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dans l'arc moven du côté droit. Les deux courans sont alors des canaux complétement séparés l'un de lautre dans le buibe aortique, comme les injections me l'ont appris , quoiqu'on n’aperçoive aucune trace de séparation à l'extérieur. Nous avons donc maintenant cinq arcs, deux au côté gauche et trois au côté droit; les deux arcs postérieurs des deux côtés reçoivent le sang du ventricule droit, les autres du ventricule gauche, et supérieurement tous les arcs d'un côté se réunis- | sent dans le bulbe aortique de ce même côté. C'est ainsi h que les choses restent à peu près pendant toute la troisième +5 période, quoiqu’avec une métamorphose progressive conti- | | | nuelle.
| 19° Le cœur parait aussi pourvu à cette époque d’un péricarde , que j'ai quelquefois cru apercevoir dès le cinquième jour. Tout ce que je puis dire sur son développement , c’est qu'après que le cœur s'est enveloppé de sa masse musculaire, on remarque à sa surface une couche de substance transparente destinée à former l'enveloppe séreuse. La partie extéricure du péricarde doit avoir un mode analogue de formation. :
20° À la partie centrale du système nerveux, outre l’enveloppe qui s’était produite d’abord, et qui a pris plus de consistance , on en découvre une seconde, étroitement appliquée à la face interne de la première; l’un est la duremère , l’autre la pie-mère. La moelle épinière a considérablèment augmenté d'épaisseur dans les points d’où sortent les nerfs des membres ; mais les deux renflemens se continuent encère l’un avec l’autre, de manière que toute la portion qui appartient au tronc à beaucoup plus de volume que celle qui occupe le cou. Les cordons inférieurs de la moelle épinière sont plus volumineux que les supérieurs , du moins au tronc. Sil'on enlève l'enveloppe, on aperçoit une fente à la surface supérieure de la moelle : mais les deux feuillets sont étroitement appliqués l’un contre l’autre , et en quelque sorte collés ensemble ; cependant ils se roulent de dedans en déhors par l'immersion dans l'eau froide. J'ai suivi plusieurs nerfs, depuis ia moelle épinière jusqu'à une profondeur assez considérable dans les lames ventrales , sur des embryons du sixième jour ;
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 291 ils sont extrêmement grêles, n'ayant pas même l'épaisseur d’un cheveu. k
21° Au cerveau, les tnbercules quadrijumeaux sont la partie prédominante , celle qui dépasse de beaucoup les autres, et qui donne à la tête un sommet obtus. Cependant leur accroissement diminue déjà à partir du septième jour : comme le tubercule de la nuque se prononce davantage à cette épo-, que , l'angle que la moelle épinière forme avec la moelle allongée devient aussi beaucoup plus fermé qu'auparavant: il est presque droit ; de même, le passage de la moelle allongée au cervelet à lieu par un angle non plus obtus, mais droit : au total donc, les inflexions postérieures du cerveau deviennent plus prononcées. Mais la moitié antérieure de cet organe se détache un peu de la courbure, et toutes les parties se rapprochent davantage du côté dorsal de l'embryon, pour correspondre à la forme générale du corps , que nous avons exposée précédemment (4°). En eflet, si nous considérons l'inflexion de la corde dorsale comme Île point fixe de la torsion, nous ne pouvons rendre celle-ci plus sensible qu’en disant que toutes les parties de la tige cérébrale qui, d’après la position de l'embryon entier, sont situées au dessus de l'inflexion , décrivent un coude plus marqué. Ainsi nous ne voyons plus les tubercules quedrijumeaux au devant de l'inflexion de la colonne vertébrale , mais en grande partie au dessus d'elle, de sorte que non seulement ils touchent au cervelet, qui