IL
pointe du ventricule, pour arriver dans le canal d’abord simple du bulbe aortique , il acquiert nécessairement, outre la direction d'arrière en avant, celle de gauche à droite et de bas en haut. Le courant de l’autre cavité se porte davantage en haut et à droite ; en revenant sur lui-même , il acquiert la direction de droite à gauche et de haut en bas. La direction d’arrière en avant est commune aux deux courans ; mais comme ils en ont encore d’autres différentes, il ne peu manquer d'arriver que , quoique d'abord (au troisième jour) serrés l’un contre l’autre dans un canal unique et presque rond, ils sillonnent peu à peu (au quatrième jour, $ AO1 , 16°) ce canal suivant deux directions. Mais les deux dreotins ne peuvent pas se séparer entièrement l’une de l’autre , et comme tout le sang ne trouve à se rendre dans l'aorte que par les arcs vasculaires , il faut que les deux courans d’un arc prennent peu à peu une direction opposée : de là la torsion en spirale. Les deux courans devant se diriger de nouveau l’un vers l’autre après s'être écartés en se croisant , il résulte de là l'apparence renflée qui caractérise le bulbe aortique à la fin du quatrième jour et au commencement du cinquième. Ge renflementest la conséquence de la dilatation latérale d’une cavité, et il croît peu à peu d’arrière en avant ; il est un peu moins sensible à la fin du cinquième jour, parce que la dilatation s’est étendue jusqu’à l'extrémité antérieure.
Ainsi, après que la cavité intérieure s’est creusée, au quatrième jour, d'un sillon contourné, et que les deux courans de sang sont arrivés à se toucher dans les angles de ce sillon, le tissu plastique voisin pénètre dans le milieu non rempli de la fente, de sorte que celle ci a produit deux canaux en spirale séparés par une cloison encore étroite.
A5° Des quatre arcs vasculaires qui existaient à la fin du jour précédent, le plus antérieur (primitivement le second ) devient de plus en plus faible au cinquième jour, et bientô l'on ne l'aperçoit plus du tout. Les arcs de la paire postérieure, qui étaient encore très-faibles la veille , deviennent plus forts, mais ne le sont Cependant jamais autant au côté gauche qu’au côté droit. On aperçoit donc du côté droit trois forts arcs vasculaires ; du côté gauche, on n’en découvre que deux au pre-
mier aspect, mais, avec quelque attention, on voit aussi le troisième.
16° L'ancienne première fente branchiale devient entièrerement méconnaissable ; la quatrième , ou postérieure , reste petite , et elle est plus arrondie que les autres. Vers la fin du cinquième jour, les deux fentes postérieures se ferment ; celle qui était originairement la seconde persiste plus longtemps; quoiqu’elle soit couverte par le lobe auquel Rathke donne le nom d'opercule, et qui va toujours en grandissant, outre qu'il se dirige d'avant en arrière, cependant, en soulevant ce lobe, on l'aperçoit encore bien distinctement à la fin de la journée. Les fentes postérieures sont également placées un peu de travers, ayant leur oblitération, de manière qu’on est obligé de ramener les arcs branchiaux ur peu en devant pour les apercevoir ; il semblerait que les arcs branchiaux fussent tirés en arrière par les arcs vasculaires. Mais l'ancien premier arc branchial grossit beaucoup, et sort très-sensiblement du plan des autres, ce qui fait paraître plus à plat l'opercule, qui maintenant est adhérent avec lui. En effet, cet arc est en train de se métamorphoser en mâchoire inférieure ; celle-ci ne se compose donc jamais de deux moitiés séparées, et, pendant toute [a cinquième journée , elle offre seulement une crénelure dans son milieu. Au dessus des deux premiers ares branchiaux , par conséquent plus près de de la cavité gutturale, se forme l’hyoïide , dont je distingue fort bien à cette époque les deux branches postérieures ; elles sont appliquées immédiatement au second arc branchial, de sorte que leurs extrémités sont tournées vers l’opercule;, comme chez les Poissons.
17° Le dos continue toujours à être très-plat; mais le sillon existant entre les lames dorsales et les lames ventrales est assez profond. Les moitiés de vertèbres arrivent à se toucher en dessous, et enveloppent la corde dorsale , qui a singulièrement augmenté de volume ; elles paraissent aussi s’atteindre en haut par des prolongemens fort minces; mais, sur les côtés, elles acquièrent plus de consistance , par l’accumulation sur Ce pomt d’une masse grenue , de couleur foncée, Cette masse occupe tant la face interne que la face ex-
terne de chaque vertèbre; celle de Ia face externe s'étend sans interruption jusque dans les lames ventrales, et cette parüe de la languette obscure doit contenir les apophyses transverses etsans doute aussi les côtes. Enfin, au cinquième jour, j'ai pu apercevoir les nerfs rachidiens , mais seulement en arrachant les lames ventrales de la colonne vertébrale ; par ce moyen je découvrais les extrémités déliées des nerfs entre chaque couple de vertèbres.
