le reste par Le bas, attendu qu'ici le mésentère s’est allongé; l’entrée antérieure est plus étroite que pendant la première moitié du troisième jour. A la partie antérieure du canal alimentaire, non seulement la cavité sutturale est limitée, mais encore on remarque derrière elle un œsophage très-court, auquel succède une diiatation oblongue, qui est l'estomac, mais qui se trouve encore toutà-fait dans la direction de l’axe longitudinal du canal commun, et qui n’est qu'une simple portion élargie de ce dernier, ayant sa plus forte convexité tournée vers le dos, et quelquefois aussi un peu vers la droite. Le duodénum, qui vient après, aboutit à l'entrée antérieure, en s’élargissant peu à peu. Vers la fin de cette journée, la gouttière intestinale n’a plus qu'un tiers de ligne de long. A la partie postérieure du canal alimentaire, le large intestin, dont les cœcums marquent la limite, ne diffère point d’ailleurs de la portion postérieure de l’étroit intestin, qui se continue avec l'entrée postérieure. La bouche est large. On n’aperçoit point encore d'anus.

8° La couche vasculaire s’est encore plus ramollie dans la portion déjà formée du canal alimentaire, et elie ressemble à une gelée demi-transparente. Les poumons , qui sortent de cette couche, font une saillie plus considérable en dessous, mais tiennent cependant encore au canal alimentaire par un feuiliet qu’ils ont soulevé en se séparant de lui. Le tube que chacun d'eux renferme s’est dilaté postérieurement en un petit sac, et s’est fort allongé antérieurement, de manière que les deux branches se réunissent ensemble sous un angle fort aicu. Vient ensuite un canal commun très-court, qui n’a souvent qu’un sixième de ligne de longueur à la fin de la journée ; ce canal, qui est la trachée-artère, s'ouvre dans l'œsophage derrière la cavité sutturale.

9° Le foie est développé en deux corps aplatis, qui entourent la veine porte comme des lames. Les deux conduits hépatiques se sont ramifiés davantage dans ces lames, mais sen même temps séparés davantage de l'intestin, de sorte que , la plupart du temps, ils se touchent déjà à leur base, et qu'à ja fin de la journée ils ont coutume de former un ca-

nal commun. Leur face interne est grenue, comme celle de l'intestin , et entre eux passent des prolongemens de la veine,

qui se rendent dans le foie.

40° Le pancréas n’est point encore sorti du plan de la 2

couche vasculaire , ou du moins il l'est fort peu.

11° Les cœcums forment encore des cônes courts et obtus, qui reposent perpendicularrement sur l'axe du canal alimentaire.

- 42° L’allantoïde croît avec une grande rapidité pendant -;

la seconde moitié du quatrième jour, après que la séparation des deux feuillets, qu’elle paraît soutenir, s’est effectuée partout ; elle pénètre entre ces feuillets, d’abord au capuchon caudal, puis, par les progrès de l'accroissement, au capuchon latéral droit, et devient en même temps beaucoup plus mince et plus transparente. Sa base s’allonge en un pédicule creux ; le sommet prend une forme conique, et, à la fin

du jour, il a le volume d’un pois. Un beau réseau vasculaire, |

qu’elle soulève du corps, et qui est formé par des branches de l'aorte, se trouve contenu dans sa couche vasculaire. La couche interne, ou le feuillet muqueux, est très-farile à distinguer.

13° Le vide dans le mésentere se rapetisse, parce que, d’un côté, les feuillets du mésentère se rapprochent l'un de l’autre vers le haut, et, d’un autre côté, un peu de tissu plastique se dépose dans le vide.

14° Les corps de Wolff contiennent un vaisseau sanguin

qui en parcourt la longueur. Les stries transversales foncées :

ont acquis plus de volume; ce sont de petits tubes entourés d'une paroi de couleur foncée, à peu près comme le: conduits hépatiques lors de leur première formation, mais beaucoup plus grêles que ces derniers.

