C. Cinquième jour
$ 402. Au cinquième jour ont lieu les phénomènes suivans :
lo Cette journée paraît être destinée à compléter ce qui a commencé le troisième et le quatrième jours, et à préparer l’état de choses qui entre en pleine activité pendant la troisième période; car la séparation de l'embryon arrive à son plus haut degré, et l’allantoïde se développe en organe de respiration.
2° En effet, l’ombilic se rétrécit de tous les côtés. À la fin de la journée, l'ombilic intestinal est déjà un canai étroit qui descend verticalement dans l'intestin ; c’est le canal vitellin, qui reste sans subir presque aucun changement depuis cette époque jusqu'à un temps très-rapproché de l’éclosion. Les entrées antérieure et postérieure du canal alimentaire se sont rapprochées l’une de l’autre, et il n’y a plus aucune partie de l'intestin qui ait la forme d’une gouttière. L'ombilic cutané
est beaucoup plus ample , à la vérité, que l’ombilic intestinal, mais Cependant , comme la portion large de l’allantoïde le traverse , il est beaucoup plus étroit qu'au quatrième jour : il embrasse le canal vitellin et le pédicule de lallantoïde, avec les vaisseaux qui appartiennent à l’un et à l’autre.
3° L'allantoïde est alors située en grande partie hors du corps , dans l’intérieur duquel il n’y a que son pédicule qui soit logé. Comme elle est sortie entre le feuillet du mésentère et la lame ventrale du côté droit (S 401, 12°), elle se trouve toujours située à la droite de l'embryon, dans l'espace compris entre la couche supérieure et la couche inférieure du capuchon , et, quand celui-ci disparaît, entre l’amnios et l’enveloppe séreuse. Elle atteint un diamètre de quatre à cinq lignes, et reçoit un grand nombre de vaisseaux.
A° Les deux feuillets de l'amnios subissent aussi une métamorphose. Après que cette membrane s’est close , ils se séparent Fun de l’autre , et leur séparation paraît être favorisée encore par l'accroissement du volume de l’allantoiïde. De là résulte que l’amnios devient une enveloppe indépendante et détachée vers le haut; mais, du feuillet supérieur, il se forme une nouvelle enveloppe, qui couvre supérieurement l’amnios , avec l'embryon, et qui, en dehors, s'étend aussi loin que la membrane proligère, dont elle est précisément le feuillet séreux. Ce feuillet séreux n’est qu'aujourd'hui seulement séparé par une grande distance de la couche inférieure , de sorte qu'il existe , entre l’amnios , la couche profonde de la membrane proligère et le feuillet séreux détaché, un vaste espace avec lequel a cavité abdominale de l'embryon se continue à travers l’ombilic cutané. À la formation de cette nouvelle enveloppe extérieure, que nous appellerons Penveloppe séreuse , succèdent l'amincissement et enfin le déchirement de la membrane vitelline ; dès que ce dernier phénomène a eu lieu , le blanc se retire du jaune avec plus de rapiaité qu’il n'avait fait jusqu'alors, et se porte vers le petit bout de l'œuf, où l’on trouve encore pendant quelque temps les chalazes.
5° La membrane proligère s’est tellement agrandie, pendant ce temps , que l’auréole vasculaire occupe près des deux tiers du jaune, le reste étant rempli par l’auréole vitelline. :
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 271 Cette dernière est fort mince et si adhérente au blane , qu’elle se déchire aisément lorsqu'on cherche à l'en séparer. De Ià vient qu'on dit que le jaune n’est pas enveloppé sur ce point, et que le blanc fait office de bouchon pour clore un vide de son enveloppe, assertion contre laquelle semblent s'élever les résultats d'un examen attentif.
6° Comme la scission de la membrane proligère fait toujours des progrès, il finit par ne plus y avoir rien de ce qui soulevait la couche inférieure au bord du capuchon. L’angle que le pourtour du capuchon a formé, se trouve en effet soulevé par l’effet de la séparation ; tout le pourtour s’affaisse donc, et par là l'apparence de ce capuchon disparaît entièrement , à moins qu'on ne veuille considérer encore comme telle l’espèce d’entonnoir que le passage de la membrane proligère au canal vitellm produit sur la face inférieure de l'embryon. 7° L’embryon est situé en entier au côté gauche, et telle ment plié sur lui-même que la tête et la queue se touchent Ja plupart du temps. Comme l'allantoïde est placée à droite, elle atteint par cela même la région la plus élevée, et elle n'est séparée de la membrane testacée que par l'enveloppe séreuse. La tête égale le tronc eu égard au volume : les tubercules quadrijumeaux font une forte saillie ; le col croît rapidement , mais il est encore beaucoup plus court à son côté inférieur qu'au côté supérieur , de sorte qu’on ne peut l’étendre en long ; la nuque est surtout très-prononcée derrière la tête, mais presque uniformément courbée en un grand arc. Les lames ventrales se sont considérablement accrues en hauteur. La cavité abdominale s’avance encore un peu dans le cou ; le foie est déjà piacé dans le tronc, à la hauteur des membres de devant; mais une partie plus ou moins considérable du cœur se trouve encore au devant de lui, et la rétraction de cet organe paraît contribuer à la courbure du cou, puisque les arcs vasculaires sont encore unis avec la cavité gutturale, et semblent être tirés en arrière par le cœur. 8° Les deux moiiés de l'intestin forment l'une avec l’autre un angle aigu vers le canal vitellin, attendu que le mésentère s’est fort agrandi dans le milieu de son étendue. L'ampleur du canal intestinal n’a pas seulement augmenté d'une manière
générale, mais encore les diverses parties de ce canal sont mieux distinctes les unes des autres ; une ligne de démarcation bien tranchée sépare l'intestin de l'estomac, qui est beaucoup plus ample , dont les parois ont plus d'épaisseur, et qui fait saillie à gauche , sous la forme d’un cul-de-sac.