18° Les membres se sont notablement allongés en arrière, et ils ont changé de forme ; au lieu de représenter une lame arrondie, comme au quatrième jour ($401, 19°), ils ont pris la forme d’un ciseau ; en effet, 1ls ont un pédicule arrondi, qui se termine par une lame linguiforme ; la base du pédicule est située dans la gouttière placée entre les lames dorsaleset ventrales. Du reste , jusque vers cette époque, les membres se ressemblent tellement, qu'après les avoir détachés du corps, on aurait de la peine à les distinguer les uns des autres. Ordinairement , pendant la durée du cinquième jour , il se forme, dans le pédicule, un angle qui est le coude ou le genou; car l’un et l’autre se ressemblent parfaitement; le bras et la cuisse présentent une petite tache obscure , rudiment du cartilage et de l'os futurs; on voit deux languettes foncées à la jambe et à l’avant-bras. L’extrémité en forme de langue renferme un lobe intérieur, de couleur foncée, et non encore divisé, qui imite parfaitement la forme du lobe entier. Vers la fin du cinquième jour, l'extrémité linguiforme devient plus large.
19° Si les membres se développent plus rapidement au cinquième jour qu'auparavant, la même chose arrive aux mâchoires. La supérieure devient peu à peu une lame assez considérable, située au dessous de l'œil, et qui se prolonge vers une apophyse descendant du front , entre les deux fosses nasales, sans atteindre encore jusqu'à elles ce jour-là : ainsi, non seulement elle est déjà réunie, mais même elle est doublement fendue.
20° La moelle épinière entière est, à cette époque, entourée d'une enveloppe manifestement isolée : il n’y a que quelques points de la vésicule cérébrale où cette enveloppe ne soit point encore, à ce qu'il parait, réunie, notamment
dans le milieu de la voûte. La moelle épinière est en général comprimée de droite à gauche : sa plus grande hauteur et sa plus srande largeur correspondent vis-à-vis des membres; au cou , elle est plus étroite que partout ailleurs. A la courbure de la nuque, ses lames s’écartent brusquement l'une de l'autre, deviennent beaucoup plus larges , et s’unissent ensuite en un cervelet, dont les lamelles font plus de saillie vers le haut (ou |enarrière, si nous considérons le cerveau seul), qu’elles n’en faisaient auparavant. L'union entre le cervelet et les tubereules quadrijameaux s’est allongée en un canal considérable , qui correspond à la partie postérieure de l'aquéduc des Oiseaux adultes. Mais la vésicule des tubercules quadrijumeaux s'est fort agrandie, de sorte qu'elle couvre complétement l'aquéduc en arrière, et en devant une partie du troisième ventricule. La base de cette dernière cavité s'est moins élevée que le reste, de sorte qu'à peine a-t-elle encore l'apparence vésiculeuse ; mais elle s’est prolongée à son fond; les entrées des nerfs optiques et leurs alentours immédiats s'éloigaent effectivement en arrière (ou en bas , si l'on met le cerve: : sur sa base), et forment au dessous de l'entonnoir une saillie, semblable à celui-ci , qui rapproche beaucoup les deux entrées l’une de l'autre. Nous appellerons ce prolongement Tosse du nerf optique ; il est déjà reconnaissable au quatrième Jour. La crénelure supérieure dans le sens transversal, qu'on apercevait la veille à la voûte de cette région ($ 401, 20°), présente, au cinquième jour, une partie postérieure et cylindrique , séparée de l’antérieure, qui est vésiculeuse ; dans cette partie, les lames médullaires s’écartent supérieuremeni l’une de l’autre. La vésicule pour les cavités latérales, ou pour le cerveau proprement dit, est très-profondément enfoncée dans le milieu de la voûte : celle pour le ventricule de Sylvius l’est moins ; mais, intérieurement, j'ai très-bien vu de la masse cérébrale s'étendre sur ce pli, de sorte que je ne peux point considérer Le cerveau comme fendu en cet endroit, quoiqu'il ait l'air de l'être quand on le contemple de haut en bas , parce que l'enveloppe moins blanche s'enfonce dans là fente et couvre la masse cérébrale. Dans l'intérieur du cerveau nous trouvons très- grossis les cordons qui ont été décrits
plus haut, et que déjà nous avons pu appeler cuisses du cerveau, parce qu'ils semblent être le tronc de toutes les parties cérébrales. Ils parcourent tout le pourtour de l’entonnoir, puis pénètrent dans les hémisphères , où ils se terminent par une espèce de tubercule, au devant de l'entrée dans les nerfs olfactifs.