est fendu , mais qu’encore ils couvrent la transition à ce dernier et à l’aquéduc postérieur. Il y a plus même : leur voûte présente deux ou trois plis profonds , dirigés obli- Quement d'arrière en avant, comme si leur partie antérieure avait été obligée de se refouler précipitamment sur la postérieure. Ce qui me prouve que c'est bien là l'expression réelle du changement survenu, et non pas seulement une image propre à le faire mieux concevoir, c’est que la dure-mère n'entre jamais dans ces plis ; il m'a même paru souvent que la pie-mère n’en faisait pas non plus partie, et qu’elle ‘passait par dessus eux, tandis que, dans d’autres cas, je lai vue manifestement sortir du pli. Au contraire, la dure-mère pénètre de plus en plus profondément dans la scissure médiane,
entre les deux hémisphères, qui augmentent aussi beaucoup de profondeur. ,
Au dessous de l’inflexion de la corde dorsale, les parties du cerveau s'étendent un peu plus en ligne droite, du moins le tronc cérébral, car les hémisphères se portent réellement vers le haut, de manière à s’incliner un peu sur la vésicule du troisième ventricule. Mais cette disposition dépend aussi dela tendance à se refouler versie dos qui règne dans les parties inférieures du cerveau. Les origines des nerfs olfactifs , qui, aux troisième et quatrième jours, occupaient le milieu de la face inférieure , se trouvent maintenant presque entièrement en avant.
A mesure que la vésicule du cerveau proprement dit se prolonge vers celle du troisième ventricule, la limite entre l'une et l'autre devient plus profonde , de sorte qu'à l'extérieur la face latérale de l'hémisphère représente une sorte de tubérosité saillante en arrière (1). Comme, en même temps, l’étranglement médian a beaucoup acquis en profondeur, et que les extrémités antérieures des hémisphères sont aussi plus largement séparées l’une de l’autre , on aperçoit, dans l'intérieur de la vésicule du cerveau proprement dit , une voûte profonde , qui se continue en devant avec la base de chaque hémisphère, par deux jambages rapprochés l'un de l'autre. Postérieurement cette voûte se divise en deux autres jambages plus écartés, qui ne sont autre chose que les étranglemens latéraux séparant les hémisphères de la vésicule du troisième ventricule. La voûte entière, avec ses quatre jambages ou piliers, n’est point une partie nouvelle, mais seulement une apparence produite par les crénelures. En elec , on conçoit sans peine qu’en déprimant une vésicule par le devant et par le haut jusqu'à faire naître un angle aigu , et la séparant en arrière , par des impressions latérales, d'un pro-
(A) Comme nous avons jugé nécessaire, dans la description générale du ce veau, d’avoir égard à la courbure de Pembryon entier, nous avons indiqué les positions par rapport tant à l'embryon qu’à la tête seule. Mais en essayant d'appliquer cette méthode dans Ja description des détails , nous avons recoonu qu’elle ne ferait qu’embrouiller : aussi le cerveau est-il maintenant supposé reposant sur sa base.
longement postérieur, il doit se produire une voûte à quatre piliers. Cette voûte correspond évidemment à la voûte des Mammifères ; elle n’en diffère que parce qu’on ne distingue point d'épais faisceaux longitudinaux en elle, et qu'elle n'est guère que le bord d’un pli saillant. La voûte existe donc dès le commencement, mais comme partie supérieure d’une vésicule, forme qu’on ne peut méconnaître en elle au cinquième jour, et qui le lendemain fait place à la forme caractéristique. Au septième jour, les piliers antérieurs paraissent un peu plus épais à leurs extrémités, où ils se continuent avec le fond du cerveau. Du reste, on trouve, au dessous des piliers postérieurs, un passage ouvert dans les vésicules du troisième ventricule.