9 Les poumons se sont détachés tout-à-fait du canal alimentaire ; mais leur portion moyenne , très-sensiblement al-longée , est encore appliquée d’une manière intime à ce canal. Non seulement les bronches se sont allongées, mais encore la trachée-artère s'est accrue, moins à la vérité , et, parfaitement semblable en cela au canal alimentaire , elle consiste en un tube étroit de membrane muqueuse , couvert d’un épais dépôt de la couche vasculaire. Ainsi le canal alimentaire et la voie aérienne se détachent l’un de l’autre , de telle sorte que la cloison s'accroît toujours d’arrière en avant.
19° Le foie est très-considérable ; ses deux lobes sont devenus plus épais , et paraissent avoir une texture spongieuse dans leur intérieur. Un examen attentif démontre que la veine s’est partout répandue en grosses branches entre les canaux biliaires. Ceux-ci ont un tronc commun. |
11° Le pancréas sort de la couche vasculaire , et il en soulève une partie à la surface du canal alimentaire. Autour du point où il se prononce , l'intestin fait un grand détour ; ainsi se produit une première anse , appartenant au duodénum, qui devient plus considérable le lendemain. Comme, à l’époque où l'estomac commençait à se bomber, la couche vasculaire de cette région avait acquis une grande épaisseur , puisque la plus forte saillie se trouvait primitivement en haut, et quelquefois un peu à droite ($ 401, 7°), mais qu'au cinquième jour l'estomac éprouve une torsion telle que la région bombée vient à être placée au côté gauche , la couche la plus extérieure du feuillet vasculaire, en prenant part à la torsion, se sépare de l'estomac , et se convertit plus tard en un feuillet distinct , l'épiploon, dans lequel on aperçoit pour la première fois au cinquième jour un petit corps, de couleur rouge, qui est la rate.
42° Les cœcums ont encore la forme de cônes obtus; l’intestin large est fort court. L'anus apparaît sous la forme d'une
simple fente transversale , et il marque pour toujours la limite de la queue.
15° Les corps de Wolff ont beaucoup augmenté de hauteur et de largeur, etils reçoivent une quantité considérable de sang. A leur face interne paraît un cordon arrondi de tissu plastique , qui est le testicule ou l'ovaire ; en haut et en dehors, se trouve une partie en forme de lame , qui se continue avec la paroï de la cavité abdominale. Les conduits transversaux se ramifient et se contournent. Au cinquième jour, on voit distinctement le tronc de la veine cave naître du côté interne des extrémités antérieures de ces corps , par un grand nombre de petites racines , et monter derrière le foie.
14 Le cœur est encore plus contracté sur lui-même qu'auparavant, de manière que l'oreillette confine à la racine de l'aorte. Le sommet du ventricule est tourné en arrière, et plus allongé en pointe ; les premiers rudimens des deux appendices auriculaires sont plus arrondis, et se courbent un peu de haut en bas; le sac veineux médian laisse apercevoir à l'extérieur un commencement d’étranglement. Le canal auriculaire à acquis sa plus grande longueur, et il est tellement transparent , qu'on aperçoit dans son intérieur un pli figurant une languette de couleur obscure. Le ventricule est complétement opaque ; sa cloison intérieure a tellement augmenté, qu'elle le partage en deux ventricules, communiquant ensemble par un vide oblong seulement. Le bulbe de l'aorte renferme deux conduits distincts l’un de l’autre, mais qu'on ne peut apercevoir à l'extérieur. Ces conduits paraissent se contourner un peu l’un sur l’autre, de manière que l’un d'eux, inférieur, marche d’arrière en avant, et de droite à gauche , tandis que l’autre, supérieur, se porte d’arrière en avant et de gauche à droite. Le premier vient donc de la section droite du ventricule, et le second de la section gauche. Tous deux paraissent avoir été produits par deux courans de sang ; en effet, comme le pli contenu dans le ventricule se développe en une cloison incomplète , qui devient de plus en plus oblique , il faut que le courant du sang se divise en deux : l’un se dirige vers le côté ventral, dans l’espace qui est destiné à devenir le ventricule gauche ; comme il se réfléchit, à la