15° Les deux branches principales dans lesquelles l'aorte se /% divisait déjà au second jour, marchent bien au même endroit

où se trouvent plus tard les corps de Wolff ; mais, dès le troisième jour, et plus encore au quatrième, on voit l'aorte s'étendre, sous la forme d’un tronc non divisé, jusqu’au voisinage de l’allantoïide, où elle se partage en deux branches, et artère mésentérique n’est alors qu’une simple branche de ce

tronc commun. Au quatrième jour, on aperçoit aussi très-distinctement une veine jugulaire, qui ramène le sang de la tête, et dans le bord inférieur de chaque lame ventrale il y a encore une veine qui s’unit à la jugulaire de chaque côté, avant son entrée dans le cœur. Ces dernières veines seraient donc des intercostales'; elles naissent, comme nous l'avons déjà dit, et comme on peut l’observer ici mieux que partout ailleurs, de telle manière que la masse du corps se liquéfie sur certains points, que le liquide s'amasse, rougit, apparaît sous la forme de points sanglans , et ne coule que peu à peu dans des gouttières. Autant qu'on peut en juger d’après les observations recueillies jusqu’à ce jour, la formation des veines précède celle des artères dans le corps de l'embryon.

Au quatrième jour , le système de la veine porte se sépare déjà très-distinctement du système de la veine cave; la veine porte se ramifie dans le foie en canaux proportionnellement fort larges et très-courts, tandis que le tronc veineux dans lequel elle se prolonge parcourt une étendue notable avant d'arriver au cœur.

16° La portion veineuse du cœur est située encore tout-àfait à gauche. Les deux appendices auriculaires acquièrent une ampleur considérable et des crénelures. L'épaississement de la paroi, qui n'avait eu lieu d’abord qu’en eux, s'étend aussi, au quatrième jour, à l'oreillette située entre eux. Aussi, à partir de ce moment, donnerai-je le nom d’oreillette à l'ensemble des deux appendices et du sac. Le ventricule s’allonge

" Le, ne

peu à peu en pointe ; la pointe est d'abord tournée à droite,

mais ensuite elle se porte de pius en plus en arrière, et ses parois acquièrent une teinte plus foncée. Entre le ventricule et l'oreillette, le canal intermédiaire et transparent, ou canal auriculaire, devient plus considérable. Le renflement aortique s'épaissit ; sa convexité principale est tournée vers le bas et à gauche ; et alors seulement il parait mériter le nom de partie spéciale &u cœur. Le ventricule semble encore, à l'extérieur, sans division ; mais, à l'intérieur, on trouve un pli très-saillant, qui partage la cavité en deux portions communiquant ensemble le long du pli. Celui-ci s'étend d’un côté jusqu’à la base du bulbe aortique, et de l’autre jusque dans le canal au-

DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 263 riculaire. Il me paraît n'être qu’un accroissement de celui qu'on apercevait déjà au troisième jour; mais maintenant il affecte une direction oblique particulière, de sortie qu'il marque la limite entre deux compartimens , l’un à droite et en arrière , l'autre à gauche et en avant, et que ces deux compartimiens communiquent ensemble avec le bulbe de laorte.

17° Les arcs vasculaires , les arcs branchiaux et les fentes branchiales subissent des changemens remarquables. D'abord le courant du sang devient de plus en plus diflicile à apercevoir dans la paire antérieure d’ares : je ne Fai jamais pu voir à la fin de cette journée. Le second arc vasculaire s’affaiblit aussi peu à peu. Quant aux troisième et quatrième , ils deviennent plus considérables , et reçoivent la plus grande partie de la masse du sang. Il se forme aussi, pendant le - Cours de cétte journée, un cinquième arc, postérieur à tous les autres, mais que j'ai toujours trouvé plus faible au côté gauche qu’au côté droit. Nous avons done de nouveau , à la fin du quatrième jour, quatre courans de sang, mais qui ne sont point ceux du troisième jour. Pendant cette métamorphose, le premier arc branchial grossit beaucoup, et son extrémité inférieure devient claviforme ; le second arc, au contraire, s’élève , du eôté extérieur, en une lame, qui se continue supérieurement et inférieurement avec le plan général du cou, mais qui, dans le milieu , fait une forte saillie par un rebord elliptique ; son bord convexe est d’abord tourné presque en dehors, mais, par les progrès de l'accroissement, il se dirige de plus en plus en arrière. Entre les quatrième et cinquième arcs vasculares se forme une fente oblongue ; tandis que les autres fentes s’agrandissent un peu, à l'exception des premières, qui, pendant la seconde moitié du quatrième jour, sont oblitérées par un tissu plastique délicat, jusqu'à ce qu’on ne puisse plus les reconnaître qu’à la transparence du lieu qu'elles occupaient jusque-là. Nous avons done aussi trois fentes branchiales , qui ne sont pas tout-à-fait les primitives, puisqu'il en à paru une nouvelle, et qu’une ancienne s’est effacée ($ 400, 42°, 130). L'appareil entier des arcs branchiaux, vu par la face mférieure, a une analogie frappante avec l'appareil branchial des Poissons , surtout quand on examine ce