Quant à ce qui concerne la déhiscence de la masse cérébrale entière , nous pouvons maïntenant nous mieux prononcer à cet égard, puisqu'on distingue la pie-mère. En ouvrant les hémisphères , je continue encore de trouve: l’inflexion médiane entièrement remplie d'une couche continue de masse nerveuse. Lorsque le cerveau a été soumis à l'induration, cette couche se sépare assez facilement sur ie bord de linflexion ; mais ce phénomène tient sans contredit à l'angle aigu sous lequel les deux côtés se rencontrent ; car la déchirure offre des bords dentelés, et comme j'ai toujours reconnu de la masse nerveuse sur la ligne médiane , je ne doute pas que la partie supérieure du cerveau proprement dit n'ait été close jusque-là. On pourrait plutôt conjecturer que la partie supérieure des tubercules quadrijumeaux s'ouvre au sixième jour; car la ligne médiane de la dépression est fort mince au septième, et adhère d’une manière intime à la pie-mère ; mais je ne trouve cependant pas de véritable vide dans le feuillet médullaire ; celui-ci s’épaissit plus tard , et a dépression diminue. Si la description donnée jusqu'ici est exacte, on peut affirmer que le cerveau proprement dit et les tubercules quadrijameaux n’ont point été ouverts jusqu'ici à leur partie supérieure. Mais le troisième ventricule l'est largement à sa partie antérieure , et même les bords des feuillets latéraux sont tournés fortement en dehors, de manière que leur sommet se renverse lorsqu'on enlève la pie-mère, LH n'v a ja-
2094 DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX, mais eu de discussion quant à l’ouverture du quatrième ventricule ; l’époque de sa première apparition est la seule où la partie centrale du système nerveux soit également close sur ce point ($ 399, 8°; & 400, 24°).
Si l'on ouvre le cerveau, on découvre dans son intérieur le corps strié, autour duquel le ventricule latéral se contourne : c'est le renflement dont nous avons parlé au cinquième jour, comme formant une des extrémités du tronc cérébral. Du cinquième au septième jour, il croit avec une grande rapidité,
Au sommet de l’entonnoir, on remarque un petit globule , la glande pituitaire, qui est fort peu distincte encore de l'entonnoir, et qui doit peut-être son origine à une adhérence survenue au sommet de ce dernier.
La fosse optique est devenue plus étroite et plus profonde. Les deux entrées des nerfs optiques se trouvent par à rapprochées l’une de l’autre, et, quand on coupe ces nerfs au devant de la base, elles forment une ouverture d'abord bilobée, puis tout-à-fait simple, au sommet de cette saillie infundibuhforme , qui est maintenant plus considérable que l'entonnoir proprement dit, et du sommet de laquelle sortent les nerfs optiques. On voit aisément que le sommet de la saillie creuse n’est autre chose que l’entrecroisement des nerfs optiques, dont chacun était allé jusqu'à présent à l'œit de son côté, sans se croiser avec l'autre. Cependant il n’y a encore là qu’un simple rudiment du chiasma.
A la face interne du troisième ventricule on aperçoit une saillie arrondie, qui est la couche optique. Gette couche était déjà mdiquée au cinquième jour; mais elle se prononce davantage maintenant, repose sur la cuisse du cerveau , et s'élève cependant plus de sa surface que le corps strié, en sorte que la cuisse semble passer au dessous d'elle.
22° Le nerf optique a bien encore une entrée creuse ; mais du reste, il est plein, et l'on peut aisément le partager en deux cordons. La rétine est encore assez épaisse , plus que la partie supérieure du cerveau proprement dit; mais elle ne conserve pas cette épaisseur jusqu'au cristallin, à quelque distance duquel elle s'amineit tout à coup; cetie portion mince et annvlaire, qui, au sixième jour, a encore l'apparence d'une
lame nerveuse fort amincie, est plus transparente au septième, et présente tous les caractères du peigne. A l'endroit où la rétine cesse, on aperçoit , dans ia membrane colorée, une séparation en choroïde et en corps ciliaire ; ce deruier présente quelques plis très-petits. La séparation entre la choroide et la sclérotique, encore fort mince, est complète, et la cornée transparente est en connexion avec cette dernière. La choroïde est encore sans couleur sous le pli de la rétine, qui renferme deux renflemens considérables ; mais la bandelette blanche n'est bien prononcée qu’à l'entrée du nerf optique , et elle diminue en dehors.