Au cinquième jour, le cerveau s’est fortement courbé sur lui-même dans ses parties antérieures. Si nous voulons lé décrire seul sous ce rapport, comme formant l'extrémité antérieure du corps, nous trouvons que les tübercules quadrijumeaux sont la partie située le plus en avant, et qu'ils font uné saillie à peu près égale en devant et en bas. La moelle aïlongée descend de la moelle épinière sous un angle obtus ; vient ensuite une seconde inflexion, aussi à l'angle obus, attendu que le tronc du cervelet se porte en avant ; puis on trouve uné inflexion à l'angle droit, qui a lieu dans le tronc des tuber= cules quadrijumeaux ; à partir de ce point, l'inflexion devient si forte, que le sommet de l’entonnoir est dirigé de bas en haut, vers le tronc du cervelet, et que le prolongement principal des cuisses du cerveau dans les hémisphères se porte presque en ligne droite d'avant en arrière. À uné époque antérieure, l'entrée de la fosse du nerf optique affectait cette direction, qui, plus antérieurement encore, était celle dé l'entonnoir. Celui-ci est la partie qui S’infléchit la première, celle qui se courbe de haut en bas le second jour, avant l’imflexion de la corde dorsale. Il est clair, d'après cela , que la cuisse du cerveau se Continue toujours immédiatement avec la partie de l’encéphale qui est dirigée le plus en arrière. Mais à ce changement de courbure se rattache aussi une modification dans l'accroissement : l’entonnoir est encore fort large au troisième jour; à mesure que la courbure antérieure augmente , et que l'entonnoir se rapproche de la corde dorsale, son accroissement diminue.
Si nous avons égard à l'embryon lui-même , nous trouvons qu'il est plus recourbé au cinquième jour qu’én tout autré temps, que les tubercules quadrijumeaux sont plus dirigés vers le bas qu'en avant, et que la région la plus antérieure de l'embryon n’est, à proprement parler, point remplie , lé
chancrure se trouvant là entre les tubercules quadrijumeaux et la moelle allongée.
21° L'œil a beaucoup grossi, ‘et il a conservé ses stries blanches. Dans la rétine, ces stries sont maintenant élevées et formées de deux ses laissant entre eux un sillon, absolument comme il arrive aux cuisses du cerveau dans les diverses régions de ce dernier organe. Jé n’ai pas trouvé que la membrane enveloppante obscure fût ici manifestement renversée en dedans, comme le prétend Huschke, quoiqu’elle eût déposé du pigment à la surface extérieure des deux cordons nerveux ; Mais , au milieu des stries nerveuses , elle est sans pigment, et à peine y a-t-il de l'espace pour. un renverse ment réel, puisque le sillon entre les deux cordons nerveux, vu de dedans en dehors, n’est point élevé, mais creux. Tel est au moins l'état des choses dans des yeux que l'alcool a fait durcir; j'ai peu examiné ces organes à l’état frais; dans tous les cas, la languette de la rétine se compose de deux renflemens et d’un moyen d'union très-mince. La membrane obscure de l'œil semblait simple auparavant, et se continuait sans interruption avec là cornée transparente; aujourd'hui , elle commence à se diviser ; un feuillet extérieur, BA mais encore mince, est en Connexion immédiate avec la cornée transparente, el représente par Conséquent la sclérotique ; le feuillet interne a une couleur foncée, et cesse au bord du cristallin ; celui-là est la choroïde. Le Corps vitré et sa membrane sont manifestement formés. Le cristallin a une forte convexité.
22° Les fosses nasales deviennent plus profondes, et sont séparées l’une de l’autre par l’épine nasale. … 23° L’oreille est indiquée par une bandelette ronde et saillante ; mais ordinairement la fosse nasale est encore fort peu “ireale au Cinquième jour. Il n'arrive pas toujours que l'oreille paraisse avoir une ouverture intérieure par la trompe d'Eustache, L'ouverture externe, au contraire, se forme ordinairement le j Jour Suivant, de sorte qu’elle paraît quand les fentes branchiales sont closes : cependant il m’est arrivé plus d'une fois de la voir lorsque l’une ou l’autre de ces fentes existait encore.