dernier à l'état de squelette. Tous les arcs ont grossi un peu, mais surtout les deux antérieurs, et leurs extrémités inférieures ne sont pas seulement unies par une membrane mince, … comme au troisième jour, elles sont encore rapprochées les unes des autres , et sur la ligne médiane on trouve une bandelette de tissu plastique plus ferme, semblable à la série médiane d’osselets de l'appareil branchial des Poissons. Si l’on fend la cavité gutturale , on voit qu’elle est plus large en devant , et qu'en arrière elle se rétrécit à la facon d’un entonnoir. À la partie antérieure on observe un point un peu plus épais, mais encore peu isolé, au dessus des deux premiers arcs branchiaux ; en arrière, ce point épaissi laisse déjà apercevoir deux branches courtes : je le considère comme le premier rudiment de l’hyoïde.

Le plus fort courant du sang passant par les troisième et quatrième arcs vasculaires , une partie plus considérable encore de la racine de l'aorte devient carotide à cette époque ; outre cette artère, j’ai encore trouvé un vaisseau qui m'a paru être la vertébrale. Le sang se répand sur la vésicule cérébrale, en plusieurs arcades presque rayonnées, et il se rassemble dans des veines, dont une, en forme de sinus, occupe la ligne médiane des tubercules quadrijumeaux. De l'aorte partent des branches bien visibles, qui se rendent dans tous les espaces intervertébraux. Dans l’auréole vasculaire, les artères et les veines sont très-serrées les unes contre les autres.

18° Les rudimens de vertèbres dans les lames dorsales se prolongent de haut en bas vers la corde dorsale, d’où il suit que le tronc de la colonne vertébrale se développe de plus en plus ; mais ces rudimens n'arrivent point encore à se toucher par le haut.

19° Les membres se convertissent, de liserés qu’ils étaient, en lames qui sont plus larges et arrondies en arrière, et qui ne paraissent plus reposer sur le bord des lames ventrales, mais qui, Celles-ci étant devenues plus larges, ont aussi leur base sur le sillon compris entre les lames ventrales et dorsales.

20° Les deux feuillets de la moelle épinière se AGE dent de plus en plus, et se séparent d’une enveloppe extré-

mement mince, qui y est encore appliquée de la manière la plus intime , de sorte qu'on ne peut guère la séparer sans déchirure. Aussi m’a-t-il été impossible de distinguer si les lames de la moelle épinière sont ou non soudées ensemble à leur partie supérieure ; cependant elles paraissent ne tenir qu’à l'enveloppe. Mais, en bas, elles sont unies par une lame mince, qui ne fait point partie de cette dernière. Un sillon interne bien prononcé, à chaque lame, indique sa division en deux cordons, l’un supérieur , l’autre inférieur, dont le second est le plus gros. À la moelle allongée , les deux feuillets s’écartent largement l’un de l’autre; l'espèce de feutrage qu'on apercevait au troisième jour, a été remplacé par des stries transversales bien distinctes. Le quatrième ventricule est encore couvert d’un feuillet, qui paraît contenir de la matière nerveuse; non seulement il en a l’aspect au microscope, mais encore il devient complétement blanc dans l'alcool, comme la masse nerveuse. Ce feuillet adhère intimement aux lames de la moelle épinière sur toute la périphérie du quatrième ventricule ; mais on peut l’en détacher sans produire aucune déchirure , et il paraît être le résultat d’un épaississement de l'enveloppe, déjà plus distincte sur ce point qu'’ailleurs. De tout cela il suit que du rudiment primitivement canaliforme de la portion centrale du système nerveux se détache une enveloppe de la moelle nerveuse proprement dite, que cette moelle est fendue en haut, ce qui devient plus sensible encore au cinquième jour, et qu'au dessus du quatrième ventricule , endroit où les feuillets de la moelle nerveuse sont plus écartés l’un de l’autre que partout ailleurs , il se dépose une couche de masse semblable à la matière nerveuse, absolument comme chez certains Reptiles. De même que chez ces dermiers, cette masse est séparée du cervelet et de la moelle allongée.