23° L’oreilie présente à l'extérieur une ouverture, qui est située au dessus de la fente buccale, et qu'il ne faut pas confondre avec la première fente branchiale, puisqu'elle a son siége dans les lames dorsales et non dans les lames ventrales. Les embouchures des deux trompes d'Eustache se rapprochent l’une de l'autre; les deux trompes elles-mêmes sont placées seulement à la surface du rudiment du sphénoïde, et non dans son intérieur.
24° La fosse nasale augmente de profondeur au sixième jour. Comme le sommet de la mâchoire supérieure atteint l’épine frontale , il reste entre eux un vide, le canal nasal, qui aboutit à l’extérieur, où il produit l'ouverture nasale externe, mais qui se prolonge dans la cavité buccaie par l’autre extrémité. Ce canal est court ; car il descend presque perpendicu lairement; son orifice, dans la cavité buccale , est situé immédiatement derrière le bout du bec, comme chez les Reptiles. Le canal nasal entier marche au dessous de la fosse nasale, qui s’y ouvre seulement de haut en bas. L’organe olfac tif s’est donc développé avant le canal aérien destiné à la respiration ; car la fosse nasale qu'on apercevait dès le qua trième jour est l'organe olfactif proprement dit.
B. Huitième , neuvième et divième jours. $ 404. 4°. Le jaune semble encore augmenter de volume
L'auréole vasculaire s'étend au trois quarts du sacvitellin ; mais le cercle vasculaire disparaît entièrement, et les autres
vaisseaux diminuent aussi, les artères plus cependant que les veines : la diminution n’est peut-être même qu'apparente dans ces dernières ; car, tandis qu’elles semblent moins visibles à la surface , elles deviennent très-saillantes à la face inférieure. Elles y sont couvertes d'une couche épaisse de tissu cellulaire contenant des globules vitellins jaunes , qui le colorent : aussi les petites branches, qui contiennent peu de sang, parassent-elles jaunes (vasa lutea de Haller). Mais il me paraît très-douteux qu’elles admettent la substance vitel- Eine sans changement. Il ne l’est pas que la partie liquide du jaune soit absorbée par les veines; car, à partir du dixième jour, sa diminution est plus considérable que celle qui pourrait résulter du seul passage de cette substance à travers le canal vitellin, et le sang est si peu coloré, dans les petites branches veineuses , qu’on croit reconnaître le mélange avec une eau peu chargée en couleur. L’absorption de la partie liquide du blanc mène également à cette hypothèse.
Le feuillet séreux s’est séparé jusqu’au pourtour extérieur de l’auréole vasculaire, et l’allantoïde s'étend de tous côtés dans cet espace. Les vaisseaux se multiplient beaucoup dans Vallantoïde, et lorsqu'on examine les ramifications les plus déliées, on voit que les vemes et les artères semblent se continuer immédiatement ensemble ; l'artère ombilicale gauche se développe davantage que celle du côté droit. L’allantoïde couvre la plus grande partie du sac vitellin, sous la forme d'une vésicule close, dont une moitié s’applique à l'amnios et au sac vitellin, et l'autre à l'enveloppe séreuse et par elle à a membrane testacée ; cette moitié extérieure est beaucoup plus riche de sang que l'interne, mais toutes deux sont séparées par le liquide contenu. Chaque moitié se compose originairement du feuillet muqueux tourné vers le liquide et du feuillet vasculaire ; mais, pendant le cours de ces journées, les deux feuillets deviennent méconnaissables dans la moitié inférieure et dans le pédicule, à par conséquent où la respiration prédomine le moins, et ils paraissent, surtout dans le pédicule , n’en former qu'un seul, à l'égard duquel il m’a été impossible de décider si c'était le feuillet muqueux primitif, ou le vasculaire, ou un produit de l'adhérence de ces deux-là.