III, Troisième période.
$ 405. La troisième et dernière période de la vie embryonnaire est caractérisée par la circulation au moyen des vaisseaux de l’allantoïde, et elle s'étend jusqu’à l’éclosion, ou jusqu'à l’apparition de la circulation pulmonaire. |
À. …Sirvième et septième jours.
1° La chambre à air s'agrandit continuellement. La membrane proligère embrasse le jaune entier , de sorte que celuici est renfermé dans une enveloppe qui fait corps avec l’embryon, le sac vitellin. Le blanc, dont la consistance a beaucoup augmenté, adhère intimement à la membrane testacée sur l’auréole vitelline, de même que vers le petit bout de l'œuf. L’auréole vasculaire embrasse beaucoup plus que la moitié du jaune. Le cercle sanguin devient plus étroit, et commence à disparaître ; les autres vaisseaux sont moins pleins aussi; les veines ascendantes et les veines descendantes sont les premières qui disparaissent, et souvent on n’en voit plus aucune trace au septième jour; du reste, une branche veineuse se trouve partout à côté d’une branche artérielle. Le jaune a beaucoup augmenté de masse , et il est presque entièremient liquide, à l'exception d'une petite partie, située dans la moitié inférieure de la sphère vitelline, et non appliquée à la membrane proligère , mais placée plus en dedans. Dans la portion liquide du jaune, les plus gros globules sont très-considérables , faciles à voir à l’œil nu, d’un neuvième à un vingtième de ligne de diamètre, et assez clairs, ce qui tient évidemment à la quantité considérable de liquide qu'ils renferment ; si l’on écrase un de ces globules , il s’en échappe un grand nombre d’autres plus petits. Comme le nombre des gros globules vitellins à diminué par rapport à la masse entière, On ne saurait douter qu'un grand nombre d’entre eux ne se soient dissous. L’allantoïde dépasse l'embryon de tous côtés , à sa face droite , et s'étend dans l’espace qu’elle trouve entre la nouvelle enveloppe séreuse, la couche profonde de la membrane proligère et l’amnios; elle devient par là fort aplatie , mais n’en conserve pas moins la forme d’une vésicule
cohérente, qui contient un liquide parfaitement limpide. Au septième jour, cette vésicule comprimée a le diamètre d’une pièce de cent sous, et les deux moitiés sont sensiblement séparées par le liquide contenu. Chaque moitié laisse encore apercevoir d’une manière distincte le feuillet vasculaire et le feuillet muqueux ; le premier s'applique intimement à l'enveloppe séreuse, et la moitié de l’allantoïde qui tient à cette membrane est plus riche en vaisseaux que celle qui regarde vers le bas. L'union intime de l’allantoïde avec la partie supérieure de l’enveloppe séreuse fait que l'embryon se trouve en quelque sorte suspendu , et de là résulte qu'il ne s’enfonce plus maintenant dans le jaune, mais qu'il soulève un peu la transition du sac vitellin au canal vitellin, ce qui efface jusqu'à la dernière trace du capuchon. À partir du cinquième jour, à’amnios croît rapidement en capacité, et s'emplit d’une grande quantité de liquide.
2° Ordinairement on trouve l’embryon non plus dans le milieu de la face supérieure du jaune, mais penché vers le gros bout de l'œuf. Ce changement de lieu paraît tenir en partie au déplacement du blanc, en partie aussi au propre poids de l’embryon. En effet, comme la membrane vitelline se déchire au cinquième jour, et qu’ensuite le blanc se retire vers le petit bout, la sphère vitelline éprouve une légère torsion; mais comme, vers cette époque, il y a fort peu de blanc au dessus du jaune, qu'il s’en trouve encore assez au dessous , et que ce blanc tient davantage à la sphère vitelline, il faut, puisque le blanc se retire vers le petit bout de l'œuf après la déchirure de la membrane du jaune, que la moitié supérieure de celui-ci se tourne vers le gros bout. Le propre poids de l'embryon augmente cette torsion ; mais la mesure en est fort sujette à varier.