Le cervelet existe déjà bien marqué ; en effet, les feuillets de la moelle épinière , après avoir formé le quatrième ventricule, s’épanouissent de chaque côté en une lame arrondie et presque perpendiculaire ; les deux lames s’écartent largement l’une de l’autre en arrière, mais viennent à se toucher en

avant, et circonscrivent un canal court et étroit, qui mène dans la vésicule des tubercules quadrijumeaux.

Les tubercules quadrijumeaux forment la plus grosse vésicule. Celle-ci paraît close par le haut; nous donnerons à sa cavité le nom d'aquéduc de Sylvius. |

La vésicule cérébrale qui vient après, la première de toutes qui ait paru , et primordialement la plus antérieure, forme la région du troisième ventricule ; elle est beaucoup plus surbaissée et plus courte que celle qui vient d’être décrite. La masse nerveuse commence dès la seconde moitié du jour à se retirer un peu du milieu de son épaisseur, de sorte qu'on aperçoit un vide transparent sur la ligne médiane. En même temps, une légère crénelure transversale se manifeste à la voûte de cette vésicule.

Le troisième ventricule descend profondément vers la base du crâne , et ce prolongement est l’entonnoir. Comme les tubercules quadrijumeaux sont situés plus en avant, par rapport à l'embryon entier, et qu’en général toutes les parties du cerveau qui, dans le principe, se trouvaient à la suite les unes des autres , s’'aglomèrent peu à peu, il reste, entre l’entonnotr, le cervelet et les tubercules quadrijumeaux , un vide qui est maintenant plus étroit qu'au troisième jour ; dans ce vide est logée la corde dorsale , avec le tissu plastique appartenant à la colonne vertébrale , et dont l’inflexion devient de plus en plus prononcée. À partir des régions frontale et pariétale, les ventricules latéraux sont séparés Fun de l’autre par une échancrure profonde , mais sans être complétement distincts ; il semble que leurs feuillets nerveux s'adossent dans le milieu, mais ils ne sont point encore sensiblement séparés de l'enveloppe.

Le cerveau se compose donc de vésicules que j'ai désignées d’après les ventrieules, attendu que j'aurais manqué de nom pour celle qui appartient au troisième ventricule. Mais la paroi de ces vésicules cohérentes les unes avec les autres, n'est plus un feuillet aussi simple qu’au troisième jour. De même que le cordon inférieur de chaque eôté est plus prononcé déjà dans la moelle épinière, de même aussi son prolenge-

| ment dans le cerveau s'étend plus loin et s'aperçoit mieux : ES. queiqu il se continue toujours en dehors avec la paroi latérale, | | on le voit clairement suivre le fond du quatrième ventricule et | du ventricule de Sylvius, jusque dans le troisième ventricule , et former là l'entonnoir. Enfin il se perd, par un prolonge- | ment à peine élevé d’une manière sensible , dans la vésicule | du ventricule latéral de son côté, c'est-à-dire dans l'hémisphère du cerveau.

21° Plusieurs des ventricules cérébraux se prolongent dans l'intérieur des nerfs sensoriels. Il est très-facile de s’en convaincre sur des cerveaux endurcis. Ainsi le quatrième. ventri- | cule s'ouvre dans les nerfs auditifs, entre les feuillets du cervelet et ceux de la moelle allongée; le troisième ventricule dans les nerfs optiques , au devant de l’entonnoir ; le ventricule latéral, dans les nerfs olfactifs, à sa face inférieure. Comme on n’aperçoit point encore de fibres , on ne peut juger de l’origine des parties cérébrales que par la forme extérieure, |et d'après cette forme les nerfs sensoriels paraissent provenir non de points limités, mais de tout le pourtour des vésicules cérébrales , de sorte que, par exemple, le nerf optique ne nait pas du point qui deviendra plus tard la couche optique , mais qu'il est, dans l’acception propre du mot, un prolongement de la vésiule cérébrale qui circonserit le troisième veniricule. D'après cela , les nerfs sensoriels sont des espèces de hernies du cerveau dans la masse du corps, et les organes sensoriels, des modifications de cette masse produites par là.