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. 297 2° L'amnios est fortement rempli de liquide. Les oscillations de l'embryon, favorisées par les contractions de l'amnios, sont très-vives au huitième jour ; mais elles le sont moins les jours suivans. Il m’a paru hors de doute que l’amnios joue là un rôle actif, quoique je ne m'y attendisse pas; car c'était seulement après que cette membrane s'était contractée à l’une de ses extrémités, en se plissant fortement, que l'embryon, porté par le liquide, se dirigeait vers l'extrémité opposée ; lorsque j'irritais l’amnios avec une aiguille, les contractions devenaient plus vives, ou, si elles avaient déjà cessé, on les voyait reparaître. Le mouvement de l'embryon n'est donc point un mouvement circulaire , comme celui de l’embryon des Gastéropodes, mais un mouvement de va-et-vient produit par une sorte de pulsation.
3° L'embryon croît maintenant d’une manière rapide, et il est encore très-courhé, quoique la saillie considérable du ventre fasse que la tête soit loin de pouvoir toucher encore à la queue. Le développement le plus rapide continue toujours d’avoir lieu à la tête, et celle-ci semble surpasser le tronc en masse plus encore qu’elle ne faisait auparavant, ce qui tient peut-être à ce que l'occiput paraît maintenant appartenir d’une manière plus prononcée au pourtour de la tête. Le bec supérieur continue encore d'offrir des deux côtés une échancrure, faisant place plus tard à un sillon peu profond, qui s’aperçoit à peine au dixième jour : à la pointe de ce bec se développe une tache d'un blanc de craie. La forme de la tête devient beaucoup plus ronde, parce que les tubercules quadrijumeaux font moins de saillie. Le cou devient plus long et plus libre ; cependant il est encore sensiblement plus long en arrière qu'en devant. Le tubercule de la nuque, encore trèssaillant au huitième jour, l’est moins plus tard. Au neuvième et au dixième jour, on voit les bulbes des plumes s’élever, d'abord sur la ligne médiane du dos, depuis le cou jusqu'au ‘coccyx, et sur les hanches ; les bulbes les plus saillans sont ceux des rémiges du coccyx.
4° La différence entre les membres devient plus prononcée ; le coude se dirige en arrière et le genou en avant; mais, au huitième jour, les ailes et les pattes sont encore tout-x-fait
dépendantes, pour la direction, de l'avant-bras et de la jambe, les doigts ayant leurs extrémités tournées en avant, et les orteils les leurs en arrière. Après cette époque, les articulations de la main et du pied deviennent indépendantes ; la première dirige son côté externe en avant, et l’autre ie sien en arrière ; les bouts des doigts se meuvent par conséquent en arc d'avant en arrière, et ceux des orteils d’arrière en avant. A la fin du dixième jour, les articulations du coude et du genou, qui sont tournées l’une vers l’autre , se touchent presque. Les orteils sont fortement dirigés en avant : les doigts le sont encore un peu plus vers le bas qu’en arrière : les uns et les autres se développent de telle sorte que les rudimens de tous leurs articles apparaissent d’abord dans l’intérieur du lobe cutané, et qu’ensuite les doigts croissent au-delà de ce dernier. Le doigt postérieur et le doigt médian restent unis ensemble , et sont même plus étroitement joints par la peau, qui s’épaissit, de sorte que, vers la fin du dixième jour, on ne les distingue plus extérieurement l’un de l’autre : ce sont les deux doigts contenus dans l'aile principale. Le doigt antérieur, au contraire, croît davantage en avant : au neuvième jour, il est complétement séparé, et il devient le tronc de l’aileron. Comme le segment terminal antérieur se dirige simultanément en arrière, il a complétement, dès le dixième jour, le caractère d'une aile ; les plumes seules lui manquent. Au membre de derrière , c’est aussi l'orteil antérieur qui se sépare le premier ; ilse porte de plus en plus en dedans, la surface plantaire, qui était primitivement tournée en dedans, se plaçant en bas; il devient ainsi l'orteil postérieur. Les autres orteils croissent également au-delà de la membrane digitale, mais séparés les uns des autres, et avec une vitesse inégale, ce qui augmente l'inégalité de leur situation ; vers la fin du dixième jour, le pied a déjà sa forme générale , mais les ongles manquent encore.