3° Au sixième jour j'ai aperçu, dans l'embryon, le premier mouvement, qui consistait en une convulsion de certaines parties, et semblait être déterminé par l'impression de l'air froid. Au septième jour, le mouvement est plus général ; l’embryon oscille dans l’amnios , sur l’ombilic , comme sur un pivot fixe. Mais ce mouvement de va-et-vient ne dépend pas de l'embryon seul : il se rattache plus encore à l’amnios, qui
Len oc SIL
se contracte et se fronce, tantôt à l’une de ses extrémités, et
tantôt à l’autre. 11 m'a donc semblé être une sorte de pulsa=
tion irrégulière dans l’amnios. | f° L'embryon est fortement courbé , moins cependant qu’au
cinquième jour. La courbure surtout du cou diminue par l’accroissement considérable de sa surface antérieure, et on ne
peut l’étendre en ligne à peu près droite qu'après la mort de l'embryon. Lorsque le col commence à s'étendre, la tête se reporte vers la région dorsale, et la nuque Pr alors un tubercule plus saillant, qui indique l’inflexion de la moelle épinière dans le cerveau. Le tronc est très-gonflé par l’accroissement du foie et par la rentrée du cœur dans sa propre cavité. Cependant la tête a au moins autant de masse que le tronc.
5° L'omnbilic n’est plus une simple ouverture ou un anneau; c'est un canal, qui, vers la fin du septième jour, à üne ligne de long, et qu'on peut appeler un cordon ombilical, lequel toutefois est court et demeure creux. Sa cavité renferme le pédicule et les vaisseaux de l’allantoïde, une anse d’intestin, et le canal vitellin, avéc les vaisseaux qui s’y rapportent. Uné veine forme le tronc de la veine porte, avec lequel s’unissent les autres veines intestinales : on doit l’appeler veine vitelline antérieure. Car, dès lors, on commence aussi à découvrif une veine vitelline postérieure, qui marche d'avant en arrière, le long de la partie postérieure du canal alimentaire, jusqu’au point où se rencontrent les veines de Ja queue, du choque. etc., avec lesquelles elle s’unit : cette veine a déjà un calibre considérable au dixième jour, et on ne peut pas douter qu’elle ne soit la branche de communication entre la veine porte et la veine du tronc. Les vaisseaux de l’allantoïde sont particulièrement ceux qu’on nomme ombilicaux, savoir deux artères, naissant de l’aorte descendante, dont celle du côté droit “disparaît plus tard, et une trés-grosse veine qui marChe d’arrière en avant à la paroi inférieure du ventre, et, dans la scissure du foié, à la face inférieure. Il m'a été impossible, dans les premiers temps, d’en distinguer là terminaison : plus tard, elle donne une très-forte branche
à chaque moitié du foie, après quoi élle s’unit, à l'extrémité t
antérieure de cet organe, avec une veine hépatique , qui s’a— bouche sur-le-champ dans la veine cave, dont le tronc pénètre de haut en bas dans le foie ; on est Et presque aussi fondé à dire que la veine émbilicale se continue avec le tronc de Ia veine cave, qu’à prétendre qu’elle s'abouche dans une veine hépatique. La portion de la veine ombilicale, qui, après la distribution dans le foie, s'avance jusqu’au système de la veine cave, serait donc ‘comparable au canal veineux d’Aranzi chez les Mammifères. Je n’ai pas trouvé de communication immédiate avec la veine porte hors du foie.
6° Les lames ventrales sont encore fort étroites, et élles occupent d’abord un tiers, puis près de là moitié de la hauteur de l'abdomen; le reste de cette hauteur est entouré par Îa peau du ventre, dans laquelle on distingue fort bien plüsieurs couches. Comme le cœur s’est retiré du cou, la cavité de ce dernier s’efface, et leslames ventrales s’y appliquent plus étroitement l’une contre l’autre. Les rudimens des côtes s’apercoivent, dans les lames ventrales, sous la forme de stries obscures.
7° Peu de temps après que les arcs vertébraux se sont fer més en dessus, il s’en élève des apophyses épineuses bien sensibles, qui rendent le dos plus tranchant.