22° L’œil nous en fournit la preuve la plus claire.Si l'on ouvre un œil du quatrième jour, endurci dans l'alcool, on trouve la rétine très-épaisse, proportion gardée , et ferme, de sorte qu'on peut, sans beaucoup de peine, la séparer complétement des autres feuillets. Ce feuillet méduilaire représente une cavité sphérique, unie par un canal avec le troisième ventricule, et qu'on peut très-bien considérer comme uhe cavité cérébrale qui s’est développée sur le côté. Le canal qui aboutit à cette cavité, ou le nerf optique futur, monte de dedans en dehors, et s'épanouit ensuite tout à coup en rétine, de telle manière que la face postérieure (ou inférieure, sinous plaçons la tête sur la base du crâne) de cette membrane présente ,

dans la même direction qu’affectait le nerf optique ‘avant son entrée, une languette plus claire, le long de laquelle la rétine est fort amincie. Cette languette fait certainement aussi hernie en dedans, mais très-peu. D’après cela, la rétine serait presque fendue en arrière ou en bas. Sa vésicule contient une albumine épaisse, le corps vitré, qu'on peut extraire par ‘énucléation, après avoir fait macérer l’œuf dans l'alcool. Elle présente, en outre, à son extrémité , une ouverture circulaire, qui est remplie par le cristallin ; celui-ci est assez con- Sidérable, mais cependant moins bombé qu'il ne doit l'être plus tard; on ne distingue point encore sa capsule. Mais la à vésicule de la rétine est entourée d'une membrane complétement distincte , qui offre déjà une couleur très-foncée à sa face interne ; cette coloration ne s'étend néanmoins que jusqu'à la capsule cristalline, par conséquent jusqu'aux limites de la rétine ; au devant de ce point , la membrane est d’une transparence parfaite, et s'applique immédiatement à la parai antérieure du cristallin. Elle est sans doute redevable de sa teinte foncée à son antagonisme avec la rétine ; car elle reste sans Couleur au dessous de la languette amincie de cette dernière ; c’est là ce qu’on appelle la fente de la choroïde , ŒuoIqu’il n’y ait point solution de continuité. La chambre antérieure de l'œil n'existe pas. La peau extérieure passe immédiatement Sur l'œil ; elle est mince et bombée , sans traces de paupières.

23° Tout ce que je puis dire de l'oreille, c’est que sa partie interne est encore plus cachée qu'au troisième jour ; mais j'ai aperçu, au plancher de la cavité sutturale, une fosse profonde, dirigée vers l'oreille , qui est peut-être le commencement de la trompe d'Eustache.

24° À l'endroit où le nerf olfactif sort au troisième jour, il se forme, le quatrième, dans la masse maintenant plus épaisse du crâne, une petite fossette oblongue , bordée d’un bourrelet, et qui est la fosse nasale ; les deux fosses nasales sont | assez rapprochées l’une de l’autre.

25° Au dessous de l'œil, à parür de son bord postérieur, et croissant d’arrière en avant, s'élève une étroite saillie de tissu plastique, qui est'la mâchoire supérieure future.

26° A l'égard de la métamorphose des parties de l'œuf, nous remarquons que le blanc continue de diminuer, surtout au dessus du jaune, de sorte que, souvent la membrane vitelline entre déjà en contact avec la membrane testacée. Il résulte de là, conime aussi de ce qu’une partie considérable de l’auréole vasculaire se rapproche de la chambre aérienne, que ses vaisseaux semblent être exposés à l’action immédiate de l'air. En effet , l'auréole vasculaire s'étend peu à peu sur la moitié de la sphère vitelline ; l’auréole vitelline a envahi presque tout l’espace restant, de sorte qu'à peine reste-t-il en dessous un cercle de la membrane proligère ayant quelques lignes de diamètre qui ne soit point couvert. La membrane vitelline est devenue beaucoup plus mince, et elle se déchire avec facilité. Le jaune a sensiblement augmenté de volume, et il est devenu en grande partie liquide, dans le même temps qu'il a pris une couleur de blanc jaunâtre. Il ressemble à une émulsion. Cette métamorphose commence au dessous de l'embryon, et se montre ensuite dans toute l'étendue dé la sphère vitelline.

Page 1