5e L'ombilic est infundibuliforme , de sorte qu'il semble être la continuation immédiate du ventre, dans lequel l’anse intestinale est si profondément entrée, que le canal vitellin occupe le sommet de l'entonnoir.
6° Les lames ventrales augmentent considérablement de
| hauteur, et arrivent à se toucher par devant, où, vers la fin
de cette période, le sternum apparaît comme une plaque courte et large, sans trace de crête. Les côtes se prononcent bien plus tôt, et des muscles poussent entre elles. J'ai pu aussi
à cette époque suivre des nerfs dans tout leur trajet, notam-
ment presque tous ceux du tronc; car, bien qu'ils existent déjà beaucoup plus tôt, et que j’en aie fort bien distingué les extrémités déchirées dès le cinquième jour, que j'aie même pu suivre une partie de leurs traces au sixième et au septième jour, leur défaut de consistance, surtout lorsque l'embryon n’a point été durci par l’action de l'alcool, fait qu'on ne peut qu'assez tard en reconnaître le trajet entier. Ainsi il paraît hors de doute que le mode particulier de distribution de la paire vague dépend du reculement de l'arc aortique, et de la hauteur proportionnelle à laquelle se trouve d’abord l'extrémité de la trachée-artère ; quelquefois aussi j’ai cru apercevoir ces nerfs au cinquième jour, sous la forme de filamens extrêmement déliés, mais sans cependant pouvoir jamais acquérir de certitude absolue à cet égard.
7° Peu de temps après que les cartilages se sont formés, on aperçoit des fibres dans le tissu plastique ambiant : ce sont les muscles futurs ; leurs tendons sont des prolongemens immédiats du périoste. À cette époque, la plupart des muscles des membres sont déjà reconnaissables, mais surtout ceux qui reposent sur l'os coxal et l'omoplate. La première ossification se montre de très-bonne heure au membre de derrière ; on l'aperçoit au tibia vers le commencement du neuvième jour ou la fin du huitième. A la fin du neuvième l'ossification commence dans le fémur et dans les premiers articles des orteils.
8° La rentrée complète du cœur dans la cavité abdomimale a produit de grands changemens dans la situation des viscères que £elle-ci contient. Le foie et l'estomac sont refoulés fort en arrière. Comme le foie a pris en même temps beaucoup de volume, le fond de l'estomas n’est pas très-éloigné de la paroi postérieure de la caviié abdominale, et le ventre a gagné considérablement en hauteur, l'intestin, qui a grossi d'une manière sensible, s'étant reporté vers le bas. Le ventricule
succenturié est très-distinctement développé; le cul-de-sac de l'estomac fait une grande saillie au-delà de l'issue de l'intestin. Au commencement de cette période, la cavité du ventricule succenturié se continue presque sans rétrécissement avec celle du gésier, et celui-ci est plutôt le fond de l'estomac qu'une partie distincte et indépendante, ce qui établit quelque analogie avec la structure des Oiseaux rapaces ; plus tard la séparation se voit mieux, à l'extérieur comme à l'intérieur, et l'estomac acquiert ensuite la forme particulière à celui des Oiseaux granivores.
9° L'œsophage n’est pas seulement plus large, mais encore il se dilate, à la partie inférieure du cou, en une poche vésiculeuse, dont la convexité se dirige à gauche. Cette poche est le jabot. Elle paraît être indiquée dès le septième jour, mais on ne peut la méconnaître au huitième.