8° Les membres se sont allongés; leur base s’est étendue sur les lames ventrales et dorsales, et ils se sont divisés en quatre segmens principaux. Le bras et la cuisse sont fort courts ; le coude et le genou se dirigent en dehors, comme chez la plupart des Reptiles ; l’avant-bras et la jambe se portent un peu en arrière , surtout le premier, mais plus encore vers le bas; les articulations de la main et du pied ne Sont point encore indépendantes ; car les segmens terminaux Continuent de suivre la direction de l’avant-bras et de la jambe. Ces deux segmens ont acquis plus de largeur, et leurs bords libres se sont dirigés davantage vers le bas, surtout au membre de devant; ils se sont convertis en de larges lames, ayant la forme d’un segment de cercle. Le contenu, de couleur foncée , est maintenant divisé en plusieurs rayons distincts , savoir les segmens du éarpe et des doigts, du tarse et des orteils, et celà de telle manière que la formation, qui
commence par le carpe et le tarse, s'étend peu à peu jusqu'aux derniers articles des doigts et des orteils. Les doigts et les orteils représentent autant de rayons obscurs dans la lame transparente, qui les enveloppe comme ferait une membrane natatoire. Le tarse et le métatarse sont encore aussi courts que le carpe et le métacarpe. Mais on remarque une différence, tenant à ce que le sezment terminal de l'extrémité antérieure présente dès l’origine trois rayons (doigts), tandis que celui de l'extrémité postérieure en a quatre (orteils ): chez les Poulets qui ont cinq orteils, ceux-ci se forment tous à la fois. A l'aile, le doigt du milieu est le plus long, et le pouce le plus court, dès l'origine. A la patte, l'orteil antérieur est le plus court, et l’avant-dernier en dehors et en arrière, le plus long ; mais la différence se réduit à si peu de chose , que le bord paraît encore circulaire à l'un et l’autre membres. Du reste, à chaque rayon, le cartilage d’un article est renfermé dans une gaîne continue, qui représente l'enveloppe fibreuse de l'os.
9° L’apophyse frontale se prolonge rapidement en bas et en arrière (ou en avant et en bas, si l'on suppose la tête placée sur sa base }; des deux côtés de sa racine sont situées les fosses nasales ; les apophyses des os maxillaires supérieurs vont à la rencontre de cette apophyse. Au sixième jour, il existe, entre les deux apophyses, une échancrure profonde , dont le sommet correspond à la fosse nasale. Au septième, l'apophyse maxillaire atteint l'apophyse frontale au dessous de Ja fosse nasale , mais non encore au sommet, et il reste toujours , de chaque côté de l’apophyse frontale, une petite échancrure jusqu'à laquelle ne s'étend plus la fosse nasale. Il résulte de là que la bouche offre de chaque côté un large jambage; le milieu est rétréci par la saillie de la mâchoire inférieure, qui grandit et s’allonge en pointe rapidement , et qui est la partie que nous avons décrite précédemment comme premier arc branchial. En dedans, la langue s’y trouve appliquée sous la forme d’une languette saillante.
10° Les arcs vasculaires encore subsistans se sont séparés de la cavité gutturale, après que les fentes branchiales ont été remplies de tissu plastique, et elles se retirent rapide-
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 285 ment en arrière, de sorte qu'elles ne sont plus situées que très-peu en avant du cœur : il suit de là que la face antérieure du cou devient libre, et qu’elle peut s’'allonger et s'étendre en ligne droite. L'opercule couvre la seconde fente branchiale, et se prolonge en arrière, en s'appliquant immédiatement à la surface du cou, ce qui fait qu’il ne tarde pas à devenir mé- Connaissable. Je n’ai jamais pu apercevoir aucune fente branchiale après le sixième jour.
11° Le développement des mâchoires fait que la cavité gutturale se prolonge par devant en une cavité orale.
12° L'œsophage s’est fort allongé ; le gésier fait une forte saillie à gauche, et montre deux points clairs, qui sont les centres tendineux des deux masses musculaires. La cavité de l'estomac dépasse de beaucoup l'ouverture du duodénum. Au devant du gésier on aperçoit le ventricule succenturié ; cependant ces deux organes sont encore peu distincts l’un de l'autre.
13° L’intestin forme, derrière l'estomac, une anse qui contient le duodénum, et plus en arrière une seconde anse, composée de deux arcs simples et ésaux ; le premier part de l’'anse du duodénum , immédiatement dans l'ombilic, où ilest la partie antérieure de l’intesun grêle ; le second va de l'ombilic à l'anus, et contient la partie postérieure de l'intestin grèle et le gros intestin. Les cœcums se développent avec rapidité pendant ces deux jours; au septième, ils ont une ligne de long , et ils sont couchés sur l'intestin, leurs culs-desac tournés en devant.
44° Le foie reçoit une grande quantité de sang, et paraît presque aussi rouge que l'oreillette du cœur quand elle est pleine ; son lobe gauche, qui couvre l'estomac, est sensiblement plus petit que le droit. La rate est complétement détachée de l'estomac.