10° L’intestin à considérablement grossi, mais non, à beaucoup près , dans la même proportion que l'estomac. De sa première anse le pancréas croît beaucoup en longueur ; la seconde anse sort par l'ouverture ombilicale. La moitié antérieure de l'intestin grêle s’est trop allongée pour se continuer en arcade simple avec cette anse; Ja moitié postérieure a acquis moi:s de longueur , mais le gros intestin se distingue irès-manifestement de l'intestin grêle par son ampleur plus considérable. Les cœcums ont une ligne et demie de long. Le gros Intestin à la même longueur, et un pli le sépare manifestement du cloaque; je ne sais pas si ce pli s'est déjà formé plus tôt. Vers la fin de cette époque apparaissent les premiers vestiges de la bourse de Fabricius; elle se produit vraisemblablement aussi par une sorte de hernie, mais je n'ai pu suivre d’une manière complète son évolution. La fente anale est entourée d’un bourrelet saillant.
Ale Le foie n'est plus si rouge qu'auparavant: sa teinte tire davantage sur le jaune brun. Les vaisseaux sanguins se sont retrécis, et le parenchyme a augmenté. Cependant les injections colorent encore complétement le foie. On reconnait le vésicule biliaire. La rate est plus distante de l'estomac, et retenue par,un feuillet qui va jusqu'à ce dernier ; ce feuillet
‘0 si
DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX. Soi
qui est déjà fort mince, a par conséquent les caractères de l'épiploon.
12° Le péritoine ne peut plus être méconnu; mais il est plus épais qu'il ne le sera plus tard : il forme aussi un feuillet moins cohérent et moins condensé. De très-bonne heure, en effet, on aperçoit un enduit transparent qui couvre tous les organes situés dans la cavité abdominale, et qui leur donne la même apparence que si l’on avait étendu une dissolution de colle à leur surface. Par les progrès du développement, cet enduit prend de plus en plus les caractères d'un feuillet, c'est-à-dire qu'il devient plus consistant et plus mince. Toutes les membranes séreuses semblent se former de la même manière, les organes plongés dans une cavité pleine de sérosité animale se couvrant d'un enduit semblable,
13° Les organes respiratoires se développent d'une manière rapide à cette époque. La partie antérieure du poumon devient plus épaisse, et se refoule de plus en plus vers le dos ; les ramifications se multiplient beaucoup dans son intérieur , et, dès le huitième jour, elles sont formées par des parois bien distinctes, tandis que jusqu'alors elles semblaient n'être que très-légèrement dessinées avec un pinceau dans la masse. D'abord chaque bronche se divise en deux branches principales, qui continuent de se bifurquer ; de ces premiers conduits croissent, vers la fin de cette période, des
cylindres extrêmement grêles et minces, qui sont parallèles
les uns aux autres, et qui ne proviennent point, par dichotomie, des branches plus volumineuses, mais sortent de celles-
ci par paquets sur les côtés, et ont un cul-de-sac dirigé vers
la périphérie du poumon. La partie postérieure et interne conserve, pendant ces journées, l’aspect d’une bandelette étroite, mais le microscope fait apercevoir dans son intérieur, dès le huitième jour, la cavité partagée en trois ou quatre dilatauions sacciformes, qui se réunissent par devant en un canal commun, mais dont la plus grande convexité correspond en arrière, sans cependant faire saillie au-delà du bord postérieur de la bandelette ; les dilatations ne sont donc absolument qu'intérieures pendant cette journée, et la plus
postérieure paraît être la même cavité vésiculeuse que nous
À avions remarquée le cinquième jour ($ 402, 9). Au dixième
1 jour ces vésicules font déjà saillie en arrière, au-delà du
| bord, mais surtout la postérieure, dont le volume égale presque celui d'une tête d'é épingle ; quant à la paroi, elle est devenue plus mince et plus transparente, par l'effet du grossissement.
La trachée-artère s'allonge très-rapidement pendant ces journées; à sa bifurcation on aperçoit une partie renflée, rudiment du larynx inférieur; son extrémité antérieure offre une dilatation, qui est l'indice du larynx supérieur. Cependant le point où elle se continue avec la cavité gutturale se retrécit de nouveau en une fente, entourée de bords en bourrelets, qui est la glotte. Je n'ai point encore trouvé d’anneaux cartilagineux.
44° Les reins sont crénelés à leur bord, parce que des lobules se développent en eux; ils se raccourcissent, et par cela même les artères deviennent tout-à-fait libres à leur
| partie postérieure.
A5e Les corps de Wolff se raccourcissent de plus en plus; ils deviennent plus larges dans le milieu, et plus pointus vers les extrémités , l’antérieure surtout. Mais une différence bien remarquable se manifeste suivant le sexe; chez les mâles, les parties, quoiqu'elles demeurent fort arriérées dans leur développement, eu égard aux organes voisins, croissent cependant plus que chez les femelles , et chez cet: ci le corps du côté droit reste un peu en arrière de celui du côté gauche. Le nombre des vaisseaux augmente dans ces corps. Le canal excréteur des parties génitales acquiert une extrémité antérieure beaucoup plus large chez la femelle que chez le mâle. Les organes génitaux des deux sexes se resserrent, mais sous des formes différentes; chez les mâles, ils prennent la forme d'une silique, et on ne peut plus alors les méconnaître pour des testicules ; chez les femelles, ils deviennent des lames triangulaires.
| AGo La forme extérieure du cœur reste la même à dater de cette époque , abstraction faite néanmoins de petits changemens qui surviennent encore. La pointe s’amincit de plus
en plus, ét dépasse davantage le ventricule droit qu’elle ne faisait auparavant; la torsion du cœur semble aussi continuer à s'effectuer d'une manière lente; cet organe se replace peu à peu dans l'axe longitudinal du corps, après avoir eu pendant quelque temps sa pointe dirigée vers le bas. On aperçoit très-distinctement la valvule musculeuse dans le ventricule droit ; les autres valvules du cœur et les colonnes charnues sont également faciles à apercevoir. Des deux oreillettes, la gauche est toujours la plus volumineuse : toutes deux sont implantées immédiatement sur les ventricules. Si le sac veinenx n'avait été jusqu'ici qu’une cavité indivise, il se forme maintenant en lui deux compartimens , par suite d'une saillie qui se prononce dans son intérieur ; cette saillie, la cloison future, forme un arc dont la plus grande largeur correspond à l'endroit où la cloison des ventricuies aboutit au sac vemeux; de là elle marche , à la paroi inférieure de ce dernier (le cœur supposé toujours dans sa situation horizontale), vers la paroi antérieure , et paraît se perdre avant d'atteindre à l'orifice veineux, qui est placé dans la paroi Supérieure. On ne peut donc point dire si la veine cave se rénd dans l'oreillette gauche ou dans la droite, car ilne m'a point paru y avoir encore de division à cette surface. Mais, à son entrée, la veine cave affecte une direction de droite à gauche, qui paraît être la suite immédiate de la métamorphose du cœur. En effet, pendant la seconde période, cette veine était obligée de se porter très-fortement à gauche, pour atteindre la partie veineuse du cœur, et elle s’infléchissait sous un angle très-aigu vers le canal auriculaire ; mais comme, pendant la troisième période, la partie veineuse du cœur se reporte davantage vers le milieu , la flexion gauche du courant de sang devient de plus en plus obtuse, quoique d’une manière fort lente. La courbure de cet arc était en méme temps dirigée en avant; elle conserve encore la même direc. tion, avec une faible inflexion à gauche, de sorte que le courant de sang se Contourne dans la moitié gauche du sac veineux commun ou encore très-peu divisé ; de 1à paraît dépendre le renflement plus considérable et toujours subsistant de la paroi gauche. Pendant la seconde période, le courant