15° La trachée-artère s'allonge d'une manière rapide , et ses branches deviennent par là proportionnellement plus courtes, de même que l'angle compris entre elles s’euvre davantage. Les poumons sont tout-à-fait séparés du canal alimentaire , ou seulement unis avec lui par une bandelette de tissu plastique. Chaque poumon se partage , par un étranglement,
en deux moitiés, l'une antérieure plus grande, et l’autre postérieure ou interne , plus étroite ; la moitié antérieure est plus solide , et l'on y aperçoit, dans l'intérieur, des stries anastomosées, encore très-peu sensibles, qui sont des ramifications de la cavité antérieure ; dans la moitié postérieure, la cavité est plus considérable, sans embranchemens, et telle que nous l'avons décrite précédemment ($ 401, 8°). À l'endroit où la trachée-artère se continue avec la cavité gutturale , elle laisse apercevoir une petite élévation , qui est le commencement du larynx ; le passage lui-même est rétpéci Au cinquième jour, la trachée-artère semblait se continuer plus immédiatement avec la cavité gutturale, à l'extrémité postérieure de laquelle l’œsophage aboutissait de haut en bas en arcade; maintenant, au contraire, l'œsophage paraît être la continuation immédiate de la cavité gutturale, changement qui se rattache sans doute à la plus grande liberté qu'a acquise le cou.
16° Dès le cinquième jour on voyait une partie lamelleuse en haut et en dehors du corps de Wolf; elle s'aperçoit surtout sur la coupe transversale , et se continue avec la paroi ventrale. Entre elle et le corps de Wolf il reste un vide; au sixième et au septième jours, on découvre tout à coup, dans le même endroit, un canal à parois fort épaisses, qui parcourt toute la longueur du corps de Wolff. Ce canal , qui s'épaissit en arrière , se continue avec l'extrémité du rectum, ou le cloaque futur ts 402, 13°) ; en devant il s'étend bien qui delà de l'extrémité des corps de Wolf. Il paraît être formé par le feuillet détaché qu’on peut attribuer au péritoine futur, et comme ce canal se développe plus tard en conduit excréteur des parties génitales, c’est-à-dire en oviducte ou en conduit déférent, on peut présumer qu’au moment de sa première origine Il correspond aux canaux qui, chez plusieurs Poissons, mènent de la cavité abdominale dans l'ouverture sexuelle. Il est manifestement creux dans toute la longueur du corps de Wolf'; en devant, il s'étend au-delà du sommet de ce corps, devient tout à coup plus grêle, peut-être parce que sa cavité se continue avec celle du baäs-ventre, et se prolonge, sur le poumon entier, jusqu’à la partie antérieure du
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 287 cœur ; mais là j'ai toujours perdu le filament de vue au voisinage de l'oreillette, sans pouvoir découvrir comment il se termine au juste. On ne peut douter que, comme le dit Rathke, il se métamorphose en conduit excréteur de l'appareil génital, de sorte que je le désignerai désormais sous ce nom.
47° Dans le cœur, les divers segmens sont plus concentrés. Les oreillettes quittent peu à peu leur position à gauche, pour se placer sur les ventricules ; les deux appendices sont sur le même plan ; celui du côté gauche est encore le plus volumiseux. Le sac veineux commun n’est plus formé uniquement par la paroi vasculaire , car le paroi des appendices auriculaires primitifs s’est prolongée sur lui , et elle l'entoure déjà en entier. À l'intérieur, on découvre la trace d’une cloison incomplète, effet de l ane lient extérieur. Le canal auriculaire de Haller devient bientôt méconnaissable. Il rentre dans les ventricules , dont la masse musculaire s'étend sur Jui : il semble donc fotmer la duplicature de la membrane interne du cœur qui, à partir de l’orifice veineux de chaque ventricule, fait saillie dans la cavité de celui-ci. Le ventricule n'a pas Le changé de forme et de situation, mais encore il parait déjà double, même à l'extérieur ; en effet, on aperçoit à sa face inférieure un sillon, sépar ant un ventricule droit plus petit, et qui ne s'étend pas à beaucoup près jusr qu'à la pointe du cœur, d’un ventricule gauche, allant jusqu’à celte pointe. Le bulbe de l'aorte est courbé en arc, et contient deux canaux largement séparés ; le canal situé vers le côté ventral vient du ventricule droit, et, vu de ce côté, il couvre entièrement l'autre canal, circonstance qui explique pourquoi le bulbe aortique semble ne provenir que du seul ventricule droit.
Comme, à la fin du cinquième jour, les oreillettes se portent du côté rt vers le milieu, les ventricules éprouvent aussi une légère torsion sur leur axe : de là vient que le ventricule droit apparaît à la face inféricure ou ventrale, mais seulement par son extrémité la plus antérieure, et que. quand on ne retourne pas le cœur, il ressemble à une petite vésicule jatérale. Le bulbe aortique repose sur la cloison , et semble encore à celle époque appartenir davantage au ventricule
gauche, parce que le droit ne se montre qu’au bord, et qué le passage du ventricule gauche dans le bulbe aortique se voit très-distinctement au côté gauche. Le cœur acquiert déjà cette apparence dès la fin du cinquième jour, et elle est encore plus développée pendant la première moitié du sixième. La promptitude avec laquelle le ventricule droit croît réellement, et surtout semble croître, est digne de remarque. A mesure que la torsion fait des progrès, non seulement on aperçoit davantage le ventricule à la face ventrale , mais encore, comme Île sang coule alors d'avant en arrière dans la | moitié droite des oreillettes , et qu’ensuite il est obligé de re- {| | tourner en avant et à gauche, le ventricule se détache de | plus en plus de la cloison, ce qui détermine l'apparition ra- |! pide du sillon servant de limite. Ajoutons encore que la tor- | sion a pour résultat de faire que le ventricule sauche se convertisse de plus en plus en un cône, que par conséquent la cloison devient de plus en plus arquée , et que le sang qui entre dans le ventricule droit soulève nécessairement sa paroi , ce qui rend le sillon plus marqué. À la fin du sixième jour, l'oreillette est déjà entièrement au devant du ventricule droit, et au septième jour on ne remarque presque plus de torsion dans le ventricule lui-même, mais bien dans l'intérieur du bulbe aortique. Celui-ci ressemble moins à un bulbe, et paraît moins provenir du ventricule droit qu’à la fin du sixième jour ; la raison en est que Le canal du ventricule droit qui marchait vers la gauche, occupe déjà le bord gauche du bulbe, à sa base ; car l’orifice artériel de ce ventricule s’est déjà reporté fortement à gauche. L’inflexion du canal pour se réunir avec l’autre, fait donc saillie vers le côté dorsal, et non, Comme auparavant, à gauche, outre qu’elle devient plus faible, attendu que la séparation des deux canaux se reporte de plus en plus en avant. A la fin du septième jour, le bulbe aortique est devenu plus large dans toute sa longueur, et l'on trouve dans son intérieur deux canaux entièrement séparés, qui, même à l’extérieur , sont déjà un peu distingués l’un de l’autre par des sillons.
Pendant cette métamorphose , la forme du cœur change ; d'abord large, il devient ensuite plus étroit et plus long. Sa
con ne reste pas non plus entièrement la même : au cinquième jour, sa pointe regarde en arrière ; mais, dès, qu'il est entré tout entier dans la vaste cavité abdominale, cette pointe se reporte un peu vers le bas.
18° A la fin du sixième jour, nous avions de chaque côté trois arcs vasculaires, mais dont le plus postérieur, du côté gauche , demeure toujours plus faible que celui du côté droit. Cette disposition paraît tenir à ce qu'il y a dans ie bulbe aortique deux courans qui tournent l’un autour de l'autre pour ensuite se réunir en un tronc commun , d'où proviennent les arcs en question. D’après la description donnée au cinquième jour , le courant qui vient du ventricule droit présente, à l'extrémité , là où il rencontre l'autre , une direction de gauche à droite et de bas en haut, ou du côté ventral vers le côté dorsal ; or, comme les arcs postérieurs ne descendent point aussi bas que les antérieurs, le courant provenant du ventricule droit les remplit de préférence à ces derniers ; et comme en même temps il à une direction de droite à gauche, li passe presque tout entier devant l'arc postérieur gauche, pour se répandre dans le dernier arc droit et l’avant- dernier gauche; le postérieur gauche reçoit donc très-peu de sang, et il disparaît en entier pendant le cours de la sixième journée. Au contraire , le courant du ventricule gauche a en dernier lieu une direction de haut en bas, de manière qu'il remplit spécis:lement les deux arcs antérieurs, qui descendent plus bas que tous les autres. L'arc moyen du côté droit peut bien, le cinquième Jour, avoir une part égale aux deux courans ; mais plus tard il ne reçoit le sang que de celui qui vient du ventricule gauche; en effet, les deux courans qui, s'il est permis de s'exprimer ainsi, ne parcourent que forcément ensemble la cavité primitivement simple du canal, se séparent peu à peu l’un de l’autre, au sommet du bulbe aortique, tout comme ils le faisaient auparavant à sa base , et vers la fin du sixième Jour, ou au commencement du sepuème, le courant du ventricule droit ne passe que dans les arcs postérieurs du côté droit ec les avcs actuellement aussi postérieurs du côté gauche ; le couraut du ventricule gauche passe dans les deux arcs antérieurs, et en outre, peut-être parce qu'il est le plus fort,